Créer un blog Présentation

Nom du blog :
vivelagauche
Description du blog :
Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
26.05.2007
Dernière mise à jour :
04.07.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<

Navigation

Accueil
Livre d'or vivelagauche
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· les 35 heures (essai d'explication de gauche)
· Qu’est-ce qu’un « logement social » ?
· Le PS sarkozien en formation?
· En finir avec Arlette (Rôle de l'extrême gauche)
· aucune mesure aussi délirante soit elle ne peut être écartée
· sarko le fort, PS le faible?
· un peu moins d’école
· réforme des universités de gauche et de droite
· Que faire de la lutte des classes (1)
· Défense de la démocratie parlementaire

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

bonjour
10.04.2008
L'urgence :
13.03.2008
UMP
18.02.2008
mwai.
05.02.2008
Courage pour la suite
13.01.2008
un petit coucou
12.01.2008
deux questions
12.01.2008
IL N Y A PAS QUE DES RASCISTES
06.01.2008
vous etes des rigolos
06.01.2008
Hellooo' =D
29.12.2007
d'accord
28.12.2007
héhé
28.12.2007
Commentaire d'un travailleur du bâtiment
17.12.2007
ça ne se fait pas!
12.10.2007
le livre athée
27.09.2007
Tous avec nous contre les cyberracistes
22.09.2007
decadent
11.09.2007
Titiflo77!
09.09.2007
Moyen-Age
04.09.2007
lalutteuse de rouen
23.07.2007
RSS

Blogs à découvrir :

· romump
· annoeullinump
· modem15
· recloses2008
· haakite
· davisprosarkozy
· niousessaintmartinoises
· sabihaahmine
· anarchie23
· amistaduruguay

Dallas sur Seine

Posté le 06.10.2007 par vivelagauche

En écoutant les déclarations de Thierry Breton à la commission du Sénat, on est amené à quelques conclusions simples :
-Il y a donc suspicion de délit d’initiés à l’encontre des dirigeants et des cadres qui ont vendu leurs stock- options alors qu’ils savaient que leur entreprise avait des difficultés qui devaient entraîner une baisse des cours des actions d’EADS. Vendre en détenant en qualité de dirigeant de l’entreprise des informations confidentielles de nature à influer sur le prix d’une action est un délit. Ce premier scandale concernerait les hauts dirigeants de l’entreprise et 1500 cadres dont certains seraient encore en train de mettre en œuvre le plan Power 8 pour licencier des salariés.
C’est d’autant plus scabreux qu’il est admis qu’un management défaillant est la cause centrale des problèmes apparus dans l’entreprise.


-Il y aurait peut être délit d’initié tout aussi grave des actionnaires privés qui sachant que la situation était mauvaise auraient vendu leurs actions. Mais eux, n’ont pas vendu à la bourse, ils ont trouvé un acheteur particulièrement compréhensif la Caisse des dépôts, banque d’état qui aurait acheté ces actions qui s’avéreront pourries avec des conditions très avantageuses pour le vendeur du point de vue du prix et du point de vue fiscal (Le vendeur se voyait garantir le prix le plus élevé possible dans tous les cas de figure).


-Il y aurait un état innocent qui n’était au courant de rien, n’était responsable de rien, ne pensait à rien. C’est ce qu’explique avec conviction Thierry Breton. Ses services appliquant à la lettre les textes se limitaient à puiser dans les médias les informations que tout actionnaire se doit d’avoir sur l’entreprise dans laquelle il a investi.
Et d’après ce qui a été dit devant la commission et confirmé par un communiqué de la Caisse des dépôts, officiellement, pour intervenir dans cette opération si importante, dans un secteur si stratégique (personne n’ignore l’importance d’Airbus en France depuis longtemps), la Caisse des dépôts et consignations, si sérieuse institution de l’Etat, aurait agi de son propre chef pour faire un placement de père de famille en quelque sorte. Il faudra qu’elle explique dans ce cas pourquoi elle a consenti au vendeur des conditions si avantageuses.

Si c’est vrai, c’est difficile à croire et cela ressemble à une fable. Les sénateurs de gauche et de droite ont cependant fait des déclarations publiques sans ambiguïté pour exprimer leur conviction et dire que les explications de Thierry Breton les ont convaincus. Mais au delà des parlementaires, il va falloir aux personnages concernés une argumentation sans faille et des preuves à la pelle pour dissiper entièrement le doute des français. Les sceptiques se demandent déjà qui a donné le feu vert ou encore mieux ordonné cette opération. Si leur méfiance avait le moindre fondement, l’information ne tarderait pas à filtrer car la pression que subissent tous ceux qui sont impliqués, les risques judiciaires qu’ils encourent auraient pour effet de rapidement délier les langues des moins impliqués.

Actuellement c’est une affaire de possibles tricheries d’actionnaires et de cadres trop gourmands qui ne voulaient pas perdre des billes dans une dégringolade de l’action. Mais s’il advenait qu’on découvre que l’Etat contrairement à ce qui est admis aujourd’hui, ait mis la main dans la transaction et ait désigné la Caisse des dépôts comme l’idiot de service chargé de nationaliser les pertes, l’affaire changerait de nature et deviendrait une immense affaire d’état.



--

La lettre

Posté le 04.10.2007 par vivelagauche


Le Président de la République se perçoit comme grand prêtre du culte républicain de la mémoire de la nation et de ses morts héroïques et illustres. Il est donc normal qu’il désigne à l’attention du peuple quelle figure doit incarner en ces jours où la France croit tomber où le déclin est dans les têtes, la figure de proue de la rébellion de la jeunesse à cette fatalité. Pourquoi Nicolas Sarkozy s’est –il laissé émouvoir par la lettre à ses parents d’un fils aimant pris dans le tourbillon de la cruauté nazie et de la lâcheté de la France de Vichy, au moment tragique où ses bourreaux le conduisent à sa mort. On ne saurait dire si cela relève du calcul politique ou de tortueuses raisons psychologiques, car cet enfant, militant communiste, symbolise le martyre de la France écrasée mais aussi le combat des peuples opprimés. Combien de Guy Môquet en robe safran, ces derniers jours en Birmanie ?

Persuadé que le sacre du suffrage universel a fait de lui l’incarnation de la France éternelle, Nicolas Sarkozy, embrassant les strates sociales, les mouvements politiques, la durée séculaire, emmenant les héros et les batailles, il s’approprie la totalité de ce qu’est la nation. Persuadé d’être dans son rôle, il utilise son pouvoir discrétionnaire sur l’Etat et la fonction publique pour demander aux professeurs de présider une solennelle cérémonie de commémoration et d’exaltation nationales cristallisées par la lecture de cette lettre.
Le bon peuple approuve cette démarche émouvante et ne comprend pas que les enseignants soient fâchés. Encore des fonctionnaires qui ne sont jamais contents ! A peine est-on autorisé à s’interroger doctement sur la valeur éducative du texte sur la meilleure interprétation du message. Ceux qui adulent le président et ils sont nombreux en cette France qui s’est donnée à un maître, ne trouvent que des raisons d’approuver. D’autres plus réticents ou pour montrer plus d’érudition auraient proposé d’autres pages de l’histoire partagée.
Pour les enseignants ce n’est pas le choix du texte de Guy Môquet qui fait problème mais la décision d’inaugurer sous cette forme un nouveau culte mémoriel pour célébrer notre maison commune. Ce faisant, elle transgresse allègrement les usages et les lois et ne respecte pas le droit des personnes. Même s’il s’agit d’un domaine purement symbolique, la méthode utilisée tient de l’abus de pouvoir et fait fi de l’ordre démocratique. Certes il serait prématuré de hurler à la dictature mais c’est un petit pas dans pas dans une dérive inconvenante.

Les enseignants ne sont pas, ni par choix personnel, ni par les missions et les obligations qui découlent de leur recrutement et de leur statut les prêtres d’une religion officielle. Leur travail exige au contraire une neutralité totale à l’égard de toute religion, de toute idéologie, qu’elle soit civile ou autre. L’école publique, se faisait un devoir, dans le passé, d’entretenir l’exaltation de la foi en la république mais ces cinquante dernières années la neutralité la plus stricte semblait s’être définitivement imposée. Même si on a connu, à nouveau, la volonté de prêcher des valeurs républicaines qui s’est concrétisée par la réintroduction de l’enseignement de l’éducation civique. Car dans une partie non négligeable de la population il y a la conviction que l’amour de la patrie s’append à l’école comme une vulgaire table de multiplication. Personne ne s’était vraiment offusqué de ce retour à un rite traditionnel parce que l’adhésion des enseignants aux valeurs républicaines est telle que de cet abus de pouvoir, ils s’étaient rendus volontiers complices.
La décision du Président, change la donne parce qu’il crée un nouveau rite lié à sa personne. Célébrer Guy Môquet ce sera célébrer aussi Nicolas Sarkozy dans ses œuvres. En l’espèce, la décision ne porte pas sur un programme d’enseignement mais sur une célébration cultuelle républicaine, et à ce titre c’est une demande illégale qui ne peut être en tant que telle adressée aux enseignants sans abus de pouvoir.
De plus, il utilise l’oukase présidentiel sans autres formes et se substitue ainsi aux autorités légitimes chargées de l’élaboration et du suivi des programmes scolaires (commissions des programmes). Cela met en évidence le caractère doublement illégal de la mesure et en révèle la transgression. C’est un coup d’état symbolique, oiseau de mauvais augure qui obscurcit le ciel.
Même s’il est au sommet de l’Etat, le président ne peut pas tout. Ses décrets doivent être contresignés par les ministres et si la constitution ne décrit pas dans le menu ses attribution au delà, c’est tout simplement parce qu’il n’a pas à s’en mêler directement.
Les médias contribuent à caricaturer la question légitime des enseignants en manifestation de mauvaise humeur injustifiée et cynique. Ils y mettent du bagout, de l’émotion et ce bon sens premier tiré du café du commerce si efficace pour dénigrer toute pensée. Ce qui ne peut qu’accroître la rage du corps enseignant de se sentir ainsi doublement piégés.
Car les français pour le coup très peu procéduriers, eux qui ont pratiquement oublié tous les rendez vous du culte mémoriel national, ne s’intéressent qu’à la lettre si émouvante parce que tragique. Beaucoup pensent que cette identité nationale si difficile à trouver qu’il y faut un ministère tout entier, dont on ressent la fragilité si grande, ah si on peut au moins l’enseigner un petit peu à l’école pourquoi pas ? Et en adoptant ce comportement de défausse ils ne se rendent pas compte qu’ils lui portent un coup supplémentaire particulièrement cruel à cette pauvre identité nationale confiée pour solde de tous compte aux enseignants quelques minutes entre les sciences physiques et le cours d’anglais et bien sûr à Hortefeux, inénarrable comptable méticuleux des sordides expulsions de clandestins miséreux.
A Guy Môquet éternel jeune homme de dix sept ans affronté au supplice j’aurais voulu tant dire ! Mais pour chacun de nous la mort est une tragédie indicible et la mort des autres n’est que le miroir épouvantable où se reflète à l’infini la notre à venir.





Haro sur les fonctionnaires

Posté le 02.10.2007 par vivelagauche
Répartition efficace des rôles dans les hautes sphères sarkoziennes. Pendant que le gouvernement tape sur les fonctionnaires, Attali évoque enfin dans sa commission les réformes de structures qui auraient du se trouver au centre d’une réforme de l’état qui ne soit pas imprégnée d’idéologie et d’hostilité envers une partie des français.
Faudra –t-il créer un mouvement de résistance de la fonction publique ? C’est un comble que les plus hautes institutions de l’Etat s’en prennent ainsi aux exécutants fidèles de la puissance publique.
Le thème de la rémunération au mérite caracole de média en média où des journalistes ignares n’arrêtent pas de prendre un air étonné et naïf pour demander dans un élan du cœur :

« Et pourquoi ne pas introduire la rémunération au mérite chez les fonctionnaires ? »

Eh oui madame quel scandale ! Ces fonctionnaires sont bien les seuls à être grassement payés à ne rien faire sans que personne ne les contrôle.
La fonction publique a certes besoin d’une remise à plat, d’un dépoussiérage de son statut, et de l’introduction de nouvelles souplesses dans son fonctionnement.
Mais faut –il que ce soit dans ce climat de suspicion, de mise en cause, d’agression ?
Prenons « le mérite » dans l’Education Nationale par exemple. L’avancement par échelons tient compte des notes d’inspection et de celle que donne annuellement par le chef d’établissement. Tout enseignant qui ne marche pas droit, qui n’est pas conforme à la norme exigée en paye chèrement le prix. Il se voit cantonné à l’avancement dit à l’ancienneté qui en quelques années creuse un différentiel de salaire considérable avec ceux qui avancent au « grand choix ». Les primes pour différents postes, la pratique des heures supplémentaires (deux ne peuvent être de refusées) sont d’une pratique commune.
Bref la réforme ne pourra pas introduire plus de pouvoir pour l’administration, sinon la possibilité de mettre à la porte, de manière discrétionnaire, quelques personnes.
Qui connaît le système sait que le fonctionnement est très centralisé et presque militaire et que chaque enseignant est un exécutant d‘une politique décidée au plus haut niveau dans ses moindres détails (programmes méthodes et même exercices types).
Mettre encore plus d’autorité, de contrôles, aura pour effet de rendre cette gestion encore plus archaïque et de couper encore plus les jambes à toute initiative de la base. On prétend donner plus de pouvoir aux chefs d’établissement, celui qu’ils ont est déjà considérable. En réalité ils sont au nœud des contradictions non pas par manque d’autorité mais parce qu’ils subissent les pressions croisées des différents intervenants aux intérêts divergents, administration centrale, autorités locales, entreprises, parents d’élèves, enseignants et élèves. Ce qui les conduit souvent au choix d’une posture attentiste.
C’est une meilleure organisation et articulation des possibilités de se faire entendre accordée à ces différents groupes qui peut améliorer le fonctionnement des établissements.
Ce dont ont besoin les enseignants c’est d’autonomie, de liberté d’action, d’incitation au travail en équipe qui leur permette d’adapter horaires, programmes, méthodes, exercices, à leur environnement.
Parmi les idées saugrenues entendues au cours de ces attaques répétées, d’une mauvaise foi révoltante, contre la fonction publique cette demande formulée par un célèbre essayitse qu’on aurait pu croire moins sénile, qui demande, avec une obstination rageuse que les professeurs soient évalués par les parents d’élèves. On imagine la catastrophe. Actuellement la pression des parents d’élèves et surtout des mieux avisés et des mieux placés dans la hiérarchise sociale contribue au nivellement observé car chaque parent cesse d’être rationnel quand il parle de son enfant (Et c’est normal !). Les professeur ont un rôle redoutable celui de noter et d’orienter (Les examens introduisent un deuxième regard soit dit en passant pour ceux qui pensent que le bac c’est du gaspillage et qu’il suffit de s’en remettre au contrôle continu). Ce pouvoir énorme les expose à des critiques peu objectives dans la mesure où chacun à un moment ou un autre éprouvera une frustration personnelle dans un système sélectif. Alors les mettre entièrement sous la coupe des parents c’est définitivement tuer tout système d’évaluation des élèves dans son aspect individuel (On note tel élève) et collectif (L’ensemble des résultats permet de valider une séquence de travail). Génial !

Il faut avertir solennellement les français, plus les fonctionnaires perdront leur indépendance, seront contrôlés par le pouvoir politique et moins les service publics seront fiables. La privatisation et le désordre sont au bout d’une démarche aveugle et revancharde.

Pendant que les uns tapent sans retenue sur la fonction publique les véritables réformes de structures occupent les réunions de salon de la très honorable commission Attali.
Parmi les points qu’il a évoqués il y en a un de très important, il a parlé de l’empilement des collectivités qui caractérise l’organisation française d’aujourd’hui. Cela aurait dû lui permettre d’approfondir la question un peu plus qu’il ne l’a fait.

Cet empilement est un gâchis considérable car un même dossier bénéficie par exemple de financements provenant de la commune, de la communauté de communes, du conseil général, de la région, voire encore de l’Etat et de l’Europe. Il y a un éparpillement des centres de décision avec autant de dossiers autant d’études et finalement du temps et de l’énergie perdues. Ségolène Royal avait proposé dans sa campagne que les attributions de chaque collectivité soient délimitées pour éviter cette multiplication à l’infini des intervenants sur un même projet. C’et une intention mais bien que la loi fixe déjà de manière précise les attributions des collectivités, elles transgressent allègrement leurs obligations et se mêlent de tout, dispersant à tout va, subventions et interventions.

Cette prolifération des collectivités et leur ambition à en faire toujours plus ont évidemment conduit à une inflation sans retenue de la fonction publique territoriale. On voit d’ailleurs ce qu’il adviendra de la fonction publique d’état lorsque ses règles de recrutement seront proches de celles de la territoriale. On le sait l’asservissement des fonctionnaires au pouvoir politique y est beaucoup plus fort et entraîne des dérives en maintes mairies, conseils généraux ou régions.

Mais attention les recrutements ne sont jamais décidés par des fonctionnaires. Ce sont toujours des exécutifs politiques élus qui en décident. Alors si la fonction publique explose en effectifs c’est d’abord à un dysfonctionnement des assemblées élues et à leurs exécutifs qu’il faut l’attribuer.
Le paradoxe c’est que malgré ces effectifs pléthoriques, l’administration territoriale est mal organisée et a du mal à faire face à ses différentes tâches et on voit des collectivités confier de l’argent public en quantité et des missions importantes à des associations qui agissent sans quasiment aucun contrôle pour leur compte.

Cette pratique des associations qui se substituent à l’administration pour effectuer des missions, se pratique aussi au niveau de l’Etat, elle se prête sous prétexte d’économies à dilapider de l’argent public à l’abri des contrôleurs publics et des règles de fonctionnement strictes de l’Etat. Les amateurs de diminution du périmètre de l’Etat auront peut être des surprises quand ils seront parvenus à leur fin. Dépouiller l’Etat de ses moyens d’action n’enlève pas aux politiciens l’envie de faire et de s’en donner les moyens.

Quand on regarde comment se structure la pyramide politique de la république, on se rend compte que l’ensemble de élus de haut niveau, sénateurs et députés, conseillers régionaux et généraux, tirent leur légitimité d’une implantation locale municipale. La base du système républicain se trouve dans les 36000 communes qui élisent 500000 maires et conseillers municipaux. Or cette organisation du territoire est pléthorique et profondément inégalitaire.
100000 élus représentent 40 millions de français et les quatre cent mille autres en représentent 20 millions.
Par comparaison les allemands et les espagnols tournent autour de 5000 communes que l’on peut comparer aux 36000 communes françaises.
Mais dira –t-on les communes sont une tradition sympathique de la révolution, ce n’est pas grave etc.
Erreur, là où il y a des élus en nombre il y a des crédits des subventions des services publics, des fonctionnaires territoriaux.
Là où il y a peu d’élus, moins de subventions, d’équipements, d’écoles, d’hôpitaux etc.
La décentralisation a aggravé ce travers.
Le désordre de l’Etat commence avec une organisation incohérente profondément inégalitaire de la représentation démocratique.






La dévaluation impossible.

Posté le 01.10.2007 par vivelagauche


Les souverainistes de tout poil, qui existent encore dans notre panorama politique doivent en éructer de rage. Si la France avait gardé le franc, avec le même dispositif monétaire que dans les années 70, le gouvernement, pour faire face à la dette et surtout à la très catastrophique dégradation de la balance des paiements, dévaluerait la monnaie. L’affaire serait réglée en moins de deux. Ceci n’est plus possible depuis que le serpent monétaire s’est transformé en Euro géré par la Banque Centrale Européenne.
De fait, il ne reste pas à l’Etat 36 moyens d’action. Après la perte de la maîtrise de la monnaie il ne lui reste que la fiscalité . C’est en prélevant aux uns et en redistribuant aux autres qu’il peut réaliser une régulation dont l’effet sera équivalent à une dévaluation.
Une dévaluation s’exécute en 24 h, mais la fiscalité demande du temps, des débats, des lois. Bref c’est mille fois plus difficile à manier.
Les effets d’une dévaluation désendettent l’Etat et améliorent le commerce extérieur. Sur le coup elle semble indolore au commun des mortels. Quoi de plus merveilleux qu’un traitement efficace et sans douleur? Hélas cela ne dure pas, très vite l’inflation fait flamber les prix et les salaires et retraites ne suivent pas. Tout le monde trinque. Au moment où l’on paye on a oublié pourquoi.
La politique de transferts vers les entreprises de ressources prélevées sur les ménages qui est en gros l’équivalent fiscal de la dévaluation ne se mettra pas en place sans douleur. Que ce soit par la TVA sociale ou autrement, le traitement est trop lent pour passer inaperçu. Le gouvernement aura besoin de tout son stock de poudre de perlinpinpin pour endormir les citoyens. Qu’inventera-t-il ? Il doit rudement cogiter à la question.
L’avantage d’une dévaluation c’est qu’elle fait payer tout le monde, mais on peut douter que NS s’en prenne à ses amis argentés en taxant un peu plus les revenus financiers. Ne pas le faire rendra l’opération plus aléatoire. On risque de goûter à l’amertume de la rigueur sans bénéficier réellement des effets d’une relance de la croissance.
L’hiver sera rigoureux et pas seulement à cause des masses d’air venues du Groënland.

Egrenons Grenelle

Posté le 29.09.2007 par vivelagauche
Un lourd débat participatif socialiste saupoudré d’une forte dose de sauce sarkozienne, c’est à cela que fait penser par ses conclusions annoncées, le Grenelle de l’environnement. Manifestement chaque participant a obtenu la mesurette qui témoigne de sa participation active à ce superbe événement historique. Dont acte, autant de ralliés à l’ouverture sarkozienne. Quoi de plus drôle que d’entendre José Bové à la télé encenser Sarkozy pour cause de posture anti OGM (Lequel triche ? a-t-on envie de s’exclamer). Pour finir les automobilistes et les français en général considérés comme les fautifs, les coupables du désastre écologique vont être sévèrement sanctionnés par quelques écotaxes bien appliquées et les contrevenants traqués par des radars supplémentaires. Cette collection de mesures à la Prévert qui ne font pas toutes sourire, n’a rien à voir évidemment avec une politique. Mais dans ce domaine comme dans tous les autres, le gouvernement réagit mais n’agit pas. Il ne se donne pas les moyens de prendre du recul, d’approfondir les dossiers, de fonder son action sur une analyse systémique capable de mettre en évidence des lignes de force essentielles. Cette légèreté lui sera fatale s’il continue dans cette voie. On constate d’ailleurs que le procès en vrac du budget et de ses décisions économiques est instruit de plus en plus par les experts de droite déroutés par une pratique du pouvoir uniquement orientée vers le paraître. Il est peut être temps pour sauver la France de conseiller à Sarkozy d’aller piocher dans le programme de … Ségolène Royal tout ce qui concerne l’aide à l’investissement et à l’emploi que l’excellent professeur Thomas Piketty soutenait.
Le développement qui suit, est un tour d’horizon encore incomplet dans le vaste sujet de ce Grenelle.

Repenser notre société, sa consommation d’énergie, d’espace et de matières premières c’est évidemment une obligation urgente que personne ne discute. C’est d’ailleurs pourquoi les thématiques écologiques et environnementales font l’unanimité. L’accroissement colossal des gaz à effet de serre, le réchauffement climatique posent à l’humanité un défi de première importance qui semble toucher à sa survie. La fin annoncée du pétrole nous indique qu’un mode de développement des sociétés humaines sera prochainement caduc. Tout cela est très sérieux et demande travaux, études et efforts scientifiques, préalables à tout débat public pour qu’il soit correctement mené.
Il faut se garder des délires, des prophètes, des politiciens au petit pied exploiteurs de l’angoisse diffuse qui se développe à partir de ces thématiques. Ils peuvent entraîner les peuples à des comportements irrationnels et absurdes. En écologie la difficulté consiste à séparer le fantasme de ce qui est un choix politique de bons sens, efficace et productif. C’est d’autant plus difficile que l’évaluation d’une action implique des mesures et des calculs scientifiques qui échappent au sens commun. Le débat trop technique cesse d’être démocratique, le débat trop démocratique cesse d’être d’un niveau technique et scientifique suffisant. Il faut jongler entre ces écueils. Et de plus comme l’économie, l’écologie est un domaine où les personnalités éminentes, savants et techniciens, se laissent dominer par leurs convictions idéologiques. Le brouillage de l’information devient général. C’est pourquoi dans ces débats le plus difficile est souvent de disposer d’une information crédible qui rende les choix intelligibles.
Modifier le mode de vie impose de repenser entièrement l’habitat, l’urbanisme, l’organisation des espaces et les modes de transport.
Pour la maison individuelle il suffit d’exploiter des acquis connus depuis des dizaines d’années, le thermo- solaire qui consiste tout simplement à faire chauffer de l’eau par le soleil sur son toit, les pompes à chaleur dont le rendement thermique est bien meilleur que celui des chauffages électriques traditionnels. Il faut développer l’isolation des construction à l’aide de produits déjà amplement sur le marché. On peut aussi utiliser des modèles de baies vitrées et de clapet réglant la circulation de l’air intérieur, pour exploiter le rayonnement auquel sont exposés naturellement les murs. Ces techniques demandent seulement un simple effort d’incitation des pouvoirs publics. Cependant les choses ne sont jamais simples. Le prix des panneaux thermiques à placer sur les toitures tient pour une bonne part à la boîte en inox qui n’est absolument pas essentielle (production artisanale ? Manque de volonté des professionnels d’abaisser les coûts ?). On n’en est donc pas encore à une production de masse à bas coût.
Les services officiels qui autorisent, interdisent ou compliquent les évolutions ont aussi un rôle à jouer. Le caractère conservateur de la DDE et des architectes des bâtiments de France n’est pas à postuler, il s’inscrit dans le paysage urbain dont la monotonie est frappante pour qui a vu d’autres pays. Une législation ou des pratiques moins tatillonnes sont sans doute à promouvoir.
Par contre le rendement de la conversion directe « solaire, électricité » (silicium et autres) est encore si faible qu’il semble prématuré d’en préconiser la généralisation et on peut même s’interroger sur le sérieux de certaines installations subventionnées.

La véritable révolution écologique de la ville attendra quelques décennies car on ne modifie pas le paysage urbain sans une politique volontariste inscrite dans la durée. Mais il est urgent de repenser cet éclatement de l’espace en noyaux d’activité séparés par des routes et des ronds points. Le désir de fournir des parkings facilement accessibles et de permettre une circulation fluide, ont conduit à une forme d’urbanisme complètement soumis aux contraintes imposées par la voiture. Il induit à son tour des modes de vie qui obligent à se déplacer sans cesse dans l’immense réseau pour toutes les activités de la vie quotidienne. Le travail, l’école, les magasins, l’habitat sont éparpillés aux quatre coins de la mégapole suivant des règles obscures qui contraignent chacun à des heures de déplacements quotidiens. Les prestataires de services sont évacués dans de vastes zones artisanales, et on ne trouve plus dans les centre ville que peu d’activités (médecins, laboratoires, avocats, huissiers, notaires, banques, etc.)
Le développement d’immenses lotissements où chaque mètre carré construit dévore plusieurs mètres carrés de terrain, a pour effet désastreux d’agrandir dans des proportions démesurées les espaces urbains et d’exiger des équipements hypertrophiés en voiries, assainissements, éclairages, etc. C’est une forme de gaspillage considérable dont les usagers ne payent pas le juste prix.
La prolifération des zones commerciales sans nécessité mais seulement à cause de la concurrence entre enseignes est aussi une excessive et inutile façon de consommer de l’espace et d’encourager des déplacements inutiles.
Toute cette organisation de l’espace, de l’habitat, du commerce, de l’artisanat est à repenser dans un souci d’économie des espaces naturels et des coûts de fonctionnement en énergie. Il en est de même de l’organisation de la production industrielle et de la manière dont circulent et sont distribuées in fine les marchandises. Le traitement des déchets à fait de grands progrès (après qu’on ai par des incinérateurs polluants inondé de dioxines des campagnes environnantes pendant des années) mais qu’attend –t-on pour modérer par une législation et une taxation l’utilisation abusive des emballages éphémères ?
Cela prendra des décennies pour qu’un effet sensible soit observable. Mais encore faut-il que le gouvernement s’oriente vers une action concrète. Il n’est pas sûr que des réformes substantielles conviennent à l’électorat de droite. Par conséquent cette évolution ne sera réelle que lorsque la gauche accédera au pouvoir. Il y a une limite à ce que Borloo quelles que soient par ailleurs ses déclarations de bonne volonté sera capable de faire.
La voiture propre est à ce jour une fiction. Tout juste existe –t il des voitures « moins sales » que les autres. Actuellement la science butte sur la grande difficulté à trouver un mode de stockage de l’énergie qui puisse se comparer aux hydrocarbures. En dehors de l’aluminium qui présente la possibilité de libérer une grande quantité d’énergie en se combinant avec l’oxygène, on ne voit pas quel substitut pourrait être réellement utilisé. Mais si l’aluminium dope certains explosifs il ne semble pas qu’à ce jour on songe à réaliser un moteur où la poudre pourrait brûler régulièrement en produisant de l’alumine solide facilement récupérable. Cela reste une hypothèse de science fiction ou une piste pour le futur.
En attendant des changements révolutionnaires la formule de la voiture hybride électrique- carburant, sans nul doute, envahira le marché dans les années qui viennent. On peut regretter qu’actuellement des constructeurs mettent sur le marché de nombreux modèles nouveaux dont les seules innovations concernent l’esthétique et le confort. Quand à réduire la vitesse pour économiser l’énergie, c’est une affaire délicate, cela entraînera des économies mais aussi des frustrations à cause du temps supplémentaire perdu dans les déplacements. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Une meilleure organisation des villes pour fluidifier les flux (en développant les transports en commun, vélos urbains, filtrage sur les accès au centre, etc.) a un effet sur la consommation mais aussi sur la qualité de l’air. Elle mobilise, hélas, de manière inégale les municipalités. Les mutations dans le transport automobile ne s’annoncent donc pas si faciles. On peut considérer les vignettes et autres gadgets comme des professions de foi (à classer au même chapitre que les indulgences papales qui rendaient meilleure la chrétienté médiévale) sans réelle portée et les radars supplémentaires, les taxes nouvelles comme des moyens d’abonder un budget en déshérence.
Les biocarburants présentent tous le même inconvénient, ils consomment une grande quantité d’énergie, d’engrais, de pesticides qui en rendent le bilan énergétique douteux. Ils entrent en concurrence avec des productions alimentaires utiles. Ils entraînent le défrichage de surfaces forestières et de jachères dont les effets sur le carbone sont très positifs sans qu’on ne fasse rien. Au total cette filière pourrait n’être qu’une illusion d’optique. La développer sans attendre est sans doute une erreur stratégique.
Les éoliennes sont l’une des formes d’énergie les plus propres et les plus séduisantes que l’on puisse imaginer. Mais le développement de l’éolien est actuellement fondé sur un choix politique qui fixe le prix du kilowatt éolien et oblige EDF à en faire l’acquisition. Dans ces conditions d’un prix administré et d’un acquéreur obligé, le marché ne fournit aucune indication sur l’efficacité de ce mode de production de l’électricité. Il est donc indispensable de disposer d’études sérieuses sur la rentabilité économique et énergétique, réelles de l’éolien. En effet le défaut principal d’une éolienne est son irrégularité et son imprévisibilité. Alors que la demande d’énergie est continue et programmable, la production éolienne dépendant du vent est totalement aléatoire. C’est donc une production qui ne peut être efficace que couplée à une autre forme flexible afin qu’une substitution de l’une à l’autre puisse assurer la régularité de l’offre. Dans ces conditions, la position géographique des éoliennes par rapport aux bassins de demande,(le transport d’électricité a un coût), l’existence d’une source complémentaire thermique ou autre, etc. vont influencer sur la rentabilité énergétique de l’offre en éolien. On ne peut écarter actuellement l’hypothèse, que compte tenu de ces contraintes, certaines implantations mal conçues d’éoliennes ne servent à rien. Seules des études détaillées et publiques sont de nature à lever le doute et faciliter le développement des fermes éoliennes.
La réalisation de centrales thermiques où un réacteur est soumis au flux concentré des rayonnements renvoyés par des centaines de miroirs orientables bénéficie à nouveau de la faveur des scientifiques, mais elles semble devoir se cantonner dans des régions très ensoleillées.
Le nucléaire et l’étude de la radioactivité ont constitué la plus belle aventure scientifique du siècle précédent. Les hommes ont exploré le cœur même de la matière et l’intelligence humaine a décrypté les mystères du noyau de l’atome. Et de ce travail scientifique ils ont tiré une source d’énergie formidable et insoupçonnée. Certes son détournement dans l’usage ignoble de la bombe atomique est un affront que l’homme fait à son propre génie. Mais devant une puissance si considérable et si concentrée, les militaires ne pouvaient rester indifférents. Il serait naïf de nier le danger que présente l’utilisation du nucléaire militaire ou civil. C’est cependant et à cause même du danger auquel sont exposés tous les intervenants, une des formes d’énergie les mieux maîtrisées par l’homme et c’est ce qui en fait paradoxalement malgré sa dangerosité naturelle une des formes les plus sûres de production d’énergie. Les résidus radioactifs sont à manipuler avec d’infinies précautions mais justement l’industrie nucléaire a développé des stratégies performantes pour que ces résidus soient sous contrôle pendant des milliers d’années. De plus quand on fait le bilan des besoins en énergie et des sources disponibles, seuls ceux qui ont une approche superficielle et irréaliste peuvent proposer à l’humanité de se passer du nucléaire à court terme. Au contraire il est indispensable de poursuivre les efforts de recherche pour rendre son utilisation plus sûre et plus efficace.
Ceux qui désirent la fin du nucléaire mettent en avant comme argument définitif et absolument incontournable le danger que le nucléaire ferait peser sur l’humanité. Même si leurs conclusions extrêmes sont contestables, ils ont raison de souligner que le nucléaire présente des inconvénients majeurs. Le risque nucléaire réel est élevé. L’exemple de Tchernobyl a montré comment un accident nucléaire peut retentir sur la vie d’un continent tout entier. Cette dangerosité extrême en cas de mauvaise gestion doit entraîner l’adoption de procédures de sécurité extrêmement méticuleuses. Cela exige donc une société possédant un niveau scientifique élevé et des organes de gestion efficaces (On ne peut pas imaginer une centrale dans un pays où les usages sont tels que le directeur corrompu peut envisager de détourner une partie des sommes prévues pour l’entretien).
Pour la perception humaine, le risque de radioactivité est un ennemi invisible, sans odeur, ni couleur, ni bruit, ni quoi que ce soit complètement indécelable au moment où il détruit horriblement celui qui y est malencontreusement exposé. (L’exemple récent le plus tragique est certainement celui de ce russe qui à Londres a absorbé une dose de polonium radioactif dans une tasse de thé avant de mourir en vingt jours de la destruction progressive de ses organes par cette radioactivité ingérée) C’est donc le pire ennemi que l’homme puisse s’imaginer dans le pire de ses cauchemars. Il ressemble à ces esprits maléfiques qui hantent l’imaginaire des peuples animistes.
La radioactivité est pourtant un phénomène naturel qui existe ici ou là sans qu’on y pense vraiment, et par exemple les caves des maisons en granit sont des pièges à radon radioactif qui se désintègre lentement en tuant sournoisement les habitants (Bien qu’il suffise de ventiler pour l’éviter). Mais bien des endroits bucoliques peuvent s’avérer mortels pour cause de radioactivité insoupçonnée; Alors dresser d’immenses cathédrales que sont les centrales nucléaires à ces divinités monstrueuses ne peut que provoquer une panique froide chez une bonne partie de l’humanité. L’hostilité au nucléaire relève non pas seulement d’une évaluation rationnelle mais aussi d’un sentiment diffus de rejet d’une entité invisible malfaisante.
Par conséquent les socialistes, s’ils veulent se comporter en candidats responsables aspirant à gouverner la France, ne peuvent pas se contenter d’adopter face au nucléaire une stratégie mi- chèvre, mi- choux destinée à éviter les conflits internes et les débats difficiles avec les verts. Ils doivent assumer clairement le maintien d’une filière énergétique particulièrement importante en indiquant de manière argumentée quels dispositifs de contrôle ils comptent mettre en œuvre pour garantir à la population une sûreté maximale.
Il existe aussi dans le domaine de l’atome un projet qui fait rêver, c’est la fusion nucléaire contrôlée à laquelle de multiples chercheurs se consacrent depuis cinquante ans. Le projet européen ITER installé en France poursuit cette recherche qui débouchera dans un futur incertain sur une source d’énergie fabuleuse.
Les cultures biologiques ont comme justification annoncée d’éviter de polluer avec des engrais et des pesticides notre belle planète. Il faut reconnaître que ces derniers ont été utilisés sans mesure au cours du 20ième siècle. Le DDT a été utilisé massivement pour démoustiquer des régions entières avant qu’on se rendre compte que ce produit s’accumule dans la chaîne alimentaire, qu’il est indestructible et toxique. Malgré ces expériences désastreuses on a continué à appliquer dans les monocultures des doses élevées de produits toxiques que l’on peut soupçonner d’être à l’origine de cancers chez les consommateurs mais d’abord chez les agriculteurs eux mêmes. La pollution par les engrais ayant quant à elle des effets sur les eaux des nappes phréatiques saturées de nitrates et autres ce qui rendait leur potabilité aléatoire.
Il est évident que gérer avec beaucoup plus de rigueur l’utilisation de pesticides et des engrais est une obligation impérative pour la puissance publique. Il faut croire que les lobbies agricoles ou chimiques sont très puissants pour qu’on n’arrive pas à imposer des comportements raisonnables. Ou bien tout simplement l’état négligent ne s’est pas doté des moyens techniques et de contrôle pour conduire avec efficacité son travail de régulation. Mais celui qui a foulé, dans sa vie, la glèbe, qui a déjà vu un fruit grossir et cueilli ce fruit à un arbre ne peut ignorer quelques réalités simples. La nature n’est pas la déesse bienveillante et bonasse que l’on imagine dans des contes à l’eau de rose. La terre n’est pas un jardin des hespèrides où il suffit de tendre la main pou décrocher un fruit magnifique. Un fruit non traité renferme au minimum un ver, il est de plus souvent pourri et plus que tout, recouvert de moisissures diverses. Bon, faut-il pour autant faire des chichis ? Non, si les moisissures n’étaient en général cancérigènes et encore plus toxiques que les pesticides produits par l’industrie chimique. C’est pourquoi seuls les naïfs pensent que les produits de l’agriculture biologique sont toujours sains. Ils sont comme tout ce que l’on trouve naturellement dans la campagne parfois bons, parfois mauvais et parfois très mauvais.
L’idée d’introduire obligatoirement dans les cantines une quantité de produits biologiques ressemble à un geste religieux consenti aux grands prêtres d’un nouveau culte. C’est une démarche dont l’intérêt économique est discutable et qui ne tient pas compte des impératifs de santé publique. Au contraire on peut dès maintenant prévoir que cette obligation fera baisser la sécurité alimentaire des repas servis dans les cantines scolaires. Et cela bien que les produits biologiques soient soumis à un cahier des charges rigoureux sur les moyens mis en œuvre pour les produire.
Comme toujours la seule politique qui vaille est inspirée par le bon sens, c’est la mobilisation à bon escient de tous les moyens dont l’homme dispose. C’est donc une agriculture raisonnée utilisant les moyens techniques disponibles mais de manière réfléchie, responsable et contrôlée. Il faut une autorité de régulation qui fixe des normes et évalue les risques que les pratiques adoptées font courir aux consommateurs et aux producteurs. C’est finalement l’Europe qui est la source de réglementation la plus prolixe dans ce domaine. Comme les aliments franchissent allègrement les frontières, il est de l’intérêt des consommateurs français que les réglementations et les certifications européennes deviennent des règles respectées dans l’ensemble de l’Union.
S’il faut respecter ceux qui veulent développer la culture biologique et les traiter à égalité avec les autres démarches productives, n’est-il pas excessif de subventionner une production qui ne s’adressera de fait qu’à une minorité favorisée disposant de revenus lui permettant de majorer sensiblement son budget alimentaire ? N’est-il pas risqué de fonder la production de nourriture sur une approche essentiellement idéologique (Credo : ce qui est naturel est bon, ce qui est chimique est mauvais) ?
Les pouvoirs publics ne doivent-ils pas faire plutôt la promotion d’un comportement rationnel celui de « l’agriculture raisonnée » qui demeure à ce jour le compromis intelligent permettant de produire des aliments sains à des prix abordables pour la masse des consommateurs ?

En ce qui concerne les OGM, le débat actuel est totalement hypocrite car il est évident que, dés qu’il le pourra, le gouvernement abandonnera ses promesses (De limitation). Là encore le mélange de préoccupations légitimes et d’angoisses diverses constitue un mix auquel il est impossible de répondre. Les OGM, issus comme toutes les sélections, de la recherche obstinée et séculaire de meilleures variétés, sont cultivés partout dans le monde et semblent être un moyen de produire plus avec moins de pesticides ou dans des conditions naturelles plus défavorable. Imposer à l’agriculture française de se tenir à l’écart d’un mouvement mondial c’est la condamner à régresser pendant une décennie pour un bénéfice quasi nul en termes de santé publique. Mais comment tenir tête à l’accusation de brader la santé de ses concitoyens au profit des multinationales de l’agroalimentaire. Il y faut une sacrée dose de courage. La puissance publique peut sortir d’une telle polémique par le haut en dotant l’Etat des structures scientifiques ad hoc chargées de fournir une information neutre et rigoureuse permettant d’évaluer tranquillement les risques et d’arbitrer en conséquence. Encore une fois, la précipitation et la gesticulation du gouvernement tiennent avant tout à son désir d’occuper dans une posture favorable l’espace médiatique. Sur aucun dossier on le voit réagir avec sérieux, profondeur recul en essayant de se donner les moyens d’un arbitrage responsable en sollicitant au préalable des études approfondies et des avis d’experts. Cette dérive communicationnelle lui permet d’occuper les médias en continu. Mais au final les dossiers sont traités avec une légèreté stupéfiante. Il semble, hélas, qu’il en sera ainsi de nombre de sujets abordés au rythme du temps médiatiques et abandonnés aussitôt après des décisions de circonstance dictées par le souci de plaire sans le sérieux requis pour une bonne administration de la France.
Les socialistes doivent en ces matières adopter une attitude responsable. Ils doivent s’abstenir de s’enflammer pour des causes parce qu’elles sont à tel ou tel moment particulièrement médiatisées. Consulter les experts, les scientifiques indépendants et compétents qui sont les seuls à pouvoir décrire le bénéfice et le risque des innovations doit être un préalable systématique à toute prise de position. Ils doivent exiger de l’état qu’il se dote sur des sujets aussi complexes des structures scientifiques capables d’apporter des réponses claires aux questions légitimes. Certes tous les choix doivent venir en débat devant le peuple pour qu’il décide des risques qu’il accepte de prendre mais sa décision doit être éclairée par des études rigoureusement documentées par un travail scientifique et savant réalisé en amont. Bien qu’ils aient comme tout le monde des convictions légitimes et qu’ils bénéficient d’une meilleure prise de parole médiatique pour les faire partager, les hommes politiques, doivent absolument par respect pour le peuple et la démocratie, éviter de se livrer à des débats contradictoires et enflammés sur des positions de circonstance qui les transforment en idéologues aux approches approximatives.















un peu moins d’école

Posté le 28.09.2007 par vivelagauche
Semaine de 4 jours, samedi matin libre, allègement des programmes. On ne peut pas dire que les géants qui nous gouvernent n’aiment pas les enfants et ne veulent pas leur faire plaisir. Car qui pourrait douter qu’un peu moins d’école ne sera pas bien accueilli par les enfants. Peut être les parents doivent –ils travailler plus pour gagner plus, mais pour les enfants c’est plutôt étudier moins pour… savoir moins? Il paraît que non, encore une astuce gagnant, gagnant que les mauvais esprits ne voudraient pas comprendre. Avec les rythmes scolaires revus et corrigés, les études techniques des rythmes de vie et on ne sait quoi encore, on prouve par a plus b que les enfants apprendront mieux. Il suffit de le croire pour simplifier la vie de tout le monde :
Les professeurs d’école qui auront leur week-end complet. Les parents qui sont libres le samedi, auront deux jours pleins avec les enfants. Un jour de transport en moins allègera la facture déplacements de tous. Et puis les enfants libérés feront du piano, du sport, des « z’activités » d’éveil diverses et variées, toutes payantes et de préférence organisées pour les enfants des classes bourgeoises. Pour les autres il y a les halls d’immeubles, les cages d’escalier, la télé et le déplacement au supermarché avec les parents.
Il faut bien reconnaître que l’organisation urbaine actuelle fait des transports une servitude pénible et que pouvoir s’en dispenser un jour dans la semaine est une bénédiction pour tout le monde. Comme on ne manquera pas de pédiatres, de spécialistes, de psychologues et de professionnels en tous genres pour expliquer que les enfants se sentiront mieux pourquoi se priver d’un samedi matin tranquille ?
Et il est vrai que la vie associative, sportive et familiale demande du temps. Une demi journée supplémentaire dans la semaine permettra à nombre d’activités de mieux s’organiser.

Mais on ne peut quand même que s’inquiéter de cette baisse du temps scolaire qui insidieusement réduit le contenu et les obligations de l’école publique. Cela fait une place progressive aux compléments privés, aux cours de soutien et autres et met en place très tôt dans la vie des enfants, une discrimination des prestations dont chacun bénéficie pour se former. Or tout le monde peut comprendre que les différences éducatives de la jeune enfance qui interviennent au moment où se construit l’intellect pèseront lourdement sur le développement cognitif ultérieur et traceront des avenirs bien différenciés à des enfants ayant eu à priori, à leur naissance, des aptitudes identiques.
Derrière une réforme somme toute sympathique c’est toute une stratégie de désengagement progressif de l’état qui s’exprime. Tous les arguments avancés servent en fin de compte à réduire l’ambition scolaire. Pourtant, il n’y a pas si longtemps un autre ministre s’en prenait aux professeurs d’école et à la méthode de lecture en les sommant de faire un effort de modernisation et d’abandonner la méthode globale au profit de la méthode syllabique encensée par des travaux récents de recherche pour combattre l’analphabétisme rampant qui s’installe(ce n'est pas sûr) en France. Tout ça est donc maintenant moins grave ou bien nous démontrera -t-on à l’improviste que les parents sont de meilleurs apprenants pour faire progresser les chères têtes blondes vers un niveau correct ?
Bon, compte tenu de ces réflexions on peut postuler que la proposition de Darcos sera plébiscitée. Néanmoins elle soulève un autre problème essentiel. Comment accepter que sur l’organisation de l’emploi du temps hebdomadaire, il faille encore un oukase ministériel qui impose une solution uniforme sur l’ensemble du pays, une solution qui s’applique de la même manière dans les écoles des banlieues parisiennes où les gens ont trois quart d’heure de transport en commun dans leur journée, et dans les écoles des villages de deux cent habitants où l’on va à pied en cinq minutes d’un point à l’autre.
Il faut décidément que les français soient encore imprégnées des mauvaises habitudes d’un état centralisé à outrance pour ne pas se rendre compte que la décision « moderne » du ministre serait de donner en la matière carte blanche à chaque école pour que les parents et les enseignants organisent le temps scolaire à leur guise. Qu’une coordination de ces décisions soit organisée au niveau de l’agglomération passe encore mais au delà, cela témoigne tout simplement du retard démocratique de la société française où le principe de subsidiarité n’est jamais appliqué.
Comment les libéraux qui nous gouvernent et qui se plaignent sans cesse des rigidités de la société ne se rendent –ils pas compte que la souplesse et l’adaptabilité sociales passent aussi par la liberté de décider au plus prés des gens des modes de fonctionnement et d’organisation ?
Pour les socialistes attachés au développement des pratiques démocratiques, férus pour certains de démocratie participative, ce mode de fonctionnement de l’état témoigne tout simplement de l’archaïsme de la pensée gouvernementale. L’organisation du temps scolaire, une fois fixées les obligations de résultats et de moyens, doit se décider par les parents et les enseignants au plus prés du terrain et l’état régulateur suprême doit cesser de se considérer comme le général en chef qui décide de tout et pour tous.
Une autre question surgit plus politique, quelles sont les intentions dernières du ministre, on peut lui prêter le désir de propager cette réduction du temps scolaire sur l’ensemble de la scolarité en particulier au collège et au lycées ou cela produira une économie substantielle en heures professeur et permettra de supprimer nombre de postes sans créer de déficit de personnels. Toute un processus pour diminuer en douceur le nombre d’enseignants, objectif secondaire d’une stratégie centrale obsessionnelle : réduire le nombre de fonctionnaires pour désendetter l’état.


Sarkozy meilleur que Bernadette Chirac

Posté le 26.09.2007 par vivelagauche
Sarkozy meilleur que Bernadette Chirac, il va boucher le trou de la sécu avec les pièces jaunes. C’est à peu prés tout ce qu’un individu sensé peut conclure des dernières gesticulations du gouvernement autour du trou de la sécu. Piquer 50 centimes par ci par là pour ramasser en fin d’année 800 million d’euros, c’est encore une usine à gaz insensée, du travail de mendiant professionnel pour gouvernement aux abois. Voilà à quoi jouent les experts si malins qui nous gouvernent. Comment les prendre au sérieux ? Comment ne pas rester pantois de voir en face d’un déficit de onze ou douze milliards, un ministre faire ainsi les fonds des poches des malades pour rassembler ces quelques centaines de millions. Tout cela ressemble à de la gesticulation désordonnée plus qu’à une action gouvernementale.
Pour des gens moins sérieux, analysons la dialectique perpétuelle du trou de la sécu dans le domaine de la santé. Ce qui caractérise la thématique du trou ce n’est pas le déficit lui même, mais le fait que ce déficit n’est jamais que la différence entre les dépenses réalisées et les dépenses prévues. C’est donc le manque de régulation interne du système de santé qui fait problème.

Il y a en tout quatre variables, quatre agrégats comme diraient les économistes de service :
1-la masse des ressources taxables (en gros le PIB) : a
2-le taux de prélèvement appliqué à ce PIB : b
3-le nombre des actes de soins au sens large ( y inclus les médicaments) : c
4- le tarif de remboursement des actes : d
L’équilibre de la sécu suppose l’égalité des produits : a X b = c X d
Examinons de quoi dépendent ces quatre facteurs :

a dépend de la conjoncture économique, c’est la richesse produite en France en une année. En principe le gouvernement s’efforce d’améliorer la croissance c’est à dire d’augmenter a mais on ne peut pas dire qu’il y réussisse vraiment ces derniers temps.

b- le taux de prélèvement est fixé par le gouvernement en taxant de diverses manières les fruits du travail et du capital. En principe le gouvernement peut augmenter librement ces prélèvements. Mais le niveau global de prélèvement en France est déjà si élevé qu’il semble difficile d’en faire plus. Il reste cependant des pépites comme les stock options non taxées qu’un gouvernement avisé devrait récolter. On peut douter de la bonne volonté de Sarkozy pour faire payer les riches.

c- est le nombre d’actes annuels, il ne dépend de personne, il peut y avoir une épidémie, une canicule etc. de toutes manières avec le vieillissement de la population il faut s’attendre à une augmentation régulière du nombre d’actes (au sens large, docteurs, médicaments, etc.).
Une meilleure définition des parcours de soins définis pour une pathologie et un lieu donné avec un travail de coordination des médecins devrait permettre de modérer cette augmentation sans qu’on puisse espérer la contenir.

d- est le montant de rémunération des actes. il est fixé par des accords négociées entre les caisses et les organisations professionnelles. Mais l’état représentant des contribuables qui payent a son mot à dire.

Finalement après examen de ces quatre facteurs on se rend compte que le seul moyen important de contenir le déficit de la sécu dans le domaine de la santé ne peut être que d’agir sur le facteur d le tarif des actes.
Notons que le gouvernement qui court derrière les pièces de cinquante centimes n’a pas hésité il y a peu à augmenter le prix des visites médicales. Mais enfin les actes ont un coût donc le montant de rémunération ne peut être arbitraire.

Il faut pourtant trouver un système de modération qui fasse que lorsque c augmente trop, une baisse de d maintienne le produit c X d en équilibre.

Cela rappelle un peu les marges arrière des super marchés, comme ils ne gagnent jamais assez, ils demandent à leur fournisseurs en fin d’année si les quantités vendues le justifient des ristournes supplémentaires qui augmentent leurs profits. Ils le peuvent parce que les centrales d’achat qui sont pratiquement en situation de monopole imposent leurs prix aux fabricants et fournisseurs très nombreux et en situation de concurrence.
La sécurité sociale est dans une posture analogue, elle est bien en position dominante face à une offre dispersée entre hôpitaux, cliniques, médecins, etc.
Quant aux patients, ils présentent une demande totalement inélastique, infinie dit-on, plus il y a de médecins, de traitements, et d’offres de santé et plus ils en consomment. Ce n’est pas sur la sagesse des malades que l’on peut compter. Notons cependant que s’ils sont les demandeurs, ils ne sont pas les prescripteurs. Leur pouvoir est relativement faible par rapport aux autres intervenants dans le système de santé.
Ce qui caractérise la politique des franchises plus que son aspect mesquin qui consiste à faire payer les malades, c’est sa médiocrité intellectuelle. On voit que le gouvernement et le président ne veulent pas se casser la tête, se compliquer la vie !
Quand on lit l’excellent rapport de Michel Mougot « régulation du système de santé » de 1999 (http://www.cae.gouv.fr/rapports/013.htm) on se rend compte que le travail de réflexion nécessaire à la mise en place d’un dispositif adéquat pour la maîtrise des dépenses de santé a déjà été fait depuis longtemps. Que ce rapport (et il doit y en avoir bien d’autres dans les tiroirs de la république) montre bien comment la régulation doit impliquer les professionnels de la santé, les caisses et l’adoption d’une organisation sophistiquée qui oblige les acteurs eux mêmes à rechercher dans chaque situation l’offre la plus compétitive. Mais que tout demeure suspendu au courage politique des dirigeants.
Cela conduit d’ailleurs à contester l’idée de remplacer des rémunérations à l’acte par des rémunérations forfaitaires évoquée ici ou là. Cela ferait disparaître la comptabilisation automatique des coûts qu’apporte le paiement à l’acte. De plus ce type de simplification ne toucherait qu’une partie du dispositif de santé qu’elle rendrait plus opaque (Elle ne concernerait pas les médicaments ou les appareillages).
Le rapport de Mougot passe en revue différents systèmes de régulation qui sont tous basés sur une idée simple et légitime. Les prescripteurs et acteurs au sens large ne doivent pas pouvoir augmenter leurs revenus en se contentant de multiplier les actes. Ils doivent tous être contraints par un contrat d’objectif d’adopter un comportement le plus productif possible (au sens large qualité des soins mais aussi efficacité économique) et voir le prix de leurs prestations rectifié dans un sens négatif ou positif en fonction des résultats.
C’est exactement le principe de la « marge arrière ».
Naturellement c’est un travail hyper technique qui rebute semble t-il notre hyper président mais qui pourrait être effectué par la sécurité sociale si le feu vert politique était donné. Car je suis sûr que dans cet organisme, il doit y avoir des compétences à revendre pour faire cette réforme.


Dificile positionnement sur les retraites

Posté le 25.09.2007 par vivelagauche
Dans le dernier hebdo des socialistes il y a un dossier sur « la réforme des retraites des socialistes ». Je feuillette avec gourmandise avec l’espoir de tomber sur un document argumenté, clair et concis exposant les éléments d’une alternative aux propositions gouvernementales. Le propos, au début est assez convaincant, l’analyse de la situation actuelle est faite sans complaisance et elle est assez complète. Elle fait apparaître que les régimes spéciaux sont un facteur de division dans le monde du travail ce que la droite a parfaitement compris puisqu’elle les utilise jusqu’à plus soif. Elle attire l’attention sur tous les régimes particuliers qu’il convient de prendre en compte comme les retraites des artisans et commerçants, etc. Puis elle pose le problème général du financement des retraites et suggère que l’augmentation des prélèvements est inéluctable (la proposition sur les stocks options de Seguin est citée). L’accroissement du nombre des retraités par rapport au nombre des actifs est bien mis en évidence. Pour faire face à ce grave défi, le texte annonce que la gauche recommande l’augmentation des prélèvements obligatoires (des plus riches cela va de soi) textuellement « la réponse à tous ces défis sociaux passe par une augmentation des recettes ». Malgré les différences de point de vue entre les socialistes et la droite il y a ici un constat d’évidence qui impose une opinion commune sur un point crucial: Il faut augmenter les ressources des fonds de retraite. La droite tentera de faire peser ce financement supplémentaire uniquement sur les catégories modestes en évitant dans la mesure du possible de pénaliser les catégories aisées et les entreprises alors que la gauche voudra au contraire taxer de préférence les revenus les plus élevés et épargner les plus modestes au nom de la solidarité nationale. Cela dit, la mise en œuvre de ces intentions se heurte à des contraintes objectives. La pression des prélèvements obligatoires est déjà très élevée (44,4%) alors même que l’on parle de faillite de l’état. La mondialisation exerce une pression qui rend difficile l’accroissement des coûts du travail. Dans ces conditions est-il possible d’augmenter les prélèvements ? Lesquels ? Comment s’y prendre pour que l’impact sur le coût du travail ne pénalise pas davantage les exportations ? Quand on parle d’augmenter les cotisations, desquelles parle –ton? Des patronales ? Ou des salariales? De l’imposition des rentes? Et est ce possible?
Le PS se doit d’apporter ses réponses sur chacune de ces questions. Hélas sur nombre de points l’étude reste vague.
L’Europe entière est confrontée à l’épineuse question démographique : Pour faire face au déséquilibre entre actifs et retraités, peut-on maintenir la retraite à 60 ans ou faut- il reculer l’âge légal de départ à la retraite? (L’ensemble de l’Europe converge vers 65 ans avec quelques pays qui permettent 60 ans aux femmes) Bien que le dossier évoque l’obligation de permettre à certains de partir plus tôt à cause de la pénibilité des tâches et d’une espérance de vie plus courte, il n’évoque nullement la question de l’âge de départ à la retraite sous son aspect général. C’est une omission de taille !
Le nombre d’annuités de cotisations n’est pas évoqué non plus. Faut-il rester à 40 ans ou bien comme le suggère Xavier Bertrand glisser vers 41 ans voire au delà ? Fillon et Parisot l’ont proposé aussi (on sait bien que pour eux, l’obsession c’est de maintenir les gens au travail le plus longtemps possible), mais quelle est la position du PS?
Une autre question d’importance est le montant du taux de remplacement qui varie beaucoup d’un pays à l’autre (Allemagne 64%, Italie 80%, Espagne 100%).
A travers leurs interventions dans les médias, les syndicats semblent avoir admis la nécessité de travailler au delà de 60 ans pourvu que le principe du départ en retraite à cet âge là reste virtuellement (symboliquement) possible. De toutes manières. la réforme Balladur, en vigueur, en imposant 40 annuités de cotisation empêche de fait nombre de personnes de partir en retraite à 60 ou même à 65 ans. Alors il faudrait que le PS explique sa position. Si on maintient le principe de 40 annuités, quel âge limite faut-il considérer ? En effet un jeune qui a fait quelques études et qui commence à travailler à 25 ans ou plus ne pourra pas avoir 40 annuités avant 65 ans ou plus, sans même parler des durées stérilisées d’éventuelles interruptions de carrière (par conséquent, il est très important de savoir comment seront décomptés les temps de « non emploi », chômage, formation, maladie, etc.).
Il semble souhaitable de fixer des règles précises pour encadrer et rendre moins pénibles les conditions de travail au delà de 60 ans. Mais pour que les gens travaillent plus longtemps, il faut d’abord imposer aux entreprises de ne pas licencier les seniors, voire les quinquagénaires (le gouvernement promet des mesures contre les préretraites)? Comment faire baisser le chômage des jeunes qui retarde leur accès au premier emploi ce qui compromet dés le départ la possibilité d’obtenir les 40 annuités sur la carrière? Quels type d’aménagements peuvent être prévus pour ceux qui voudraient continuer à travailler avec un temps partiel au delà de 60 ans ?
Ces questions de fonds sont publiquement posées. Il y a consensus en France pour qu’on en débatte. Le PS se doit d’exprimer clairement ses positions.
D’autres questions non moins importantes se posent :
Les projection alarmistes des statisticiens sont elles fiables ? N’y a t-il pas de la part du pouvoir une dose d’intoxication catastrophiste ?
Ne pourrait-on avoir une politique d’immigration volontaire pour réduire partiellement le déséquilibre démographique entre classes d’âge?
Faut –il demander aux seniors ou du moins à bon nombre d’entre eux de piocher dans leur capital du fait qu’ils sont les plus riches en ce qui concerne non pas les revenus mais la propriété des biens. Cela suppose une taxation du capital, est elle envisageable?
Pour finir, les retraites par capitalisation sont condamnées sans appel par la gauche (Même si elles sont pratiquées en guise de complément dans plusieurs pays européens) parce qu’elles brisent la solidarité entre cotisants. De plus passer du régime de répartition au régime de capitalisation entraîne un effort supplémentaire, il faut cotiser pour la répartition des retraités d’aujourd’hui des sommes qu’ils consomment et de plus accumuler du capital afin de constituer le placement qui produira des revenus plus tard. La capitalisation en abolissant la solidarité expose les plus démunis qui n’ont pas eu les moyens de cotiser à se retrouver sans ressources au moment de la vieillesse comme l’illustrent maint exemples américains. Ce système fondé sur l’individualisme détourne les hauts revenus de l’effort de solidarité collectif (tout comme le plafonnement des cotisations de sécurité sociale par exemple). L’instauration d’une capitalisation même partielle pourrait conduire insidieusement à servir au titre de la répartition des retraites insuffisantes en prétextant que chacun est libre de se construire par un effort personnel une rente supplémentaire par ailleurs. Il s’agit donc d’un système qui ouvre sur des conséquences dangereuses. Cependant l’absence de dispositif de capitalisation n’empêche nullement les catégories aisées d’épargner, elles le font sous d’autres formes et en particulier par les acquisitions immobilières. La capitalisation de compléments de retraite pourrait être l’occasion d’abonder des fonds d’épargne permettant d’orienter des ressources vers les petites entreprises et la recherche à un moment où le pays a besoin de faire un grand effort dans ce domaine. Ne serait- il pas opportun d’ouvrir une réflexion pour savoir dans quelles conditions on pourrait drainer plus efficacement une partie de l’épargne des gens aisés dans cette direction en leur promettant une complément de retraite ad hoc ? Une opposition de principe dispense de toute réflexion, mais est ce réellement ce qu’on attend d’une formation politique qui a vocation à gouverner? L’épargne des gens aisés est actuellement utilisée dans des investissements immobiliers d’une manière qui n’est pas très satisfaisante. Elle ne sert pas, le plus souvent à construire des appartements pour les jeunes mais des villas luxueuses et des résidences secondaires sous utilisée. De plus cette épargne immobilière des classes moyennes et aisées est coûteuse en terrains et équipements et elle contribue à la spéculation immobilière. Une législation incitative devrait décourager les constructions somptuaires et encourager le placement dans les entreprises moyennes et les organismes de recherche. Il est assez naïf de penser que le fait de ne pas avoir créé des outils de capitalisation suffit à niveler les conditions des uns et des autres. Les riches épargnent autrement c’est tout.
On peut aussi abonder comme le propose le parti socialiste le fond des retraites mais ce ne peut être avec de l’argent public qui fait défaut. Alors comment ? Et ce fond des retraites il faut l’utiliser efficacement pour dynamiser l’économie.
Une autre piste serait peut être d’inventer des produits d’épargne retraite intéressant les salariés aux profits réalisés par leur entreprise. Une sorte de « participation gaullienne » partiellement mutualisée dans un fonds pour limiter les risques et destinée à servir un complément de retraite aux salariés. Cela aurait un triple effet, d’une part permettre de détourner une partie du profit du capital vers le travail, d’autre part de fournir à l’entreprise des fonds propres pour investir, enfin d’assurer au salarié un complément de retraite lié aux performances de son entreprise.
(C’est d’ailleurs le contraire que le gouvernement précédent avait fait en permettant aux bénéficiaires d’intéressement de liquider leurs participations pour les inciter à consommer immédiatement).
Au total le projet socialiste ne désirant pas « faire mal » ni bousculer des tabous est un objet en vitrine qui court le risque de n’intéresser personne. Non pas que ses intentions généreuses ne soient pas séduisantes, tout le monde souhaite voir sa retraite augmenter, mais les gens ne sont pas à ce point naïfs, ils savent bien que demain on ne rasera pas gratis et que le problème des retraites ce n’est pas un excès de financement qu’on n’arrive pas à distribuer mais un déficit sérieux qu’il faut combler. Ils s’attendent donc à ce qu’on leur dise quels sont les sacrifices à consentir, ceux qui concerneront tout le monde et ceux qui les toucheront directement.
Les retraités qui perçoivent les retraites les plus basses savent bien qu’il existe une pénurie de pouvoir d’achat, mais personne en France ne se croit ces jours ci invité à une table d’abondance.
Un texte plus engagé analysant une panoplie plus vaste de mesures possibles pour les réfuter ou les adopter aurait permis d’avoir une vision d’ensemble plus cohérente. Dans ces textes, la seule mesure « pénalisante » proposée est l’augmentation des prélèvements. Est ce réaliste ?
Dommage ! Dommage ! Dommage !

Un idéologue prévisible

Posté le 20.09.2007 par vivelagauche
Si un car tombe en panne, un premier passager se demandera quel organe mécanique est défaillant, un second cherchera sur le tracé de la route et les événements récents une cause de l’incident, enfin un troisième se demandera quelle gaffe a encore commis le chauffeur qu’il soupçonne d’être alcoolique, d’ avoir un permis de conduire truqué et de tricher sur le carburant pour arrondir ses fins de mois. L’explication réelle peut relever de toutes ces causes mais chacun privilégie un champ de conjectures correspondant à son intuition personnelle. C’est à l’implication des personnes que NS comme le troisième passager accorde en toutes circonstance son unique attention. Pour réformer l’état il ne s’interroge pas sur les fonctions, le périmètre, l’organisation, etc. A peine évoque –t-il très superficiellement cette réalité sous jacente. Non, il se contente de soupçonner les fonctionnaires de ne pas travailler assez, d’être des tire-au-flanc, des planqués, de manquer de bonne volonté, d’occuper des postes sans y être légitimes, de s’abriter derrière un statut dépassé pour profiter d’avantages indus. Certes il ne le dit pas ainsi dans ses discours où il les couvre d’éloges appuyés de pure forme. Mais tout son programme inspiré de ces soupçons consiste à les soumettre à un contrôle plus strict, à les faire travailler davantage, à s’interroger sur leurs rémunérations, leurs statuts, leurs avantages, au moyen de les recruter et de les renvoyer plus souplement, de les payer moins etc. Toutes ces mesures devraient faire suite à une enquête nationale qui aurait constaté des manquements, des insuffisances des incompétences. Or il n’en est rien, ces mesures sont dues à la seule intuition du président dont il a abreuvé les foules tout au long de ses discours.
S’il s’attaque au chômage, c’est aux chômeurs qu’il s’en prend les soupçonnant d’être des tricheurs, des tire-au-flanc, de fuir l’emploi, de se plaire dans le statut d’assisté. Donc il faut s’en prendre aux fraudeurs, obliger les traîne-savate à accepter un emploi, etc. Y a t-il des études démontrant un fraude massive des chômeurs ? Non, c’est l‘intuition du président qui impose ce point de vue !
Ce sera pendant cinq ans, au moins, la même chose, à chaque fois, dans tous les domaines. Dès qu’un dossier sera abordé les personnes impliquées feront l’objet de suspicion, on leur prêtera un comportement de planqués, on les accusera d’être des tricheurs, des profiteurs, des tire-au-flanc, des incompétents, etc.
Voilà un des grands axes de la politique sarkozienne élucidé une fois pour toutes ! Y a t-il une explication à ces intuitions fulgurantes de notre président ? La revue « Marianne » faisant l’inventaire du cercle rapproché de ses amis constate qu’il est constitué pour l’essentiel de grands patrons très riches simultanément dirigeants et propriétaires de leur entreprise. Dans ce milieu de gens richissimes et actifs à qui rien n’est impossible on se rassure sur la légitimité de ses privilèges exorbitants en considérant que la richesse est la récompense normale de l’intelligence et du travail. On n’imagine pas que l’on puisse être travailleur, intelligent et rester pauvre. L’ordre social est donc juste. Inciter les pauvres à travailler, à mériter ce qu’ils gagnent est donc une forme d’altruisme. Travaillez, vous serez riche, est le slogan qui résume toute philosophie. On doit se persuader que NS partage entièrement ce point de vue. Chaque fois qu’il s’en prendra à un groupe de citoyens, il leur fera le même procès et par cette incrimination d’immoralité les culpabilisera avant d’en appeler à l’opinion pour faire reconnaître la pureté de ses intentions. En dressant les gens les uns contre les autres, en mettant en cause la moralité de ceux qu’il veut fléchir, il s’assure la possibilité de triompher. De plus il prend soin de tenir ses amis les riches toujours à l’écart de tout débat. Ses décisions inspirées du même constat conduiront aux mêmes mesures, contrôle, incitation au travail, traque de la fraude etc. Cette stratégie déjà largement appliquée, a jusqu’à ce jour parfaitement fonctionné contre les chômeurs, les juges, les fonctionnaires, les jeunes etc. et les partis de gauche ont été incapables de dénoncer l’imposture du procédé. Cela durera –t il ? Qui peut le dire ?
Pour NS le statut des fonctionnaires n’est pas un compromis résultant de l’interférence d’un certain nombre de problématiques sociales comme l’indépendance indispensable des agents de l’état, le souci d’avoir des exécutants compétents et fidèles etc. Non il s’agit d’une machinerie destinée à favoriser la planque de personnels. Quoi de plus naturel donc que de démonter ce dispositif sans aucun tabou. A-t-il raison ? C’est ce que pensent le MEDEF et nombre de travailleurs indépendants et de petits patrons qui ne connaissent de l’état que sa face répressive. Les campagnes médiatiques répétées ont convaincu les français que si tout va mal c’est la faute aux rmistes, aux chômeurs, aux fonctionnaires, aux syndicats, aux malades, etc. Les conditions semblent donc réunies pour permettre au pouvoir de s’en prendre aux uns et aux autres en toute liberté d’action. Au fond le mandat de cinq ans risque de ne pas suffire pour que le pouvoir épuise sa vindicte à l’encontre de tous les groupes car on ne peut douter que tous les français finiront à un moment ou à un autre, à tour de rôle par se trouver dans son collimateur.
Cela d’autant plus que les analyses économiques médiocres du pouvoir, son indifférence aux intérêts des masses, ne laissent pas espérer qu’il réussisse. Il se pourrait que les effets d’annonce ne soient pas suivis de résultats. Et dans ce cas la traque des boucs émissaires s’intensifiera. Elle remplira le champ médiatique de frénétiques gesticulations. Plaignons en vrac les immigrés, les fonctionnaires, les chômeurs, les rmistes, les malades, les retraités, les jeunes nécessairement délinquants, les automobilistes, les fumeurs et tous les autres qui serviront au moment opportun à détourner l’attention du public.

Le don de la confiance exprimé par un vote solennel concrétisé dans l’intimité de l’isoloir est un acte fort qui engage plus celui qui donne que celui qui reçoit. Les français ne changeront pas d’avis sur NS avant un certain temps. Il y faudra nombre d’événements qui se ne dérouleront pas comme prévu. C’est pourquoi le combat syndical prévisible qui s’engage fera face à bien des difficultés devant une opinion largement hostile qui soutiendra silencieusement mais efficacement le pouvoir. Il est facile de comprendre que les bénéficiaires des régimes spéciaux de retraite ne se laisseront pas faire sans tenter un baroud d’honneur. Mais la bataille est inégale tant que le président jouit d’une cote élevée auprès de l’opinion. Et aussi du fait que son argumentaire sur les régimes spéciaux répété dans les médias durant des mois est considéré comme vérité première par une large majorité de français. La défaite des opposant, si elle à lieu, va ouvrir un boulevard devant le pouvoir. Il se trouvera conforté pour longtemps. Le Parti Socialiste est pris au piège de son inaction passée, le manque de travail sur des thèmes aussi importants où on s’en est tenu longtemps à une simple posture de rigidité, le prive d’un contre projet argumenté, crédible et connu de l’opinion qui pourrait la faire basculer dans une attitude plus réservée à l’égard du pouvoir. L’axe des ses propositions est trop flou pour constituer une alternative intelligible par l’opinion. Il en est donc réduit pour s’opposer à utiliser des slogans rassembleurs exploitant le mécontentement diffus dû à la hausse des prix. Mais sa bataille sur « le pouvoir d’achat » pourra-t-elle contraindre le gouvernement à céder quelques miettes sur les salaires et les retraites ? Ce slogan pourra-t-il mobiliser les foules ? Rien n’est moins sûr ?

Grande lessive d'automne au PS (2)

Posté le 20.09.2007 par vivelagauche
4-Réflexions sur les réforme possibles

Faut-il prôner plus de démocratie ?
On peut se plaindre d’un déficit démocratique dans certains aspects du fonctionnement du parti mais on ne peut considérer l’impératif démocratique comme la panacée. Un diagnostic plus prudent s’impose. De plus la sacralisation conférée à des décision ou des travaux de la direction par l’approbation sous la forme d’un vote massif des militants est trop souvent un alibi démocratique pour entériner dans le marbre et rendre indiscutables des textes qui mériteraient au contraire de rester ouverts et de faire débat.

la rédaction du projet

Inversement il n’est pas démocratique de cantonner les militants dans la fonction d’approbation des textes élaborés par l’élite du parti. Certes il faut conférer aux structures élues une fonction de tri, d’expertise et de régulation mais elles ne sauraient en toutes circonstances se réserver l’exclusivité des initiatives dans le domaine des idées.
L’absence de considération pour les discours de la base est une caractéristique constante dans le fonctionnement du pari. Que les militants parlent, qu’ils écrivent, leur message n’est jamais entendu ni pris en compte en tant que proposition. Ils ne sont réellement consultés que dans les phases d’approbation des propositions déjà élaborées par les dirigeants locaux ou nationaux. Ce refus obstiné de consentir un droit de proposition à la base explique largement le ressenti de démocratie insuffisante par nombre de militants.

Si le projet du parti doit devenir en fin de processus un texte majoritaire, pourquoi réserver sa production et sa rédaction aux seuls caciques des bureaux national ou fédéral ? On peut très bien imaginer des textes, des morceaux de textes préparés par des sections où même des individus, retravaillés par d’autres sections ou par des comités d’experts et incorporés par la suite dans le projet. Il serait même opportun que ces bribes de production soient signées pour qu’à travers le parti se développe l’idée que chacun peut y aller de sons idée, de sa suggestion et que son apport sera s’il le mérite pris en compte et reconnu.


Faut-il supprimer les motions et les courants ?
La mise en concurrence des motions produites par les courants et appelant à un ralliement à des contenus mais aussi à des leaders est maintenant contestée. C’est un facteur de division parce que la nécessité de donner une franche singularité aux positions adoptées conduit à mettre l’accent sur les différences et non pas sur les convergences. Il est donc question de remplacer le vote sur les motions « ce qui nous divise » par une procédure qui conduirait à approuver les 95% qui nous unissent. Le détail des « petites différences » faisant l’objet d’un débat séparé. Il est séduisant de penser que la procédure adoptée mette l’accent sur ce qui rassemble le parti et laisse un champ de discussion ouvert uniquement à des questions qui font débat en vue de les trancher par un processus majoritaire. Cependant cette conception des choses est par trop idyllique dans la mesure où ce fameux corpus qui rassemble n’a jamais fait problème dans les querelles intestines et les divergences n’ont jamais porté sur des détails mineurs. Voilà donc un raisonnement qui ne prend pas la mesure exacte du problème. La difficulté n’est pas rédactionnelle, elle est politique. C’est en fait le désir de faire cohabiter sans hiérarchie des orientations politiques divergentes qui a conduit à ces textes de synthèse qui déçoivent tout le monde. La difficulté est en réalité de dégager une ligne politique claire et un discours qui s’adresse avec la retenue nécessaire à ceux dont la ligne politique est mise de coté.
Il vaudrait mieux s’entendre sur une démarche en deux temps. Définir d’abord par un vote la ligne majoritaire qui doit s’imposer à l’ensemble du parti. Entamer ensuite un travail de rapprochement avec les minoritaires pour voir comment la position majoritaire peut leur devenir acceptable sans qu’elle soit dénaturée. Enfin en déduire un texte non pas de synthèse mais de rassemblement qui tiendrait compte des acquis de chacune des étapes. Mais les courants qui s’organisent au sein du parti témoignent d’options politiques réelles, si on leur interdit une forme d’expression dans les congrès, des phénomènes imprévisibles de substitution prendront le relais.

La proposition de brider l’expression des courants et de donner l’illusion d’un unanimisme de façade peut aussi figer le discours et scléroser la communication du parti. Il ne faut pas remplacer l’erreur de la « synthèse à tout prix » par l’erreur du « bloc d’unanimité ».
Le problème posé par les motions tient en partie à leur monolithisme, un militant approuve la totalité de la motion ou bien la rejette entièrement. Pourquoi ne pas fixer une cinquantaine de thématiques traitées séparément, qui permettraient aux militants de varier leurs alignements en fonction des questions ?

Faut-il rénover la présentation des documents ?
A ce jour les documents soumis à la sagacité des militants sont en général très longs, très difficiles et font l’économie d’un effort de rédaction et de présentation. Parfois on se demande si ce n’est pas volontaire afin de décourager le travail critique des militants. Il serait judicieux que sans préjuger du contenu, un travail soit fait sur la présentation des choix politiques avec des paragraphes, des tableaux, des exemples, etc.
Avant de soumettre quoi que ce soit au vote, il faudrait surtout développer l’organisation de rencontres, de débats d’experts, de forums de syndicats ou d’associations pour que les positions adoptées par le parti soient soumises dés le départ aux feux croisés de l’ensemble du corps social. Ce n’est donc pas en se limitant à l’enterrement des motions que l’on donnera au PS les moyens d’écrire un véritable projet pour la France. C’est naïf de le penser.

Comment désigner le candidat à l’élection présidentielle ?
La désignation du candidat par un vote des militants a été un exercice populaire que tout le monde à apprécié et pourtant rétrospectivement il est facile de mesurer les inconvénients nombreux que cette procédure a comporté. On peut relever cette désignation militante était un pis aller, un faux fuyant dans la mesure où le bureau du PS était dans l’impossibilité de construire une véritable synthèse à partir de projets politiquement divergents, et qu’aucun leader ne s’imposait réellement.
Alors faut –il renoncer à cette procédure et se résoudre à considérer que le seul candidat qui vaille est le « premier secrétaire». C’est déplacer le problème en faisant de son élection un enjeu considérable qui dépassera le cadre du fonctionnement du parti au jour le jour. Mais les tensions connues lors de l’élection de la candidate peuvent se reproduire à l’élection du premier secrétaire. Les manœuvres complexes, les alliances compliquées peuvent donner des résultats imprévisibles. Et dans l’absence d’une orientation politique claire et majoritaire, on peut connaître comme avant les frondes larvées et le mouvement cacophonique. Désigner le premier secrétaire comme candidat naturel du parti à un seul avantage cependant très important celui de la simplicité. Il faut donc l’adopter mais en prévoyant par quelques articles adéquats que la situations soit révisable dans un certain nombre de cas ou peut être simplement que soit prévu huit mois avant l’élection présidentielle un vote de confirmation du premier secrétaire dans son statut de candidat. Un vote de défiance ouvrant alors sur une procédure de désignation ouverte.

Faut-il améliorer les échanges directs entre militants ?

Le problème de la démocratie au PS n’est pas seulement national il est aussi local. C’est au sein des sections et des fédérations que la parole et la communication ne sont pas assez libres. Comme toute structure de pourvoir le PS privilégie la communication verticale de haut en bas, aux dépens de la communication transversale. La fédération et le national envoient facilement des messages à tous les militants mais si un militant veut envoyer un message à tous les autres il ne le peut pratiquement pas (sauf s’il un statut d’éléphant). La mise en place d’échanges transversaux est évidemment un moyen excellent de favoriser le dialogue mais c’est aussi un moyen de favoriser des alliances. Dans un parti dominé par le souci de préserver des positions électorales, tout moyen qui facilite les coalitions de la base, est perçu comme dangereux. Seuls les courants organisés parviennent à établir un réseau de relations transversales au service de tel ou tel « chef ». Un peu plus de souplesse dans ce domaine permettrait au parti de « respirer ». Par exemple qu’un militant puisse à travers sa fédération envoyer un message à l’ensemble des militants de son département devrait être possible pourvu que le message soit relu pour s’assurer qu’il n’est pas diffamatoire ou malveillant.

Faut-il modifier le rapport aux élus ?

Comment rendre au parti un peu d’autonomie par rapport aux élus ? Cette question ainsi formulée est assez aimable car en réalité assez souvent on dénonce le cumul des mandats, le manque de respect du parti et des militants, les abus de pouvoir, etc. Les élus sont le plus souvent des personnes de grande qualité mais les responsabilités publiques qu’ils occupent leur font parfois oublier les petits devoirs qu’ils doivent au Parti.
En premier lieu ils doivent communiquer sur leur activité surtout quand ils ont des fonctions exécutives. De manière à ce que leurs soutiens soient en mesure de comprendre et de justifier les politiques appliquées. Le respect de cette obligation est loin d’être la règle générale.
Par ailleurs le fait qu’ils soient élus n’en fait pas les notables attitrés du PS, c’est pourtant une illusion fréquente, ils ont du mal à comprendre que les intérêts du parti ne se confondent pas stricto sensu avec les leur. Il faut donc rétablir une certaine séparation entre les élus et les équipes dirigeantes du PS. Certes il est fréquent que les dirigeants soient désignés par les militants comme candidats et soient élus. Ils doivent alors en interne laisser la place à d’autres. Et que ces « autres » ne soient pas leurs simples obligés pour une raison ou pour une autre. Un quota de militants n’occupant aucune fonction élective devrait être prévu dans toutes les instances délibératives et exécutives du PS. Le Parti est happé par son rôle de machine à élections qui l’occupe presque exclusivement. Il devrait faire un effort pour se penser comme un parti de masses capable d’organiser des manifestations, des forums etc. dans le but d’influencer l’opinion et de modifier sa perception des problèmes. La présence d’un nombre suffisant de militants n’ayant pas de fonctions électives dans les organes de direction y inclus au niveau national devrait permettre de travailler davantage dans ce sens.


Faut-il organiser des forums participatifs ?
Un moment de démocratie original fut incarné par les forums participatifs initiés par Ségolène Royal. De ces rencontres avec le public il résultes plusieurs observations :
Les débats participatifs sont beaucoup plus difficiles à organiser qu’il n’y paraît et peuvent se terminer souvent avec une certaine frustration des participant. L’expérience montre que les questions abordées sont ponctuelles et factuelles et se rapportent à des tranches de vie. Tout le monde n’a pas une vaste vision synthétique et le résumé des questions traitées ressemble souvent à une liste à la Prévert. Plus grave les thèmes structurants dont tout le reste dépend peuvent ne pas être abordés. La qualité des animateurs fait la différence, s’ils connaissent le dossier ils pourront en expliquer les tenants et aboutissants et faire œuvre pédagogique. S’ils ne le maîtrisent pas, la réunion va s’enliser dans des détails.
Le débat apporte le plaisir de l’interaction et de la communication, mais fondamentalement sur la construction d’un programme il n’apporte rien ou très peu. On voit bien quelle est la fonction possible du débat participatif, il permet la confrontation des attentes de la population avec les propositions du parti. Il permet de faire remonter le vécu des citoyens et leur perception des problèmes et des réponses du parti. Tout cela est très bien, il ne faut pas en demander davantage.
Mais il faut aussi tenir compte des débats experts et organiser des forums techniques pour apporter aux débats politiques le sérieux des techniciens économistes et scientifiques afin d’éclairer la prise de décision.
De même le débat avec les associations, les autres partis les organisations étrangères doit devenir un usage beaucoup plus fréquent pour construire une position du parti qui se nourrisse de toutes sortes d’apports. L’organisation de forums largement ouverts sur la vie associative et les personnes ressources devrait devenir un pratique régulière des fédérations.

Comment améliorer la communication du Parti ?

Le leadership du parti est un vrai problème. Actuellement on ne connaît pas sur maintes questions la position officielle du parti dans la mesure où celle ci n’existe pas réellement du fait que diverses personnalités éminentes s’exprimant chacune à son tour développent un point de vue qui varie sur la même question. Aucune de ces personnes n’occupant hiérarchiquement un rang manifestement supérieur, toutes les opinions émises sont en compétition dans le public comme des alternatives de la position du Parti. Il s’ensuit une belle cacophonie.
On se dit que s’il existait un leader incontestable celui ci serait en mesure de dire la position du parti, les autres n’auraient que la possibilité de confirmer ses positions ou de se trouver disqualifiés parce que non reconnus comme porte paroles.
Le fait que Hollande soit le premier secrétaire n’assure pas à son discours une suprématie suffisante. Les médias et le public attachent de l’importance aux autres expressions qui émanent du Parti même lorsqu’elles sont en divergence plus ou moins grave avec lui. C’est pourquoi il faut se garder de croire qu’une simple réforme institutionnelle suffira à remettre de l’ordre dans ce domaine. Cela concerne les personnes ayant une présence médiatique significative (au maximum une vingtaine), elles devraient avoir une obligation de coordination entre elles pour que leurs expressions soient unanimes et calées sur la ligne du parti définie en interne. Actuellement, si les éléphants ne sont plus là, les éléphanteaux ou les lions qui ont pris leurs places dans l’univers médiatique se comportent exactement comme leurs aînés et sur toute question d’importance se complaisent à adopter des positions qui les distingue de leurs rivaux et leur permette de se singulariser dans l’univers médiatique.
Il est donc réellement urgent que le Parti réorganise sa communication par des réunions de concertation de ces vingt personnes et l’adoption de positions officielles sur chaque sujet d’actualité.
On peut par exemple concevoir qu’un porte parole tournant soit désigné chaque semaine parmi ces personnalités pour expliquer devant les journalistes la position adoptée par le Parti. Ainsi tous les egos y trouveraient, au cours du temps, leur compte sans avoir à adopter des positions singulières.
Une solution plus rigoureuse consisterait à désigner un porte parole chargé de l’expression des positions officielles et un porte parole chargé de sanctionner et démentir systématiquement les propos des autres responsables lorsqu’ils s’éloignent des positions du parti.

Faut-il modifier les procédures de désignation de candidats par le national ?
Les conflits surgis à l’occasion de la désignation des candidats des législatives ont témoigné de la faiblesse et aussi hélas en quelques occasions de la légèreté des organes centraux du parti. Après que les militants aient désigné un candidat local, dans un certain nombre de circonscription, Solférino a tenté d’imposer un candidat « parachuté » pour des raisons d’équilibre entre les courants et autres. Ces nominations se sont partout très mal passées et ont provoqué des conflits internes « sanglants ».

La conséquence la plus fréquente de ces cafouillages a été une défaite électorale cinglante même lorsque les conditions d’une victoire auraient pu être réunies. Cela témoigne d’un dysfonctionnement majeur qui découle de la force des enracinements locaux et de l’incapacité des organes centraux à imposer leur point de vue de manière efficace. De plus aucun dispositif de médiation destiné à régler ces conflits n’a été efficacement activé. C’est donc en l’occurrence d’une direction à l’aveugle impuissante et brouillonne que l’on peut parler. Si Solférino veut imposer un candidat, il faut qu’il se donne les moyens de parvenir à ses fins dans des conditions qui assurent une possibilité de victoire. Le problème se posera aux élections municipales où les postes de maire dans les grandes villes vont aiguiser des appétits rivaux, si « le national » veut pouvoir imposer dans certaines nominations son point de vue, il lui faudra beaucoup de diplomatie mais aussi beaucoup d’énergie sous peine de provoquer le développement de conflits locaux mortels.
Cet affaiblissement du « national » est la conséquence de la manière dont ont été traitées les séquelles du référendum à la suite duquel aucune sanction ne fût prise. L’incapacité du parti à sanctionner les opposants déclarés à la ligne officielle annonçait un état d’impuissance plus. L’absence quasi certaine de sanctions incite à toutes les imprudences.

Faut il au Parti plus de démocratie ou plus d’autorité ? Faut il donner plus de pouvoir au sommet pour qu’il puisse réellement imposer son point de vue ou le mettre définitivement en position d’infériorité en lui interdisant de se substituer aux militants locaux dans une désignation ? On voit bien les risques que des prises de position radicales sur un sujet aussi sensible font courir au parti. Enlever toute autorité à Solférino dans un domaine aussi important c’est programmer à court terme l’éclatement du Parti. Ne pas réglementer la procédure de substitution d’un candidat parachuté c’est finalement accepter la pollution des campagnes électorales par des conflits internes épuisants.
Deux règles de bon sens pourraient s’imposer :
La première : Si « le national » veut choisir un candidat il doit interdire aux militants de voter avant qu’ils aient reçu sa proposition.
La seconde : Lorsque « le national » désigne un candidat, celui ci doit, dans un délai convenu, se soumettre à un vote d’approbation des militants. Il est seul candidat autorisé. A lui de faire campagne auprès des militants pour obtenir qu’une majorité lui fasse confiance.

Faut-il lancer des campagnes d’adhésion ?
Faut-il renouveler des opérations du type « adhésions à vingt euros » ? Poursuivre l’ouverture du parti aux jeunes est un impératif vital pour assurer un renouvellement des génération et une meilleure représentation de la société dans le Parti. Une campagne de recrutement axée sur le principe d’une facilité d’inscription et une cotisation modeste est donc une bonne démarche.
Si on observe l’expérience précédente on se rend compte que pour un grand nombre des nouveaux venus ce ne fut qu’un petit tour « et puis s’en vont » car la curiosité et la sympathie qui avaient aidé à franchir le premier pas ne s’avéraient pas suffisantes pour consentir aux sacrifices demandés aux militants. Il y a donc à réfléchir à la manière d’accueillir les nouveaux venus. Se contenter de les envoyer dans les sections et de les présenter aux autres militants ne suffit manifestement pas. Faut –il organiser une prise de parole à leur intention pour qu’ils expriment leurs attentes ? Inventer une sorte de rituel d’initiation formé de stages de formation politique et militante ? Les entraîner sur des actions concrètes qui donneront du sens à leur engagement ? Leur demander d’organiser des débats participatifs ? La réponse n’est pas évidente mais doit être travaillée sinon les campagnes multipliées de recrutement feront du parti une sorte de gare où les entrants remplaceront les sortants.

Faut-il rééquilibrer le poids des fédérations ?

Actuellement le poids d’une fédération est indexé sur le nombre de ses militants. Dans ces conditions quelques fédérations correspondant aux départements les plus peuplées tiennent le parti et font et défont sa politique. Pourtant beaucoup pensent qu’il y a une certaine injustice à ne pas tenir compte de la représentativité des militants. En effet dans nombre de départements les fédérations moins nombreuses sont cependant au prorata de la population départementale plus représentatives. Une réforme d’équité devrait donc tenir compte de la représentativité de chaque militant par une formule du type :
S= somme nationale de (nombre de militants/population du département)

Poids pondéré de la fédération = (nombre national de militants/S) X (nombre de militants/ population du département)
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus