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vivelagauche
Description du blog :
Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
26.05.2007
Dernière mise à jour :
04.07.2008
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Que peut faire le PS avec le traité européen?

Posté le 25.10.2007 par vivelagauche
Grave problème au PS qui se trouve à nouveau avec le projet de traité européen dans la situation de pouvoir approuver ou désapprouver un texte sans être capable de la moindre influence sur le contenu. D’autant plus que ce texte étant le fruit d’un compromis à 27 pays toute proposition d’y ajouter ou soustraire le moindre alinéa ne pourrait passer que pour de l’infantilisme politique.Toutes les positions envisageables comportent des inconvénients notoires.

Approuver c’est donner un blanc seing à Nicolas Sarkozy, reconnaître la qualité de son travail et de son engagement personnel et de plus c’est ne pas tenir compte des résultats du référendum sur la constitution européenne dont le traité reprend les grandes lignes.

Exiger un référendum c’est se placer dans un processus conflictuel intenable car le président passera outre et il faudra bien alors assumer un oui, un non ou une abstention au cours de la procédure parlementaire qui suivra.

Voter non c’est s’opposer à la seule relance pertinente de l’Europe, dont tout le monde perçoit l’urgence face aux problèmes mondiaux qui menacent (sécurité, environnement, développement). Le projet se présente comme un compromis élaboré par les 27 et il inspire le respect du fait même que chacun peut concevoir la difficulté à trouver un terrain d’entente avec autant de pays. Le refuser, c’est ouvrir une grave crise de l’Europe ,se mettre à dos la plupart des pays et des partisans de l’Europe en France comme à l’extérieur. Cette option est impossible à tenir par le PS.

S’abstenir va donner encore une fois le sentiment qu’ à cause de ses divisions internes le PS regarde les trains de l’histoire passer ? Cela a un coté « âne de Buridan ».
Devant une affaire de cette importance l’abstention serait sans doute la pire des solutions même si elle est la plus tentante. On éviterait de froisser au sein du parti et chez nos alliés ceux qui seront de fervents partisans du non d’une part et d’autre part ceux qui sont de fervents européens et pour qui les progrès de la construction européenne priment sur toutes les autres considérations. Mais l’abstention aurait un effet délétère gravissime sur l’image du parti en prouvant une fois de plus son incapacité à prendre parti à indiquer une option politique claire. L’opinion ne le pardonnerait pas au PS et se détournerait de lui.

Comme on le voit toutes les solutions sont particulièrement négatives pour le PS. La plus probable sera une approbation critique qui fera passer le parti pour un faux cul dans son propre électorat.
Alors que faire ?

Il me semble que la seule perspective politique intelligente est de se prononcer franchement pour une ratification pour des raisons pratiques et d’urgence. Mais d’appeler solennellement l’UMP et le gouvernement à discuter des modalités devant permettre au PS de ratifier le traité et d’y mettre publiquement une condition impérative que le pouvoir ne puisse pas légitimement refuser. De sorte qu’il porterait la responsabilité de tout échec.

Plusieurs demandes sont de cet ordre :
La plus soft :
Par exemple exiger comme préalable une déclaration solennelle du parlement demandant que l’Europe prenne en compte la défense des services publics, qu’elle fasse un effort vers l’harmonisation de la couverture sociales et de la fiscalité des entreprises.
(Eventuellement y rajouter des clauses sur la monnaie et l'écologie)
La plus dure :
Ou pour faire encore plus fort exiger que cette déclaration soit votée par le parlement européen qui aura plus de pouvoirs après le traité et qui est donc concerné par son aboutissement.

Le texte voté en France de ce traité pourrait donc comporter une clause préliminaire rajoutée autorisant sa ratification définitive sous réserve d’une déclaration préalable du parlement européen indiquant sa préoccupation de la défense des services publics, de l’harmonisation des couvertures sociales et fiscales et de son désir de voir la banque centrale faire de l’euro un instrument de la croissance économique.

Après tout demander des déclarations d’intention n’est pas si méchant et après une dose de mauvaise humeur le gouvernement pourrait y souscrire, et cela permettrait de déplacer le débat sur les thèmes qui sont justement les bases des revendications spécifiques de la gauche par rapport aux institutions européennes.



--

Il est urgent qu’elle se fasse entendre !

Posté le 22.10.2007 par vivelagauche
Après la grève de la SNCF de jeudi dernier et en relisant le billet que j’ai écrit la veille de ce mouvement je me rends compte qu’il ne sert à rien d’être Cassandre en son pays. La gauche n’a pu pendant cette journée qu’être témoin impuissant du baroud d’honneur des derniers salariés organisés face à un pouvoir tout puissant .Certains espèrent encore, mais pour fléchir le gouvernement il faudrait une grève de plusieurs jours (ou semaines) et l’approbation de l’opinion publique. Est –ce objectivement possible ? Il semble d’ailleurs que l’intelligence du gouvernement et sa duplicité lui ont permis de s’économiser des combats inutiles en consentant « sous le manteau » des accommodements aux conducteurs de train. Les plus dangereux (parce que disposant du moyen de pression le plus efficace) étant ainsi isolés du reste des grévistes, la messe est dite. Cela prouve d’ailleurs qu’on n’en a pas fini avec les régimes spéciaux et que d’arrangement en arrangement, un certain nombre de catégories tireront encore en aparté leur épingle du jeu. La France restera le pays des privilèges (petits et grands) et pas uniquement pour les salariés.
Ce qui restera donc de ces mouvements c’est le principe général de 40 ans de cotisations qui s’appliqueront à la masse des salariés et des fonctionnaires.

[i]Si un salarié pouvait avoir le choix d’épargner personnellement au lieu de cotiser pour sa la retraite, l’état serait obligé d’emprunter pour payer les retraites actuelles. Le salarié de son coté pourrait placer son épargne en bons du trésor en attendant d’avoir l’âge de prendre sa retraite. Cette fiction n’a pas pour but de trancher entre capitalisation et répartition, mais de savoir si l’état avantage ou non le smicard qui cotise.
Pour mener à bien le calcul, on peut imaginer que le smig augmente comme l’inflation sur la période considérée. Considérons qu’au bout de quarante ans notre smicar fait valoir ses droits à pension et touche donc sa retraite.

Il y a la retraite de base ; celle ci est égale à la moitié du salaire moyen perçu pendant les 25 meilleures années.

Nous allons calculer les sommes épargnées, le montant de retraites perçues et la différence pour savoir si le cotisant est bien traité ou spolié.
Supposons que notre citoyen place son épargne retraite sous forme de bons du trésor (épargne à long terme) qui sont actuellement rémunérés au taux élevé de 5 %. Mais pour la fin de la période l’épargne étant plus courte le taux sera sans doute inférieur. Prenons un taux moyen de 4 % pour tenir compte de cela et des frais divers ;
Sur ce taux il faut soustraire l’impôt, qui peut être le taux de 27% il reste donc un produit net de 2,92%

Avec ce rendement, la cotisation de 40 années est équivalente à 77 années de cotisation.
Le prélèvement annuel est de 22,5% (part salariée + part patronale) ce qui donne :
77 X 0,225 = 17 ans de salaire brut épargné avant la retraite. (Et qu’il obtiendrait sans problème avec des bons du trésor)
Combien notre smicard va-t-il percevoir ?
La retraite est fixée à 50% du salaire moyen et la durée de vie moyenne est de 21 ans (moyenne des hommes et des femmes) après 60 ans. Supposons que ce Smicard est chanceux et a réuni ses 40 ans de cotisations à 60 ans :

0,5 X 21 = 10,5 ans de salaire

Conclusion : En ce qui concerne la retraite de base , un smicard mais aussi tous es autres salariés épargnent 17 ans de salaire et perçoivent 10,5 ans. Bénéfice net pour l ‘état ou le système de retraites 6,5 ans de salaires. Tout se passe comme si la cotisation retraite des plus modestes fonctionne comme une machine à imposer davantage le travail. Encore avons nous supposé qu’il part à 60 ans en retraite ce qui sera de plus en plus difficile.

Mais paraît-il le système des retraites est déséquilibré ! Sans doute, il n’empêche que les smicards payent à la place des autres, la solidarité nationale fonctionne donc à l’envers, ce sont les plus pauvres et les plus mal payés qui cotisent pour les plus riches.
La retraite de base n’est pas la seule, elle est accompagnée d’une complémentaire ARRCO servie au delà de 65 ans sauf si le salarié à effectué 40 ans avant (Ce qui montre que les conditions de retraite sont telles que le législateur prévoit que beaucoup ne réussiront pas à avoir leur 40 ans de cotisation avant 65 ans).

Quelles sont les données actuelles : Il faut cotiser 13,0271 euros pour bénéficier d’un point qui équivaut à un versement de 1,1287 euros ; Comme ces chiffres sont actuels et seront revalorisés simultanément par la suite on peut considérer que leur rapport se maintiendra dans le futur. Ce rapport est de 11,54 ans. C’est à dire que le montant versé sera restitué en 11, 54 ans.
La cotisation sur la première part (en deçà de 2682 euros/mois) est de 7,5 % ce qui représente sur 40 ans une cotisation totale de 7,5/100 X 40= 3 ans de salaire.

La retraite servie annuellement est de 3 / 11,54 = 0,26 an de salaire.

Ce qui fait une retraite totale de 0.5 + 0.26 = 0,76 % du salaire.

Sauf que l’épargne de la retraite complémentaire étant épuisé au bout de 11,54 ans et la durée de vie après 65 ans ( âge où est payée la complémentaire) étant de 81 – 65 = 14 ans , la question est qui paye la différence , à savoir

14 – 11,54 = 2,46 années X 0,26 = 0,63 ans de salaire.
Sur les 6,5 ans de trop payé pour la retraite de base les cotisants récupéreront par leur complémentaire 0,76 % d’un salaire, il restera donc un excédent de 6,5 -0,76= 5,74 ans de salaire toujours versé en trop.

Il existe une deuxième tranche de l’ARCCO pour des salariés percevant plus de 2682 euros mensuels et plafonnée à 8046 euros mensuels.

La cotisation est 20 % de la tranche en dépassement. Comme ci dessus le montant cotisé sera récupéré sur un délai de 11,54 ans, la cotisation versée en 40 ans étant de 20% X 40= 8 ans de dépassement

Le supplément servi annuellement sera 8 ans : 11,54 = 0,693 ans de dépassement ;

La retraite sera 76 % de 2682 euros + 0,693 % de l’excédent de salaire au delà. Calculons sa valeur à la limite supérieure de 8046 euro, cela donne :

0,33 X 0,76 + 0,66 X 0,693 = 0,708 fois le salaire mensuel

Il y a donc une baisse du rapport et entre 2682 euros et 8046 euros, la retraite versée est comprise entre 0,76 et 0,70 fois le salaire.

Comparons la contribution apportée avec la retraite perçue :

L’espérance de vie est toujours de 81 ans mais l’épargne est toujours distribuée en 11, 54 ans il y a toujours une période de 2,46 années qui correspondent à des sommes perçues non cotisées. Pour un salarié situé au milieu de la deuxième tranche arrco cela donne :

0,693 X 2682 X 2,46 = 4572 euros . ou encore 2,46 X 0,693 = 1,7 salaires de base soit 3,4 ans de retraite complémentaire.

De ces calculs il découle des conclusions remarquables :

- les smicards et les bas salaires ne récupéreront pas intégralement les versements qu’ils ont effectué
- - Plus le salaire est élevé et plus le taux de récupération des cotisations est bon, il tend vers 100% pour les salaires payés à 8046 euros par mois.

Les rentiers qui placent leurs économies en bons du trésor ont une épargne mieux rémunérée que les salariés qui cotisent pour leur retraite.
Il est temps que les experts du Parti Socialiste se penchent plus attentivement sur les formes d’épargne qui sont proposées aux français à tous les épargnants et que des proposition d’équité entre l’épargne du capital et celle du travail soient trouvées.[/i]


Ce calcul justifie que le Parti Socialiste mette à plat toutes les formes d’épargne pour s’assurer que des conditions d’équité sont assurées aux catégories les plus modestes.

Actuellement l’ensemble des prélèvements sociaux CSG, cotisations retraite, familiale, etc. contribue indistinctement au financement de la sécurité sociale, des allocations familiales et des retraites. Tout cela ressemble à une bouteille à l’encre dans laquelle il est difficile de discerner avec certitude ce qui est financement des retraites, financement de la couverture santé, financement de la politique familiale et des solidarités. La multiplicité des régimes (300) recouvre des différences de cotisation mais aussi de niveau des pensions. Il en découle une machinerie d’une complexité utile à la création de niches d’avantages pour certains. Par exemple, les retraites des fonctionnaires sont –elles plus avantageuses ? Seules des études approfondies mettant en parallèle niveau de formation, de responsabilité, salaires et pension entre le public et le privé peuvent apporter une réponse objective à cette question.
Le chômage plombe lourdement le système en réduisant le nombre d’actifs donc de cotisants. C’est donc une urgence nationale de le réduire. Et sur ce point le gouvernement est muet. Ou plutôt il en reste à son diagnostic de droite, seule la législation du travail trop protectrice est la cause du faible niveau d’emploi. C’est évidemment une fable de penser que le chômage a une cause unique. L’existence d’une forte proportion de chômeurs a pour conséquence qu’un nombre élevé de personnes n’auront pas cotisé pour leur retraite et ne bénéficieront que d’un revenu issu de la solidarité nationale.
Il n’y a aucune raison pour que ce qui relève de la solidarité soit financé exclusivement par les salariés, au contraire cela doit être mis à la charge des plus hauts revenus et en particulier des revenus issus des rentes.
La CSG taxant tous les revenus, les revenus du travail sont sollicités deux fois, les cotisations et la CSG. Il faudrait donc proposer un complément CSG ne taxant que les revenus qui ne sont pas tirés d’un salaire.
Au total, la gauche doit proposer une mise à plat du système avec des principes simples :

**Tous les revenus doivent contribuer aux retraites.
**Chacun doit recevoir à proportion de sa contribution et de son espérance de vie.
**La solidarité doit fonctionner des plus aisés vers les plus pauvres et non pas dans le sens inverse et être à la charge en priorité des revenus issus des rentes.
**Les régimes spéciaux doivent relever uniquement de problèmes de pénibilité et ne pas constituer des niches à privilèges.
**Les retraites ne doivent pas défendre du statut des travailleurs. A égale contribution durant la vie active la retraite d’un salarié, d’un fonctionnaire ou d’une profession libérale doit être la même.


On voit bien qu’aujourd’hui le gouvernement a trois objectifs :
- augmenter les cotisations des salariés et ou baisser le niveau des pensions.
- bloquer les pensions des fonctionnaires
- Tenir à l’écart du financement des retraites les revenus du capital, les professions libérales et les rentiers.

Ce qui est essentiel pour lui c’est que les problèmes des retraites affectent le moins possible les revenus tirés du capital.

Pour la gauche toute position « gauchiste » sera considérée comme irresponsable tout simplement parce que la question des retraites est trop sérieuse trop vitale pour que la population tolère une tentative d’en faire une exploitation politicienne par des surenchères. Les discours jusquauboutistes du genre « retour aux 37 ans et demi » de l’extrême gauche n’ont aucune chance d’être entendus.

De même tout discours dilatoire du genre « on verra plus tard en 2008 ou après » est perçu par l’opinion non pas comme de la sagesse comme une forme de lâcheté ou un aveu d’incompétence. D’ailleurs dans les médias les ministres se plaisent à faire mine de ne pas savoir « ce que propose la gauche ».

Il est donc essentiel d’avoir face au gouvernement un « projet réaliste » tenant compte de :
- du niveau d’endettement du pays
-du vieillissement de la population

On sait bien que la gauche peut se positionner différemment en sollicitant davantage le recours à la taxation des revenus du capital pour assurer dans le domaine des retraites ce qui relève de la solidarité. La contradiction qui en découle c’est évidemment qu’on ne peut en même temps dénoncer et demander une augmentation de la CSG. Il faut choisir.
La gauche peut demander que l’on améliore l’immigration de travail afin de favoriser un accroissement immédiat de la population active, ce qui diminuerait d’autant le déficit.
Elle doit exiger des mesures de lutte contre le chômage et de relance de la croissance par un boostage de la formation, des investissements dans les PME, des exportation, de la recherche par des mesures ciblées et rapides.

Il est urgent qu’elle se fasse entendre ! Il est urgent qu’elle se fasse entendre !

L’empire encore dans nos têtes

Posté le 18.10.2007 par vivelagauche

Philosophes et sociologues dénoncent le racisme comme le moteur profond et secret qui actionne les conflits les plus intenses dans la France d’aujourd’hui. Il faut donc essayer de comprendre encore et encore pourquoi une société dont on avait espéré l’ouverture au moment de la coupe du monde de foot en 1998 est toujours à la recherche d’un « vivre ensemble ».

La femme, premier stéréotype (de l’homme!)


Les feuilletons télévisés, les films catastrophes s’accordent avec constance sur ce que doit être le comportement féminin dans des situations de crise. Alors que l’homme rationalise, évite la panique et s’efforce de développer une stratégie efficace devant l’adversité, que le danger soit d’origine sociale -des méchants gangsters- ou naturelle -un effrayant tremblement de terre- la femme est en général montrée sous un jour peu flatteur car elle panique, fait une crise de nerfs, ne contrôle pas ses émotions et aggrave la situation par ses comportements désordonnés.
Les femmes sont –elles ainsi dans la réalité ? On vous rétorquera qu’il s’agit de schémas archétypaux universellement présents confortés par maint récits, mythes et légendes de toutes origines. Pourtant le bon sens contraint de reconnaître que nul n’a vécu personnellement assez de situations de ce type pour en tirer une conclusion statistique sur le comportement réel du sexe faible si tant est qu’il soit constant. Les séries et autres œuvres audio visuelles nous renvoient l’image d’un comportement adossé au stéréotype de la femme présent dans l’esprit du spectateur. Il reste la question de la poule et de l’œuf, les séries télévisées sont elles tenues de décrire un modèle féminin conforme au stéréotype ou bien sont elles un des facteurs essentiels qui le nourrit et le renforce dans l’inconscient du public ?
Il faut certainement répondre deux fois par l’affirmative. Du fait que le stéréotype est ancré dans l’esprit des spectateurs, en tenir compte c’est donner de la femme une image inconsciemment attendue par le public. Ne pas le faire dérouterait et enlèverait de la crédibilité aux personnages imaginés. Mais si pendant des années au travers des histoires racontées, des films, des séries et des romans l’image de la femme est toujours celle d’une personne émotive, craintive et paniquée à la moindre difficulté, les jeunes qui baignent dans ce message culturel vont faire leur ce stéréotype. Ensuite chaque production conforme confortera la même image de la femme. Et tout auteur qui s’en éloignera sera suspect (de féminisme ?).
Il est évident que, nonobstant l’avalanche de récits, il n’y a jamais eu d’études scientifiques sur « la panique des femmes » et que les rares gens qui ont survécu à des catastrophes ne peuvent fournir que des témoignages contradictoires. Il faut donc en convenir tout ceci n’est qu’élaboration culturelle.
On sait le débat qui en découle, si ce stéréotype fonctionne si bien n’est ce pas parce qu’il est conforme à la réalité ? Mais on peut objecter avec la même pertinence qu’il a surtout pour finalité de maintenir la femme dans un statut d’infériorité sociale. Quoi qu’il en soit les films et autres œuvres dans leur grande majorité attribuent à la femme un rôle qui est celui que tout individu « normal » attend des femmes et ainsi le stéréotype « femme » sort renforcé de chaque expérience littéraire ou cinématographique sans que de toutes manières la réalité soit sollicitée pour le corroborer ou l’infirmer. Ainsi chaque être humain est privé d’une part de liberté car il lui est exigé par les usages sociaux de se conformer à des clichés culturels prédominants. Sur maintes questions, sur maintes situations, il ne peut au moment d’en faire l’expérience personnelle qu’adopter son comportement avec un discours dominant qui lui impose préjugés, affects et conduite à tenir.

Le racisme, un stéréotype démontable


Ces observations sont triviales mais il n’est pas inutile d’y faire référence pour aborder un autre domaine où les stéréotypes culturels jouent un rôle crucial. Il s’agit bien sûr du racisme qui se construit par l’éducation du regard que chacun porte sur l’inconnu, l’étranger, l’autre. La xénophobie, la méfiance hostile est sans doute avec la curiosité une propension ambivalente naturelle de l’espèce humaine. Cependant, il n’en demeure pas moins que la perception de l’autre et le type de relation qui est immédiatement mis en œuvre sont une construction culturelle qui découle des messages de tous ordre que l’éducation au sens large a laissé en chacun.
La première expérience vécue par l’enfant procède de sa famille, espace de ses proches et de ses semblables, l’expérience des autres est ultérieures et l’apprentissage de la différence progressif. Ce n’est que par touches successives qu’il acquiert le concept d’étranger ou d’homme différend. Et là non plus cela ne procède pas d’expériences réelles vécues mais avant tout d’une imprégnation culturelle qui peu à peu va façonner un stéréotype sur lequel sera fondé le comportement à l’égard des étrangers. C’est du discours normatif et ou culturel provenant de son environnement familier que l’enfant tire une indication sur la conduite à tenir devant un inconnu et comment interpréter son apparence.
Les stéréotypes ne sont pas aussi figés qu’on pourrait le penser à priori, comme le montre l’exemple suivant. Sous l’action énergique des pouvoirs publics les allemands sont passés dans l’opinion française du statut de « sale boche » hérité de la deuxième guerre mondiale à celui « d’européen frère ». Une intense campagne sur la réconciliation Franco-allemande a abouti à ce résultat spectaculaire. Pourtant les séquelles de la guerre semblaient devoir faire obstacle à un aussi rapide changement. On constate que la modification du stéréotype n’est aucunement une conséquence de l’expérience personnelle des individus. La plupart des français nés dans les années 40, n’avaient ni l’expérience de la guerre (ils étaient trop jeunes) ni des allemands (retournés en Allemagne) mais ils savaient que « le boche » était l’ennemi (Le grand père, la famille, les voisins le disaient à l’envi) et sans voir davantage d’allemands dans les années suivantes, ils changèrent radicalement leur point de vue sous les effets de la propagande officielle voulue en particulier par de Gaulle. De cette séquence historique on peut conclure qu’un stéréotype n’est pas réellement figé et indélébile mais qu’il dépend surtout de la pression culturelle exercée par l’environnement social et vraiment très peu de l’expérience personnelle de chacun. Cela explique d’ailleurs l’ambivalence observable dans parfois chez une personne qui continue à proférer des idées racistes tout en ayant des liens d’amitié sincère avec un membre d’un groupe honni. En matière de stéréotypes et de racisme, un individu ne choisit pas (ou si peu), c’est l’environnement familial et social qui choisit pour lui. Cela met au premier plan, la responsabilité du pouvoir politique et de toutes les organisations de toutes natures qui ont le pouvoir de faire entendre un discours dominant. Car ces dirigeants en tous genres (partis, églises, médias, enseignants, pouvoirs politiques,..) ont la possibilité redoutable d’orienter la société vers des comportements très différents les uns des autres, dont certains sont criminels.

L’empire encore dans nos têtes

La perception, en France, des étrangers en provenance des anciennes possessions est avant tout l’héritage de la propagande officielle de l’ancien empire colonial. On fait mine aujourd’hui d’ignorer l’importance que cette propagande avait prise dans l’espace public par l’enseignement, les médias radio et cinéma, livres, journaux et revues. L’exaltation de l’aventure coloniale était omniprésente. Elle avait ses héros et ses heures de gloire. Tout était fondé sur le postulat d’une mission universelle civilisatrice de la France et de l’homme blanc chargés d’apporter le christianisme, la civilisation, le droit, la science, la culture, la langue française à des peuples indigènes de couleur.
Ce discours qui fondait la légitimité morale de l’empire, était diffusé sans relâche, il passait par l’école, la communication officielle et même les institutions scientifiques de la république (l’institut Pasteur par exemple). A priori altruiste il faisait cependant du colonisé un être inférieur. Et cette infériorité était indispensable à la légitimité de l’aventure coloniale. En cela il était essentiellement raciste. Le colonisé appartenait à une destinée à recevoir (illustration ci dessus). L’indigène appartenait à une culture « primitive », « décadente » qui ne pouvait se rénover que par l’apport de la culture occidentale. Le caractère paternaliste de l’empire « bienveillant » se dévoilait par la description de rapports qui n’étaient jamais d’échange équitable mais toujours d’aide, de secours, d’appui désintéressé. La réalité fondée sur l’exploitation coloniale n’avait évidemment rien à voir avec cette bluette officielle.
Dans un tel panorama, les révoltes, les rebellions, les appels à l’indépendance étaient autant de sacrilèges que l’on préférait taire à l’opinion publique.
Le sentiment de supériorité du métropolitain se traduisait dans l’espace colonial comme en métropole par deux attitudes en apparence antagonistes. D’une part,le racisme haineux perclus d’hostilité et de mépris envers les autres, apanage de l’extrême droite et de défavorisés en rivalité sur les derniers barreaux de l’échelle sociale avec les colonisés, de combattants affrontés à la violence des rebellions et des patrons exploitant la force de travail indigène. Exploités ceux ci sont traités de voleurs et de fainéants, schémas classiques du mépris qui légitime tous les abus et que l’on retrouve à l’identique aujourd’hui dans nombre de jugements portés sur les immigrés.
D’autre part, le racisme paternaliste qui consiste à adopter à l’égard de ces personnes « inférieures » un comportement bienveillant et à imaginer des stratégies d’aide au développement qui vont se perpétuer jusqu’à nos jours. La dernière trouvaille dans ce domaine étant le concept creux de co-développement. Il a eu des résultats positifs d’un point de vue économique ou social, mais a toujours fait l’impasse sur l’essentiel d’une relation, la reconnaissance de l’égale dignité, de l’égale valeur des hommes et des cultures. De ces expériences malheureuses il faut une fois pour toutes conclure que toute politique d’aide qui nie le partenariat et l’échange qui fait mine de ne rien devoir attendre de l’autre relève d’un sentiment de supériorité en dernier ressort raciste.

Avec la fin de l’aventure coloniale, le pouvoir politique aurait du faire au profit des anciens sujets de l’empire le même travail pédagogique que celui dont avaient bénéficié les allemands, et organiser en France, une communication massive pour mettre un terme à la vision raciste de l’histoire qui maintient les anciens indigènes dans un statut d’humains de second rang. Cette œuvre de salubrité publique n’a pas été possible dans la mesure ou le gaullisme en exaltant la « mission unique » de la France dans le monde, la valeur universelle de la culture et de la langue françaises donnait aux français un statut d’individus supérieurs. C’est donc d’un racisme non dit et bienveillant que s’est accompagnée la vision gaullienne de la place de la France dans le monde. Au même moment, le retour en métropole, des pieds noirs, dans la situation tragique que l’on sait, ramenait en France une population aigrie, nourrie de ressentiments à l’égard des algériens. Cela allait contribuer à diffuser un racisme haineux sur lequel devait largement prospérer le Front national.
La discrimination de longue durée dont ont été victimes les anciens indigènes venus s’installer en métropole, et leurs enfants, la cruauté de leur mise à l’écart ont été pendant longtemps occultées par le discours officiel sur la valeur universelle et généreuse de la culture française et le rôle universel de la langue de Molière. Cette idéologie « culturaliste » permettait d’entretenir au delà de la réalité impériale dissoute le fantasme d’une gloire nationale éternelle.
La France est donc raciste et elle ne le sait pas. Ce racisme est de plus en contradiction totale avec les valeurs humanistes qui sont au centre de la pensée des Lumières. Insoutenable situation qui explique la schizophrénie sociale actuelle. Quand on interroge les français, un bon nombre d’entre eux se disent non racistes car ils sont pétris d’intentions positives à l’égard des immigrés et du Tiers Monde en général. Mais bien sûr ces bonnes intentions s’accompagnent de la certitude d’être meilleur. C’est là toute l’ambiguïté de la situation.
Cependant les révoltes des banlieues et le phénomène d’insécurité qui est devenu au delà de sa réalité, un stéréotype imposé par les médias et politiquement exploité par la droite ont fait souvent reculer les bonnes intentions mais pas le racisme sous jacent. La campagne de Nicolas Sarkozy lui a permis pour la première fois de s’exprimer au grand jour et de devenir majoritaire. Et c’est là un vrai problème ! Ce qui n’était qu’un méchant travers d’une société bloquée est devenu un des traits essentiels pour comprendre les mouvements politiques qui mettent en mouvement les forces sociales.


Mariani, Hortefeux :la fracture


L’amendement Mariani qui tentait d’imposer des tests génétiques aux immigrés désirant opérer un regroupement familial a mis en évidence la fracture idéologique profonde qui scinde la société française. La violence de la polémique tient au caractère hautement transgressif de cette proposition qui remet en cause les principes de la filiation inscrits dans le droit français. Elle est due aussi à l’histoire de la seconde guerre mondiale, de la traite négrière et de la colonisation. Toute référence génétique est immédiatement suspecte. De plus il devient évident que cette accumulation de lois inutiles et complexes est destinée à donner des gages à un électorat d’extrême droite sensible à tout ce qui « tacle »l’immigration. Et comme le gouvernement ne peut s’en prendre perpétuellement aux banlieues, il légifère à l’infini sur les nouveaux venus. Les dispositions qui visaient les conjoints étrangers de français en disent long sur l’obsession qui inspire ces textes.
La gravité du sujet a obligé chacun à radicaliser sa posture. On a vu par exemple François Bayrou qui passe son temps à ne pas choisir se déterminer clairement. Il y a eu aussi à des débats mais au total bien peu de parlementaires UMP ont osé maintenir publiquement leur désaccord même si le texte a été largement édulcoré pour circonvenir certaines réserves.
La ligne de fracture ainsi mise en évidence demeure le marqueur le plus clair de l’opposition droite- gauche. Rien d’étonnant à ce que les sondages reproduisent le schéma de l’élection présidentielle, en effet la France n’a pas changé en quelques mois et spontanément sur un thème aussi fort chacun a retrouvé son camp.
Il est parfaitement clair que Nicolas Sarkozy n’a pas introduit le racisme en France, il est tout aussi clair qu’il s’est constamment gardé de propos ouvertement racistes, ce dont il faut lui donner acte, il n’est pas exclu cependant que l’intensité de sa campagne pour stigmatiser les immigrés, relancer les polémiques sur la colonisation, dénoncer la « racaille » n’aient pas contribué à renforcer, en particulier chez les jeunes, des stéréotypes regrettables. Car ceux ci ne se forment pas par l’expérience personnelle mais par l’influence du discours dominant.

Appel à la lutte

Le racisme est une atteinte à la raison, il est contraire à la république, à la démocratie, aux droits de l’homme, il est donc à combattre et à dénoncer partout. Son développement met en péril la démocratie. La lutte contre le racisme peut être l’un des premiers thèmes rassembleurs dans l’affrontement gauche- droite. On objectera que le gouvernement Sarkozy comporte des personnalités issues des minorités visibles. Le principe qui consiste à brouiller les cartes est de bonne guerre mais une hirondelle n’a jamais fait le printemps. On peut seulement regretter que des personnalités se laissent instrumentaliser ainsi. Elles ont un rôle similaire aux débauchés de gauche, destinés à semer la confusion.
La présence au gouvernement de quelques personnes appartenant à des minorités visibles, n’a pas empêché la démarche de Hortefeux destinée à mobiliser l’opinion publique encore et encore sur des réactions d’hostilité aux immigrés. Il ne fait pas de doute que chaque fois que le pouvoir se trouvera en difficulté sur des thèmes économiques on reparlera des immigrés si possible clandestins et de la délinquance des uns ou des autres.
La lutte contre le racisme sous toutes ses formes est donc un impératif pour la gauche, si elle ne veut pas d’ailleurs renouveler l’expérience malheureuse de Lionel Jospin. Sa politique timorée dans ce domaine fut une erreur magistrale (et une faute morale ?) qui rendit possible l’exploitation de l’insécurité (avec tous les sous entendus racistes que l’on sait) qui devait lui être fatale pendant la campagne présidentielle de 2002.

Bataille d'idées mal engagée par le PS

Posté le 16.10.2007 par vivelagauche
En cas de grève dans une entreprise, le préjudice est supporté par les actionnaires ou le patron. Dans le cas d’un service public, il est subi par les usagers. Si l’opinion publique ne soutient pas le mouvement, les grévistes ne tarderont pas à se trouver pris en tenaille entre d’une part le gouvernement qui va les stigmatiser et l’opinion qui va exprimer sa réprobation. Ils ne pourront que durcir leur mouvement ce qui aura pour effet d’aggraver encore l’hostilité de la population.

Pour que les grévistes aient une chance de succès, ils doivent être perçus comme les porte paroles organisés d’un mouvement social plus vaste prenant en charge les préoccupations de l’ensemble des salariés qui ont plus de difficulté à se mettre en grève. Cela suppose que les thèmes de l’affrontement ne soient pas ceux que le gouvernement a choisis et durcis par un discours récurrent. En faisant des bénéficiaires des régimes spéciaux des privilégiés défendant contre l’intérêt général des avantages illégitimes, le gouvernement à gagné une bataille d’importance, celle de la lecture de l’événement par l’opinion publique suivant un schéma disqualifiant moralement le combat des grévistes. Il annonce lui même une grève dure ce qui lui permettra de se poser en héros de l’intérêt général. La gauche se trouve encore une fois de plus dans une situation intenable. Contrainte de s’aligner sur les positions des syndicats qui sont eux mêmes obligés de soutenir sans nuances les régimes spéciaux dont les bénéficiaires forment d’importants bataillons des forces syndicales. A partir du moment où le champ de l’affrontement est celui que le gouvernement a défini, la gauche se retrouve à défendre des « privilégiés » contre la grande masse des catégories laborieuses de la population.

Pour échapper à ce piège le PS propose qu’on attende la discussion générale des retraites, pour traiter des régimes spéciaux. Cette position dilatoire peut avoir deux effets, d’une part décevoir les bénéficiaires des régimes spéciaux qui vont dénoncer un manque de fermeté, d’autre part décevoir le reste du public parce que la gauche se présente comme l’alliée de « privilégiés » de l’emploi dans les services publics. Au total, elle se retrouve en position de « regarder les trains passer » sans avoir les moyens de peser sur un affrontement social de première importance.

Que peut on suggérer ? Ce qui fonde l’argumentaire gouvernemental c’est la dénonciation de privilèges dont bénéficient des professions particulières munies des régimes spéciaux. Accepter que le problème soit posé en ces termes c’est quasiment se placer en posture de défaite. Même le thème de la « pénibilité » semble surfait pour justifier quoi que ce soit tant les gens sont conscients que tous les emplois, toutes les conditions sont dans les milieux populaires considérés comme pénibles. D’ailleurs le gouvernement n’a pars tardé à se saisir aussi du souci de faire un sort particulier aux travaux « pénibles ».
Desserrer l’étau mis en place par le gouvernement suppose que l’on déplace l’affrontement sur des idées plus générales impliquant une plus grande partie de la population.
D’abord le respect du contrat, quand quelqu’un rentre à la SNCF par exemple les conditions d’accès à la retraite font partie intégrante du contrat de travail. Modifier les conditions d’accès pour ceux qui sont actuellement en poste doit en tenir compte en leur proposant une modification progressive du statut. D’autre part les efforts demandés aux régimes spéciaux doivent correspondre aux efforts qui sont demandés à l’ensemble de la population. En particulier il ne faut pas que des statuts des personnes différents, salariés ou professions libérales permettent de stigmatiser les uns pendant que les autres sont dans des caisses autonomes largement subventionnées, à l’abri des efforts demandés à tous.
Enfin les retraites correspondant à des minima sociaux doivent être abondées par l’impôt donc par tous les revenus y compris les revenus du capital. C’est donc une réforme sur le principe de « l’effort équitable » qu’il faut insister pour demander que tous les privilèges soient mis à plat. En particulier ceux des professions libérales et de tous les placements financiers qui bénéficient d’avantages fiscaux pour constituer des compléments de retraite au profit des plus aisés.

Plus généralement puisque la cotisation retraite est une épargne pour les vieux jours et celle –ci une rente viagère, c’est à une analyse générale de tous les dispositifs d’épargne et de leurs avantages fiscaux respectifs que le PS aurait dû se livrer afin démontrer que les privilégiés ne sont pas là où la droite et Nicolas Sarkozy les voient. Ce travail de mise en perspective des formes d’épargne en France fait cruellement défaut dans le débat actuel.

On doit dénoncer une politique s’en prenant sélectivement aux travailleurs des services publics des transports au moment où le développement exponentiel du transport routier contribue gravement au réchauffement climatique. A l’heure du Grenelle de l’environnement la nécessité de déplacer une partie des transports de la route vers le rail pour diminuer les émissions carbone devrait conduire le gouvernement à tenir un discours favorable au rail. C’est donc avec une certaine incohérence qu’il s’en prend aux retraites des cheminots donc qu’il dégrade leur carrière plutôt qu’aux immenses profits des entreprises de transport routier. Si le coût carbone était facturé aux camions, le transport par rail apparaîtrait comme particulièrement concurrentiel.
De plus les conditions de travail pénibles et la protection sociale insuffisantes qui dominent le secteur des transports routiers devraient faire l’objet d’une dénonciation plus importante de la part des forces de gauche. La faible syndicalisation due à la pression très forte exercée par les patrons routiers explique largement la médiocre situation des salariés dans ce secteur.

L’attaque en règle du gouvernement contre les régimes spéciaux est le préambule annoncé d’une remise en cause de la retraite à soixante ans et l’intention de porter à 41 ans la durée des cotisations. Dans le contexte actuel ces annonces ne garantissent nullement que les gens travailleront davantage. L’âge de départ actuel est plutôt de 57 ans. Il faut donc dénoncer un politique dans laquelle aucune mesure n’est prise pour que les gens puissent réellement travailler jusqu'à soixante ans car cela se traduira non pas par une augmentation de la durée du travail mais par une réduction substantielle des pensions.
Il faut dénoncer une politique économique qui décourage les observateurs les plus conciliants tant elle manque de « vision » tant elle ressemble à un plan de rigueur sans laisser en espérer une amélioration des finances publiques. En effet le budget et les mesures prises à ce jour cumulent déficit, aggravation de la dette, réduction du nombre de fonctionnaires, stagnation pouvoir d’achat, déficit de la balance des paiements et croissance médiocre. Pour le coup les français n’ont ni le beurre ni encore moins l’argent du beurre. Il faut montrer que le gouvernement sert les intérêts des très hautes catégories sociales (grandes fortunes industrielles et financières) dont les intérêts sont mondialisés et déconnectés de l’économie française abandonnée à une forme de léthargie que les discours volontaristes ne masquent plus. Il faut dénoncer une politique économique qui privilégie les cadeaux aux grandes fortunes au détriment de la nation dans ses composantes des petites entreprises et des catégories populaires.

Faire prendre conscience à la population de cette situation va permettre de définir les contours d’un vaste rassemblement de gauche modérée capable de constituer une alternative au pouvoir actuel.

je suis encore de gauche

Posté le 11.10.2007 par vivelagauche
Le Nouvel Observateur du 4 octobre n’y va pas par quatre chemins, il s’interroge en couverture « comment être encore de gauche ». Toute la force du titre tient dans ce « encore » qui en exprime de la lassitude, du découragement, de la condescendance et dans l’absence de point d’interrogation qui semble indiquer que la messe est dite.
Bernard Henri Lévy qui fait la photo de couverture, s’en prend à la gauche qui n’est plus la gauche qu’il aime. Bon, en ces matières on ne choisit ni son temps, ni son lieu, on fait avec et quand on a des convictions on supporte et on soutient. Car c’est aussi une posture de trop taper sur la gauche et de trouver génial Sarkozy. C’est plus facile de gagner les élections quand on a derrière soi tout les patrons et l’establishment du fric, des médias et des privilèges. Ils vous apportent des moyens considérables qui vous permettent de manipuler l’opinion à votre guise. Gagner des élections en ayant tous ces gens là contre soi, ce n’est pas impossible mais c’est beaucoup plus difficile. Alors à tous ces gens de gauche qui adoptent une posture d’observateurs dilettantes et critiques il faut rappeler que ceux qui sont dans l’arène en leur nom ont beaucoup de courage, beaucoup d’abnégation et qu’ils ne déméritent pas si souvent qu’on se plait à le dire. Les défaites ne sont qu’un témoignage de la difficulté du combat et non pas de la médiocrité des champions.

On ne peut que féliciter Alain Badiou pour son franc parler à l’égard des transfuges de la gauche. Il les qualifie de rats. Voilà qui est clair et net. Mais il parle de rats qui quittent le navire en perdition, voilà de quoi alarmer les militants sincères ! Espérons qu’il est moins perspicace en prophète de malheur. Il nous menace d’un « stalinisme capitaliste » qui serait l’avenir de la démocratie. Même si les tentations autoritaires de Sarkozy apparaissent comme une dérive dangereuse,il est sans doute excessif d’en tirer des conclusions aussi générales et aussi dramatiques. Espérons le, en tout cas !
Sa grande crainte c’est que « tout le monde a accepté l’ordre capitaliste, l économie de marché et la démocratie représentative comme des données aussi objectives et indubitables que la gravitation universelle ». Et on sent bien que pour lui entre le sarkozysme et le socialisme « mou » il n’y a que des nuances. Le fait de tout mettre dans le même sac simplifie l’anathème. Il faut donc le dire et le redire ne pas prôner le grand soir, les résistances révolutionnaires, la guerre des tranchées ce n’est pas accepter lâchement l’ordre capitaliste. La domination des riches sur la société est telle et le combat tellement difficile que tout ce qui s’interprète comme vacheries et rivalités entre forces de gauche est à proscrire. Que chacun délimite le périmètre de son combat. Que chacun dise sincèrement avec quels moyens et comment il compte parvenir à ses fins. Il n’y a pas de recette tout faite pour gagner contre le capitalisme. La social démocratie n’a pas réussi vous dira Besancenot mais les révolutionnaires ont aussi perdu partout et le pire des pays capitalistes de notre temps, c’est la Chine dont le régime est directement issu de l’utopie communiste. Alors comment peut-il y avoir encore des outrecuidants qui prétendent montrer aux autres la seule voie à suivre. Cette voie là appartient au futur et personne ne la connaît. Il y a, en fait, plutôt beaucoup de chances pour que la domination de l’argent sur le monde se poursuive avec impudence. Alors entre gauches et extrêmes gauches que chacun choisisse son mode de combat, que chacun approfondisse ses réflexions mais s’il vous plait plus d’anathèmes plus de guerres inutiles profitant seulement au capitalisme triomphant.

Alain Finkielkraut et l'école

Posté le 10.10.2007 par vivelagauche
Dans l’échange paru dans le Nouvel Observateur du 4 octobre entre Bernard Henri Levy et Alain Finkielkraut, ce dernier fait encore le procès de l’école
Finkielkraut est un esprit extraordinaire qui contrairement à certains vins, vieillit mal. Alors que certaines de ses visions brillantes dans le passé témoignaient de la force de sa pensée, son obstination à insérer du droite gauche en tous lieux, ses angoisses de subversion ethnique, ses partis pris pro- israëliens et pour tout dire sa haine des arabes en font une figure de plus en plus ringarde de la droite extrême. Son désir d’en découdre avec 1968, de s’en prendre aux gauchistes, sa volonté de stigmatiser les émeutiers, tout cela finit par lui donner les traits d’un penseur caricatural ? C’est terrible pour un ex futur grand philosophe. Pourtant sur l‘école il voit juste, il a mille fois raison de penser que la transmission des savoirs ne se fait plus correctement. Mais encore là son parti pris idéologique l’entraîne à des conclusions erronées. Il est faux d’attribuer à la gauche seule la mutation de l’école et son désastre (si désastre il y a). Ce n’est pas un travers idéologique qui fonde les dérives actuelles et si seule la gauche en était responsable, le retour des ministres de droite dont un, de plus, est philosophe y aurait mis bon ordre. Or ce n’est pas le cas parce que la culture IUFM qu’il abhorre est en réalité le lot commun des élites d’aujourd’hui, droite et gauche confondues. Le relativisme, le pédagogisme, l’enfant centrisme sont des plaies de la pensée moderne et la conséquence de la société médiatique, de la société de consommation et du capitalisme. La mise de l’individu au centre et en particulier l’enfant objet d’adoration irresponsable et parfait, est un principe unanime dans la société actuelle. Cet investissement sentimental et aveugle fait obligation à l’enfant de tout réussir, il n’a pas le droit de décevoir et l’institution scolaire est tenue de pratiquer le pédagogisme le plus acharné pour assurer à tout prix sa réussite réelle ou virtuelle dans les conditions les moins difficiles pour lui. La marchandise éducation doit être un produit travaillé pour être facilement assimilé, parfaitement digeste et adapté à la croissance biologique de l’enfant. Il y a accord des parents et des institutions sur ce point. De plus dans une société médiatique ou le zapping est roi, il est expressément préconisé aux enseignants de tout faire pour que l’enfant éprouve du plaisir à participer et à se concentrer. Enfin on nie les grands maîtres, les théories, l’exemple, à chacun de se construire par lui même et pour lui même dans ce qui n’est au fond qu’une effrayante solitude mais qui est proposé comme la liberté suprême. Finkielkraut n’est pas le seul à déplorer cette mise à bas du rapport ancestral au savoir ou même la mise au placard des sages progressions pédagogiques d’il y a une trentaine d’années. Mais n’est ce pas la prégnance sociale du nivellement médiatique des talents et des valeurs culturelles qui impose sa norme et fait obligation à l’école de tout mettre sur un même plan et de se débarrasser des modèles, des théories, des synthèses pour tout ramener au spontané, à l’expérimental, au fonctionnel, à l’ici et maintenant. A la télé, le propos de l’innocent ignare est mis au même rang que celui du plus titré des savants. N’est ce pas somme toutes le même nivellement qui s’impose à l’école ?

Finkielkraut fait mine de croire que cette situation est due à une pensée de gauche qui serait laxiste, qu’il oppose à une droite rigoureuse. C’est évidemment un pieux mensonge idéologique car les conceptions sur l’éducation sont les mêmes à droite comme à gauche.
De plus dans ce pédagogisme honni, notre philosophe devrait apprendre à faire le tri car tout n’est pas à rejeter tant les contraintes qui pèsent les maîtres les ont obligés à être particulièrement créatifs.

Le rude combat de BHL

Posté le 10.10.2007 par vivelagauche
Couverture d’un magazine prestigieux, polémique avec le conseiller de Sarkozy, décidément c’est la semaine de Bernard Henri Lévy . Dans le Nouvel Observateur du 4 octobre il débat avec Alain Finkielkraut. De leurs échanges, il faut remercier BHL au moins pour une phrase « Le pire, ce n’est pas l’antiracisme, c’est le racisme, c’est toujours le racisme- et il demeure hélas une tendance lourde de la société française ». Car le débat a inéluctablement dérivé vers la question centrale de l’histoire récente, à savoir la crise des banlieues avec ses causes et ses conséquences.

Nos deux philosophes regardent –ils, cependant, ces événements avec une attention suffisante ? Leur réflexion se focalise sur ces banlieues où semble t il, il s’est passé quelque chose parce que des voitures et quelques bâtiments ont brûlé. Ils ont regardé le coté le plus éclairé de la scène mais est-ce le plus important ? Car ce qui a compté, ce qui a fait aussi événement c’est le regard de la France entière sur cette crise des banlieues.
La France du journal de 20 heures, celle des maisons de retraite, celle des personnes seules, celle des travailleurs harassés, des fonctionnaires, des employés ou des chômeurs, soir après soir, voyait des voitures brûler dans les rues des grandes villes, des policiers courir, des pompiers pleurer, des jeunes fanfaronner et un général Sarkozy Bonaparte venir leur dire qu’on pouvait compter sur lui.
La crise a été une période paroxystique faisant suite à une longue durée où les banlieues, les quartiers difficiles, les violences urbaines ont occupé de manière régulière la une des médias, apportant jour après jour des facteurs d’angoisse, d’incompréhension et le désir de vindicte à l’ensemble du pays. Pour les français et malgré les discours officiels il est plus facile depuis longtemps de stigmatiser les banlieues que de les comprendre. Depuis des années, Le Pen nourrit de propos scandaleux un imaginaire peuplé d’immigrés profiteurs et truands, donnant ainsi du grain à moudre au racisme ambiant. Le manque de courage dans ce domaine de la gauche et l’attitude ambivalente de la droite chiraquienne (Le bruit et l’odeur des immigrés stigmatisés par Chirac candidat) ont laissé se développer un climat d’inquiétude de désir de revanche de forte hostilité qui a permis au racisme le plus ordinaire de proliférer tranquillement.
Tout cela se passe 40 ans après la fin de la guerre d’Algérie, l’octroi des indépendances à l’empire colonial et la définition de l’Europe comme nouveau destin de la nation.
Dans les villes de France se mêlent les visions des pieds noirs qui revenus en masse nourriront de leur rancoeurs les préjugés racistes anti- magrébins les plus tenaces, celles des français de France qui ont appris par cœur la gloire coloniale à l’école primaire et éprouveront un certain dépit des changements survenus, celles de ces manœuvres, ces mineurs, ces harkis cantonnés aux basses œuvres et aux habitats les plus pauvres comme si l’ordre impérial continuait en métropole. Et en sus les enfants en nombre de ces populations en souffrance d’égalité et se heurtant à l’infinie déclinaison des discriminations subtiles ou obscènes. Et en plus les rejetons instruits revendiquant un statut d’égal dans l’emploi, les boites de nuit et le monde. Et en plus ces femmes voilées et ces pieux pratiquants demandeurs de mosquées. Et sur tous, la présence du terrorisme et des attentats qui légitiment les appréhensions les plus irrationnelles.
Au moment de la crise des banlieues la France se divise en deux camps, ceux qui condamnent sans réserve et ceux qui veulent comprendre et expliquer. Finkielkraut met en musique cette fracture sociale en ces termes « dans la critique sociale aujourd’hui à gauche le véritable agent de tout acte délictueux commis par le dominé c’est le système de domination » ces propos sont évidemment une caricature grossière de ce qu’on pense à gauche. Mais ils traduisent une réalité qui clive terriblement le peuple français même si ce n’est pas entre droite et gauche. C’est pourquoi Ségolène Royal devient populaire dans l’ensemble de l’opinion lorsqu’elle parle de camps militaires et d’ordre juste. Ses partisans entendent le mot « ordre » comme la délivrance d’une ancienne culpabilité.
Les discours enflammés de Le Pen mais aussi les discours progressistes désireux de faire le bien en Afrique, décrivant la misère, la corruption des élites, le désir d’apporter aide, techniques et culture ont pendant des années façonné la pensée raciste du peuple français. Une pensée raciste haineuse à droite et altruiste à gauche, paternaliste et désireuse d’aider les africains mais les voyant comme des inférieurs en culture et en humanité. Il faut savoir gré à BHL de dénoncer clairement le racisme toujours présent tant cette réalité est niée dans les médias, dans les courants d’opinion et par la France officielle dotée d’une loi et de la HALDE. Ce racisme peut perdurer sous maintes formes et même en se déguisant en générosité désintéressée car ni à droite ni à gauche personne ne supporte le soupçon de racisme. Même les humoristes qui gagnent des fortunes en moquant tant et plus les travers supposés des ethnies et des peuples de toutes origines vous diront qu’il faut voir leur spectacle au second degré. Il n’empêche que les rires sont au premier degré et qu’ils libèrent une expression publique et collective du racisme le plus primaire.
Pour une grande partie des français, Sakozy est le général Bonaparte d’une guerre de revanche gagnée. Une deuxième guerre d’Algérie en quelque sorte qui nous consolerait de la première. Ce fantasme il l’a lui même entretenu en développant les thèmes de refus de la repentance, du rétablissement de l’ordre dans les banlieues, exaltant la nation menacée, stigmatisant les assistés (aux yeux de beaucoup des jeunes et des immigrés). Champion de l’ordre menacé son programme économique se réduit à un slogan (travailler plus pour gagner plus).
Mais cette victoire symbolique est évidemment sans lendemain, la France d’aujourd’hui est métissée et elle le restera. Donc les déconvenues sont à venir. La situation rappelle à bien des égards 1958 où une minorité agissante ramène au pouvoir pour conforter l’Algérie Française, De Gaulle qui après 4 ans et le constat brutal de l’inutilité de la guerre, rend leur indépendance aux algériens.
Les heureux électeurs de Nicolas Sarkozy se rendront vite compte de l’impuissance en ces matières de leur patron et alors il faudra bien qu’ils se mettent à penser la France telle qu’elle est, c’est à dire métissée. Et dés que ce travail reprendra la tension nationale diminuera. Mais d’ici là on aura sans doute d’autres bouffées de fièvre dans les banlieues toujours incomprises. Le pouvoir d’ailleurs adopte une stratégie de contournement des problèmes en mettant au centre de son débat sous une forme obsessionnelle l’immigration familiale ou clandestine, ce qui lui permet de continuer à nourrir l’imaginaire raciste de son électorat sans agresser directement les populations d’origine immigrée.
Il est impossible qu’un gouvernement dont les finances sont exsangues dans un pays où les besoins sont considérables en de multiples domaines trouve des financements pour une action sérieuse sur les quartiers populaires. Donc après un peu de gesticulation il va s’avérer que l’action du gouvernement se réduit à pas grand chose. Fadela Amara ne doit pas trop s’illusionner là- dessus. Rachida Dati et Rama Yade ne pourront, à elles seules, incarner très longtemps la mixité ethnique de la société.

Le peuple n’a pas tous les droits

Posté le 09.10.2007 par vivelagauche
Parfois lorsqu’on traîne des oreilles indiscrètes dans un café du commerce et qu’on entend certains propos, à l’énoncé de sottises monumentales, de truismes débiles au ras du sol destinés à donner un contenu éthique ou moral à une pensée d'inspiration raciste, on ne peut s’empêcher de soupirer : « encore un averti congénital qui veut le beurre et l’argent du beurre ». Cette pensée vache munie d’une connotation méprisante est avant tout un aveu d’impuissance devant des discours qui demanderaient des mois d’efforts pour être démontés. En effet, avoir en soi la peur ou la haine de l’autre au point d’en perdre ce minimum d’empathie qui caractérise en général l’être humain c’est une chose mais vouloir faire passer ces pensées honteuses pour de la bienveillance humanitaire c’est pousser le bouchon trop loin.

Mais que penser d’un ministre de la république tel Hortefeux qui se livre à un numéro d'équilibriste conceptuel sur la chaîne itélé devant quelques journalistes médusés. Il est trop fort, mais quelle astuce machiavélique dissimule- t- il dans ses propos ? Quel troisième ou quatrième degré peut permettre de décrypter sa pensée? J’avoue que je suis bluffé, battu, écrabouillé, car je n’y comprends goutte, aimer les immigrés à ce point, se soucier de leur confort, des pénuries médicales dans leur pays, témoigner de mille manières le bon soin que l’on veut prendre d’eux, faire référence à la pensée géniale de Rocard penché sur la misère du monde ! Que d’efforts pour nous convaincre du bien qu’il faut attendre de sa politique ! Que d’appuis éminents à son secours comme le « french doctor » Kouchner qui ne trouve rien à redire aux tests ADN. L’auditeur de gauche complètement arc-bouté sur les droits et la dignité de l’homme ne peut que guetter à chaque bonne parole le travers qui va enfin permettre de débusquer le réactionnaire qui parle ? On se surprend en train de ricaner quand il dit suavement « les tests ne seront pas obligatoires » parce que chacun sait comment cela se passe dans un consulat de France en Afrique, parce chacun sait que la décision du consulat concernant le refus d’un visa d’après la loi n’a pas à être justifiée, et qu’on imagine avec une mauvaise foi évidente mais avec une totale lucidité ce que « non obligatoire » veut dire en la circonstance.
Pour donner du poids à sa bienveillance suspecte, Hortefeux ose appeler à la rescousse ces pères épuisés de démarches qui lui écrivent pour se dire prêts aux tests ? On doit une pensée à ces pères aimants prêts à tout pour se rapprocher de leurs enfants. Que ne ferai-t-on pas quand on est parent ?
Et quand les journalistes manquant totalement de délicatesse insinuent que les policiers occupés à traquer les clandestins seraient peut être mieux utilisés à lutter contre la drogue, le terrorisme ou les monte en l’air, on sent venir le sentiment mauvais du « ah ! Je vous l’avais bien dit ! ». Quand on choisit d’avoir le rôle du critique partial, on n’en sort pas!

D’ailleurs en parfait démocrate Hortefeux ne manque pas de s’abriter derrière les sondages à 70% d’avis favorables, les enquêtes, le suffrage universel et il a parfaitement raison. Faut-il rappeler que le triomphe électoral de Sarkozy est la dernière campagne victorieuse de la France coloniale, la revanche finale contre les immigrés et leurs enfants incendiaires et violents venus nous défier jusques dans nos banlieues, indisciplinés et ne voulant pas tenir leur rang de supplétifs de la république qui leur a été historiquement attribué. Cette leçon leur est infligée par la France populaire votant massivement pour se procurer le sentiment définitif d’avoir enfin gagné la guerre d’Algérie, pour se libérer de la culpabilité et du secret insoutenable d’une histoire déchirante. Pour ne pas avoir à reconnaître non pas les fautes du passé, mais celles de la république d’aujourd’hui percluse de racismes tus, de discriminations pratiquées et niées, lézardée de ghettos et de cruautés diverses.
On pensait qu'Hortefeux était là pour eux, pour parler de la dernière loi contre l'immigration clandestine promise pendant la campagne,on a du sauter un épisode!

Et justement, toute aspiration populaire à une politique nauséabonde pose un problème majeur à la conscience de tout démocrate. La démocratie a-t-elle des limites ? Sont elles fixées par des règles éthiques ? Certaines lois morales sont-elles au dessus de la volonté d’un peuple ? Il est communément admis que l’expression d’une volonté majoritaire ne donne pas le droit à ses mandants d’écraser les minorités d’opinion, ou autres. Le respect des droits de l’homme passe au dessus des volontés de la majorité. Même pour les nations, il y a des transgressions interdites. Et pour le coup elles sont comptables des crimes commis avec leur approbation et en leur nom. C’est par exemple sur de tels principes qu’on peut songer à condamner le gouvernement américain qui entretient une prison illégale à Guantanamo. C’est sur les mêmes principes que la communauté internationale a combattu ( et bombardé) la Serbie.

La vision d’un monde occidental menacé se défendant par tous les moyens contre une immigration irrégulière une sorte de cinquième colonne d’un islam radical et terroriste destructeur de notre civilisation ou d’une horde immense de miséreux à l’assaut de notre protection sociale, ou encore une révolte insensée des indigènes de l’empire envahissant la métropole, ces visions là sont des fantasmes racistes. Ils imprègnent pourtant une vaste partie de l’opinion publique, nourris mezzo voce par des médias privés, instrumentalisés par les discours politiciens et par de multiples déclarations et allusions destinées à les conforter. Ce sont des fautes contre la raison, on peut leur opposer l’éthique, le droit, le sens de l’égalité, de la justice, de la compassion, bref des valeurs supérieures à la volonté populaire.
Le peuple n’a pas tous les droits et ses élus, comme le gouvernement qui en émane ne disposent d’aucune légitimité pour transgresser les valeurs supérieures de la république. C’est donc en toute légitimité que les citoyens, les associations, les institutions morales dénoncent les atteintes portées à leur encontre.

François Hollande chez El Kabbaj

Posté le 08.10.2007 par vivelagauche
Déçu quand même par l’interview de François Hollande par El Kabbaj. Ce dernier a de plus en plus de mal à masquer son impatience quand l’interlocuteur critique Sarkozy et le gouvernement. Cependant François Hollande s’est laissé mener en bateau sur des considérations sans intérêt destinées à l’empêcher de parler des « sujets qu fâchent ». On ne retiendra de cette interview que la proposition de suppression des stocks options. De quoi nourrir une polémique stérile gauche contre droite sur une position techniquement intenable même pour un gouvernement qui serait de gauche.
Le droit des sociétés en France ne peut être très différent du droit dans les autres pays européens. En ce domaine comme dans d’autres la mobilité des acteurs prive l’Etat de sa liberté d’action. Si les lois en France sont trop sévères ou différentes, les sociétés s’installent en Belgique ou au Luxembourg ou encore aux Pays Bas. C’est déjà largement le cas.
La proposition de François Hollande ne peut avoir de sens que si cette mesure est négociée à l’échelle de l’Europe. Et plus généralement si un droit des sociétés européen est mis en place. De plus, même si elle permet aux dirigeants d’abuser de leur position, elle répond aussi à une nécessité économique dans certains cas. Par quoi la remplacera –t-on ?
Ce qui fait le succès des stock options c’est le principe simple de lier la rémunération du dirigeant avec les cours des actions. Peut être faudrait-il remplacer ce système par une rémunération qui tiendrait compte d’autres critères. Un produit mixte comprenant des éléments de coût de l’action, de la masse salariale, du chiffre d’affaire, etc. est peut être à imaginer ?
De plus rien ne s’oppose à l’application de la proposition Seguin de taxation des stocks options. Le Parti Socialiste devrait déposer un amendement en ce sens au Parlement, le plus vite possible. Pour le moment c’est un UMP qui le propose.
De plus il n’y a pas eu dans le parti de débat sur ce thème alors on a le sentiment que Hollande sort une proposition de son chapeau? Pour qu’on retienne son passage à Europe 1.
Il encourage ainsi la pratique détestable des autres dignitaires socialistes qui tiennent chacun à se singulariser par une position originale quand ils sortent à la télé. Et c’est ainsi que la position du parti ressemble à une cacophonie sur à peu prés tous les sujets.
Sa qualité de Premier Secrétaire l’autorise à dire quelle est la position du parti mais pas à décider en dehors des instances de concertation. Les positions du Parti doivent être débattues en interne en continu et approfondies et les militants associés à ces débats. Formuler cette revendication ce n’est pas une demande de démocratie participative mais une demande de démocratie tout court.


Le PS va-t-il disparaître ?

Posté le 07.10.2007 par vivelagauche


Le PS va-t-il disparaître ? Les héritiers sont déjà en place et le débat est ouvert dans les médias.

Sur sa gauche Olivier Besancenot veut sortir de l’étroit créneau de la ligue révolutionnaire pour créer un vaste mouvement gauchiste et protestataire qui absorberait l’extrême gauche, le parti communiste et la gauche du parti socialiste. Bref il souhaite mener à bien l’opération de rassemblement qui a échoué avant la présidentielle. Il est vrai que depuis les urnes se sont exprimées et lui ont donné le rôle d’incontestable leader dans ce secteur de l’opinion publique. Il est le seul à avoir fait un score honorable alors que ses rivaux sombraient.
Le Modem sur la droite du PS se présente comme un mouvement centriste qui n’a pas de ligne politique assurée oscillant entre centrisme de droite et de gauche. Ce flou est destiné à ménager l’avenir et permettre à ce mouvement d’attirer les déçus des deux bords. De plus il possède un leader charismatique auréolé de son score au premier tour de la présidentielle. Certes c’est un mouvement aujourd’hui sans élus et sans troupes mais il a l’écoute d’une partie non négligeable de l’électorat qu’il ne peut pas décevoir n’ayant aucune responsabilité gestionnaire ni nationale ni locale.
Assez bizarrement Ségolène Royal qui a fait à la présidentielle un meilleur score que François Bayrou voit son image bien plus écornée au cours du temps. Son désir de leadership sur le PS a suscité attaques, contre attaques et règlements de comptes violents. Pourtant, son positionnement centre gauche, n’est pas très éloigné de celui de F. Bayrou et il a l’avantage de la clarté.
Alors dans ce contexte le manque de management du PS peut finir par créer les conditions d’un éclatement du parti dont les membres se disperseraient sur les marges. Avec un cinquième à l’extrême gauche et le reste vers le centre. Contrairement à ce que pensent nombre d’élus et de militants cette hypothèse n’est pas impossible et cette hypothèse devient probable en cas de déroute aux municipales.


Pour beaucoup d’élus et de responsables socialistes les municipales soient considérées comme sans danger.

Ils pensent que les premiers signes de l’usure du pouvoir sarkozien ouvriront une fenêtre pour un positionnement protestataire et que d’autre part le déjà important enracinement du PS au niveau local fera le reste pour assurer des résultats satisfaisants.
Ces calculs consistent à tirer des plans sur la comète et ne tiennent pas compte du fait que l’animal politique hors pair qu’est le président de la république ne va pas sans réagir laisser les choses dériver contre ses intérêts. Il dispose de moyens considérables pour influence l’opinion, c’est dune grande certaine naïveté de penser qu’il restera inactif. Il est plus prudent d’imaginer que deux ou trois mois avant les municipales la machine à polémiques va se mettre en route avec quelques lignes de force bien senties pour décrédibiliser les socialistes. Tout sera bon, soit l’exploitation des événements du moment, soit la remise en route d’anciennes ritournelles, soit encore l’exploitation des faiblesses actuelles du parti en mettant en évidence dans des campagnes médiatiques bien orchestrés sa division et son incohérence. Il ne faut donc pas regarder comme un détail la création d’un parti « de gauche » sarkozien par Bocquel.
Le pouvoir ne lésinera sur les attaques contre le PS et il n’hésitera pas à utiliser tous les moyens don il dispose. Les moyens médiatiques du parti socialiste sont incommensurablement plus modestes que ceux de la droite. Car ce n’est pas dans la campagne officielle que circule la pensée droitière mais elle se répand grâce aux émissions périphériques et aux journaux parlés ou insidieusement les idées de la majorité sont jour après jour valorisées et installées comme pensée dominante dans l’opinion publique.


Une perte des élections municipales pourrait être la défaite de trop.

Dans un parti d’élus comme le PS on peut se consoler de ne pas gouverner au niveau national si des sièges sont disponibles en nombre au niveau local. Mais si la campagne montrait que l’affiche PS expose les candidats locaux à des défaites, c’est la colonne vertébrale du parti qui s’en trouverait ébranlée sérieusement. Tout deviendrait possible.
La nécessité pour le PS de se mettre en ordre de marche avant les municipales et de ne pas penser qu’il sera temps après de se réformer tient à cette évidence. Il est indispensable de donner avant les élections une image rassurante d’un parti rassemblé en cours de rénovation et de modernisation afin de rallier les électeurs. Dans le cas contraire, rien ne garantit d’une déroute qui mettrait l’éclatement du PS à l’ordre du jour.
Il faut en appeler solennellement aux responsables socialistes pour qu’ils resserrent les rangs sur une ligne politique simple non pas social- démocrate, formule trop connotée avec des expériences dépassées, mais décrite comme le « socialisme du concret ».
Pour chaque question il convient de rappeler la position idéale, les principes et les valeurs mais il importe ensuite de fonder son jugement sur une analyse scientifique la plus détaillée et la plus rigoureuse, avant de préconiser l’action possible en tenant compte des contraintes du réel.

François Hollande est-il la figure de proue qui convient pour mener la barque dans ces temps mouvementés ?

Non pas que l’on puisse exprimer sur son comportement, sur la personne la moindre critique. La continuité de son statut est absolument contreproductive avec le désir de donner du PS l’image d’un parti en cours de rénovation. Certes depuis la présidentielle, son discours plus libre tend à exprimer une ligne politique plus claire, plus construite, plus cohérente. Mais le souvenir des années récentes pèse sur lui, alors que premier secrétaire consensuel, il s’obstinait à rechercher le compromis entre les courants. Il s’en tenait alors constamment à des propos lénifiants et aseptisés, à la doctrine ce qui contribuait à rendre flou et abstrait le message du PS. Si son évolution est sensible pour les militants, son image prégnante dans l’opinion la masque au grand public. Il lui faudrait une forme d’expression bien plus « bruyante » pour attirer l’attention de l’électorat et faire comprendre à tous qu’à son tour « il a changé ».
Actuellement, bien que connu comme le premier des socialistes, ses positions ne sont reçues par le public que comme une variante parmi toutes celles qui émanent des personnalités socialistes. D’où ce sentiment de cacophonie quand le parti s’exprime sur un sujet.
Par opposition on peut remarquer que la droite aussi cafouille notablement quand elle communique, mais que dans tous les cas, dès que Sarkozy s’est exprimé sa position devient prépondérante et masque définitivement les contradictions qui avaient pu apparaître.

Si Hollande ne parvient pas à mettre en place un directoire restreint de trois ou quatre personnes autour de lui qui assurent la parole du PS et sont bien identifiées par l’opinion comme les communicants investis de la parole collective au non du parti le sentiment d’un parti sans tête perdurera dans l’opinion.

Le parti par ailleurs devrait avoir une présence médiatique fondée sur une plus grande emprise sur l’actualité.

Toutes sortes d’événements grands et petits devraient être prétexte à communiquer pour occuper l’espace médiatique de manière plus dense.
Le parti doit parler de tout et à tous et en permanence. Et cela ne peut se faire que par une cellule produisant en continu des prises de position officielles et des commentaires. Dans la société médiatique actuelle où un événement chasse l’autre et l’information nivelle la hiérarchie des sujets, s’en tenir aux sujets importants ou politiques c’est abandonner le temps médiatique aux autres. Il faut au contraire en continu tenir un discours politique d’interprétation des événements au moment où l’opinion publique est focalisée sur eux. C’est ce que pratique depuis longtemps mais encore plus maintenant Nicolas Sarkozzy qui a la volonté de réagir sans délai à tout ce qui apparaît comme centre d’intérêt des médias.
Ne faudrait-il pas passer la main à Jean Marc Hérault qui en sa qualité de président du groupe socialiste à l’assemblée et de maire de Nantes donne du PS une image gestionnaire, rassurante, responsable avec un langage mesuré et de gauche. Ne pourrait il devenir le premier secrétaire par intérim jusqu’au prochain congrès de manière à cumuler sur sa tête un ensemble de responsabilités qui lui permettraient de parler au nom du parti ?
Sa mise en avant signifierait la mutation du PS au discours réaliste sans sombrer dans une forme de social démocratie regardée par une partie de la gauche comme un simple renoncement à toute politique volontariste devant le capitalisme. Ce serait un geste fort pour signifier à l’opinion que les mutations indispensables sont bien en cours.
C’est donc une hypothèse sérieuse pour dessiner à la gauche un avenir moins sombre.
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