Difficile de tenir un blog critique contre le président Sarkozy et le gouvernement, la virulence des médias contre le pouvoir est devenu telle qu’il ne reste sur ce sujet plus rien à dire. Faudra –t il prendre leur défense (difficile) pour avoir quelques idées intéressantes à formuler?
Quand on pense à l’influence du camp Sarkozy sur les médias et l’ensemble des manettes qui sont à la disposition du pouvoir de droite par ses relations privilégiées avec les patrons et l’establishment dans son ensemble, on ne peut que s’étonner de voir la constance avec laquelle il est systématiquement maltraité par les médias.
Probablement, la décision de supprimer la publicité dans le service public en déstabilisant le PAF a dressé contre Sarkozy une partie non négligeable des journalistes du service public, a contribué à délier les langues et à inciter à une plus grande liberté de parole et à une analyse plus critique.
Son arrogance au temps où il semblait intouchable, la manière cavalière avec laquelle il exigeait d’eux une totale servitude, ne pouvaient que lui créer des ennemis qui ont attendu tout simplement que le pouvoir soit devenu faible pour montrer des sentiments plus balancés.
Mais il est sûr que le désordre médiatique actuel traduit aussi des querelles internes à la droite sans lesquelles la démolition systématique du président à laquelle on assiste tous les jours à la télé serait littéralement impossible. Il y faut la contribution d’hommes politiques mais aussi de pouvoirs plus occultes qui ont sans doute décidé de prendre leurs distances.
L’absence totale de politique économique en dehors d’un plan d’économie de bouts de chandelle pompeusement baptisé ne rend pas les choses faciles pour les députés et les grands personnages de la droite. Les rivaux de Sarkozy qui ne bronchaient pas jusqu’à maintenant vont sans doute commencer à oser quelques tentatives de présence médiatique. Manière de se positionner pour un avenir tout à coup plus ouvert. Même si personne n’oublie que les pouvoirs considérables dont bénéficie le président lui confèrent une inoxydable possibilité de durer donc de finir par retourner la situation et de l’emportercontre n'importe quel adversaire.
Il est cocasse d’observer que les commentateurs ont tant de mal à dire du président qu’ils en oublient la critique habituelle du Parti Socialiste.
Il y a décidément de quoi s’inquiéter ! D’autant plus que le PS ne va pas mieux et qu’il est lui aussi traversé de mouvements divers dans lesquels s’amorcent les stratégies de prise de contrôle du parti.
Contrairement à ce qui est unanimement affiché par tous, les positionnements autour des écuries individuelles des uns et des autres constituent la majeure partie de l’activité. Le fameux travail sur le fond que l’on entend encenser ça et là reste un vœu pieux. Et ce n’est pas un séminaire de deux jours ou un colloque qui peut régler en cinq sept les problèmes ardus q’il faut traiter pour donner un contenu aux choix politiques.
Manifestement il est plus facile de faire des effets d’annonce que de construire une véritable politique économique. Depuis plusieurs jours les médias nous préparent à 140 mesures annoncées par Nicolas Sarkozy pour faire face à la crise et continuer les réformes. Alors on attend le discours et ce sont quelques actions de niveau inégal disparates et prévisibles qui font le fonds de l’affaire. Au total bien peu de chose face à une crise par trop sérieuse. Economiserait-on 5 milliards que le compte n’y serait pas puisque le déficit comme les intérêts de la dette sont de l’ordre de 40 et 50 milliards. De plus ces mesures touche à tout vont –elles produire les effets annoncés comme si tout était égal par ailleurs, ce n’est pas sûr. Quand à la réforme de l’état, sérieuse, structurelle, elle est encore dans les cartons.
Il est clair cependant que la saignée des aides sociales et des services publics est amorcée car en l’absence de croissance la seule chose à faire est la réduction des dépenses.
Mais le but de ces annonces était de rendre un peu de crédibilité à Nicolas Sarkozy avant qu’il devienne pour mois président de l’Union Européenne. C’est à peu prés le seul objectif qui sera grosso modo atteint.
Restructurer l’état et le rendre plus efficace est un objectif que tout le monde partage mais il se confirme que la réduction brutale du nombre de fonctionnaires dont les conséquences sociales et humaines seront très fortes n’aura qu’un effet marginal sur le déficit de l’Etat. Encore un slogan qui n’est que le paravent d’une idée fausse.
Montant des crédits de paiement par titre et catégorie
LFI 2006 PLF 2007
Titre 1er. Dotations des pouvoirs publics
871.981.683 918.701.950
Titre 2. Dépenses de personnel
118.161.035.211 119.149.958.305
Titre 3. Dépenses de fonctionnement
31.903.645.741 33.554.893.660
Titre 4. Charges de la dette de l'Etat
39.028.600.000 39.191.000.000
Titre 5. Dépenses d'investissement
13.567.963.325 13.187.105.744
Titre 6. Dépenses d'intervention
130.852.286.344 138.040.877.749
Titre 7. Dépenses d'opérations financières
230.772.796 286.021.425
Total général
334.616.285.100 344.328.198.833
Dans les dépenses de personnel il faut distinguer trente milliards environ pour les pensions et le reste 80 ou 90 milliards pour les actifs.
Il faudra supprimer 10 pour cent des fonctionnaires pour économiser 6 à 8 milliards environ, c’est plus facile à dire qu’à réaliser quand on voit les tensions qui apparaissent dés qu’on atteint quelques dizaines de milliers de postes.
Si on refuse de toucher aux bénéfices des rentiers et aux subventions aux entreprises, il faudra donc tailler dans les budgets sociaux.
Il n’est pas dit cependant que le discours actuel ne soit que pure propagande destinée aux européens et que l’on n’ait pas prévu que dés que les temps seront moins tendus on changera le fusil d’épaule pour éviter les explosions sociales ou les déconvenues électorales qui attendent le pouvoir lorsque le mécontentement augmentera.
A ce propos les sondages qui donnent une forte majorité de français favorables aux économies font largement sourire car chacun pense que ces mesures drastiques de pureté financière concernent les autres. L’opinion changera vite quand elle constatera que tous les autres, c’est aussi tout le monde.