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vivelagauche
Description du blog :
Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
26.05.2007
Dernière mise à jour :
11.05.2008
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les accents rassembleurs du président Sarkozy sonnent faux

Posté le 11.05.2008 par vivelagauche
Nicolas Sarkozy n’est –il pas à contre temps et à contre – emploi quand il est en train de dénoncer l’esclavage et de demander que les pages sombres de son histoire soient enseignées aux enfants du primaire ?

Première surprise ce thème est déjà inscrit dans les programmes et cela montre encore une fois l’improvisation et la recherche permanente du coup médiatique qui caractérise le fonctionnement du sarkozysme.

Mais au delà un autre problèmes est soulevé quand le président se saisit d’un sujet pareil, on a du mal à lui faire confiance car l’homme du discours sur « l’identité nationale et l’immigration » et des quotas d’immigrés expulsés est-il réellement légitime à s’improviser grand réconciliateur national ?

L’esclavage a existé de tous temps et en tous lieux mais ce qui caractérise le système esclavagiste inventé par les européens au début de l’époque coloniale est d’un genre particulier, il associe intimement esclavage et racisme et fait de la race le critère unique qui fixe le statut d’esclave de la personne. Dés le début le code esclavagiste se dénomme « code noir » et il n’y a pour personne le moindre doute, le statut d’esclave est lié à la couleur de la peau. En ce sens il s’agit d’abord de dénoncer la construction intellectuelle, philosophique et religieuse raciste qui s’est mise en place comme cadre idéologique destiné à légitimer le système esclavagiste et pas seulement le principe de l’esclavage lui même. L’abolition de l’esclavage a fait disparaître dans la société occidentale une pratique qui inspire une réprobation unanime mais le combat ne s’est pas accompagné d’une lutte équivalente contre le racisme. L’histoire des Etats unis montre bien d’ailleurs comment la disparition du statut d’esclave ne suffit pas à rendre leur dignité aux hommes qui retrouvent leur liberté tant que les principes racistes perdurent dans la société.

La dénonciation de l’esclavage doit donc pour être complète s’accompagner de la mise en cause du racisme et dans ce cas il ne s’agit pas de dénoncer un crime qui relève de l’histoire mais d’une mauvaise pratique qui relève encore du quotidien des français d’aujourd’hui et la dénonciation du racisme oblige à regarder de plus prés tant de pratiques sociales et légales et en particulier les modalités de traitement de l’immigration et en particulier de l’immigration clandestine.

Et c’est pourquoi dans cette affaire les accents rassembleurs du président Sarkozy sonnent faux. On ne peut sans conséquence tenir des discours opposés qui s’excluent rationnellement, rallier un jour l’extrême droite sur des thématiques à connotation manifestement xénophobes et quelques mois après dans sa fonction de grand pontife du culte républicain en rajouter une dose pour paraître consensuel et moderne et faire condamner avec véhémence la tare de l’esclavage qui pèse sur l’histoire non pas de la république mais de la civilisation occidentale toute entière.

Déprimante Italie

Posté le 07.05.2008 par vivelagauche
Déprimante Italie qui donne le pouvoir à un milliardaire patron de médias et la mairie de Rome à un quasi fasciste déclaré. Comment les italiens peuvent –ils espérer se sauver en confiant les manettes à de tels personnages ? Cela révèle le désarroi populaire mais aussi l’inconséquence des électeurs. On a l’impression que trop d’entre eux n’ont jamais feuilleté un livre d’histoire. Et quand on observe que dans la campagne électorale pour la ville de Rome les thèmes qui ont fait la décision sont l’insécurité, et l’immigration c’est à dire en fin de compte l’exaltation de la xénophobie la plus élémentaire on est accablé par le peu de bon sens le peu d’humanité dont font preuve des électeurs dans un pays démocratique. Le comportement des italiens est à rapprocher de celui des français au cours de la dernière campagne présidentielle, la droite rassemblait pèle mêle toutes les catégories qui se sentaient menacées par on ne sait trop quoi, les inconnus, les autres, l’avenir. Ces réactions frileuses en disent long sur l’immaturité d’un électorat fondant ses choix politiques sur des réflexes primaires, sans avoir retenu les leçons de l’histoire et sans un peu de rationalité politique et économique.

Et voilà que les anglais à leur tour indiquent clairement que l’avenir les fait trembler et qu’ils sont en demande de sécurité et de repli identitaire.
Quoi ! L’Angleterre ce modèle économique que droite et gauche « moderne » ressassent depuis des années comme l’exemple à suivre entre tous pour ses performances, son niveau de vie son spectaculaire développement dans tous les domaines, voilà l’Angleterre à son tour menacée par la même sinistrose !

Certes les conservateurs britanniques sont des gens respectables mais enfin ils ont produit Mme Thatcher. On connaît le raisonnement, remède de cheval sans mesure pour les pauvres et l’économie ira mieux. Certains n’ont pas hésité à parler de miracle. Apparemment les choses sont plus prosaïques, le miracle anglais est fini et les britanniques comme les autres se préparent à goûter à de la vache enragée.

L’Europe entière s’enfonce dans la déprime et pendant ce temps là le PS produit des documents sans intérêt qui sont un tissu de bonnes intentions auxquels de gauche à droite à peu prés tout le monde peut souscrire.

C’est d’une autre force de conviction c’est d’un discours plus musclé que la gauche est en attente. Si le parti socialiste n’arrive pas à assumer des positions de gauche, il n’est pas douteux que la fenêtre de tir improbable pour le nouveau parti de Besancenot se trouvera ouverte.
Il lui suffit de se donner un programme moins caricatural que les positions actuelles de la Ligue Communiste mais de gauche pour emporter la mise.
Car la question centrale demeure, qu’est ce qu’un programme de gauche aujourd’hui ? Et dans les priorités à identifier il est urgent de décider . La crise actuelle, mondiale et multiforme est l’expression d’un conflit d’intérêts à l’échelle de la planète. Il s’agit de savoir comment se répartissent les ressources naturelles et les produits de l’activité humaine entre les américains, les européens, les pays rentiers du pétrole et les immenses populations des pays émergeants et actifs d’Amérique du sud et d’Asie. Cette querelle mondiale pour se partager les fruits du travail et les ressources naturelles est compliquée par la crise écologique qui oblige à décider sur qui pèseront les efforts de lutte pour préserver l’environnement. On n’est pas sûr que des tensions très fortes ne conduiront pas à des guerres car malheureusement certains croient encore que l’on peut régler les problèmes par la guerre.
Face à ces enjeux mondiaux la gauche se doit de développer une double démarche :
- créer les conditions de mouvements internationaux d’opinion à l’aide d’échanges internationaux entre les citoyens et les forces sociales et aussi grâce au formidable outil que constitue le web.
- poser de manière claire le problème de la régulation des échanges pour qu’ils cessent d’être uniquement soumis à un laisser faire coupable destiné à enrichir au maximum les capitalistes. Il faut inverser la donne et réglementer la circulation des capitaux et des marchandises et affirmer comme un principe universel le droit pour les hommes d’aller et venir comme bon leur semble.
Mais par ailleurs la gauche se doit de dire clairement si elle considère qu’en France aujourd’hui le partage des ressources entre capital et travail lui paraît être dans des proportions convenables. Parce qu’il faut bien le dire si les conditions de ce partage ne sont pas modifiées, le changement d’équipe dirigeante ne peut apporter de réponse très différente par rapport à la droite actuelle en dehors du fait que le gouvernement peut avoir moins d’arrogance et plus de savoir faire.
Par contre si le rapport capital travail dans l’attribution des produits de l’activité doit être modifié dans un sens plus favorable au travail cela ne peut se faire qu’en prenant des mesures radicales. Ces mesures ne sont possibles que dans un cadre européen et supposent que le combat de la gauche soit gagné à l’échelle de l’union européenne.

Il convient don de définir une stratégie de conquête du pouvoir à l’échelle de l’Europe et à définir par quels moyens, impôt, nationalisations ou politique monétaire la gauche rétablira des conditions de partage des richesses qui soit plus équitables.

Ce faisant, on ne se contente plus d’acquiescer à l’économie de marché, mais on définit à nouveau les axes d’une lutte entre les forces économiques qui oppose les tenants du capitalisme débridé et les défenseurs du peuple.

Quand à l’économie sociale de marché, je dois avouer que cela ressemble à du chinois. Car le marché est un espace d’échange où la règle conduit à satisfaire uniquement les besoins solvables dans un état donné de l’offre et de la demande. Dans la théorie la plus classique il existe des besoins non solvables qui restent parfaitement insatisfaits. D’ailleurs si certains besoins sont non solvables par insuffisance de moyens, d’autres le sont par insuffisance de l’offre.
Dans ces conditions le rôle de la puissance publique pour satisfaire à des besoins légitimes non solvables ne peut souffrir aucune contestation de principe.
On peut donc dire que les socialistes dans leur déclaration de principe ne viennent pas d’inventer la poudre ! peut être même ont-ils trouvé un bâton pour se faire battre.

Si l’éloge du marché depuis des années est devenue la ritournelle des médias voilà que l’émission de Calvi sur la 2 au sujet de la crise alimentaire a été une magnifique séance de travaux pratiques pour montrer que le marché est incapable d’ajuster l’offre de nourriture à la demande et qu’il maintient par son fonctionnement même 2 milliards d’êtres humains dans la malnutrition voire la famine. Magnifique démonstration d’une évidence que seuls les idéologues refusent de voir, la marché est une machine de régulation imparfaite. L’intervention de l’état est nécessaire lorsqu’il s’agit de satisfaire des besoins insolvables et cependant légitimes, comme d’empêcher les hommes de mourir de faim mais aussi les éduquer, les soigner ou les équiper de lunettes en cas de besoin.
Plutôt que de s’efforcer d’expliquer qu’ils ne sont plus révolutionnaires les socialistes auraient eu intérêt à expliquer pourquoi et comment ils le sont encore. Ne pas l’avoir compris enlève au projet de manifeste le moindre sel et « si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? ».










un sujet particulièrement « révolutionnaire ».

Posté le 01.05.2008 par vivelagauche

Après les 160 mesures pour faire les fonds de tiroir, les franchises médicales et tous les signes de rigueur que donne le gouvernement, après toutes les annonces de restructuration et de réforme du secteur public, se voir ainsi rappelé à l’ordre par la commission européenne, c’est pour le gouvernement français, à la veille de sa prise de présidence de l’union, la dernière humiliation.

Il est évident quand on regarde les masses en jeu que ni le programme de suppression de fonctionnaires, ni les économies de bouts de chandelles par les grignotages d’avantages sociaux ne suffiront à redresser une situation inquiétante des finances publiques.

Les mesures prévues sont chiffrées à 5 milliards quand le simple intérêt de la dette est de 40 milliards comme le déficit ce qui veut dire que la France emprunte pour payer les intérêts de sa dette.

Le gouvernement n’a pas le choix, ou bien il trouve des mesures bien plus violentes pour augmenter les recettes et pour réduire les dépenses ou bien il regarde la dette de la France s’aggraver inexorablement. Mais cette dette par le prélèvement énorme que représente la paiement de ses intérêts sans même parler de son remboursement étouffe les finances publiques et prive le gouvernement de la moindre marge de manœuvre pour investir dans la recherche ou dans d’autres secteurs.

Si la France conserve une démarche orthodoxe, elle ne sortira de cette situation que par des procédés très douloureux qui freineront la croissance.
La question se pose aussi pour la gauche qui pourra proposer d’augmenter certains impôts, de supprimer le bouclier fiscal mais qui se retrouvera comme la droite dans l’étau de la rigueur même si elle est plus équitablement répartie.
Certains commentateurs font mine de croire que les autres pays européens sont parvenus à équilibrer leurs budgets pour rentrer dans les clous. Cette affirmation est assez surprenante concernant des pays très endettés comme l’Italie et l’Allemagne qui devraient se trouver dans les mêmes difficultés que la France sauf à utiliser quelques ruses comptables pour masquer la réalité en régionalisant les dettes par exemple.
Un article du Figaro remet les pendules à l’heure en ce qui concerne l’Allemagne dont la dette est de l’ordre de 1600 milliards d’euros:
• « La crise financière pourrait menacer l'objectif du gouvernement allemand de ramener le budget fédéral, actuellement dans le rouge, à l'équilibre en 2011, rapporte aujourd'hui le quotidien Süddeutsche Zeitung »
Et pour l’Italie :

« L'Italie abaisse sa prévision de croissance 2008 à +0,6%
En conséquence, la prévision de déficit public a été revue en hausse pour l'année en cours à 2,4% du produit intérieur brut (PIB), contre 2,2% lors de la précédente prévision en septembre, a-t-il précisé.
Pour 2009, Rome prévoit une croissance de 1,2%, puis de +1,5% en 2010 et +1,7% en 2011 tandis que le déficit public devrait passer de 2,1% en 2009 à 1,4% en 2011. Le ministre souligne cependant que l'équilibre du budget reste "un objectif" pour 2011.
Concernant la dette, le ministère table sur un passage sous les 100% du PIB en 2010, contre 103% en 2008 et 104% fin 2007.»

Comme on le voit, le problème des déficits et de la dette est un problème partagé qui pourrait faire l’objet d’un traitement à l’échelle de l’Europe. Cela supposerait que l’on accepte de comprendre une fois pour toutes que les règles de fonctionnement de la zone euro contribuent pour une bonne part à organiser l’endettement des états.
On objectera les contre exemples de l’Espagne et de l’Irlande en oubliant les aides importantes dont à bénéficié l’Espagne et les pratiques de dumping fiscal de l’Irlande qu’on n’aurait pas toléré de la France par exemple.
A vrai dire, de manière très simple les règles de la zone euro, procurent aux banques l’extraordinaire privilège de la création monétaire, équivalent à une rente instituée au profit exclusif de groupes privés qui se voient ainsi attributaires d’une source de revenus que l’état dans un passé pas si éloigné se réservait.
En obligeant l’état à se financer auprès des banques privées qui elles seules disposent du pouvoir de créer de la monnaie scripturales, les accords européens ont mis en place un processus qui devait obligatoirement aboutir à une explosion des dettes de la puissance publique.

Le but initial était d’interdire aux états de financer leurs déficits par la « planche à billets ». Mais il avait sans doute été espéré que ces règles contraignantes allaient inciter les états à ne plus faire de déficit. C’est là que se trouve l’idée fausse. Les états ont continué pour des raisons bonnes ou mauvaises à dépenser plus que ce que leur procuraient les recettes fiscales et ne pouvant se financer autrement à recourir à l’emprunt, méthode particulièrement coûteuse. Cela accroît d’autant la part des revenus nationaux captés par la rente au détriment des salariés.

Le gouvernement actuel dans le droit fil de la pensée en vigueur en Europe espère faire baisser l’endettement en réduisant la dépense publique. Il prend le risque de détériorer gravement la qualité des services publics et de provoquer une déflation aux conséquences désastreuses.

Ce n’est pas de Nicolas Sarkozy et de ses soutiens du grand patronat que l’on pourra espérer une remise en cause de ce système inique mais ce qui est particulièrement inquiétant c’est caractère frileux des leaders de la gauche sur un sujet particulièrement « révolutionnaire ».

La question est difficile mais diablement structurante car elle détermine à elle seule quel type de politique économique est possible.
Faut-il :
-Etre indifférent à l’endettement et laisser filer mais en rétribuant de plus en plus les rentiers créanciers ?
- Faut-il imposer à l’Etat un régime de rigueur terrible pour réduire l’endettement ?
-Faut-il combiner des mesures d’imposition des revenus élevés, des revenus des rentes, de rationalisation des dépenses publiques et sociales pour réduire la dette par les économies dégagées. Cela reste une politique de rigueur partagée à connotation égalitaire donc de gauche ?
- Ne serait-il pas plus pertinent d’admettre qu’un état se finance en prélevant ses moyens sur les autres acteurs économiques et dans l’inventaire de ses modes d’action la création de monnaie comme l’impôt est légitime ? Et dans ce cas ne faut-il pas inviter l’ensemble des états de la zone euro à fixer des règles communes de création monétaire afin de garder une forme d’équité entre les états de l’union européenne ?

Les options proposées n’ont pas la même ambition et ne relèvent pas du même socialisme. Le choix à faire est bien plus déterminant que le nom de tel ou tel pour diriger le Parti Socialiste !

Une heure trente de plaidoyer pro domo

Posté le 25.04.2008 par vivelagauche


Une heure trente de plaidoyer pro domo pour expliquer que Nicolas Sarkozy est bon, que Nicolas Sarkozy est humain , qu’il sait reconnaître ses erreurs mais que c’est un travailleur acharné, qu’il a du cœur, qu’il est génial, courageux ,décidé, malin grand professionnel en diplomatie, subtil et hors du commun. Qui en doutait encore ? N’est –il pas déjà président de la république et en dehors de pape peut-il encore monter en grade ?

Pour le reste sa prestation très solitaire est celle d’un autocrate tout puissant qui est maître de tout mais qui ne peut rien faire dés qu’on lui suggère de mettre du beurre dans les épinards !
L’absence derrière lui de son staff et de ses ministres accroît l’impression de grande solitude qui se dégageait d’une prestation voulue comme le numéro solo du grand artiste. Une manière de rester dans un personnage qui fait problème pour tous ceux qui pensent que les affaires de la nation, ne peuvent relever d’un seul aussi génial et légitime soit-il.
Les français vont –ils plébisciter une telle prestation ? Difficile de le croire car aucune ligne générale ne se dégage pour sortir le pays d’une crise qui est bien là. Le discours se résume à dire si vous travaillez davantage vous irez mieux sinon tant pis pour vous mais pour le reste l’Etat ne peut pas tout.
On n’a pas le sentiment que la fameuse feuille de route demandée par Fillon soit rendue plus claire car demander toutes le réformes sans hiérarchiser, sans fixer des enveloppes et des paliers pour la croissance les déficits, l’investissement, la formation, sans donner une idée des contours de la fonction publique et des compétences des territoires après la cure d’amaigrissement c’est rester dans le flou actuel qui fait problème.

Sa manière de parler de réformes de l »’éducation sans en définir les contenus et sans en fixer la méthode ne peut qu’angoisser davantage en ouvrant sous les pieds des jeunes un véritable fossé d’incertitudes. Et ce n’est pas parce qu’il affirme que 15000 jeunes ne savent pas lire ou qu’un étudiant sur deux échoue en première anné que cela justifie un tel manque de clarté dans les intentions affichées.
Le seul discours clair est celui qui est le plus absurde, la réduction systématique des moyens.

Ce que la population active veut savoir c’est comment faire pour avoir plus de travail et plus de revenus. Quelles actions, l’Etat met en place pour développer l’emploi, la production industrielle, l’efficacité économique, voilà ce que demandent les français. La seule réponse est toujours la même tristement idéologique, on réduit la protection des travailleurs pour donner plus de souplesse au système.
Sarkozy aurait pu parler des pôles de compétitivité qui se sont mis en place et qui représentent au moins une initiative heureuse, mais zut c’est du Chirac organisé par Villepin.

Le RSA est servi comme un dessert social délicat qui doit faire passer les différentes couleuvres, hausses des prix, délocalisations, etc. C’est une mesure qui ne concerne qu’une frange des salariés, ceux qui étaient au chômage et qui retrouvent un travail avec un revenu très bas. Il va rendre la pauvreté supportable. Mais cela peut –il suffire à rendre les jeunes optimistes.
Le RSA est destiné à corriger un effet de seuil, il n’est pas en soi une politique sociale !
Bizarrement le président devient une révolutionnaire, il dénonce le capitalisme financier et les spéculateurs. Ce cri du cœur contre les mauvais riches rappelle le plus sombre des populismes. Il est destiné à mettre à l’abri les bon riches, ceux qui tondent la laine avec légitimité.

Enfin sa prétention à une politique active dans la crise sino- tibétaine fait quasiment sourire tant les ambitions affichées sont en contradiction avec la prudence de sa politique et l’envoi pressé d’émissaires pour se coucher devant les chinois. Quand on mesure l’ampleur des enjeux qui se profilent derrière le problème tibétain, qui peut croire une seconde que la France de Sarkozy est en mesure de peser de la moindre manière dans pareille affaire. Il est vrai que lui même avoue qu’il faut d’abord mettre les 27 européens d’accord, on est certain que ce ne sera pas sur une ligne trop téméraire.

L’échec de ses gesticulations dans l’affaire Bettencourt ne l’affecte nullement et il se réjouit d’avoir obtenu une preuve de vie en mobilisant des présidents, des avions, et toute la diplomatie française en Amérique du sud c’est pourtant un piètre résultat.

Les portes paroles de la droite ne vont pas manquer de souligner publiquement les qualités de l’intervention de Nicolas Sarkozy. Il est possible cependant qu’en privé leurs jugements soient moins assurés.

A gauche l’absence de programme alternatif oblige les leaders à une critique simpliste. On revient constamment au paquet fiscal. Et la caricature fait partie de la critique ce qui permet aux partisans de la droite de rappeler qu’une partie de ce paquet liée aux heures supplémentaires a eu des retombées sur le pouvoir d’achat des catégories populaires. Ce qui n’est pas niable mais justement qui est loin de constituer la solution pour s’éloigner de la crise.
La gauche doit d’urgence se bâtir un plan d’intervention économique alternatif. La remise en cause du bouclier fiscal n’apportera pas des recettes si élevées. Augmenter la pression fiscale est plus facile à annoncer qu’à faire compte tenu du niveau déjà élevé des prélèvements.
Le manque de crédibilité économique de l’alternative de gauche est actuellement l’unique rempart auquel s’adosse le pouvoir chancelant de Nicolas sarkozy.

Difficile de tenir un blog critique

Posté le 19.04.2008 par vivelagauche
Difficile de tenir un blog critique contre le président Sarkozy et le gouvernement, la virulence des médias contre le pouvoir est devenu telle qu’il ne reste sur ce sujet plus rien à dire. Faudra –t il prendre leur défense (difficile) pour avoir quelques idées intéressantes à formuler?

Quand on pense à l’influence du camp Sarkozy sur les médias et l’ensemble des manettes qui sont à la disposition du pouvoir de droite par ses relations privilégiées avec les patrons et l’establishment dans son ensemble, on ne peut que s’étonner de voir la constance avec laquelle il est systématiquement maltraité par les médias.


Probablement, la décision de supprimer la publicité dans le service public en déstabilisant le PAF a dressé contre Sarkozy une partie non négligeable des journalistes du service public, a contribué à délier les langues et à inciter à une plus grande liberté de parole et à une analyse plus critique.
Son arrogance au temps où il semblait intouchable, la manière cavalière avec laquelle il exigeait d’eux une totale servitude, ne pouvaient que lui créer des ennemis qui ont attendu tout simplement que le pouvoir soit devenu faible pour montrer des sentiments plus balancés.
Mais il est sûr que le désordre médiatique actuel traduit aussi des querelles internes à la droite sans lesquelles la démolition systématique du président à laquelle on assiste tous les jours à la télé serait littéralement impossible. Il y faut la contribution d’hommes politiques mais aussi de pouvoirs plus occultes qui ont sans doute décidé de prendre leurs distances.

L’absence totale de politique économique en dehors d’un plan d’économie de bouts de chandelle pompeusement baptisé ne rend pas les choses faciles pour les députés et les grands personnages de la droite. Les rivaux de Sarkozy qui ne bronchaient pas jusqu’à maintenant vont sans doute commencer à oser quelques tentatives de présence médiatique. Manière de se positionner pour un avenir tout à coup plus ouvert. Même si personne n’oublie que les pouvoirs considérables dont bénéficie le président lui confèrent une inoxydable possibilité de durer donc de finir par retourner la situation et de l’emportercontre n'importe quel adversaire.
Il est cocasse d’observer que les commentateurs ont tant de mal à dire du président qu’ils en oublient la critique habituelle du Parti Socialiste.
Il y a décidément de quoi s’inquiéter ! D’autant plus que le PS ne va pas mieux et qu’il est lui aussi traversé de mouvements divers dans lesquels s’amorcent les stratégies de prise de contrôle du parti.
Contrairement à ce qui est unanimement affiché par tous, les positionnements autour des écuries individuelles des uns et des autres constituent la majeure partie de l’activité. Le fameux travail sur le fond que l’on entend encenser ça et là reste un vœu pieux. Et ce n’est pas un séminaire de deux jours ou un colloque qui peut régler en cinq sept les problèmes ardus q’il faut traiter pour donner un contenu aux choix politiques.

cafouillage ou impuissance

Posté le 13.04.2008 par vivelagauche
Tous les médias parlent de cafouillage du gouvernement voire d’amateurisme à la suites des événements calamiteux de la semaine dernière, la ministre NKM obligée de se livrer à une simagrée d’excuses publiques et subissant une « punition » infantilisante, privée de voyage comme on priverait de dessert un enfant de onze ans et puis dans la foulée la palinodie de la carte SNCF supprimée puis remise puis encore supprimée avant d’être définitivement remise.
Il est sans doute erroné et insuffisant de considérer que ces ratés sont dus à un simple manque de métier ou à des manques de coordination gouvernementale, la réalité est sans doute plus simple et plus tragique. Le gouvernement est atteint d’impuissance à la suite de la chute dans les sondages de NS et de la perte des élections, il n’est plus en mesure de prendre la moindre décision qui rencontre une opposition résolue et chaque fois qu’il s’y risque encore il se heurte à des difficultés inattendues mais qu’annonçaient très bien l’épisode des taxis.
Si cette analyse est exacte les cafouillages précédents ne sont qu’un apéritif de tous ceux qui vont suivre dans les semaines et les mois à venir. Le gouvernement veut faire comme s’il ne s’était rien passé et la réalité se venge, il s’est passé quelque chose d’important, le château Sarkozy est démoli.

La chance du pouvoir qu’il ne savoure pas assez c’est d’avoir une opposition sans vertèbres, sans chef, sans projet, sans doctrine et ne pouvant pour le moment produire que des pets comme cette motion de censure complètement ratée qui n’a eu aucun retentissement dans l’opinion ; Quel dommage !

Mélanchon déraille

Posté le 09.04.2008 par vivelagauche
En Don Quichotte résolu, bannière au vent , chez El Kabbaj, Mélanchon se lance au secours du plus faible, de celui qui subit les brimades honteuses du monde capitaliste, c’est la Chine bien sûr,avec son milliard d’habitants, ses bombes atomiques, ses millions de soldats, sa dictature féroce, ses fonds souverains, ses exécutions en série, son agressivité économique, sa politique honteuse au Darfour, voilà donc pour lui l’entité menacée qui subit le mépris des médias et des politiciens, victime de ne pouvoir s’exprimer, voilà la cause à défendre qu’il propose à la solidarité de la gauche entière. Car en face, obscurantiste et retors, avec des moyens insoupçonnés et magiques, soutenu en sous main par des sectes et des malfaisants en tous genres, par des réseaux réactionnaires inimaginables, le Dalaï Lama brandissant des mots d’ordre dangereux et provocants de non violence veut rétablir au Tibet un régime féodal fondé sur le servage.
On est abasourdi par cette rhétorique à peine caricaturée ci-dessus, si aveugle et sourde. Mais qu’arrive –t-il donc à Mélanchon le plus souvent mieux inspiré? N’a t il jamais entendu parler de nationalisme et l’émiettement des Balkans est-il pour lui sans doute le fruit des esprits tordus de diplomates compliqués.
Quelle déception qu’un socialiste et surtout quelqu’un de sa trempe, prenne fait et cause pour une dictature ! Il a beau dire que les adversaires de la Chine sont racistes et proaméricains ou liés à des mouvements réactionnaires, qu’est ce que cela peut bien avoir à faire sur ce sujet? On s’en fiche complètement. La dictature chinoise doit être combattue non pas parce que ses adversaires ou ses amis ont des qualités ou des défauts. Non, la dictature chinoise doit être combattue parce que c’est une dictature, une vraie, une féroce, une de ces dictatures qui est prête à tout pour durer. C’est une dictature qui nie à ses ressortissants les moindres droits, qui bride la liberté d’expression et la liberté d’opinion et qui empêche les catégories populaires de se défendre politiquement et syndicalement. C’est une dictature qui facilite l’exploitation des masses par ses excroissances capitalistes. On se fiche de ce que pense Bush de la Chine mais on est profondément désolé de ce qu’en pense Mélanchon.

ce combat se gagne ou se perd partout simultanément

Posté le 08.04.2008 par vivelagauche
Qui pense encore à Franco ? Et à son infâme dictature opprimant l’Espagne pendant quarante ans ? Et pourtant ce n’est ni vieux, ni loin ! Les espagnols étaient soumis à un régime de fer qui réprimait toute expression politique, qui censurait, condamnait, exécutait et voulait à tout prix imposer aux gens une vision fasciste et catholique intégriste du monde. Cela se passait près de chez nous et des millions de français de toutes conditions, d’européens allaient chaque année en Espagne, y passaient des vacances y achetaient des villas ou des appartements si bon marché, profitaient du soleil généreux de la mer belle mais aussi de la pauvreté des espagnols, d’un droit du travail inexistant et des brimades que le pouvoir politique imposait aux forces laborieuses. Cette hypocrisie qui consistait à blâmer le régime dans les salons parisiens à le condamner avec de grands mots tout en profitant des avantages économiques qui en découlaient tout cela s’est passé prés de chez nous pour ne pas dire dans les foyers bourgeois où les bonnes espagnoles ont pendant des années fait partie du décor.

La Chine que la mondialisation met aujourd’hui à nos portes rappelle par bien des aspects cette Espagne franquiste avec qui on pouvait commercer, qui était si avantageuses pour les affaires et les vacances réussies mais qu’il fallait éviter de regarder en face pour ne pas avoir honte de notre manque de solidarité, de notre désir d’ignorer les misères effrayantes des autres. La Chine nous fait honte, non pas à cause de Sarkozy ou de Bush, mais à cause de nous tous qui au supermarché devant un rayon de n’importe quel produit regardons, comparons et choisissons un produit chinois si avantageux, si bon marché. Nous savons bien que le prix attractif est le résultat non pas du génie économique, du talent créatif, mais de l’oppression toute bête, du taux de change inégal imposé, des heures de travail excessives pour des ouvriers mal payés avec des horaires fous, pas défendus, pas syndiqués, subissant des conditions d’exploitation de leur force de travail particulièrement sévères.
Dans l’échange mondial le premier allié du capitalisme financier international c’est le régime chinois qui met à la disposition du reste du monde à des prix défiant tout concurrence la force de travail d’une population jeune, de centaines de millions de travailleurs tenus d’une main de fer devant leur poste de travail.

Les capitalistes en profitent mais le rmiste français qui s’achète un écran plat ou un four micro ondes à un prix incroyable en profite aussi et le sait bien.

On objectera à cette vision pessimiste des rapports mondiaux, les progrès chinois, l’élévation du niveau de vie général, la formation d’une classe moyenne bref le fait que cette exploitation éhontée des masses ne puisse se faire sans que des miettes soient concédées à une partie de la population. Mais cela n’a rien d’original, tout système oppresseur a au moins besoin de rallier des forces d’oppression et de consentir donc des avantages à une partie de la société. Cependant il est indispensable de le dire très fort, les bénéfices limités que tire la société chinoise de ses efforts actuels, ne justifient en rien ni la dictature ni l’exploitation éhontée des forces de travail de millions de jeunes.

Cet argument servait déjà du temps de Franco où on nous expliquait que l’Espagne profitait du développement économique apporté par la stabilité politique du régime dictatorial. On constate qu’elle en profite bien mieux aujourd’hui que devenue démocratie, les fruits de la richesse collective sont mieux partagés. La démocratie n’est pas un obstacle à la prospérité économique comme la dictature n’est pas une condition du développement.

Si demain la Chine s’affranchit enfin de cette obscure dictature qui l’opprime sans pitié, on peut prédire qu’elle n’en poursuivra pas moins un développement lié à la présence des potentialités humaines considérables comme l’ont fait avant elle l’Espagne ou la Corée.


Il y a aussi les bons esprits qui n’ont pas tort et qui vous expliquent que les chinois ne savent pas ce qu’est la démocratie occidentale. Exactement comme les occidentaux ne savaient pas ce qu’est la république quand ils étaient en monarchie ! Ce sont des arguments de conservateurs qui ne veulent pas faire l’effort d’admettre que quand un régime est mauvais il faut lutter pour en avoir un de meilleur.

Il y a aussi ceux qui ont peur de la Chine tout bêtement car cette puissance si grande avec son immense population, ses armes nucléaires et sa force économique représente une vraie menace pour les autres peuples. On le voit avec la manière agressive de son intervention en Afrique et de sa prise de position dans la guerre du Darfour. On le ressent avec la violence de son comportement quand elle ouvre des crises dans le détroit de Formose. Face à cette puissance qui rappelle par bien des égards ce qu’était il y a peu l’Union Soviétique, la peur est bonne conseillère. Cette dictature est sans pitié à l’intérieur elle ne peut être que totalement dangereuse à l’extérieur.
Seule sa fragilité intérieure la rend prudente avec les autres puissances car elle ne peut que redouter par dessus tout, les mouvements de déstabilisation interne dont elle ne peut prédire l’évolution.

C’est ce qui fait la force et la faiblesse des nationalistes tibétains. Il y a dans l’expression d’une revendication nationale du Tibet une menace de décomposition non pas de la Chine elle même mais de l’ordre chinois et du régime actuel. Les concessions qui pourraient être faites aux tibétains ne peuvent que nourrir d’autres mouvements revendicatifs de toutes natures en tous points du territoire. Car dans un tel système de rapport de forces, la violence du régime bride toutes les formes de revendication mais dès qu’elle se relâchera, en seul point, mécaniquement les revendications en tous genres s’exprimeront avec plus d’intensité et moins de crainte.

Le combat démocratique dans des dictatures pareilles est difficile et peut paraître le plus souvent sans espoir. Les événements récents au Tibet montrent que les dirigeants chinois sont prêts à accepter la mort de centaines de leurs concitoyens si la répression l’exige plutôt que de concéder la moindre évolution. Et en même temps ce régime autoritaire comme tous ceux qui l’ont précédé dans l’histoire est à la merci de circonstances imprévisibles qui peuvent provoquer son écroulement en un rien de temps.

Il a suffi que Franco meure pour que son régime se délite immédiatement. L’Union Soviétique s’est décomposée devant nous et le travail de destruction est venu des forces internes qui avaient entrepris de la réformer pour la consolider.
Le régime franquiste était économiquement solide mais socialement obsolète. L’union soviétique était un système économiquement à bout se souffle. Il n’y a donc pas de règle établie pour en finir avec une dictature. Encore faut-il qu’une partie de l’opinion désire fortement autre chose et que les défenseurs les plus acharnés du régime n’y croient plus vraiment.
Le combat pour les droits de l’homme en Chine est légitime, il aidera une partie de la population chinoise à prendre conscience progressivement qu’une autre société est possible et prometteuse.
Il faut soutenir les tibétains dans leur revendication identitaire fondée sur une histoire et une culture singulières. Mais il faut aussi penser aux autres forces démocratiques qui veulent faire évoluer la société chinoise. Ce n’est pas parce qu’elles apparaissent faibles aujourd’hui qu’elles ne gagneront pas la bataille historique qui s’annonce.

Les péripéties des jeux olympiques sont de ce point de vue importantes et non décisives. Ils sont une occasion majeure de troubler l’opinion chinoise et de permettre aux forces démocratiques du pays de se mobiliser. Même si les gesticulations occidentales créent par ailleurs un réflexe nationaliste dans une partie de la population. Car ce qui compte c’est de montrer en quelques occasions le désarroi du régime et de mettre en évidence qu’il ne contrôle pas tout.
D’un autre côté ce qui est important c’est davantage la réaction de la population chinoise elle même et très peu les actes ou les mouvements des occidentaux qu’ils soient des dirigeants voulant conforter à tout prix des alliances politiques ou commerciales ou des combattants rebelles des causes démocratiques. Il faut noter que ce qui a donné de l’importance à la phase actuelle d’agitation c’est d’abord la révolte au Tibet et la répression qui a suivi. Ce sont les réactions internes qui peuvent se produire en Chine même, malgré la répression qui menaceront le plus fortement le régime.
Les forces de progrès du monde entier doivent être solidaires de ces luttes qui ne manqueront pas d’apparaître dans les mois qui viennent. Tout en ayant la modestie de reconnaître que les changements viendront des chinois eux mêmes, il faut par toutes sortes de manifestations soutenir les droits de l’homme en Chine. Et se rappeler que ce combat se gagne ou se perd partout simultanément et que toute concession en un point de la planète est une menace pour le reste de l’humanité.


supporter cette politique dégradante

Posté le 06.04.2008 par vivelagauche


La violence ordinaire dans la France sarkozienne est devenue invisible, on s’habitue à la politique de traque des immigrés clandestins, de centres de rétention, d’expulsions, d’autant plus facilement que tout cela fonctionne dans l’obscurité, la bureaucratie déshumanisée, à bas bruit et à l’écart des médias.
Il faut un mort pour que tout à coup les médias en parlent, léger frémissement de scrupules, et qu’on se rappelle que cette réalité cachée est la nôtre pour notre indignité collective.
Personne ne se sent responsable des drames, des souffrances, des cruautés qu’on impose à des « sans papiers ». La sémantique bonne fille nous offre de la ressource en inventant un délit voire un crime qui n’existe pas et en permettant de différencier de nous tous ces gens poussés par la faim qui ont avec de grandes difficultés et souvent un grand courage franchi des frontières pour s’en sortir et pour survivre pour eux ou pour les leurs. Sur ces hors la loi la violence de l’Etat peut s’exercer dans l’indifférence ? « Sans papiers » cela devrait être le statut de quelqu’un qui a des problèmes administratifs à résoudre, tout au plus casse pieds, mais non, c’est devenu une marque d’infamie, une indice de non humanité qui légitime des représailles officielles dans un pays qui se prétend des droits de l’homme. Cela permet la détention administrative ce qui veut dire que l’on enferme des hommes des femmes, des enfants, des bébés, chose que le droit ne permet pas et l’on s’assoit sur les principes les plus sacrés pour tolérer que ces actes d’enfermement échappent au bon sens, à la justice, à l’humanité la plus élémentaire. Il s’agit en fin de compte d’une nouvelle forme de ces lettres de cachet que la révolution française avait abolie. L’acte régalien administratif et privatif de liberté qui s’exerce dans l’indifférence et est considéré comme une norme.
Le système fonctionne avec des objectifs quantitatifs avoués qui peuvent le pousser aux excès, au manque de self contrôle car la nécessité de faire du chiffre incite à être moins regardant sur le cas de tel ou tel et il peut même conduire à la tentation de faire du zèle.
Et les gens ordinaires, monsieur tout le monde, moi , vous, celui qui se soucie du sort des SDF et aide les vielles femmes à traverser la rue, n’est pas concerné car tout ça est légal officiel donc normal et pris en charge par des gens respectables.
Le maçon qui construit le centre de rétention, le ferronnier qui installe les grilles, l’électricien qui place la clôture électrifiés, le policier qui arrête, la secrétaire qui transmet les listes, personne finalement n’est responsable du système et donc ne peut se sentir concerné par son existence, ses excès et ses bavures quand il y en a.
Et pourtant chaque accident rapporté par les médias va peser sur toutes nos consciences et provoquer une émotion publique significative.
C’est là que les grands experts en morale publique viennent au secours des âmes. La théorie de « l’appel d’air » si convaincante, si rassurante, si légitimante nous explique que si nous étions un peuple sympa les étrangers vont affluer et nous submerger sans mesure, il viendront en nombre et ce sera l’invasion. Imaginez nos villes bondées de peaux colorées, nos services sociaux envahis par la misère du monde, nos écoles submergées d’enfants baragouinants, l’angoisse totale pour tous les honnêtes gens qui bossent, qui payent leurs cotisations, qui élèvent leurs enfants et qui redoutent les déficits publics. Donc il faut bien pour se défendre se donner cette image de méchants, dissuasive. Cette image qui tient les pauvre en respect et les empêche de se transformer en « sans papiers » en « clandestins ».
Il faut faire mal pour faire peur. Il faut faire peur pour faire le bien. CQFD
Est ce utile de réfuter ce discours dont la surface lisse et bienveillante cache une profonde xénophobie voire le racisme le plus ordinaire ?
C’est réussi d’ailleurs, si bien réussi que les étrangers que l’on voudrait en France y viennent de moins en moins car les talents qu’il faudrait attirer pour dynamiser notre société vieillissante, la réglementation tatillonne et le discours xénophobe, les éloignent vers d’autres cieux. Ils vont à Londres ou en Amérique comme d’ailleurs de nombreux français jeunes que le conservatisme ambiant chasse de leur propre pays.
Et pendant ce temps nombre de nos braves gendarmes, policiers, fonctionnaires poursuivent l’immigré clandestin comme si c’était la seule urgence dans la France chaotique d’aujourd’hui ?

En fait cette politique est aussi un discours qui s’adresse de manière subliminale mais avec une grande clarté à toute une partie de la population française. C’est un message instituant le rapport de forces entre la France blanche, xénophobe et bourgeoise et la masse immense des populations jeunes et issues de l’immigration. Cette population des banlieues si inquiétante dans bien des têtes. Cette traque des immigrés est la pédagogie de l’ordre de l’ordre des blancs contre les basanés afin que chacun le matin devant sa glace comprenne de quel coté il se trouve et que la France vieillissante des lotissements, terrorisée par le changement et les crises qui arrivent, continue de craindre et de bien voter, pour l’ordre, pour l’ordre sarkozien.
Si Sarkozy ne peut rien ou si peu en économie, il pourra en revenant à la thématique de l’ordre reprendre le manche du pouvoir qui est en train de lui glisser des mains. Du moins c’est le pari que beaucoup de ses amis font pour lui!
Mais pour un si piètre résultat tant de français doivent éprouver cette honte de ne pouvoir rien faire et supporter cette politique dégradante.

quelques actions de niveau inégal

Posté le 04.04.2008 par vivelagauche
Manifestement il est plus facile de faire des effets d’annonce que de construire une véritable politique économique. Depuis plusieurs jours les médias nous préparent à 140 mesures annoncées par Nicolas Sarkozy pour faire face à la crise et continuer les réformes. Alors on attend le discours et ce sont quelques actions de niveau inégal disparates et prévisibles qui font le fonds de l’affaire. Au total bien peu de chose face à une crise par trop sérieuse. Economiserait-on 5 milliards que le compte n’y serait pas puisque le déficit comme les intérêts de la dette sont de l’ordre de 40 et 50 milliards. De plus ces mesures touche à tout vont –elles produire les effets annoncés comme si tout était égal par ailleurs, ce n’est pas sûr. Quand à la réforme de l’état, sérieuse, structurelle, elle est encore dans les cartons.
Il est clair cependant que la saignée des aides sociales et des services publics est amorcée car en l’absence de croissance la seule chose à faire est la réduction des dépenses.
Mais le but de ces annonces était de rendre un peu de crédibilité à Nicolas Sarkozy avant qu’il devienne pour mois président de l’Union Européenne. C’est à peu prés le seul objectif qui sera grosso modo atteint.

Restructurer l’état et le rendre plus efficace est un objectif que tout le monde partage mais il se confirme que la réduction brutale du nombre de fonctionnaires dont les conséquences sociales et humaines seront très fortes n’aura qu’un effet marginal sur le déficit de l’Etat. Encore un slogan qui n’est que le paravent d’une idée fausse.
Montant des crédits de paiement par titre et catégorie

LFI 2006 PLF 2007


Titre 1er. Dotations des pouvoirs publics
871.981.683 918.701.950
Titre 2. Dépenses de personnel
118.161.035.211 119.149.958.305
Titre 3. Dépenses de fonctionnement
31.903.645.741 33.554.893.660
Titre 4. Charges de la dette de l'Etat
39.028.600.000 39.191.000.000
Titre 5. Dépenses d'investissement
13.567.963.325 13.187.105.744
Titre 6. Dépenses d'intervention
130.852.286.344 138.040.877.749
Titre 7. Dépenses d'opérations financières
230.772.796 286.021.425

Total général
334.616.285.100 344.328.198.833


Dans les dépenses de personnel il faut distinguer trente milliards environ pour les pensions et le reste 80 ou 90 milliards pour les actifs.
Il faudra supprimer 10 pour cent des fonctionnaires pour économiser 6 à 8 milliards environ, c’est plus facile à dire qu’à réaliser quand on voit les tensions qui apparaissent dés qu’on atteint quelques dizaines de milliers de postes.
Si on refuse de toucher aux bénéfices des rentiers et aux subventions aux entreprises, il faudra donc tailler dans les budgets sociaux.
Il n’est pas dit cependant que le discours actuel ne soit que pure propagande destinée aux européens et que l’on n’ait pas prévu que dés que les temps seront moins tendus on changera le fusil d’épaule pour éviter les explosions sociales ou les déconvenues électorales qui attendent le pouvoir lorsque le mécontentement augmentera.

A ce propos les sondages qui donnent une forte majorité de français favorables aux économies font largement sourire car chacun pense que ces mesures drastiques de pureté financière concernent les autres. L’opinion changera vite quand elle constatera que tous les autres, c’est aussi tout le monde.
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