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Date de création : 26.05.2007
Dernière mise à jour : 07.11.2009
334 articles


La ''grand mère'' d'hortefeux

Publié le 07/11/2009 à 02:10 par vivelagauche
Dans une lettre envoyée aux frais de la princesse et acheminée par les préfets et les municipalités, à quelques cinq cent mille conseillers municipaux, on lit la phrase suivante :

« Aucune proposition, aucune piste d’amélioration ou d’approfondissement de tel ou tel aspect de la réforme ne sera écartée ou négligée pour peu quelle concourt à l’objectif de modernisation de notre organisation territoriale que le Gouvernement s’est assigné. »


Ce texte est signé par Alain Marleix et Brice Hortefeux

Ne faudrait –il pas conseiller à ces deux excellences de s’inscrire aux cours de remise à niveau qu’ils ont à ce que disent les médias mis en place pour les candidats à une immigration en France ?

Il s’agit évidemment d’un plaidoyer sans nuance pour présenter le projet de réforme des collectivités territoriales et de suppression de la taxe professionnelle.
Evidemment l’opposition n’a absolument aucun moyen de s’exprimer pour contester cet argumentaire au demeurant d’une grande banalité car il rappelle des données que chacun connaît et d’une grande hypocrisie dans la mesure où il n’évoque pas les points les plus contestables de la réforme projetée.



Etre français

Publié le 07/11/2009 à 01:43 par vivelagauche
Qu’est ce pour vous d’être français ?
Voilà une question bien inutile le plus souvent. On ne choisit pas d’être français on le vit comme une identité qu’on trimballe, acquise par le hasard de la naissance avec un nom de famille, des parents, des oncles, des cousins, des ancêtres et une bande de voisins, de copains ou d’amis. On peut être un français veinard ou un français malchanceux voire un français carrément malheureux, mais on a rarement à choisir, cela arrive et voilà tout. En droit on est français par filiation, pour être né en France, parce qu’on s’est soumis aux obligations militaires et qu’on a des papiers. Etre français est donc tout bêtement le fruit du hasard et de la nécessité. D’ailleurs toutes les qualités et tous les défauts, toutes les aspirations vertueuses qui s’étalent dans les plaidoyers pro domo suscités par ce débat sont celles des français, mais aussi absolument les mêmes pour les allemands, les anglais, les italiens, les espagnols et tous les autres.

Faut-il être fier d’être français ? Sans doute pour vivre mieux si on est français, mais conseillons à chacun d’en faire autant et d’être fier de sa nationalité quelle qu’elle soit. Ce serait faire preuve de masochisme morbide que d’envier les allemands ou les anglais mais ce serait tout autant sot de les plaindre.

Nous avons des grands auteurs et des artistes de talent, des rois triomphants, des victoires épiques, des défaites honteuses, une langue merveilleuse, une histoire jalonnée d’actes héroïques et de massacres affreux. Bref de ce brouet innommable qui fait l’Histoire des hommes, une grande louche a été déversée sur l’Hexagone, mais le reste de la soupe a été répandu de la même manière un peu partout. Au regard de l’Histoire universelle, l’Histoire de France est d’une banalité ringarde.

S’il est une question dénuée de sens c’est donc bien celle qui nous est posée et qui fait référence à l’ « être français » car cet état de fait n’a rien d’essentiel dans ce qui relève de la morale, de la vertu, de la culture ou de l’Histoire. Il n’y a pas un domaine que nous ne partagions d’une manière ou d’une autre avec les autres peuples dans les arts, la pensée, la littérature, la musique, la danse, le cinéma, le sport. Pas un domaine où certains n’excellent autant ou davantage. Et si nous avons nos grands hommes, ils ont les leurs et tous se valent en mérite.

Par contre la seule question que je me pose et qui vaille est de savoir ce que j’aime et ce que je déteste dans le comportement des français. Et là je sais exactement ce qu’apprécie chez mes compatriotes mais ce que j’aime en eux je l’aime chez tous les peuples de la Terre. Ce sont des qualités qu’on veut trop souvent se reconnaître pour les refuser aux autres alors qu’elles sont les attributs universels de la sagesse.

La curiosité scientifique, la tolérance, la générosité, le sens de la mesure, le goût pour la culture, l’empathie humaine, la solidarité, la modestie, le sens de l’égalité, le refus de la souffrance des autres, des croyances aveugles et de l’obscurantisme fanatique, le refus de toutes les formes de domination et d’exploitation. Il n’y a rien de spécifiquement français dans ce que j’aime de la France, J’aime celle ci quand elle est par son comportement exemplaire dans l’illustration des valeurs universelles et je la déteste quand elle les bafoue que ce soit à cause de certains ou par la faute de la collectivité nationale toute entière.

De plus l’Histoire de France me paraît comporter des succès, des triomphes mais aussi bien des erreurs et des occasions manquées, je n’y vois, ni des raisons d’une exaltation nationaliste, ni des prétextes à dénigrer ce qui n’est qu’une histoire humaine chaotique. La grandeur de Louis XIV et la magnificence culturelle du grand siècle s’accommodent fort bien de la grande misère des paysans et de la violente répression religieuse des huguenots. Je ne jetterai pas le bébé avec l’eau du bain, j’aime Versailles mais j’éviterai toute exaltation franchouillarde en pensant aux milliers de malheureuses victimes de l’indifférence des grands et de l’élite cultivée de l’époque.

Finalement être français ne me procure pas d’exaltation particulière ni de prurit dérangeant. J’en goûte les avantages et j’en regrette les inconvénients. Mais conscient de ce que mon indifférence puisse choquer, je ne puis écarter plus longtemps une question, les morts, les pauvres morts sacrifiés par millions, tous ces morts pour la patrie, n’est ce pas sacrilège de ne pas éprouver plus de sentiments déférents et respectueux pour la haute idée de la nation qui a justifié leur suprême sacrifice ? C’est vrai que lorsque la république à succédé à la monarchie et la nation a pris la place du roi, à des milliers de mercenaires mal payés de toutes origines ont succédé des millions de conscrits formant des armées nationales. Les guerres sont devenues d’atroces boucheries qui ont consommé des millions de braves gens transformés en guerriers. Les carnages européens du siècle passé inspirent l’horreur et s’il faut avoir la plus grande compassion et le plus grand respect pour les millions de soldats sacrifiés, s’il faut commémorer la mémoire de leur sacrifice, en se recueillant aux grandes dates anniversaires devant les monuments aux morts, faut-il pour autant avoir du respect pour le comportement irresponsable des gouvernements, des élites et des puissants qui tant en France, qu’en Allemagne, qu’en Russie, et ailleurs ont soigneusement préparé et nourri ces affrontements colossaux pour des raisons méprisables d’intérêts économiques ou coloniaux ? Quelle France faut-il célébrer pour commémorer les millions de victimes de la guerre de 14 ? Pendant la deuxième guerre mondiale la situation est pire, s’il existe des résistants, il n’en demeure pas moins qu’une partie importante de la nation résignée s’est allié au régime puant des nazis. Plutôt que de trier à postériori les bons et les mauvais sachant qu’aveuglés par les passions et ignorant la suite de l’histoire, les meilleurs comme les pires se sont répartis dans les deux camps, je préfère honorer les morts tous les morts d’une pensée de compassion sincère et me tenir éloigné des nationalismes frissonnants même quand ils ont le verbe puissant du Général de Gaulle. Des habits glorieux de sa France de 45, il a drapé la république bourgeoise et conservatrice des années 60. Le mythe s’est progressivement dissipé et chacun peut s’interroger sur ce qui reste aujourd’hui de la France gaulliste.

De la part d’Eric Besson, ce débat lancé avec une intention manifeste de provoquer un prurit nationaliste pue l’idéologie. Il savonne un planche sur laquelle on glissera facilement pour s’auto congratuler sur ce que nous sommes collectivement comme si nous le savions, si nous le voyons alors que notre vue ne va pas plus loin que le coin de la rue. Qu’est ce que la France d’aujourd’hui, qu’a-t-elle de permanent et de semblable à celle que nous avons aimé dans nos livres d’Histoire ? Cette Histoire est la sienne, est- elle pour autant réellement la nôtre ? Bien malin qui peut décrire objectivement et simplement la complexité des changements que fait subir à la société notre époque moderne avec ses progrès techniques fulgurants, se modifications radicales des modes de vie et des usages familiaux, ses mouvements de population, la mondialisation économique, la médiatisation générale, le recul du livre pour l’image animée. La France là dedans est comme le reste de l’Univers une marmite en ébullition où tout change à grande vitesse même les habitudes basiques les plus essentielles comme par exemple l’incinération qui se substitue à l’inhumation, le concubinage qui élimine le mariage, la liberté sexuelle qui devient une règle sociale.
Alors pourquoi céder à la tentation de s’exprimer ? Pourquoi ne pas traiter de haut l’interrogation posée par un ministre sulfureux ? Tout simplement parce que le vivre ensemble est une question qui nous concerne tous et que même mal posée, grevée d’intentions nauséabondes, la question n’en reste pas moins centrale dans notre débat collectif. Aucun esprit civilisé ne peut renoncer à construire un vivre ensemble, aucun esprit lucide ne peut renoncer à trouver les liens qui vont dans la société créer des solidarités et des compréhensions mutuelles. Et cela même quand on est pleinement conscient qu’elle est profondément inégalitaire et traversée par les conflits d’intérêt entre les strates sociales dans le partage des richesses et du travail pénible. Car on y observe un balancement permanent entre l’affrontement des égoïsmes sectoriels et individuels d’une part et d’autre part l’expression admirable des solidarités organisés comme la sécurité sociale ou l’école publique.

Personne ne peut accepter que le débat national soit monopolisé et perverti par ceux qui font de la peur et du repli identitaire un fond de commerce politique leur assurant à peu de frais la possibilité de se saisir du pouvoir. On voit en permanence des apprentis sorciers instrumentaliser les ressentiments mal digérés d’un passé colonial dont on n’a pas admis la fin chaotique. Les travers de l’Histoire en ont fait un outil politique par trop facile pour influencer les rescapés d’une aventure achevée dans le désordre. Les plus de soixante ans ont connu l’école de la république à l’époque où celle ci dominait une partie de l’univers et où l’on enseignait l’Empire avec ses cartes aux plages roses recouvrant en quasi totalité l’Afrique et une bonne partie de l’Asie. On leur parlait de la supériorité de la race blanche, de son action civilisatrice, de son avance culturelle et scientifique de sa générosité et on décrivait à l’envi les peuples dominés par des caractères péjoratifs de grande portée générale. L’histoire a montré l’inanité de ces constructions intellectuelles qui servaient à justifier une domination militaire et politique. Mais dans l’électorat âgé d’aujourd’hui ces mauvaises raisons sont toujours actives et façonnent une opinion générale négative sur les immigrés et sur l’islam religion des « peuples pacifiés » des cartes de l’antique école primaire.
Si on peut souhaiter une chose c’est que le débat sur l’identité contribue à enterrer une fois pour toutes les rêves d’empire et avec eux les préjugés et stéréotypes conçus à l’époque coloniale qui sont pour une bonne part les racines du racisme et de la xénophobie malheureusement trop répandus. Il est temps que le débat sur l’identité fasse au moins sur ce point un travail de prophylaxie. Il faut que ce débat ramène à une description de la France qui tienne davantage compte de la plasticité qui caractérise au cours du temps l’entité française. Royaume aux frontières hésitantes, empire européen boulimique et de courte durée, empire colonial, république coloniale, république européenne, la France a eu au cours du temps un horizon fluctuant. Si chaque époque a laissé des traces, aucune ne constitue un épisode fondateur et définitif.

La France d’aujourd’hui est libre de se définir comme elle veut. Rien ne s’oppose à ce qu’elle soit une nation accueillante et tolérante pourvu que les intérêts essentiels de ses membres soient préservés. L’évolution vers un statut de pays européen à souveraineté limitée dans le cadre de l’Union Européenne est réellement une nouveauté par rapport à son histoire. C’est pourtant une orientation unanimement partagée dans l’opinion. Le métissage de la population est un aspect assez nouveau par rapport à ce qu’elle était il y a cinquante ans à peine. Il faut cesser de considérer cette nouvelle réalité comme une atteinte à des fondamentaux intangibles et la voir comme une conséquence naturelle de la mondialisation et du vieillissement de la population. La modification ethnique en cours entraine une évolution de l’image que le pays a de lui même. Ce changement essentiel devient peu à peu visible dans les sports, dans la culture et dans les médias. Il s’étendra largement avant longtemps au domaine politique. Il faut expliquer à la partie de la population qui n’a pas compris, qui s’inquiète et se sent agressée que ce mouvement est inéluctable qu’il faut cesser de camper sur des préjugés dépassés et comprendre que le monde n’est pas figé mais en mouvement. Qu’on ne peut pas imaginer qu’après la mondialisation du commerce et de l’argent, les transports aériens et le réseau universel du net, que seules les personnes resteraient immobiles et cantonnées dans leur village. Le monde s’urbanise et se mixte aux quatre coins de la planète et les seuls pays qui échappent à ce mouvement général sont des enfers pour leur population parce qu’ils sont des déserts inhospitaliers ou des dictatures sanguinaires.

Face à ces évolutions, il faut rappeler à tous ceux qui seraient tentés de s’inventer la France nostalgique décrite avec tant de clichés par le cinéma américain des années soixante que toutes les tentatives abouties d’exalter la nation sur la base de critères ethniques ont conduit dans l’histoire à des régimes cruels voire sanguinaires, à des guerres et à des malheurs. L’Histoire ruisselle des fleuves du sang des millions de martyrs innocents de ces politiques insensées. De la Saint Barthélémy à Sebrenicza en passant pas Auchwitz les apprentis sorciers qui se sont fait une spécialité de la race pure ou de la religion pure ont semé tant de meurtres et de crimes que leur seule évocation révulse la conscience des hommes. Des dragonnades aux autodafés de l’inquisition espagnoles, les purificateurs ethniques et religieux prouvent l’intensité de leurs convictions ou de leur foi sur des monceaux de cadavres. Aujourd’hui encore, acharnés à prouver par le sang des innocents la supériorité de leur cause, religieuse ou nationale, des terroristes fanatiques sacrifient aux quatre coins de la planète des tas et des tas de victimes déchiquetée dans d’horribles attentats.

Nul n’ignore en France l’inanité de ces délires qui sont de grands dangers pour la coexistence pacifique des citoyens. C’est pourquoi le repli identitaire construit sur des stéréotypes et des clichés d’un autre âge ne peut être au centre d’une espérance collective, il ne peut que servir à stimuler les divisions internes de la société, qui sont pain béni pour tous les pêcheurs en eau trouble. Quoi de plus facile pour les démagogues que de mobiliser à leur profit les peurs irrationnelles. Il y a dans ce domaine des experts qui ne manquent pas une occasion de pointer l’immigration surtout quand on peut la disqualifier en la traitant de clandestine. Il y a ceux qui sans aucune nuance sémantique s’inquiètent de « l’islamisation de la France ». Il y a aussi les bienveillants qui veulent bien être sympas et accueillants pourvu qu’on continue à leur reconnaître une supériorité de bon aloi. Bref c’est le terrain favori des politiciens dont le fond de commerce est le « bouc émissaire », le responsable désigné des malheurs collectifs que l’on regarde avec effroi et que l’on charge de tous les péchés du monde. Il faut combattre avec la plus ferme résolution toutes ces dérives qui ne dessinent qu’une société du repli vouée à la souffrance et au dépérissement.

Certes, il faut aussi reconnaître que ces pulsions négatives se nourrissent des extrémismes étrangers que ce soit les fanatismes religieux ou les folies terroristes qui secouent avec une grande ampleur le monde musulman et inquiètent à bon droit les démocrates du monde entier. Ce prurit intégriste est d’ailleurs répandu sous bien des bannières religieuses et nocif sous toutes ses formes. Il faut évidemment dans la république faire de la laïcité un rempart contre tous ces propagandistes de pensées réactionnaires, de croyances dogmatiques qui se confortent mutuellement en s’opposant violemment sur la scène publique. C’est un devoir pour tous ceux qui sont attachés à la démocratie et aux droits de l’homme de barrer la route aux uns et autres et d’être ferme contre toute les atteintes à la dignité, en particulier quand elles concernent les femmes et les minorités sexuelles qui sont les cibles les plus fréquentes des tortionnaires qui se drapent des habits de la religion.

Cette opposition résolue ne nous autorise pas tout, le respect de l’autre nous interdit de rien dire des croyances qui ne sont pas les nôtres, rien n’est plus insupportable que l’agnostique qui veut contraindre le croyant à la bonne lecture de ses textes sacrés. La laïcité et la tolérance doivent être des garants du respect de la liberté de penser de chacun. Mais s’il l’on doit se garder d’un seul mot sur les religions par respect de leurs adeptes, il faut avec fermeté subordonner toutes les pratiques à des critères indispensables au vivre ensemble. La laïcité interdit l’espace public à l’expression et au prosélytisme religieux. Mais la pratique individuelle du culte ne peut être tolérée si elle comporte des usages contraires aux droits et à la dignité, humaines. Cependant c’est une grande erreur de s’en prendre aux personnes même consentantes même prosélytes quand prisonnières de solidarités familiales, de leur communauté ou de convictions erronées, la stigmatisation les enferme dans une posture de repli victimaire, c’est fabriquer des martyrs et ajouter du drame à de la souffrance. Il faut avoir le courage de résister aux censeurs du café du commerce qui pensent régenter la société par des interdits et des lois qui enferment ceux qu’elles désignent dans le rôle infranchissable du bouc émissaire devenu victime. A ce jeu hargneux tous les extrémistes y trouvent leur compte mais pas le vivre ensemble horizon nécessaire de la vie sociale. C’est par l’éducation, par les gestes positifs, par la main tendue qu’on peut construire une société solidaire où triomphe la raison. Et lorsqu’il faut que la force de la loi marque des limites c’est aux faux prophètes activistes et manipulateurs, détenteurs du pouvoir de persuasion qu’il est pertinent de les imposer, non à leurs victimes.

On ne peut pas non plus parce qu’on se vit comme membre de la nation française renoncer totalement à tous ces replis de l’enfance, de la culture des parents qui ont en chacun forgé une identité plus précise. Il y a des juifs français, des arabes français, des bretons, des catalans, des auvergnats ou des descendants de princes russes tous français et autre chose en plus. Chaque français quasiment possède en son tréfonds une deuxième identité qui cohabite avec sa nationalité. C’est ce qui explique le grand retentissement du conflit moyen oriental sur l’opinion nationale. Sur ce conflit qui ne pourrait être qu’une affaire concernant de mauvais voisins chacun réagit comme un israélien ou un palestinien et dans chacune de ces nations avec l’une des sensibilités qui s’expriment en leur sein. Cela exige que ceux qui représentent la France sur la scène internationale adoptent une position incontestable de neutralité et de recherche de la vérité et de la justice.

De même que pour se sentir européens nombre de français n’ont qu’à faire référence à leur filiation qui en fait des descendants du melting pot européen. C’est plus facile d’éprouver des sentiments positifs envers les membres d’autres nations quand on sait qu’on est, en quelque sorte, entre cousins. Ce grand mélange des populations du aux migrations passées tant collectives qu’individuelles nous prépare à être une nation qui se sent pleinement européenne. Comme sans doute en des temps reculés le mélange parisien des bretons et des auvergnats était le creuset où se forgerait l’identité de la nation française. Celle de l’époque, pas celle d’aujourd’hui.

Les migrations du vingtième siècle en changeant significativement le peuplement ont fabriqué une nation nouvelle. On a dit pourquoi nombre de personnes âgées sont déroutés par l’image actuelle de la société dans laquelle elles vivent, mais il faut reconnaître que le cantonnement de fait dans les banlieues d’une population immigrée et pauvre a créé un sacré problème en laissant en jachère un pan entier du corps social. Tragique erreur historique dont il est vain de rechercher une responsabilité précise, cela ne fait que nourrir les procès d’intention des uns et des autres, mais qu’il faut d’urgence prendre à bras le corps. Non pas en apportant encore le nième plan de sauvetage et la parole gouailleuse de la ministre sortie des rangs mais en proposant à ces catégories, non pas désocialisées mais socialisées à part, des outils démocratiques (et avec financiers) pour qu’ils se prennent en charge et dessinent eux mêmes le chemin qui les rapproche du reste de la collectivité nationale.

Il est tragique de juger du processus d’immigration sur ces résultats que tout le monde regrette, car celle ci menée avec lucidité et humanité pourrait être un facteur de progrès social en apportant de la richesse culturelle et technique. Du sang neuf dont la vieille société française pourrait profiter sans complexe pour rentabiliser ses formidables richesses potentielles. Tout le discours réactionnaire qui se donne pour fin de cantonner l’immigration à des normes raisonnables mais qui de fait la stigmatise, la rend illégale, et clandestine nous coupe de tant de liens que même les cruautés des guerres coloniales n’avaient pas rompus, nous prive d’énergies et de forces vives qui se détournent de la France pour s’orienter vers le Canada ou les Etats Unis. C’est une forme de double peine, non seulement le problème des français vivant dans les banlieues est pendant mais encore les nouveaux immigrants porteurs d’énergie se détournent de nous. Même les afghans qui se sont ruinés pour traverser la moitié du monde et ont accepté les pires souffrances ne font que traverser la France pour se rendre en Angleterre, comme si de toutes manières la France ne méritait pas mieux que d’être une étape sordide dans le chemin de la liberté. Il est plus que temps que cette politique suicidaire soit révisée.

Chacun de nous vient au monde en vagissant dans le brouillard et si nous sommes vingt ans après des êtres de raison, c’est pour avoir joui d’un langage et d’échanges répétés avec nos semblables et nos ainés. L’exemple des enfants loups est la preuve quasiment scientifique du rôle que tient pour chacun l’environnement humain. S’il est un facteur d’injustice et d’inégalités naturelles c’est que nul ne choisit où il va naître. Etre français cela se réduit le plus souvent à être né en France et d’y avoir vécu en compagnie d’autres français. Ce postulat vaut pour chaque nationalité que celle ci soit celle d’un village perdu dans la brousse ou celle d’un empire continental. Le sentiment d’appartenance, la fierté de son clocher, l’amour des siens ne sont que des automatismes génétiques qui s’expriment en chacun de nous. Ils rappellent que quelques milliers d’années en arrière homo sapiens cueilleur et chasseur tirait sa survie de la protection du groupe dont il faisait partie et que la force et la cohésion de son groupe lui étaient essentielles. Il n’y a donc rien d’exceptionnel à constater que les français comme le reste de l’humanité descendant de ces lointains ancêtres, ont conservé une évidente propension à s’inscrire dans un groupe. Et comme tous les homo sapiens les français ont la possibilité de fabriquer des mythes pour désigner des réalités abstraites, et peuvent leur conférer une personnalité anthropomorphe. Prendre conscience de cette réalité permet de mieux comprendre que les prurits nationalistes tirent leur force de l’ignorance, de la méfiance, de la peur et .du besoin de retrouver de la sécurité dans un groupe dont l’identité soit affirmée avec force. Par contre on s’explique mal que des intellectuels bardés de décorations et célébrés pour leur haute intelligence en soient encore à donner de la France des descriptions mythologiques. Sauf à corréler leurs discours et leur conviction politique à droite ou à l’extrême droite.

Les symboles qui permettent aux français de manifester concrètement leur sentiment d’appartenir à une communauté unie sont bien sûr le drapeau et l’hymne. C’est parce que leur force est intacte que siffler la Marseillaise est un acte de rébellion qui ne découle pas d’un jeu mais se pose en protestation lourde de sens. Cette manipulation des symboles n’est pas l’apanage de groupes en rupture. Le chef de l’Etat est un représentant tout aussi important de l’unité nationale. On observe que dans la pratique du président de la république actuel le rôle de chef de la majorité politique et de chef de la nation confondus à loisir et au gré des circonstances, pour en tirer un bénéfice politique au jour le jour, sont allégrement mêlés dans une totale confusion. L’interventionnisme tous azimuts du président comme chef de l’exécutif dans les affaires quotidiennes et dans les médias en fait d’abord le chef de la majorité. Cela ne peut que révulser une partie de la nation qui, parce qu’elle rejette les positions politiques du président, ne se sent pas légitimement représentée lorsqu’il est dans son rôle de chef de tous les français. Il se crée ainsi une blessure identitaire que ce débat ne parviendra pas à guérir. Cela appelle d’autres pratiques démocratiques. Il semble bien que cette nécessité de bien distinguer ce qui relève du rôle de chef de la majorité gouvernante et de ce qui est du rôle de président de la république, représentant de la nation rassemblée, grand pontife du culte républicain, n’ait pas été bien comprise y compris dans ce que ces deux métiers appellent de spécificité comportementale. L’interventionnisme, la recherche de l’efficacité et le langage direct peuvent exceller dans le premier, l’autre exige la retenue et la solennité. Le brouillage de l’image présidentielle dans l’ensemble de la population trouve pour une bonne part son origine dans la pratique permanente du mélange des genres.

Avec la question « Qu’est ce pour vous d’être français ? », on imagine que les fonctionnaires zélés des ministères construiront un vaste tableau regroupant les résultats tous frais sortis des sondages corrélant tel ou tel type de réponse. Il y aura à boire et à manger et sans doute de quoi faire oublier aux français les urgences du moment pour les inciter à bien voter. On peut douter qu’un débat national sur injonction étatique produise autre chose que des phrases convenues soigneusement rangées par les penseurs rémunérés du gouvernement. On pressent que ces champions du libéralisme économique voudraient bien, à l’égal des pires dictatures totalitaires, expliquer au peuple comment il doit penser. Mais ne pouvant dans une société éprise de liberté imposer un discours normatif issu du pouvoir, c’est d’une expression populaire fabriquée avec cette soi- disant campagne de réflexion et instrumentalisée qu’ils feront la « pensée officielle » qu’on utilisera sans complexes dans la communication médiatique comme une référence et qu’on aura peut être l’audace, en tout cas la tentation existera, d’introduire dans les programmes scolaires pour formater les citoyens pendant qu’ils sont malléables.
On ne manquera pas de justifier l’ensemble de la démarche à l’aide des banalités triviales qu’une telle question génère immédiatement que l’on n’aura aucun mal à faire remonter en grand nombre. Ce faisant d’ailleurs on perdra tout chance de tirer de cette question ce qu’il peut y avoir d’intéressant. Car si l’identité française est en question c’est parce qu’elle est niée, contestée, refusée par nombre de forces vives pour parler le jargon bessonien. C’est parce que ce qu’en donne à voir la France officielle, l’Ecole, les médias ne correspondent que très partiellement au vécu, au ressenti de millions de français. Nous savons donc que la réponse à la question ne sera pas dans le compte rendu du gouvernement !

Un emprunt qui n'est pas un cadeau

Publié le 06/11/2009 à 01:07 par vivelagauche
Trente milliards, cinquante milliards ou cent milliards, finalement le débat sur l’emprunt est une discussion de gros sous dont on peut se demander sur quelle logique il repose. Une chose est évidente, deux tendances s’affrontent, il y a ceux qui voudraient mettre le paquet parce qu’ils pressentent que la machine économique est sérieusement grippée et qu’il faudra investir beaucoup pour moderniser et adapter le pays à une réalité très concurrentielle d’après crise. Il suffit de voir quelques émissions sur la Chine ou le Brésil pour se rendre compte du défi qui attend les pays européens vieillissants.

Et puis il y a ceux qui tiennent les comptes de l’Etat et qui ont le vertige devant les chiffres de l’endettement, alors conscients qu’il faut quand même faire quelque chose mais inquiets de ce qui peut arriver si les investissements ne donnent pas le résultat escompté, ceux- là sont les timorés partisans d’un emprunt minimum, trente milliards, une somme importante mais qui semble dérisoire par rapport aux déficits de l’Etat ou des comptes sociaux.
Déjà cette affaire d’emprunt met en évidence un fait que trop de français ignorent c’est que l’Etat emprunte tous les jours, non pas pour investir mais pour fonctionner et que c’est là un début pour une possible banqueroute que tout le monde espère très lointaine.

Deuxièmement le lancement de cet emprunt pour doper l’investissement est la preuve d’une prise de conscience par le gouvernement que le désengagement industriel en cours du aux délocalisations massives, transformera la France en baril de poudre en faisant exploser les chiffres du chômage et en déséquilibrant tous les comptes publics.
Ce qui est paradoxal c’est que les libéraux qui nous gouvernent, ces grands défenseurs du marché et de la concurrence libre et non faussée, en lançant cet emprunt, font directement le procès des mécanismes du marché. Cet évidemment parce que ceux ci sont incapables d’utiliser et d’orienter les immenses moyens humains et matériels disponibles que l’Etat envisage de redevenir un pilote industriel.
Car à quoi servira cet emprunt sinon à décider des secteurs dans lesquels il faut accélérer les investissements parce qu’ils jouent un rôle moteur dans l’économie. C’est donc bien d’un manque de confiance dans les lois du marché que découle directement l’idée d’un grand emprunt. D’autant plus que les capitaux empruntés par l’Etat pour les injecter dans la machine économique auraient pu directement s’investir si les lois de l’offre et de la demande les y avait clairement incités.
Après avoir supprimé tous les instruments d’orientation économique et avoir privatisé à outrance, par l’intermédiaire de cet emprunt, l’Etat va de nouveau se comporter en acteur économique décidant de l’offre ? Ironie quand même de voir les grands prêtres de la religion libérale se mettre ainsi à utiliser l’Etat dans le jeu industriel. Mais rassurons les adeptes du libéralisme, ils ne vont pas nationaliser, peut être quelques pertes à l’occasion, mais surtout pas les bénéfices.

De toutes manières après avoir tout vendu, l’Etat ne peut faire qu’’une chose pour éponger les liquidités disponibles et continuer à offrir des dividendes supplémentaires aux grandes fortunes. C’est de leur servir des intérêts en contrepartie d’un emprunt.

Bien sûr la droite s’évertuera à justifier l’opération en argumentant que les taux sont actuellement très faibles sauf qu’ils sont déjà ici ou là en train de remonter.

Ce régime a montré sa maladresse et sa fâcheuse tendance à tout faire pour rendre service à ses amis fortunés. On peut don à bon droit s’inquiéter du coût de cet emprunt et du poids qu’il aura sur l’ensemble de la société. Il y a eu des précédents où les emprunts indexés sur le louis d’or ont rapporté des fortunes aux créanciers du trésor.


De plus on ignore toujours et c’est un comble, quels projets on souhaite financer. L’argent coulera à flot et ce sera inexorablement sur les plus pistonnés. Non pas qu’il y ait des passe droits, on ne peut pas douter qu’une procédure dite irréprochable servira à sélectionner les projets (quoique !) mais vu l’absence de projet industriel précisément décliné à l’avance la pesanteur des puissants s’exercera pleinement, c’est tout.
C’est d’ailleurs l’un des aspects le plus scandaleux de cette affaire car le montant de l’emprunt n’est pas fixé à partir des besoins mais seulement par un arbitrage à la louche pour éviter des déconvenues sur les marchés financiers. Il n’est pas illégitime dans ces conditions de se demander si l’idée de cet emprunt n’a pas été soufflée au président par des investisseurs en mal de placements « sûrs ». Et si finalement « l’affaire » ne serait pas au départ financière plus qu’industrielle.

Quand l’Etat disposait de la création monétaire et qu’il en tirait profit, il n’avait pas réellement besoin d’emprunter pour financer ses projets, il y parvenait par ses moyens régaliens dont l’impôt, aujourd’hui on baisse l’impôt des plus riches et des grands groupes, on laisse aux banques le juteux bénéfice de la création monétaire et finalement l’Etat exsangue après avoir vendu tout ce qui était en son giron se doit d’emprunter sur un marché de capitaux où les banques font leur beurre. Avec la crise sociale qui commence à prendre forme tout cela ressemble à un paroxysme, à la dernière partie du petit matin à laquelle s’adonnent des joueurs épuisés mais insatiables.




Le malaise des sénateurs

Publié le 03/11/2009 à 09:57 par vivelagauche
Six milliard (le montant varie à chaque annonce), c’est semble t-il le sujet qui fâche. Comme on le dit si bien dans le monde entendu des experts, il faut alléger le poids de la fiscalité qui pèse sur la compétitivité des entreprises pour les rendre plus dynamiques. Ce genre de raisonnement, a un avantage certain, il fait facilement l’unanimité, c’est la partie agréable de l’exercice. Car qui ne veut pas améliorer la compétitivité des entreprises ? Qui ne veut pas que les choses aillent mieux ?

Le bon sens paysan serait d’approfondir un peu la question et de se demander pourquoi la suppression de l’impôt qui touche les supermarchés ou les restaurants ou les cinémas va améliorer la compétitivité internationale de la France et améliorer soit la balance des paiements, soit le déficit de l’Etat, soit booster significativement la croissance. A y regarder de plus prés on se dit que ce n’est peut être pas une urgence nationale de donner un peu plus d’argent à nombre de professionnels qui en gagnent déjà beaucoup dans un marché ultra- protégé où ils font à peu prés ce qu’ils veulent, et que ce bonus de 6 milliards largement distribué sans aucune discrimination est encore un exemple de la politique des cadeaux de la droite à ses soutiens électoraux.
C’est vrai que la TP pourrait être indexée sur les bénéfices plutôt que sur les équipements. Mais à ce détail prés, on ne voit pas pourquoi il faut globalement et uniformément alléger la charge qui pèse sur les entreprises.
Par contre que l’on accorde des allègements aux entreprises industrielles qui sont exposées de plein fouet à la concurrence des produits importés, ou même que l’on favorise les investissements nouveaux, c’est une autre histoire qui mérite des débats et probablement la mise en place d’une fiscalité générale plus favorable aux productions nationales et plus défavorable aux importations.
Si cette réforme donc qui ne peut faire que des heureux puisqu’il s’agit de faire un cadeau d’au moins 6 milliards (excusez du peu) provoque une fronde sérieuse dans les rangs des sénateurs c’est évidemment que l’argent qui est ainsi rendu est pris dans d’autres poches. Il faut bien se demander qui va payer en fin de compte?
Aucun programme d’économies n’ayant été défini avec la réforme, cela veut dire que d’une manière ou d’une autre lorsque les entreprises vont cesser de payer ce sont les ménages qui vont s’y coller et prendre le relai sous peine de voir les collectivités arrêter leurs investissements. Et là ce n’est vraiment pas une bonne nouvelle. Car la somme est conséquente et représente un tiers de point de PIB, on peut donc dire que pour les particuliers qui n’ont pas le bonheur d’être les heureux propriétaires d’une boîte quelconque cela pèsera d’autant sur leurs revenus de 2010 et de la suite.
Là encore les retraités qui votent farouchement pour Sarkozy leur sauveur contre les méchants socialistes feraient bien de faire un petit peu leur comptes et décomptes. Car il est évident qu’ils seront les premiers concernés par la formule de rattrapage fiscal qui verra inexorablement le jour.
Mais l’affaire est tellement complexe et abstraite que le public occupé à débattre d’une question absconse sur l’identité nationale n’y verra que du feu et le moment venu paiera sans même s’en rendre compte. Ainsi va la démocratie sarkozytée !
On comprend donc le malaise de ces sénateurs conservateurs qui auront pourtant des amis patrons contents mais risquent de voir leurs électeurs de droite un peu fâchés quand ils s’apercevront qu’ils sont les dindons de la farce.
La seule solution pour le pouvoir est de trouver comment faire payer par les plus pauvres ces six milliards, en brouillant et embrouillant autant que faire se peut, en pointant un doigt accusateur sur la crise ou la gauche ou les américains ou les chinois ou plus simplement les collectivités territoriales de gauche laxistes et dépensières. Rude défi, malgré tout, même pour un Lefèvre !


Comprendre les conditions d'une alternance droite gauche

Publié le 02/11/2009 à 00:26 par vivelagauche
Alors que la crise dévaste l’économie des pays occidentaux et entraîne les déficits publics à des profondeurs abyssales, il est remarquable d’observer deux phénomènes surprenants. D’une part le maintien d’un niveau élevé de la consommation populaire avec un faible niveau de mobilisation sociale, bref une relativement faible sensibilité de la société à la crise, d’autre part le maintien d’un soutien résolu au gouvernement d’un très bon tiers de l’opinion formant un socle électoral solide. En Allemagne dans une situation similaire c’est la droite qui gagne tranquillement les élections. Il est évident qu’elle a une politique destinée à permettre aux multinationales et aux grandes fortunes de faire tranquillement leurs affaires et d’échapper à toute pression fiscale supplémentaire. Mais les très riches ne font pas un électorat. Ce qui veut dire que pour garder une majorité, pour gagner des élections les politiciens doivent construire une offre à vocation majoritaire. Même si les slogans et les postures qui constituent le message politique s’étalent sous les yeux de tous, leur interprétation n’est pas si simple. Observateurs et analystes ont du mal à discerner à qui s’adressent promesses et injonctions.
Dans cette dernière période on a observé un recul important du Parti Socialiste comme si son offre politique était décalée par rapport aux aspirations du plus grand nombre et ne constituait plus un projet susceptible de rassembler une majorité. Cette situation a été théorisée par ceux qui font valoir que le « pacte social démocrate » entre ouvriers et classes moyennes est rendu caduc par la mondialisation. Celle ci a conduit le capital à rechercher un rendement maximal en délocalisant les activités de production sur des pays à bas coût de main d’œuvre. Il a donc, par conséquent, pris son parti d’une croissance du chômage et de la destruction progressive de l’emploi industriel dans les pays développés. Cette politique ne peut être poursuivie que dans la mesure où les catégories concernées par une remise en cause drastique de leur condition sociale ne sont pas au pouvoir et sont dans l’incapacité de s’y opposer. Dans un pays comme la France où la production industrielle ne représente que 15 à 20 % du PIB, externaliser davantage la production industrielle ne constitue pas un facteur d’appauvrissement général suffisant pour provoquer une vaste rébellion populaire. L’opposition des syndicats et des groupes directement touchés ne suffit donc pas à décourager les grands groupes capitalistes de pratiquer cette stratégie. Une majorité de la population tire de son coté, de cette politique un niveau de vie amélioré grâce à une monnaie solide favorisant les importations de biens de consommation à des coûts très compétitifs. Le réseau de distribution de ces productions importées témoigne par son extension géographique visible dans toutes les régions françaises, du succès populaire de cette politique.
Au moment où tant de signaux rendent compte des atteintes à la solidarité collective, aux services publics, à l’égalité dans l’éducation et les soins, à la stabilité des salariés menacés par des conditions de travail plus stressantes et une plus grande précarité de l’emploi, il est frappant d’observer que simultanément la communauté nationale continue à consommer des écrans plats, des portables des ordinateurs et tant d’autres produits issus de la production de masse importée d’Asie et d’ailleurs. La situation est paradoxale, car cette consommation soutenue donne le sentiment d’une société prospère alors que les tensions sur les revenus et l’emploi témoignent largement d’une aggravation de la paupérisation dans les couches populaires les plus fragiles.
La crise concentre ses effets sur une frange de la population formée de jeunes et de précaires et de catégories ouvrières dans des secteurs en difficulté pendant que le reste du corps social indifférent à ces détresses continue de bénéficier des avantages procurés par une monnaie forte permettant l’importation et la consommation de productions à bas prix de revient.
La limite de ce modèle est évidemment atteinte lorsque la balance des paiements s’inverse et devient négative signifiant que le pays importe à crédit car on ne peut plus, alors, continuer durablement sans se retrouver confronté à de graves problèmes d’endettement. Le deuxième effet prévisible de cette politique basée sur une importation massive des biens de consommation c’est évidemment le tassement de la croissance interne privée de sa dynamique industrielle et l’augmentation concomitante du chômage qui va finir par peser sur l’équilibre des finances publiques et sur les moyens financiers dont disposent l’Etat et les particuliers. Ce sont des tendances lourdes qui ont été observées de manière constante avant la crise.
Ce schéma économique sacrifie donc clairement les ouvriers et plus généralement les secteurs industriels de l’économie condamnés pour l’essentiel à se délocaliser dans la mesure où ils utilisent un volant important de main d’œuvre. Cette évolution va peser sur les syndicats confrontés à une détresse ouvrière face à laquelle ils se retrouvent impuissants et sur les partis politiques qui ont leurs soutiens traditionnels dans la classe ouvrière. Effectivement la décennie passée témoigne de l’effritement de leurs influences respectives. Dans ces conditions ce que l’on nomme « le pacte social démocrate » c’est à dire le compromis entre la classe ouvrière et les classes moyennes dans la gestion des affaires publiques et de l’Etat providence a cessé de bénéficier du soutien populaire. Tout simplement les intérêts des classes moyennes ayant divergé, leur accord politique avec la classe ouvrière est devenu caduc. L’Etat providence lui même n’est d’ailleurs pas remis en cause par cette évolution, car il intéresse aussi les classes moyennes. Mais il est compacté, contenu, même s’il est pour l’essentiel maintenu. Retraites, sécurité sociale, indemnités de logement, indemnisation du chômage, allocations familiales, RMI bref l’ensemble du dispositif de redistribution reste en place bien qu’il fasse l’objet d’attaques récurrentes et de mesures drastiques pour en contrôler la croissance. Par contre pour les classes moyennes un volant d’assurance personnelle « à la carte » est un moyen de limiter la solidarité et d’individualiser l’effort. C’est une demande qui s’est largement exprimée dans les discours et qu’on a tenté de concrétiser avec un succès très limité. La droite garde comme objectif affiché de faire évoluer le dispositif de protection sociale dans ce sens et simultanément essaye de réduire et de rationaliser le volume des dépenses publiques de nature sociale. Les partis de gauche s’épuisent à faire campagne pour dénoncer ces orientations, sans en tirer un grand bénéfice politique car le sujet clive classes moyennes et catégories populaires. De plus les milieux ouvriers se sentant trahis se radicalisent, ils se détournent des partis sociaux démocrates que ces défections affaiblissent, pour pratiquer l’abstention ou militer dans des partis protestataires.
La crise mondiale n’a pas fondamentalement changé cette évolution générale qu’elle a plutôt accélérée. Les délocalisations ont largement progressé et avec elles le chômage des jeunes. Le déficit de l’Etat et de la balance des paiements se sont largement aggravés.
Si la droite a durant cette période gagné les élections, c’est qu’elle a réussi, c’est une tautologie, à rassembler une majorité électorale. Sachant qu’en tout état de cause les grandes fortunes bénéficiaires du bouclier fiscal ne sont qu’une infime minorité, son succès ne peut provenir que de sa capacité à rassembler, autour de son projet, d’autres nombreuses catégories sociales. Il y a bien sûr un électoral traditionnel, celui des catholiques pratiquants, des petits patrons, des petits commerçants, des petits artisans, toutes ces catégories d’entrepreneurs très méfiants envers l’Etat et les fonctionnaires. Ce sont des électeurs habituels des partis de droite, pour des raisons d’ailleurs paradoxales car ils sont hostiles aux prélèvements et à la politique de redistribution alors même que de toutes manières la droite de gouvernement n’a absolument pas en vue de leur donner satisfactions. Il est vrai que le discours de campagne de Sarkozy pouvait leur laisser croire le contraire. Au cours de celle- ci, avec beaucoup de démagogie, il stigmatisait les « assistés » dans le but de flatter cet électorat qui vit avec le sentiment permanent « que leur travail engraisse les autres qui ne font rien ». Son hostilité envers les fonctionnaires et tous ceux qui ont un emploi à revenu « garanti » lui fait boire du « petit lait » lorsqu’on lui sert un discours convenu et virulent contre les « fonctionnaires qui ne travaillent pas et nous coûtent cher » largement utilisé par la droite en campagne. Il est possible que « le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux » ne soit finalement que la forme polie de cette pulsion revancharde destinée à flatter cet électorat et pas du tout un projet de rationalisation de la fonction publique. Il en est de même pour les paysans qui placent leur priorité davantage sur la conservation de leurs « biens, terres et domaines » plutôt que sur la garantie de leur revenu. Leur idéologie très conservatrice en fait un électorat captif. Mais tout cela ne fait pas une majorité si on ne peut y adjoindre une partie substantielle des classes moyennes formées d’employés, de fonctionnaires, de professions libérales, et de retraités.
L’enjeu pour la droite a donc été, sur la période concernée, d’adopter un discours rassemblant autour d’elle et des plus riches, ces catégories et de les fidéliser. C’est ce que l’on peut nommer le «compromis libéral ». Celui ci consiste finalement à isoler la catégorie condamnée à une paupérisation rapide formée des ouvriers travaillant dans les processus de production industrielle. Ceux là vont connaître la précarité et une baisse de leurs salaires réels pendant que pour les autres catégories les conditions de vie resteront stables non pas tant à cause d’une élévation des revenus que d’une stabilisation des prix voire une baisse en ce qui concerne ceux des biens importés.
Le maintien à un niveau élevé de la redistribution sociale maintient la droite en rival de la gauche dans les catégories sociales défavorisées et désocialisées qui de toutes manières ne peuvent pas espérer d’un changement politique une évolution importante de leur condition. La mise en place du RSA avec une figure emblématique comme Hirsch témoigne de cette volonté de rallier un nombre important d’électeurs dans ces catégories les plus défavorisées qui survivent dans tous les cas grâce à des mesures de solidarité publique.
La maitrise du niveau de prix et une monnaie forte, sont des moyens d’assurer aux classes moyennes des conditions d’accès aux produits importés et procurent le sentiment d’une certaine aisance économique.
Des mesures d’allégement fiscal (impôt sur le revenu, droits de succession) sont destinées à les persuader que tout est fait tout pour préserver leurs revenus.
Dans les catégories âgées le discours sécuritaire associé à des promesses comme de porter à 60% la pension de réversion et la suppression des droits de succession provoquent le ralliement massif d’une population qui vit, parfois chichement, de ses rentes et est très sensible au niveau des prix et des prélèvements.
L’ensemble de ce dispositif constitue le «compromis libéral » qui permet à la droite de s’assurer une majorité aux élections.

La crise mondiale a balayé tout le contenu volontariste du projet présidentiel de Nicolas Sarkozy. Ses gesticulations brutales et incohérentes ont entraîné le pouvoir dans une profonde impopularité momentanée.
Il s’ensuit une dégradation très importante du l’image du pouvoir. Cette situation peut créer à gauche l’illusion que les conditions d’une facile reconquête de l’opinion sont réunies. Il est vrai qu’un espace d’opportunité politique est en train d’apparaître. Pourtant le « logiciel » idéologique capables de modifier les choix des électeurs n’est toujours pas construit et dans ces conditions les prochaines échéances pourraient à nouveau être l’occasion de cruelles déceptions. Parmi les signaux inquiétants, il y a le processus de transfert de nombre de voix de gauche sur les partis Ecologiste et Vert qui ont été observé durant les élections européennes. Il indique que pour nombre d’électeurs le combat social perd son caractère prioritaire par rapport à l’urgence écologique. Il s’agit évidemment d’électeurs des classes moyennes dont les conditions de vie ne sont pas fondamentalement atteintes par la crise, qui ne ressentent pas de stress économique et sont par conséquent plus sensibles aux thématiques du « mieux vivre » et de la « culpabilité du consommateur » coupable des dommages que « ses mauvaises habitudes de consommation » portent à la planète. Celles ci deviennent des priorités en lieu et place des luttes sociales de répartition des fruits du travail et d’attribution du travail pénible.
Même si les écologistes se disent de gauche et répètent à l’envi une partie des slogans forgés par les socialistes, cela évidemment favorise les transferts de voix compte tenu de la sensibilité des électeurs concernés, il n’en demeure pas moins qu’ils ont comme priorité affichée une évolution des modes de vie et non pas une modification des rapports de force sociaux et la modification du partage des fruits du travail entre travailleurs et rentiers. Ce vote vert peut donc être interprété comme un comportement erratique d’un électorat sensible à l’urgence écologique mais qui n’est pas concerné par l’urgence sociale. Il ne sera pas si facile de le capter au profit d’un projet affichant ouvertement un intention de modification dans le partage du PIB au profit de catégories plus défavorisées qu’il s’agisse de la classe ouvrière, des chômeurs ou des travailleurs précaires.
En résumé la mondialisation en détruisant sous l’impulsion du capitalisme, la base ouvrière et industrielle de la société occidentale a entrainé la substitution du « compromis libéral » au « pacte socio démocrate » comme mécanisme de rassemblement d’une majorité électorale. La future victoire de la gauche à des élections suppose qu’elle soit capable de le dénoncer et de reconstruire, sur de nouvelles bases, un nouveau rassemblement majoritaire.
Ce qui peut aider à cela, c’est que la crise a un effet fragilisant sur le « compromis libéral ». La croissance du chômage touche désormais toutes les catégories sociales par son augmentation fulgurante. Cela pèse sur les salaires et les conditions de travail de l’ensemble des personnes actives comme en témoigne par exemple le suicide de cadres dans les grandes entreprises.
Le « compromis libéral » comporte en l’absence de croissance un risque évident d’explosion des déficits. En effet d’une part on prive l’Etat de recettes substantielles en dispensant les plus riches de tout effort fiscal proportionné à leurs revenus, d’autre part on se refuse à contracter les dépenses importantes liées à la redistribution. Si la croissance n’est pas au rendez vous pour masquer cette fuite en avant, les déficits sont inévitables. En 2009 le déficit est de 150 milliards dans lesquels on peut distinguer 30 milliards correspondant aux investissements, 50 milliards pour régler les intérêts de la dette et le reste donc 70 milliards de dépenses étatiques et de redistribution des ressources. Il est évident que ce ne sont pas les 30 milliards d’investissement qui pourront les années suivantes générer des ressources supplémentaires pour rembourser la dette supplémentaire de 130 milliards ainsi crée. La fuite en avant des comptes de l’Etat est donc la conséquence d’un choix politique.
Cette politique peut durer longtemps, tant que les marchés seront disposés à prêter, mais inéluctablement il arrivera un moment ou se produira un incident et où le Trésor rencontrera des difficultés à emprunter. Il se pourrait qu’alors un effet boule de neige se produise lié à un mouvement de panique chez les créanciers. Il est évidemment impossible de prévoir avec exactitude ce qui peut se produire. Mais cette perspective de moins en moins improbable commence à inquiéter nombre d’esprits lucides. Elle fait courir de grands risques à tous ceux qui vivent d’une rente sans être particulièrement riches comme c’est le cas des retraités. D’une manière ou d’une autre les prélèvements exigés par une dégradation sans précédent des comptes publics vont finir par porter atteinte à leur revenu.
Les classes moyennes qui ne bénéficient en fin de compte ni des allègements fiscaux ni de distributions d’aide devraient redevenir plus sensibles à une offre politique moins marquée à droite. C’est sans doute à des considérations de ce type que l’on doit la récente évolution de François Bayrou. Représentant une fraction des classes moyennes il a finalement pris ses distances avec la droite de manière plus nette.
A gauche, le « nouveau front populaire écologique et social» FPES devra, pour devenir une véritable alternative d’offre politique, se construire par le rassemblement de plusieurs groupes dont l’addition est indispensable pour obtenir une majorité électorale. Il faudra y regrouper les catégories populaires de jeunes très affectées par le chômage, le travail précaire, les bas revenus, ce qui reste de la classe ouvrière, les classes des employés à bas revenus et à conditions de travail pénible et en plus une partie des classes moyennes et des retraités modestes.

Il devra pour chacune de ses catégories contenir les ingrédients suivants :

-Une ambition nationale qui les exalte
-Un contenu culturel qui les séduise
-Un projet économique qui leur fasse espérer un mieux être
Enfin il devra éviter à tout prix les mesures contraignantes et agressives qui donneraient à un seul de ces groupes le sentiment d’être attaqué.
L’équation est donc assez complexe et demandera beaucoup de travail d’élaboration collective.
Quelques remarques sont déjà possibles en vrac mais elles ne peuvent être qu’un pâle préliminaire à l’écriture d’un véritable projet.
-Il ne pourra pas proposer une augmentation générale des impôts qui menacerait de plein fouet la classe moyenne et devra au contraire cibler les augmentations d’impôt sur les plus riches (suppression du bouclier fiscal).
- Parmi tous les sujets et de loin la priorité est l’emploi clé du statut social de chacun. Avoir un travail est essentiel à l’existence autant pour les revenus qu’il procure que pour le rang qu’il confère. L’aide sociale peut permettre de vivre, elle ne guérit pas la blessure narcissique que crée la perte d’un emploi signe de la reconnaissance de ses pairs.
C’est pourquoi par exemple, l’instauration d’un service civil obligatoire qui cantonnerait les jeunes dans des fonctions peu rémunérées pendant un certain temps et diminuerait ainsi le nombre de ceux qui se présentent sur le marché du travail semble une meilleure idée que l’institution d’une indemnité de survie attribuée sans contrepartie.

-Il convient donc de se donner effectivement les moyens de réaliser une société de plein emploi tout en sachant que dans une société moderne le plein emploi ne peut être qu’une combinaison entre emplois marchands et très productifs et emplois aidés dont l’utilité sociale ne découle pas du marché. C’est en fixant des objectifs de croissance ambitieux que l’on pourra subventionner les emplois non marchands.
-Le deuxième impératif c’est l’égalité sociale qui suppose que l’ascenseur méritocratique se remette à fonctionner normalement. Cela suppose un bouleversement radical du système éducatif, du système de formation et des modes de promotion dans les entreprises et dans l’administration. Cet impératif concerne largement les minorités visibles qui sont plus souvent victimes des discriminations.
-Le troisième c’est la réforme démocratique qui doit briser les pratiques népotiques instaurées un peu partout dans les villes et les campagnes grâce au manque de transparence dans les gestions des collectivités.
Dans le même esprit il est essentiel de diminuer les privilèges liés à la naissance particulièrement quand ils sont exorbitants, il convient donc de rétablir les droits de succession pour les grandes fortunes.

-Une prise de conscience se fait sur la nécessité de maintenir en France un niveau élevé de production industrielle car elle est une condition pour maintenir une recherche active et une société technologiquement avancée. Il commence à y avoir une certaine méfiance à l’égard d’une répartition mondiale des activités qui repose sur des transports très couteux en énergie et pollueurs et sur l’exploitation éhontée de prolétariats sans défense. Celle-ci incite à envisager favorablement la réhabilitation des circuits de production courts et bios. -Il se manifeste dans les classes moyennes une aspiration à une politique économique plus vertueuse même si pour le moment ces courants de pensée se traduisent par des comportements aux effets essentiellement symboliques réservés aux plus aisés (commerce équitable, bio, achat direct à la ferme,..).
Malgré tout on ne passera pas facilement de l’apologie de la mondialisation à un discours construit sur la nécessité de rétablir une forme de protectionnisme. On peut même penser que tout projet ouvertement protectionniste ne sera pas avalisé par le suffrage universel. De même le souci de garder une monnaie de haut niveau qui permet de bénéficier d’importations à bas coût est une drogue séduisante ayant provoqué dans l’opinion une addiction soutenue. Elle n’acceptera pas facilement une monnaie plus faible capable de favoriser les exportations et de dynamiser la production industrielle européenne et contribuant ainsi à un retour rapide au plein emploi.

-La classe ouvrière avait sans doute cru aux rodomontades sarkoziennes promettent de préserver l’emploi industriel en France et elle avait commencé à douter des sociaux démocrates avec la fâcheuse déclaration de Wilworde. La ramener à un vote constructif pour une gauche de gouvernement ne sera pas facile. De plus la crise à eu pour effet de réduire ses effectifs et de lui enlever de l’audience tant au niveau politique que syndical.


Les cibles susceptibles de constituer la base d’une reconquête électorale ont des priorités spécifiques :

Les chômeurs souhaitent un moyen de booster une croissance créatrice d’emplois. Car en ce qui concerne les aides individuelles et les plan de formation, quelle que soit par ailleurs la réalité, le discours de la droite occupe lui aussi cet espace où le gouvernement gesticule notoirement avec toutes sortes de projets.
Un plan de résorption du chômage est en premier lieu un projet économique global fixant des objectifs de production, de consommation et d’exportation compatibles avec l’effectif de la population active et son niveau moyen de productivité.
On ne peut pas se contenter d’emplois aidés ou encore de développement des emplois d’aide à la personne qui constituent un gisement très important d’employabilité mais ne constituent qu’une faible croissance globale. Autrement dit si on veut augmenter l’emploi aidé, il faut aussi et simultanément développer l’emploi marchand, car ce sont les uns qui fournissent les moyens financiers de subventionner les autres. Cette approche globale n’a jamais fait l’objet d’un projet cohérent. On s’est en général contenté d’identifier des emplois possibles sans s’appesantir sur les modalités de financement.
Une lourde taxation carbone pesant sur les produits importés ayant fait l’objet d’un transport sur de grandes distances est de nature à rendre leur compétitivité à des productions locales réalisées en circuit court. La taxation écologique pourrait tenir compte aussi de la consommation carbone nécessaire à la fabrication des produits. On ne peut pas dissimuler qu’il s’agit de mesure protectionnistes qui conduiraient à des dispositifs de rétorsion et à une contraction du commerce mondial, qui a toujours constitué un facteur de régression sociale.


-Les ouvriers et les personnes concernées par les activités industrielles : Les déclarations d’intention ne pourront pas suffire à convaincre que la gauche peut faire autre chose et autrement. Mais il serait suicidaire de suivre certains mouvements d’extrême gauche dans des propositions radicales du type « il faut interdire les licenciements ». Ce qui n’empêche pas de songer à rétablir l’autorisation administrative et des procédures de sauvetage et de surveillance des entreprises pour éviter les délocalisations sournoises.

-Mais ces propositions ne concernant qu’une partie du corps électoral ne suffiront pas à donner à la gauche un avantage électoral. Il lui faut à tout prix retrouver l’écoute des plus anciens, les populations de plus de soixante ans votent actuellement massivement pour la droite toutes origines sociales confondues. Il faut donc repenser le vivre ensemble intergénérationnel, L’accueil des personnes âgées dans tous les espaces publics, etc. -Il faut aussi être conscient que le soutien social n’est plus un marqueur de gauche il est apolitique dans la mesure où tous les gouvernements comme toutes les collectivités territoriales lui consacrent un grand effort quel que soit par ailleurs leurs orientations politiques. Il est indispensable d’impliquer les personnes âgées dans le devenir de leurs enfants et petits enfants pour leur faire retrouver au delà du statut personnel des réflexes de classe. Il faut que les personnes âgées éprouvent de la sympathie pour ceux qui travaillent. Détacher de la droite les plus de soixante ans est une priorité électorale car l’expérience a montré que cet électorat vulnérable et craintif vote en masse et a un comportement très conservateur pour exprimer ses craintes. De plus pour des raisons évidentes les personnes âgées sont peu accessibles par les canaux de communication écrits o u internet, elles se font une opinion à partir d’éléments télévisuels ou bien par le bouche à oreille véhiculé par des proches. L’importance de la relation directe est donc fondamentale.

Un premier travail consiste à discerner dans les activités de production celles qui relèvent du marché comme régulateur unique et celles qui doivent à des degrés divers faire l’objet de l’intervention de l’Etat. Il y a des productions stratégiques comme l’énergie qui doivent se développer sous la tutelle vigilante de la puissance publique. D’autres comme la production d’armes exigent un contrôle strict. Les productions agricoles, les événements récents l’ont montré, ne peuvent se réguler uniquement par les lois du marché sans désordres aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs. Par contre, on peut comprendre que les produits de luxe qui servent à éponger l’excès de pouvoir d’achat des classes aisées soient entièrement soumis aux aléas du marché.

-La création monétaire est une source de revenu et un moyen de réguler les échanges, le niveau des prix et la répartition des fruits de l’activité entre salariat et capital. En se privant au profit des banques privées de ce rôle les états ont fait au système bancaire un immense cadeau qui contribue à les enrichir au delà de toute mesure. Ceux qui ont voulu cette réforme voulaient priver les états d’un moyen de capturer à leur profit une partie notable des fruits de la production. L’erreur est d’avoir pensé que les banques seraient plus vertueuses que les politiciens et que la création monétaire confiée au secteur privé et au marché offrirait des garanties d’une gestion plus équitable. La crise a montré que les banquiers ne sont pas plus vertueux que les gouvernements et que si créer de la monnaie est un moyen de capter des ressources alors les banques le feront avec autant d’avidité que les gouvernements, mais avec une différence dans le premier cas cela se fait au profit de l’Etat dans l’autre cela se fait au profit des actionnaires des banques.

-L’activité bancaire doit faire l’objet d’une régulation attentive pour les empêcher par la spéculation d’accaparer une part grandissante du PIB. Bref le projet de la gauche doit délibérément tourner le dos à la philosophie libérale qui confie au marché la régulation économique. La gauche doit fixer de manière stricte dans quelles conditions le crédit est rémunéré et veiller à ce que la création monétaire ne serve pas d’aliment à la spéculation financière.

-La création de fonds régionaux d’intervention ayant les moyens de se substituer au capital défaillant dans les entreprises menacées pourrait constituer un outil de sauvegarde des emplois existants assez rapide à mettre en œuvre.
La mise en place à l’échelon régional d’organismes d’orientation capables de faire un inventaire de ce qui existe, de travailler à dégager des perspectives et des synergies. L’attribution aux régions de la compétence économique pour de projets de nature industrielle. Cela permettrait de définir une politique de soutien industriel à l’échelle régionale.
Il ne faut pas faire n’importe quoi et le pire serait de retomber dans une gestion étatique de l’économie marchande. Mais il doit être clair qu’un retour de la gauche au pouvoir doit être le signal de la fin du marché en tant que régulateur unique.

-Une politique fiscale ciblée pour empêcher les actions de dépeçage des entreprises devrait enlever toute rentabilité à ces actions. Voire si besoin une modification du droit de l’entreprise pour permettre à celles ci d’échapper aux manœuvres strictement financières.
-De plus la reconstruction d’un véritable secteur industriel de vaste ampleur n’est pas exactement le genre d’opération qui peut se faire en peu de temps et dans l’urgence. Par conséquent il faut sans doute deux types de mesures : des décisions qui serviront à arrêter immédiatement l’hémorragie des emplois vers les pays tiers.
Des mesures de longue haleine pour réindustrialiser en profondeur en se fixant un horizon de par exemple 30% du PIB d’origine industrielle.
La définition d’objectifs écologiques jouera dans ce domaine un grand rôle en suggérant de nombreuses activités nouvelles (urbanisme, construction, transport, productions diverses, traitement des déchets,..)


-Comme il s’agit de définir le contour d’une majorité de gauche, il est déjà assez facile d’en exclure les grandes fortunes qui n’ignorent pas que le retour de la gauche au pouvoir se traduirait pour elles par une perte de revenu net conséquente.
Mais il y a d’autres catégories privilégiées qui ne manqueraient pas de se voir mises à contribution dans le cas ou la gauche serait majoritaire, ce serait évidemment tous ceux qui bénéficient de situations protégées leur permettant d’en tirer des revenus augmentés. Les professions de santé bénéficient d’un marché totalement subventionné par la puissance publique par conséquent la demande dépend de deux facteurs, la maladie fait à peu prés objectif mais biaisé par la perception psychologique que peuvent en avoir les patients et le niveau de remboursement fixé par la sécurité sociale. Dans ces conditions la rémunération des professions de santé découle uniquement des barèmes fixés par l’Etat. La maitrise des dépenses de santé et du déficit de la sécurité sociale doit trouver sa solution dans la mise à contribution des professions de santé, cela pourrait prendre la forme d’une taxe additionnelle versée par l’ensemble de ces professions et calculée pour apurer le déficit annuel.

-Dans le système actuel la création monétaire dont bénéficient les banques leur permet de s’enrichir tranquillement et sans rien faire. D’une certaine manière la planche à billets fonctionne à leur profit exclusif. Etant donné qu’une grande partie de la valeur de la richesse produite est affectée aux rentiers, ceux ci voient le stock de leur matelas financier croître régulièrement. Le déficit d’imposition de l’Etat l’oblige quant à lui à emprunter sur les marchés, la boucle se ferme quand les avoirs financiers deviennent des créances sur l’Etat. C’est le même processus qui a conduit les différents gouvernements à privatiser progressivement tous les biens détenus par la puissance publique. En fin de compte la création monétaire a permis de financer l’acquisition par les grands groupes financiers des grandes entreprises de service public.
On se rend compte du caractère inique d’un système qui enrichit en fait les banques en leur conférant un attribut qui était totalement régalien il n’y a pas si longtemps.

Naturellement c’est en débattant largement de ces thèmes et de bien d’autres qu’on parviendra à un programme mais on ne pourra espérer gagner que si on respecte la règle d’or de tenir compte de chacune des catégories sociales que l’on souhaite rassembler dans le « nouveau front populaire écologique et social »





la Marseillaise et le drapeau

Publié le 28/10/2009 à 15:14 par vivelagauche
Parmi les marqueurs des groupes humains il y a en tout temps et en tout lieux l’hymne et le drapeau. A écouter les hymnes nationaux de différents pays on se rend compte qu’il s’agit de morceaux musicaux très variés dans leur forme comme dans leur origine qui sont simplement courts et faciles à mémoriser. Ils créent chez les membres de la communauté concernée une émotion visible qui témoigne de leur force évocatrice. Celle-ci ne peut provenir ni de la valeur intrinsèque musicale du morceau ni même de sa signification particulière et historique, puisque l’effet est le même pour les hymnes respectifs dans toutes les nations. C’est d’une explication générale que relève la force émotionnelle de l’hymne national. La plus évidente et la plus probable c’est tout simplement qu’il est un signe sonore de reconnaissance. C’est parce qu’on se considère membre d’un groupe que l’on est ému par son hymne. Plus est grand le nombre de chanteurs, d’interprètes et de participants plus l’émotion est forte. Sans doute parce que le nombre témoigne de la force du groupe, critère essentiel qui garantit l’efficacité de sa protection à l’individu qui en est membre. Pour illustrer ce propos, il est intéressant d’observe les spectateurs dans un stade au moment des hymnes. Celui de l’autre camp est écouté avec politesse et le plus souvent avec indifférence, celui de son groupe provoque une réaction émotive immédiate et forte.
Ces considérations nous conduisent à examiner avec circonspection l’effet de l’apprentissage de la Marseillaise à l’école ? Le fait de chanter en groupe, de se sentir membre de ce groupe là, soulèvera nécessairement une certaine émotion, non pas d’appartenance à la nation lointaine mais au groupe local en train de chanter.
Cela suffira–t-il à communiquer un sentiment d’attachement à la nation ? Encore faut-il que l’idée même de nation préexiste chez les jeunes chanteurs. Sinon il se pourrait qu’ils chantent la Marseillaise ensemble mais pour des raisons différentes et qu’ils restent à l’écart d’une communauté nationale qui ne serait pas définie en termes valables pour tous.
On peut donc en conclure que la proposition que formulent ces temps- ci certains de restaurer l’apprentissage de la marseillaise à l’école n’est pas en soi quelque chose de scandaleux mais qu’il serait naïf d’en attendre de grands effets sur la cohésion nationale.

De même les drapeaux ne sont au départ que des carrés de tissu colorés et on observe pourtant qu’ils provoquent une émotion forte. La encore chaque drapeau concerne exclusivement chaque groupe et laisse indifférent tous les autres. On constate donc bien qu’il s’agit d’un symbole visuel de ralliement qui fonctionne de la même manière dans tous les groupes humains, il permet d’identifier le groupe auquel on appartient. Et c’est l’adhésion au groupe qui donne sa force au drapeau. Il y a donc autant de drapeaux différents que de groupes possibles et une même personne qui adhère à des degrés divers à différents groupes respecte ou vénère différents drapeaux. Elle est par contre totalement indifférente à ceux des groupes auxquels elle n’adhère pas.

Une cérémonie imposée d’hommage au drapeau fera certainement ressentir une appartenance au groupe ici et maintenant qui rend hommage à un signe visuel de ralliement, s’en suivra –t il ensuite un sentiment d’appartenance à un groupe plus large ? A la nation ? Oui et non car derrière le signifiant la réalité imaginée pourra être très différente d’un individu à l’autre si par ailleurs le sentiment de partage d’une même réalité nationale n’est pas alimenté par d’autres expériences.
Il n’y a aucune raison de penser que l’adhésion à un groupe soit spontanée, elle est la résultante de diverses expériences vécues par l’individu au cours de sa vie. Les unes confortant et les autres infirmant cette conviction qui résulte d’une complexe élaboration. Le sentiment d’appartenance au groupe découle en priorité du sentiment d’être reconnu comme tel par les autres membres. Cette reconnaissance mutuelle conditionne sans doute tout le reste, l’adhésion, c’est à dire le partage des « valeurs » du groupe, l’allégeance à son porte parole, l’adoption de ses points de vue « identitaires » et naturellement la déférence aux marques de cette identité.
Tout ce qui est institué pour provoquer des occasions de « partager » une expérience de reconnaissance mutuelle est donc de nature à renforcer le sentiment d’appartenance. C’est sans doute pourquoi les partisans d’instauration de la « Marseillaise à l’école » ou du « drapeau aux fenêtres » sont attachés à des formes de participation qu’ils ont eux mêmes vécues et par conséquent expérimentées comme des séquences personnelles d’adhésion à la communauté nationale.
Il serait cependant hasardeux d’imaginer que des cérémonies d’hommage à des signes identitaires sont de nature à changer fondamentalement le comportement des citoyens.
Instaurer la conviction d’une appartenance à une communauté nationale relève sans aucun doute de beaucoup plus d’efforts. El en particulier tous les signes d’exclusion que véhiculent les comportements discriminants à l’égard d’une grande partie de la population ont bien plus d’importance que la connaissance de l’hymne national.

C’est pourquoi l’idée d’un service civil qui avait fait consensus pendant la campagne présidentielle qui permettrait de concrétiser des marques de solidarité sociale semble un dispositif bien plus intéressant pour recréer du lien entre les citoyens. Ce rôle était joué par le service militaire qui introduisait de l’égalité, du partage, de la mixité sociale et du formatage commun dans la vie de tous les citoyens. Sa suppression a créé un vide en ne laissant subsister que très peu d’occasions de se sentir membres d’un même groupe à l’échelle nationale.
Le rétablissement d’un service civil est donc de ce point de vue une démarche positive. ll faut relever que les pompiers volontaires, les bénévoles, les associatifs en tous genres sont souvent animés d’une intention de servir qui découle d’un sentiment d’appartenance à une communauté. Mais cela reste cependant très local alors que le service militaire avec la possibilité de la guerre et du sacrifice toujours possible de sa vie donnait indiscutablement à l’engagement un caractère national et très fort.
De même les expériences de partage soit de l’histoire soit des misères ou des gloires ou seulement d’expériences sportives ou autres créent le sentiment d’adhésion à un groupe nation.
D’autres expériences, parler la même langue, voter le même jour, etc.., très variées contribuent certainement à construire la conviction d’appartenir à une même communauté nationale. Celle ci est un concept abstrait dont le contenu résulte de l’accumulation de différents éléments plus ou moins pertinents. Il est essentiel de relever qu’elle n’a pas d’existence concrète en dehors des multiples descriptions qu’on peut en faire. Elle est le « groupe » d’appartenance de ceux qui s’y reconnaissent et n’existe pas en l’absence de ses membres. Bien sûr aucune personne en particulier n’est indispensable à l’existence d’un groupe mais celui ci n’existe plus si on en soustrait tous ses membres. En ce sens on peut dire que les français existent par eux mêmes mais que la France n’existe que dans la mesure où les français la constituent, la forment lui donnent une existence et un contenu.
Avoir conscience de ce fait c’est condamner une fois pour toutes le nationalisme comme idéologie qui fait de la nation une réalité supérieure ayant une existence en soi susceptible d’avoir un destin propre, plus ou moins transcendant. Le destin de la nation n’est que le produit complexe du devenir de l’ensemble des français à travers l’histoire.
Il ne s’agit pas de dévaloriser les actes de courage et les sacrifices consentis au cours des guerres par tant de citoyens héroïques au service de la nation mais probablement de donner tout son sens à ces sacrifices admirables en soulignant qu’ils étaient destinés à l’ensembles des autres membres de la communauté nationale qui en sont redevables et non pas offerts à on ne sait quelle entité imaginaire et transcendante fruit de spéculations et de constructions enflammées et intellectuelles.
C’est pourquoi les français d’aujourd’hui doivent se sentir redevables à tous ces soldats morts au combat et devraient participer un peu plus aux cérémonies commémoratives qui leur sont consacrées. Non pas pour un culte, mais juste pour un hommage, un témoignage de compassion et l’expression d’une forme de reconnaissance.

Avoir démystifié la notion de nation met à l’aise pour reconnaître ce que chacun de nous lui doit en ce qui concerne son bien être mais aussi son éducation, sa morale, ses connaissances et tout ce qui permet à chacun de se sentir libre au milieu des autres et d’être capable de partager et d’échanger. L’affirmer c’est tout simplement reconnaître ce que nous devons aux autres collectivement, ni plus, ni moins.

Il ne faut donc pas tomber dans l’exaltation irraisonnée d’un mythe national qui n’existerait que dans l’imaginaire de patriotes enfiévrés mais il faut aussi avoir conscience de l’importance de l’adhésion à un groupe, à ses valeurs, à ses usages pour être un homme libre.

Dire qui on est c’est se définir dans le présent mais aussi dans le temps, c’est faire sienne une histoire, celle de sa filiation et de ses origines et en cela l’adhésion à un groupe recouvre un partage de l’histoire de ce groupe c’est pourquoi les nations sont fondées sur le passé sur l’histoire et sur l’’interprétation partagée de cette histoire.
Par conséquent cimenter une nation moderne cela suppose que l’on sache avoir sur une histoire commune un regard distant et compassionnel qui fasse l’inventaire des passions des errements des uns et des autres et exprime une volonté de rassembler et de surpasser les divisions dont l’histoire est jalonnée.
Au total les signes d’appartenance ne sont pas essentiels à la définition de l’identité, ils n’en sont que des signes et pas le contenu. Vouloir recréer du lien et le sentiment d’appartenance à la nation passera donc par des moyens un peu plus sophistiqués.
Bien plus importantes sont les valeurs communes comme les droits de l’homme, la laïcité, la reconnaissance de la raison et de la science, les principes de solidarité, d’égalité, de fraternité, de respect mutuel qui sont le bagage des sociétés européennes. D’autres sociétés peuvent avoir d’autres principes, en particulier les théocraties et il faut bien reconnaître qu’un individu ne pourra pas passer de l’une à l’autre sans abandonner certaines valeurs pour en adopter d’autres. L’esprit d’ouverture fait partie des valeurs positives que la gauche met en avant car il est essentiel de faire un effort pour comprendre et accueillir les autres. Il trouvera cependant ses limites quand il sera confronté à l’intolérance, au sectarisme, au non respect de la vie humaine et des droits de l’homme.

Il n’est pas exclus que le débat sur la nation soit un désir de manipuler les différentes catégories sociales pour leur faire accepter des rapports de force déséquilibrés et la domination des privilégiés et des élites. Il s’agit même d’un classique des situations historiques. Le contenu du discours partagé peut être particulièrement nocif de ce point de vue en instituant des règles profitant scandaleusement à une partie des membres du groupe. C’est pourquoi les révolutionnaires ont toujours regardé la nation comme une menace contre la liberté. La définition des devoirs peut être le moyen d’imposer à chacun des contraintes annihilant la possibilité de se défendre contre l’oppression et de se révolter.
Il y a dans ce domaine des exemples évidents, au Maroc la monarchie accapare à son profit le fait national et impose comme idée qu’elle est le porte parole incontournable de l’unité nationale. Dans le discours officiel tout est fait pour créer l’illusion que la communauté nationale est uniquement le fruit de l’allégeance politico- religieuse au monarque et à la dynastie investie d’une signification supérieure. Evidemment il n’en est rien et les marocains pourraient trouver mille raisons pour se sentir concitoyens si on faisait disparaître ne serait ce que durant quelques heures le fait monarchique. Celui-ci, fruit de l’histoire peut être considéré comme un objet d’affection ou d’attachement identitaire, mais il n’a aucune signification transcendante, pas plus que les centaines de monarchies dont les ruines jonchent les couloirs de l’histoire à travers les millénaires. Beaucoup d’énergie est consacrée par le régime pour empêcher que cette perception relativiste se répande dans la population. De plus la monarchie sert à légitimer le système de domination politique d’une petite oligarchie socio économique.
Cette manière de s’approprier le rôle de porte parole du groupe pour exercer une domination sans partage existe aussi dans toutes les dictatures qui se parent de cette prérogative pour imposer silence à leurs opposants en les accusant de comportements anti nationaux et de trahison.
Même en France on ne peut que s’interroger sur le rôle ambigu conféré par la cinquième république au président. Celui ci est d’abord un chef de parti, mais une fois élu il devient simultanément le représentant de l’unité nationale. Il se trouve ainsi muni de deux casquettes qu’il utilise à sa convenance tantôt symbole de l’unité nationale, tantôt chef de la majorité politique qui gouverne. Ce double rôle est source de confusion et altère le fonctionnement de la démocratie que la polémique sur le temps de parole à la télé traduit concrètement. Nicolas Sarkozy a poussé plus loin que ses prédécesseurs la confusion des genres et cela explique sans doute la malaise d’une partie de l’opinion publique.
On observe que de ce point de vue les monarchies anglaise, espagnole ou nordiques ont su concilier avec plus de sagesse une représentation de la nation complètement détachée du présent inscrite par la tradition monarchique dans un processus historique alors même que celui qui gouverne est confiné strictement dans la posture de chef d’un majorité politique du moment sans jamais pouvoir se prévaloir de représenter la nation.

Il est indispensable que l’homme moderne dépasse d’ailleurs le sentiment d’appartenance à la nation pour se rattacher avec plus de force à l’humanité toute entière. La mondialisation et la prise de conscience de l’urgence écologique font de tous les hommes des citoyens du monde. Il est peut être temps d’inventer le drapeau et l’hymne de l’humanité.



Oui nous parlerons de la Nation

Publié le 26/10/2009 à 21:13 par vivelagauche
Faut-il débattre de l’identité nationale ? Quand c’est Eric Besson, ministre de l’immigration et de l’identité nationale qui lance un tel sujet dans l’arène médiatique, après ses exploits peu ragoûtants de la semaine précédente portant sur les expulsions d’Afghans, on se dit à priori que c’est davantage l’amorce d’un grand battage pour mobiliser l’électorat de droite et lui faire oublier ses troubles récents que d’une sincère intention de faire avancer la convivialité nationale.
Mais justement le sujet est sérieux et particulièrement explosif et il serait extrêmement maladroit, voire politiquement suicidaire de laisser à la droite seule l’occasion de s’exprimer sur un sujet qui concerne tous les français au plus haut point. D’autant plus que grâce à son statut de ministre, Besson pourra utiliser toute la pompe républicaine pour donner à l’affaire la forme grandiloquente d’une réflexion officielle à laquelle il va convier toutes les forces vives utiles à ses démonstrations.

Il faut donc absolument se saisir de ce débat et le faire avec une vigueur suffisante pour permettre à la gauche de ne pas se laisser instrumentaliser. Le Parti Socialiste doit donc pouvoir animer un contre débat sur « la France que nous aimons » assez joli nouveau slogan du PS.
Il faut prendre à contrepied l’initiative du ministre et en profiter pour médiatiser une autre vision de la Nation et de la citoyenneté en accord avec les valeurs de la gauche.
Il faudra démonter et dénoncer les peurs et les préjugés qui fondent la xénophobie ordinaire et le racisme ambiant. Et le faire sans complaisance en donnant la parole aux victimes trop nombreuses de discriminations inacceptables.
Ce sera l’occasion d’examiner des problèmes comme l’immigration et le métissage et d’insérer ce qui se passe aujourd’hui dans les mouvements de population qui jalonnent l’histoire de l’humanité.
Il faudra débattre du concept d’intégration et du pourquoi de sa nécessité.

Ce sera aussi l’occasion de débattre de la place des religions dans la société, de ce qui doit être consenti à l’islam, mais aussi de ce qui doit être accordé au catholicisme. Et par conséquent de rappeler l’attachement de la gauche à la laïcité et de préciser ce que celle ci implique comme obligation de maintenir dans la sphère privée toutes les pratiques cultuelles.
Ce sera l’occasion de discuter des consensus sur l’histoire, la grande et la coloniale et de faire passer le jugement de l’histoire sur tant de conflits passés. Peut être d’aborder des formes explicites de pardon réciproque et de réconciliation qui ne sont pas impossibles si on en juge par notre histoire européenne.
Ce sera le moment de regarder l’avenir en face de se projeter dans le futur européen sans doute, mondial peut être et en tout cas d’évoquer à quoi ressemblera la France de demain.
Oui le débat doit être ouvert mais pas comme l’entend Besson qui veut sans doute placer au centre de ses débats la peur des frontières ouvertes, la peur de l’autre et la peur du futur pour terroriser encore un peu plus les petits vieux paniqués par la crise qui sont le fonds de son commerce électoral. Justement ce doit être aussi l’occasion d’examiner comment cohabitent les générations dans une société où les jeunes galèrent à cause du manque d’emploi et des revenus précaires et médiocres et où les personnes âgées en général à peu prés à l’abri du besoin souffrent d’un cantonnement, d’un délaissement et de solitude.
Décidément parler de la nation et de ses traumatismes, voilà qui se révélera intéressant et pas forcément à l’avantage d’Eric Besson.

Nicolas Sarkozy pourra trinquer avec Mélenchon

Publié le 26/10/2009 à 11:00 par vivelagauche
Lorsque Melenchon aligne ses armées et ses généraux à la télé en réponse à une question du journaliste sur l’importance de son mouvement le « Parti de Gauche » on se rend compte qu’il s’agit d’une toute petite formation politique dont l’audience médiatique est manifestement surdimensionnée grâce au bagout de son chef de file talentueux. Melenchon reste sympathique et lorsqu’il affirme ses convictions de gauche il s’attire à coup sûr l’approbation de nombre de socialistes. Cependant si on s’interroge avec un peu de recul sur sa stratégie politique, on ne peut qu’être dubitatif. Son « Front de Gauche » aura en fin de compte comme seul effet avéré de fournir une présentation rénovée au Parti Communiste qui n’avait pas su la trouver en lui même. Son objectif clairement affirmé est de rassembler à la gauche du parti socialiste et des Verts-Ecologistes un courant d’extrême gauche formé essentiellement des troupes du Parti communiste et du NPA d’Olivier Besancenot. On comprend d’ailleurs les réticences de ce dernier à se défaire de son fond de commerce pseudo révolutionnaire au profit de Mélenchon. Pourquoi Besancenot renoncerait au rôle de premier chez lui pour celui de second chez Mélenchon et de collègue de Buffet. Il y faudra une pression interne à son mouvement très forte, due peut être à des rivaux voulant sa place à la tête du NPA.
Car la stratégie de Besancenot n’étant pas électorale rien ne l’oblige à ces alliances sauf s’il existe dans son parti des tentations de bénéficier de l’argent public associé aux résultats électoraux, ce qui conduit à un grand écart, dans le discours on se fiche des élections pour donner la priorité aux « luttes », dans la réalité on veut faire des voix pour obtenir les subsides afférents.
Bref il se pourrait que Mélenchon malgré les difficultés apparentes parvienne à ses fins et rassemble dans un mouvement de bric et de broc ce qui reste du parti communiste, le NPA et quelques transfuges du Parti Socialiste.
Quand il aura réussi ce pari et obtenu 15 ou même 20 pour cent de voix que sera-t-il en mesure d’en faire ? Il sera en capacité d’imposer des conditions draconiennes à un PS saigné de sa composante la plus à gauche et de le mettre dans l’impossibilité de rassembler une majorité allant de l’extrême gauche au centre. La gauche totalement paralysée ne sera plus en mesure de rassembler une majorité de gouvernement et Nicolas Sarkozy pourra trinquer avec Mélenchon à la domination définitive de la droite sur l’échiquier politique.
On va crier au scandale en disant que c’est trahir les intentions de Mélenchon que de dire cela ! Il suffit pourtant de regarder ce qui s’est passé il y a peu aux élections allemandes pour constater que c’est bien ainsi que les choses se passeront dans les faits. Les socialistes allemands ont été voués aux gémonies par une partie de la gauche pour avoir accepté de s’être alliés aux conservateurs pour gouverner dans la période précédente. Ils ont été sévèrement sanctionnés par les électeurs de gauche qui ont reporté leurs voix sur les purs de la gauche radicale. Le résultat est devant nous limpide, la droite allemande débarrassée du gouvernement de coalition droite-gauche va enfin pouvoir donner la pleine mesure de ses intentions politiques et les annonces d’Angéla Merkel à l’occasion de la formation du nouveau gouvernement n’ont pas manqué de faire comprendre que les temps ont changé. Les catégories populaires qui ont- sanctionné le SPD seront les premières victimes du changement du rapport de forces politiques qu’ils ont eux mêmes provoqué. C’est ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied.
Faut-il rappeler que le vote ne doit pas servir à exprimer sa mauvaise humeur mais à obtenir des résultats et à donner le pouvoir à des mouvements qui soient politiquement proches. Que tout calcul maximaliste est en système démocratique basé sur un majorité électorale condamné à produire l’effet inverse en donnant le pouvoir à ses adversaires !
Le Parti socialiste est formé de courants différents qui sont tous de gauche mais qui ont des appréciations différentes sur le niveau de transformation qu’il est possible de faire subir au capitalisme dominant. Il est légitime de poursuivre ce débat en interne pour tenter d’imposer à l’ensemble du parti une ligne préférée. Il est par contre absurde et suicidaire de croire qu’en divisant la gauche et en affaiblissant à l’extrême le seul parti de gouvernement de la gauche on réussira à obtenir un changement politique. Le seul changement qui se produira c’est tout simplement le renforcement définitif de la droite.
De ce point de vue la stratégie des écologistes est aussi tragique que celle de l’extrême gauche. Le succès des idées écologiques est indéniable et il est de bon ton de s’en féliciter. Il faut pourtant signaler que si une partie du discours vert repose sur des observations scientifiques utilisées avec plus ou moins de discernement, il s’ensuit un discours messianique et culpabilisant imposant à l’homme moderne d’avouer ses « péchés » contre la nature et de les expier. Cela devient très vite une manière pour les classes urbaines bobos au niveau de vie confortable de s’acheter une bonne conscience à peu de frais en proposant de faire supporter à la dépense publique des actions censées compenser leurs propres excès individuels. L’écologie est aussi une échappatoire opportune pour ne plus avoir à avouer une culpabilité sociale et à renoncer à des combats sur la justice et sur l’exploitation de l’homme par l’homme. D’oublier la lutte contre le capitalisme. D’oublier la priorité de la lutte contre la faim dans le monde, urgence mondiale criante et bien plus que tout le reste et dont les bobos des villes occidentales ne peuvent quoi qu’ils en pensent s’affranchir en rejetant uniquement la responsabilité de ce crime contre l’humanité sur les mauvais dirigeants du tiers monde.

Ainsi le Parti Socialiste subit des attaques venant de sa gauche et des écologistes qui risquent de l’affaiblir durablement et de donner par conséquence le pouvoir à la droite pour longtemps.
Non pas que celle ci triomphe dans l’opinion mais avec une minorité rassemblée elle peut s’assurer une domination suffisante en arrivant en tête dans les consultations électorales. Il n’est pas indifférent de noter que la majorité songe à instaurer un vote majoritaire à un tour dans les élections locales, preuve qu’elle a bien intégré ces supputations dans ses calculs électoraux.
Les citoyens devraient se rappeler que les élections ne doivent pas servir à exprimer son ressentiment et ses frustrations mais sont le moment de choisir comment on veut être gouverné et que toute concession aux passions à la division au sectarisme se paye au prix fort.
Bien sûr on peut compter sur le médias au service des puissants et du capital pour donner du grain à moudre aux polémiques et aux ressentiments réciproques. Le but à atteindre c’est uniquement la division et l’émiettement des forces populaires. Cela assurera à la droite sarkozienne des années de règne sans partage pour poursuivre une politique ruineuse qui a comme objectif prioritaire l’intérêt des très grandes fortunes. Certes celles ci sont très minoritaires et il lui incombe donc de rassembler autour d’elles des électeurs conservateurs par intérêt et d’autres tétanisés par la peur et la propagande sans parler de ceux qu’elle va séduire par des cadeaux de circonstance. Il lui faut bien à elle aussi rassembler de quoi former une majorité. Sa puissance médiatique et financière lui assure dans ce combat un avantage indéniable qu’elle utilise sans modération.

situation sarkozienne difficile ?

Publié le 24/10/2009 à 15:58 par vivelagauche
Dans cette France automnale tout n’allait pas si mal pour le pouvoir sarkozien, avec d’une part des signes de reprise économique plus ou moins significatifs mais très positifs pour la partie de son électorat fan de la Bourse. Avec aussi le maintien à un haut niveau de la consommation ce qui témoigne d’un optimisme relatif de la population et malgré l’inquiétante montée du chômage. En effet que ce soit l’opposition politique ou le front syndical dans aucune direction il ne semblait y avoir les prémisses d’un affrontement difficile. Et pourtant les quinze jours qui viennent de s’écouler sont pleins de polémiques et de critiques acerbes du pouvoir contre tous ceux qui lui en veulent et particulièrement les médias.
C’es extraordinaire pour qui sait dans quel état de servitude se trouvent ceux ci avec des revues, journaux et des télés qui appartiennent aux amis du pouvoir s'ils sont privés et sont directement à ses ordres quand ils sont publics. Comment la presse a –t- elle pu tout a coup manifester une telle liberté de ton, et obliger le président à mobiliser ses fidèles les plus proches pour conduire « la guerre médiatique » ? Comment a –t-il du in fine renoncer, céder du terrain et accepter que son fils ne soit pas président de l’EPAD alors que manifestement son élection à ce poste était pour lui de la plus grande importance ?

Il semble tout simplement qu’à force de s’essuyer les pieds sur les gens on finit par les indisposer et provoquer des réactions. On l’a senti quand certains fidèles parmi les fidèles au lieu d’adopter le comportement obséquieux dont ils étaient habituels, face aux officiels, se sont senti, tout à coup, pousser les ailes de la liberté et ont osé dans les interview oser des mots et des formules tout nouveaux dans leur bouche.

En continuant à vouloir tacler la presse, et les médias en général, avec des formules assez méprisantes du genre « ils commentent, moi j’agis », Nicolas Sarkozy fait un mauvais calcul, ce n’est pas la même chose d’avoir la machine médiatique avec ou contre soi, car les grands ténors de l’UMP ne se retrouvent pas avec la même aisance sur les plateaux quand ceux ci sont mielleux au possible ou simplement objectifs et critiques.
La situation témoigne aussi d’un grand écart fait par Sarkozy avec l’opinion, ce que les journalistes ressentent d’instinct, s’ils prennent leurs distances ave les positions officielle sur telle ou telle question, c’est que même dans l’électorat le plus fidèle du président certaines choses ont du mal à passer.
Pour le moment l’opposition en général et la gauche en particulier ne bénéficient aucunement de cette forme de début de divorce entre le pouvoir et les médias. Car il faut de toutes manières un certain temps pour que la rupture produise de pleins effets sur l’opinion publique.Il faut du temps pour qu’un désaccord devienne un désamour.
Ne doutons pas cependant que dans quelques mois il en sera autrement, car s’il faut à l’opinion un peu de temps pour amorce les virages de grande ampleur, elle finit par les négocier. Si le pouvoir ne rétablit pas rapidement sa situation médiatique, il va y perdre gros.

Ce n’est même pas sûr que cette situation sarkozienne difficile soit une occasion pour la gauche ou le Parti Socialiste. Leur manque d’unité, de projet et de leader les empêche pour le moment d’avoir une attractivité politique suffisante pour profiter pleinement de la situation.



Beurk!

Publié le 21/10/2009 à 11:46 par vivelagauche
Expulser de pauvres hères vers l’Afghanistan, c’est semble-t-il la dernière infamie qu’Eric Besson a imaginé pour se forger une crédibilité de ministre de droite. Est-il tombé si bas dans la hiérarchie du pouvoir pour en être réduit à cette extrémité? Manque-t-il à ce point d'imagination qu'il ne puisse trouver autre chose pour occuper l'espace médiatique?
Après avoir quitté la gauche et rallié l’UMP, avec des airs d’intellectuel torturé, de penseur supérieur lisant dans le marc de café le chemin tortueux du sauvetage national. Son comportement actuel témoigne que ses motivations ne sont vraiment pas celles d’un pur. Son ralliement au candidat sarkozy avec l’air entendu de l’expert navré de ne pas avoir été compris par ses amis inconséquents, relevait sans doute, à y réfléchir postérieurement, plus d’une ambition insatisfaite que d’une aspiration à servir irrépressible. Rallié avec des airs de technicien qui veut servir à tout prix et au delà des contingences du positionnement politique qui faisaient illusion à l’époque, on observe que progressivement il exprime une nature un peu plus complexe dans des postes qui relèvent beaucoup plus d'un positionnement politique que d'une grande compétence technicienne.
Ce n'est pas rien d'être devenu dans le gouvernement le titulaire du ministère le plus marqué par la stratégie de ralliement de l’extrême droite, et le voilà qui veut dans ce poste faire du zèle.
Avec de telles initiatives, ce n’est pas à droite qu’il est, d'ailleurs nombre d'élus de droite se hâtent de prendre publiquement leurs distances avec son action, c’est hélas dans le marécage nauséabond des extrémistes inhumains que le mépris des autres et la suffisance intellectuelle rendent insensibles aux malheurs, privés qu’ils sont de toute empathie humaine.
Pourquoi ne comprend -t-il pas que la quête d'un avenir meilleur dans un autre pays est une ambition légitime pour tout être humain! Que l'expulsion des malheureux que cette cette quête a amenés sur les côtes françaises c'est faire preuve d'un manque évident d'humanité, de compassion et qu'enfin renvoyer des hommes dans un pays en guerre c'est pratiquement de la cruauté gratuite!
Heureusement pour les socialistes cela est totalement évident.

Que dire sinon que des comportements comme le sien, me paraissent ignobles et inhumains. Ils ne sont d'ailleurs pas une garantie de succès et finalement l’Histoire a montré qu’il y a toujours un prix à payer pour des actes par trop indignes. Beurk !





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