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vivelagauche
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Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
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20 remarques logement (3)

Posté le 03.09.2007 par vivelagauche
14-Le développement des économies d’énergie passe d’abord par l’habitat il faut donc faciliter la réalisation de travaux sur le neuf et l’ancien destinés à permettre de réduire toutes sortes de dépense liées à la chaleur et au froid. L’isolation des immeubles doit être encouragée avec vigueur par des défiscalisations ou des subventions.
La mise en place de dispositifs thermo- solaires doit de même faire l’objet de subventions mais il convient simultanément de favoriser les recherches des industriels pour fournir des appareillages moins coûteux et plus performants.
C’est en repensant l’ensemble du dispositif urbain que l’on pourra réellement organiser un programme sérieux d’économies d’énergie. Car une fois la ville construite, les transports s’imposent à tout un chacun et ils sont les responsables majeurs de la pollution, de l’effet de serre et de toutes les nuisances en particulier sonores.


15-L’objectif de mixité sociale est un choix de gauche. La mixité sociale a existé dans maintes sociétés inégalitaires. Elle caractérise l’habitat urbain où des constructions de niveau et d’âge différents se côtoient et sont occupés par des habitants de statut social variables. On peut rappeler l’immeuble haussmannien où le statut social de l’occupant baisse au fur et à mesure que l’on monte dans un immeuble sans ascenseur. La mixité sociale ne suffit pas à créer des solidarités entre catégories sociales, elle les oblige tout de même à ne pas s’ignorer, à se voir, à se comprendre, à s’accepter .Elle est un facteur d’apaisement des tensions. Force est de reconnaître que les riches souhaitent se mettre à l’écart pour jouir en toute tranquillité de leur fortune. La séparation des lieux de vie commence par le logement mais se prolonge avec l’école et s’étend à tous les lieux sociaux qu’ils soient de loisir, clubs de sport ou magasins de luxe tenant à l’écart les gens modestes par des prix élevés. Cette division de la société en classes isolées a des effets destructeurs sur la cohésion nationale comme on l’observe au Maroc par exemple où la bourgeoisie riche s’est construit un espace de vie qui l’isole entièrement de la population ce qui lui permet de développer des modes de vie absolument distincts. Le danger dans ce cas est visible, les classes populaires évoluent dans un univers très influencé par la religion qui les rend sensibles aux thèses islamistes pendant que la jet set marocaine adopte des standards européens. L’incompréhension qui se développe ainsi entre ces catégories sociales creuse un fossé idéologique tel qu’on peut prévoir entre elles un affrontement violent à venir. En France la ségrégation à l’œuvre avec les grands ensembles dans les banlieues a déjà produit les révoltes que l’on sait mais a aussi conduit au resserrement de la droite autour de Sarkozy, elle a radicalisé les affrontements sociaux et peut dans le futur déboucher encore sur des affrontements violents. La ségrégation sociale n’est pas assumée, on vous expliquera partout qu’on est contre mais elle est mise en application sournoisement et avec constance à peu prés partout. Cela va de la petite ville où les petites maisons de centre ville font l’objet d’une préemption systématique de la mairie pour éviter certains groupes ethniques. Le comble étant que la mairie après avoir préempté revend à qui elle veut. Est ce légal ? La réalisation de lotissements luxueux avec des parcelles de grandes dimensions donc chères et même des programmes sociaux où l’on entasse les indésirables en leur offrant des avantages. Bref la stratégie de ségrégation sociale est mise en œuvre avec constance et efficacité mais sans bruit. Dans les grandes villes ce type d’action ne peut être aussi systématique mais les programmes de logements sociaux sont souvent un moyen d’éloigner et de marginaliser certaines populations. La demande de ségrégation, le refus le la mixité est assez développé dans la société française actuelle où l’individualisme et l’idéologie développée par les médias et la droite dominante tendent à dresser les habitants les uns contre les autres. Combattre ce mouvement est une exigence pour la gauche, ce n’est pas œuvre facile. La ségrégation il y a ceux qui en rêvent et ceux qui se l’offrent. Les classes aisées n’ont aucun scrupule à se mettre à l’écart pour être entre soi. Les lotissements de grand standing offrent un cadre de vie à l’écart pour gens du même monde, ils peuvent être clôturés proposant à leurs habitants une protection sécuritaire qui fonctionne aussi comme un éloignement de toute population différente. Cette ségrégation se poursuit à l’école grâce aux établissements privés qui créent un cadre de scolarisation réservé aux enfants de ces populations aisées. Les différents clubs et lieux de distraction sélectifs par le prix permettent d’évoluer dans un monde séparé où on peut se mouvoir entre soi sans jamais se mêler aux catégories moins favorisées de la population. La ségrégation est la source du développement de l’incompréhension entre couches sociales. Elle permet de développer une idéologie raciste et discriminante qui fait la différence entre nous et eux et contribue à donner aux privilégiés le sentiment dangereux d’une différence de nature ou génétique. Pour légitimer ce qui n’est qu’une différence de position sociale ou de fortune on est vite conduit à considérer qu’on appartient à une variété d’humains plus intelligents que les autres, la différence de statut est justifiée par une différence de nature. Cette dérive prépare la société à accepter des idéologies racistes et à provoquer des tensions préalables à des affrontements violents. Lorsque la discrimination sociale est en œuvre rien ne s’oppose à la légitimation d’une oppression violente des catégories dominées dans la mesure ou l’empathie entre groupes sociaux cesse.
En contrepoint pourrait on dire, les quartiers sont les lieux de développement des mouvements communautaristes qui sur la base d’une idéologie identitaire de récupération restituent aux habitants une dignité fondée sur la différence avec tout ce que l’on peut craindre de dérive violente et antisociale de ces idéologies élaborées dans la souffrance.
Certains rétorqueront que toutes les classes ont le même mode de vie dans la mesure où malgré la crise, la prospérité ambiante procure à tous un cadre de vie contenant à peu prés les mêmes éléments voiture, télé, vacances, sport,baccalauréat, sécurité sociale,etc. cependant derrière ces généralités on se rend compte que la réalité vécue par chacun est vraiment différente en fonction du milieu. Les riches ne vivent pas comme les pauvres. Le désir de ségrégation sociale des classes riches est très fort et leur influence sur les politiciens est visible à la manière dont sont aménagées les villes. La construction de logements sociaux n’est pas une garantie que les municipalités sont progressistes car la construction de cités séparées pour loger les défavorisés fait partie de la demande des classes riches. Imposer la mixité sociale en mêlant les formes d’habitat est une nécessité pour construire une société solidaire ou l’argent n’est pas le seul critère d’organisation des rapports sociaux. Cependant l’esprit rationaliste et classificateur des fonctionnaires public peut servir la cause des riches en imposant sous prétexte de rationalité une séparation stricte des habitats de différentes catégories. Au lieu de mêler villas riches et habitations moins prestigieuses on programme un quartier de villas très huppées et ailleurs des habitations plus modestes. Les POS, les taux d’occupation, les surfaces des parcelles autorisées sont le charabia technique et bien intentionné d’une administration qui contribue à imposer des normes de ségrégation dans toutes les villes de France. Sur ce point la gauche doit inscrire dans son programme une action de l’état pour imposer des normes favorisant la mixité sociale, car une fois les quartiers construits les discours sur la mixité ne servent à rien et font sourire. Face à cette problématique complexe l’engagement solennel de construire des logements sociaux qui était au centre de la campagne présidentielle ne constituait pas une annonce suffisamment rassurante. Les gens n’aiment pas qu’on leur fasse comprendre qu’ils sont promis à une mise à l’écart sociale. Pour que les français entendent un discours dans ce domaine, il faut abandonner une approche qui sous le couvert d’une intonation « sociale » peut faire l’objet d’une lecture « discriminante ». On ne peut pas par des propositions politiques et sociales enfermer les personnes dans un créneau social. Il faut donc si on souhaite aider les gens à se loger mettre en œuvre une batterie de propositions tenant compte de la variété des statuts et des aspirations. Un programme pour booster la construction doit être ouvert. Il doit concerner la construction de toutes sortes de logements cela peut passer par des programmes de réhabilitation de l’ancien des grandes villes, par des grands ensembles, des tours , des villas, l’exigence d’incorporer une certaine quantité d’habitat « social » dans tous les programmes de construction de plus de 20 logements etc. mais un programme logement n’a de sens que s’il s’inscrit dans une orientation générale de la politique d’urbanisme. De plus les formules financières doivent permettre au plus grand nombre de choisir entre propriété et location. Cela doit comporter la mise en place de prêts bonifiés et peut être de cautions pour des gens aux revenus trop modestes à la manière des subprimes à l’américaine. Bref une offre permettant à chacun de rêver son logis.



16-Dans cette réflexion d’autres aspects pourront être abordés. Actuellement une législation très sévère impose aux artisans de s’installer dans des zones artisanales éloignées ce qui dépollue en quelque sorte les zones d’habitation de toutes sortes de nuisances dont en particulier le bruit. Mais indirectement ce cloisonnement urbain qui est la caractéristique essentielle du mode de vie moderne a pour effet d’éloigner l’artisan des ses chalands au point même que son enseigne n’est plus visible de ses clients potentiels. Faut-il prévoir en zone urbaine des sortes de maisons relais des différents artisans ou quelque chose dans ce genre ou bien ouvrir des antennes des petits artisans dans les grandes surfaces pour qu’ils puissent être visités par leurs clients et qu’ils puissent exposer leurs réalisations. Sans doute des initiatives de ce type seraient les bienvenues.

17-Le logement peut être aussi considéré comme instrument de mesure fiable de la position sociale de chacun car on peut pratiquement postuler une relation d’équivalence entre valeur du logement et position sociale et utiliser les valeurs des logements pour établir une relation d’ordre qui permet de classer l’ensemble des français. De même en comparant les prix des logements identiques dans différentes régions, on dispose d’un instrument fiable de comparaison des dynamismes économiques respectifs. Pour la gauche, il serait suicidaire de construire un projet politique qui ne s’adresserait qu’aux citoyens situés au bas de cette échelle sociale, tout projet politique dans un pays démocratique doit avoir une vocation majoritaire et s’adresser au plus grand nombre. On ne peut plus se contenter de penser que propriétaires et locataires sont des ennemis. La loi doit encadrer les contrats de location dans un esprit de protection des locataires mais aussi d’équité et de bon sens. Le défi de la politique du logement n’est pas dans le statut des occupants, il est dans la politique d’urbanisme au sens large qui doit être à la base d’un véritable projet politique de l’espace et de l’environnement. Il faut parler de circulation, d’espace, d’aménagement du territoire. Quels sont les adversaires que la gauche rencontrera sur sa route si elle élabore une politique pour le plus grand nombre ?
La remise à plat des politiques d’aide à la construction aurait pour effet de démanteler tout le dispositif de niches fiscales qui permettent aux plus riches d’échapper à l’impôt sur le revenu et de financer par les deniers de l’état leur propre enrichissement.
Le rôle de l’état est de surveiller la politique de crédit et d’éviter un enrichissement excessif des banques et des assurances aux dépend des familles qui réalisent un projet immobilier pour se loger.
Mais la difficulté la plus grande se trouverait sans doute dans l’affrontement avec la grande distribution qui étale sur des milliers et des milliers de mètres carrés ses produits à la vente. Les cathédrales d’aujourd’hui y inclus avec le marbre des sols, ce sont ces vastes ensembles commerciaux où tout est fait pour attirer par une offre diversifiée à l’extrême les consommateurs. L’inflation démesurée de ces surfaces commerciales est un problème politique sérieux qui ne trouvera de solution que si le pouvoir manifeste un grand courage. Quand on compare à vue d’œil les mètres carrés immobilisés dans les projets industriels , les équipements de tous types, les habitations et ce qui est dévolu au commerce de masse, on ne peut que penser qu’un seuil critique est atteint. Il va peut être falloir que les hypermarchés apprennent à se bâtir en étages. La boulimie d’espace urbain manifestée par les activités commerciales a atteint un tel degré qu’elle ne peut se poursuivre sans porter atteinte aux autres activités.

18-Le deuxième dangereux adversaire d’une véritable politique de l’espace, c’est la puissance publique elle même engagée dans une entreprise de bétonnage systématique fondée sur les normes de rationalisation éditées par ses propres experts. On postule que le mode de vie actuel est définitif. Que se passera- t- il dans vingt ans si la mobilité par automobiles du fait de la raréfaction du pétrole est par exemple divisée par deux ? Les équipements coûteux et envahissants ont aussi pour fonction économique de satisfaire les grands groupes de travaux publics dont l’activité dépend directement de la commande publique. Le développement à l’infini d’équipements dévoreurs d’espace s’accompagne d’une densification régulière de la circulation automobile impliquée par les distances que la rationalisation économique introduit systématiquement entre tous les centres d’activité que chacun doit fréquenter. Tout est à distance de tout dans un réseau que sa rationalité théorique dilate à l’infini.
La spécialisation rationnelle a outrance des espaces conduit à disposer les écoles ici, les logements là, les usines la bas, les commerces ailleurs et à développer entre chaque pôle un entrelacs de routes, bretelles, rond points et voies rapides. Dans cet espace éclaté à l’extrême chacun ne peut vaquer à ses occupations qu’en parcourant sans cesse des kilomètres dans tous les sens.
Il est temps de poser sur cette organisation de l’espace un regard critique.
Les villes du passé semblent étroites à l’automobiliste d’aujourd’hui, mais que penseront des villes actuelles les humains du prochain siècle quand on sait que la fin du pétrole chaque fois annoncée, chaque fois reportée, aura finalement lieu avant longtemps ?

La lutte contre la pollution atmosphérique, chimique et sonore est une priorité dans les villes. Les véhicules à moteur sont les premiers responsables de ces pollutions et nuisances. Il faut que l’état stimule la recherche dans ce domaine car quant on regarde les nouveaux modèles de voitures, on constate aisément que tout les efforts des constructeurs portent sur l’amélioration de l’habitacle et le confort des occupants et que la portion congrue ce sont les efforts sur l’impact du véhicule sur son environnement (bruit et pollution)

19-La fiscalité foncière est aussi une des misères de notre république. Injuste et de plus en plus lourd à cause des transferts de charges dues à la décentralisation, l’impôt foncier repose sur des assiettes vieillottes et mensongères. Il est de plus lourdement inégalitaire car il dépend du lieu d’habitation. Il est très difficile à réformer tout simplement parce que si certains devaient payer moins d’autres paieraient davantage. Il est temps de créer une taxe nouvelle calculée sur la valeur actuelle des biens identique sur l’ensemble du territoire dont le taux progresserait chaque année et qui pourrait peu à peu remplacer la taxation actuelle.
De plus la taxe professionnelle assise sur les équipements est un non sens économique, elle freine l’investissement qu’il faudrait au contraire encourager pour faire face aux graves défis économiques actuels.

20-Ce large tour d’horizon a pour but d’illustrer la méthode qui doit absolument prévaloir dans les travaux du parti socialiste. Si on ne remet pas en cause les à priori idéologiques, on ne reconstruira pas un projet moderne. S’enfermer dans une vision par trop manichéenne de la société dans laquelle les pauvres seraient seuls dignes d’attention et formeraient les immenses cohortes d’un électorat populaire c’est rêver d’une société du dix neuvième siècle qui n’a probablement jamais existé. Les clases populaires et moyennes sont hétérogènes et ont des situations de famille, de travail, de patrimoine très variées. Il faut pourtant les unir dans un projet commun généreux mais réaliste, si on ne veut pas laisser la droite gouverner indéfiniment. Il ne s’agit pas de trahir les pauvres mais de cerner les contours d’une majorité pour défendre des positions qui rassemblent le plus grand nombre sur des valeurs de gauche en renonçant à opposer des catégories sociales plus ou moins aisées qui sont en fait toutes du même coté de la société celui des dominés qui subissent les décisions du capitalisme financier, des banques et des grands groupes à dimension internationale.
Le logement doit être traité comme un sujet complexe sur lequel il faut réfléchir sans tabou. La gauche doit élaborer un projet avec le souci légitime des intérêts des classes moyennes et des catégories populaires mais sans créer d’obstacles à la mobilité des uns et des autres. Elle ne peut si elle veut être crédible se dispenser au préalable d’une évaluation technique de l’habitat et de l’aménagement urbain.



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20 remarques logement (2)

Posté le 03.09.2007 par vivelagauche
7-La politique de la droite est fondée sur l’idée que les français préfèrent la maison individuelle. Donc à elle depuis de nombreuses années les crédits, les terrains et les autorisations de construire. Ce choix mêle le désir de satisfaire une opinion majoritaire somme toute légitime à des calculs moins explicites sur l’idée que tout homme qui a un bien à défendre votera à droite. On a donc plus ou moins condamné définitivement l’habitat collectif dont les français ont en général une mauvaise expérience due à ce que, depuis trente ou cinquante ans, habitat collectif est corollaire d’habitat à loyer modéré, et correspond à des constructions bas de gamme sans aucun confort phonique, avares de mètres carrés, sans isolation thermique et le plus souvent mal entretenues et dégradées que l’on retrouve dans toutes les grandes villes de l’hexagone en immenses regroupements d’immeubles disgracieux baptisés quartiers où s’entasse la population française la plus démunie.
Si les français avaient l’expérience d’appartements spacieux dans de petits immeubles hauts de gamme avec terrasse incorporée à chaque appartement, annexes telles que caves et garages individuels, environnement soigné, ils pourraient avoir de l’habitat groupé une vision moins méfiante. Si le système actuel des charges collectives n’était pas perçue comme une rente versée au delà du raisonnable aux syndics, ils n’aspireraient pas à être libérés des « charges de copropriété ». Bref après avoir dans une pratique assez généralisée dans le pays, logé des centaines de milliers de personnes dans des appartements exigus formant de grands ensembles de piètre qualité s’est répandue l’idée maintenant bien ancrée que le bonheur réside dans une villa. La réalité est cependant plus complexe, ces immenses lotissements qui consomment à l’infini des infrastructures dispersées conduisent à un mode de vie caractérisé par l’éloignement de tout, des voisins, de l’école, de la famille ! Les lotissements créent un sentiment d’isolement. L’habitant y passe énormément de temps devant la télé, l’ordinateur mais aussi au volant de sa voiture.

8-Cette politique de l’extension à tout va des zones urbaines est en train d’aboutir à une sorte de crise paroxystiques. Il n’y a plus de terrains viabilisés pour construire et ils se vendent à des prix délirants. Cet excès de prix est justifié par une rareté aggravée par des réglementations contradictoires et tatillonnes, les POS limitent les surfaces constructibles mais fixent à des niveaux très bas le taux d’occupation des sols. Sans parler des normes nouvelles sur les terrains inondables qui rendent d’immenses zones inconstructibles. La rareté ainsi organisée nourrit une spéculation frénétique sur les terrains à bâtir ce qui renchérit au delà du raisonnable les constructions. Il s’ensuit un détournement de sommes énormes au profit des rentiers et des spéculateurs sans que l’état se donne les moyens de prélever une part de sommes qui correspondent sans contestation à un enrichissement sans cause. Même les ruines acquièrent une valeur nouvelle car elles permettent d’échapper à l’uniformité du lotissement. La hausse vertigineuse des prix de toutes les constructions sous l’effet couplé d’une forte demande nationale et étrangère et d’une législation contraignante finit par rendre inaccessible le rêve officiellement proclamé par la droite gouvernante d’une France de propriétaires.


9-Changer facilement de logement favorise la mobilité sociale et professionnelle si utile au développement économique. S’il est facile de vendre et d’acheter ou de louer, cela incitera les individus qui veulent améliorer leur situation à se déplacer d’un bassin d’emploi périclitant vers un autre plus prospère. Au contraire des lois tendant à fixer les occupant dans leur logement actuel vont freiner la mobilité géographique et rendre plus difficiles les reconversions professionnelles.
La loi sur les plus values taxe lourdement les transactions immobilières lorsqu’elles se suivent à un faible intervalle de temps. (Il faut cinq ans avant que la taxe ne commence à baisser de 10% par an)(Sans parler des frais notariaux). Cette loi rend tout opération de revente rapide d’un bien onéreuse et désavantageuse, elle freine donc la mobilité. Heureusement la résidence principale est exonérée ce qui permet donc de la vendre sans acquitter de taxe. Mais si on achète un bien qui n’est pas habité par son propriétaire, le prix d’achat englobera nécessairement la taxe de plus value payée par le vendeur. Au total, la taxation des plus values immobilières contribue à la hausse des prix au profit de l’Etat. Dans sa forme actuelle, elle incite à immobiliser le bien pendant des années. Le remplacement de ce système par une taxe entièrement neutre sur le délai de conservation du bien serait sans doute une réforme utile pour rendre une plus grande fluidité au marché immobilier. L’impôt pourrait être moins confiscatoire (actuellement 27%) et appliquée uniformément à toutes les transactions.

10-De même les lois actuelles qui protègent fortement les locataires en place ont pour effet de décourager toute velléité de déménagement de leur part car ils savent que trouver un nouveau logement sera très difficile et que le nouveau loyer sera plus élevé. En effet pour un deux pièces loué aujourd’hui on exige le loyer actuel d’un cinq pièces occupé depuis cinq ans. Qui peut envisager de déménager dans ces conditions ? Cette aberration découle du plafonnement légal des augmentations de loyers dans les contrats de bail (par des indices officiels) et de la liberté de fixer un nouveau loyer uniquement à l’occasion d’une nouvelle location (Pendant que l’indice augmente de 2 à 3% environ les loyers pour les nouvelles locations augmentent de 7 à 10 %, il suffit de quelques travaux pour le justifier). Malgré cette situation, 1,5 millions de locataires déménagent chaque année et subissent les hausses brutales de plein fouet. Il se crée donc en peu d’années entre locataires une division entre « nantis immobiles » payant un loyer « raisonnable » (attention à ne pas prendre cette formule à la lettre car les loyers ont beaucoup augmenté pour tout le monde) et « mobiles accablés » par un loyer élevé atteignant souvent 1/3 du revenu. Actuellement, les procédures d’expulsion pour impayés peuvent durer deux ans (ce qui est long et accroît sensiblement les pertes en cas de locataire insolvable) et si le locataire est à jour de ses loyers, la récupération du bien n’est possible que pour occuper ou vendre, en fin de bail et en respectant une procédure tatillonne. Les locataires sont des occupants relativement inamovibles (Pourvu qu’ils payent le loyer). Dans ces conditions l’acte de louer est considéré comme un risque par le bailleur ce qui encourage la rétention de logements vides que l’extrême gauche menace de décrets de réquisition. C’est aussi pourquoi les biens loués se vendent avec une décote (10, 20%).Cela ne peut que se répercuter sur le montant du loyer demandé au moment de louer. Le but du législateur était manifestement de priver le bailleur de la possibilité de donner congé pour éviter un chantage permanent à la hausse du loyer. La perte de liberté que la loi impose au bailleur a produit logiquement l’effet inverse au moment de la location. On a donc rajouté des dispositions législatives pour encadrer la hausse. En vain car le niveau des loyers ne peut être défini par la loi seule, il est aussi dépendant de l’offre et de la demande. Pour faire baisser la crainte des propriétaires au moment de la mise en location il faudrait sans doute réintroduire la possibilité pour le propriétaire de récupérer son bien en fin de bail quitte à prévoir un délai d’un an pour que le locataire puisse chercher tranquillement à se reloger. Une telle disposition détendrait immédiatement le climat de méfiance actuel et devrait rendre à l’offre de location une plus grande souplesse. Mais une telle mesure devrait être accompagnée d’un renforcement de l’encadrement des loyers pour contrôler plus efficacement le niveau des loyers non pas afin de s’opposer à des hausses mesurées (ne rêvons pas) mais pour lutter contre la spéculation et les abus. La possibilité de récupérer son bien devrait rendre la décision de louer facile. L’impossibilité d’imposer un nouveau loyer très élevé devrait enlever tout motivation au turn over des locataires. Pour plafonner les loyers, il suffit que la loi taxe à 100% le montant des loyers dépassant un seuil fixé par une commission ad hoc. Pour favoriser la mobilité des locataires il faut que l’augmentation soit uniforme, modérée et indépendante de la situation du bien, en location ou à louer et de l’ancienneté du locataire dans les lieux. Pour encourager l’investissement locatif la rentabilité des biens loués doit être ajustée pour procurer au bailleur et à l’état un rendement raisonnable.

Le désir de protéger les locataires a abouti à un dispositif qui détourne du placement immobilier nombre d’épargnants. Mais cela conduit aussi les gestionnaires institutionnels des grands ensembles à des politiques d’entretien minimal qui ont eu un rôle évident dans la dégradation générale de l’habitat collectif. Quant aux grands investisseurs, il ne veulent construire que pour vendre et se gardent bien de se fourvoyer dans le locatif.
Comme les conditions de maintien des locataire sont dissuasives pour les propriétaires et que nombre d’investisseurs se détournent du logement locatif, l’Etat s’oblige pour les intéresser malgré tout à ce type d’investissement à créer des procédés complexes de défiscalisation (différentes lois Borloo, Robien,etc.).Ces dispositifs entretiennent l’évasion fiscale de bon nombre de contribuables fortunés sans résoudre quoi que ce soit et chaque nouveau gouvernement constatant l’inefficacité des mesures antérieures complète l’usine à gaz ainsi élaborée par les quelques tuyaux supplémentaires d’un nouveau dispositif.
Les locataires quant à eux voient leur situation devenir avantageuse avec l’ancienneté dans les lieux, ceux qui le peuvent ne bougent donc plus une fois en place. Il se crée ainsi une sorte de rente de situation qui fige le locataire dans son habitation. Les difficultés de logement pèsent alors lourdement sur les jeunes. D’autre part la difficulté de se loger freine toute curiosité envers l’emploi situé hors de sa région et limite exagérément tout mobilité géographique.
De plus ces dispositions que les propriétaires perçoivent comme très favorables aux locataires n’empêchent pas que parfois les procédures d’expulsion vont à leur terme. Le nombre de personnes qui se retrouvent à la rue sans abri et transformées en SDF est très élevé. On peut demander à la loi lorsqu’un contrat est conclu entre deux personnes d’éviter à l’un des partenaires de se trouver en trop grande faiblesse. Les dispositions législatives imposent des clauses qui rétablissent une certaine égalité entre les parties. Ce correctif aura cependant des conséquences qu’il faut peser pour ne pas introduire des effets pervers. Mais la protection sociale à laquelle chacun a droit ne relève pas d’un contrat entre particuliers. Ce n’est pas au propriétaire de prendre en charge tous les avatars de vie de son locataire. La solidarité relève de la collectivité. Les dispositions contractuelles entre locataires et propriétaires sont surabondantes mais des dispositifs sociaux de prise en charge des cas difficiles font défaut. Les aides existent mais la législation aussi complexe soit elle ne peut recouvrir tous les cas. C’est donc un service spécifique de secours aux mal logés et aux exclus qui devrait exister sur l’ensemble du territoire. D’ailleurs il pourrait coordonner tout ce qui se fait déjà et qui est éparpillé entre de multiples organismes, collectivités territoriales et associations.

Au total une politique du logement locatif ne pourra donner des résultats tangibles que si le pouvoir a le courage de rechercher un meilleur équilibre dans les relations entre propriétaires et locataires et une plus grande efficacité des dispositifs de contrôle des loyers. La gauche n’a pas à concéder à la droite l’exclusivité de l’action en ce domaine, où toute action peut heurter des intérêts divers mais dont le bon fonctionnement est vital. D’ailleurs sur ce thème la droite qui pourtant veut faire des lois sur tout est assez timorée car elle préfère tirer argument de la crise actuelle pour proposer aux classes aisées des dispositifs d’investissements aidés qui permettent d’échapper à l’impôt. Cela lui procure le soutien des locataires immobiles et celui des investisseurs fortunés même si son immobilisme politique aggrave une crise locative qui frappe les plus jeunes et les plus dynamiques.

11-Le locatif HLM concerne 3,8 milliers de foyers sur un total de 30 millions environ, les locataires en changement de domicile sont 1,5 millions par an, ces chiffres montrent combien les propositions de gauche de la campagne présidentielle s’adressaient à une minorité de français. La question n’est pas de leur légitimité ou de leur opportunité, mais de leur possibilité d’occuper le champ du débat électoral. Même s’il est légitime de prendre en charge les problèmes des catégories défavorisées il est suicidaire dans un système majoritaire d’en faire le centre de l’offre politique surtout quand les mesures proposées aboutissent manifestement à charger la barque financière des classes moyennes. Construire une politique de gauche c’est remettre à plat la législation sans s’aliéner ni les classes populaires ni les classes moyennes ce qui demande, c’est évident, le sens de la mesure et une démarche fondée sur la négociation.

12-La gauche ne peut pas se continuer à faire semblant de croire que tous les propriétaires votent à droite et sont ses ennemis de classe. Qui peut garantir que tous les locataires et en particulier les occupants des logements sociaux votent à gauche ? Mais sachant que de 55% des ménages sont propriétaires, n’est ce pas une grossière erreur électorale que d’adopter une posture qui rejette dans les bras de la droite la majorité de la population. La république n’est pas un régime marxiste et la possession d’une résidence principale ou même d’un deuxième logement que l’on loue n’est pas un comportement de capitaliste qui relève de l’anathème politique. Adopter à l’égard des petits propriétaires et des petits épargnants une posture équitable est absolument indispensable pour créer une dynamique majoritaire englobant classes moyennes et populaires autour d’un projet de gauche.


13- Il faut aussi se demander si dans le cadre de la décentralisation les pouvoirs d’élaboration des POS qui sont dévolus aux municipalités donnent entièrement satisfaction et s’il ne conviendrait pas que le souffle de politiques nationales volontaristes se fasse mieux sentir au niveau local (y inclus la règle des 20 % de logements sociaux)
Une question capitale est de savoir s’il est indiqué de développer encore l’habitat dispersé et le mitage du territoire comme cela se pratique partout. Actuellement les jeunes acquéreurs achètent des terrains à bâtir dans des communes éloignées et construisent leur maison loin de leur lieu d’activité (travail, courses, écoles, etc.) pour des raisons de coût. Est ce pertinent d’encourager ce mode de développement de l’habitat qui va entraîner par la suite des surcoûts de transports et une perte de temps régulière dans les trajets. Il existe d’autres manières de faire, comme on le voit dans certains pays où les lois permettent de transformer la destination de certains quartiers. On voit de très grandes villes se développer harmonieusement sur des espaces relativement limités par le remplacement progressif d’un mode d’habitat à faible densité par une densité élevée. Concrètement dans certains quartiers de petites maisons, on reconstruit de grands immeubles. Si la Chine avait adopté la stratégie française d’occupation des sols, elle serait en train de construire les derniers lotissements dans le désert de Gobi ou au milieu de l’océan. Densifier davantage l’occupation des sols semble en France une priorité pour l’observateur car le territoire consommé par l’urbanisme en 50 ans est souvent dix fois plus élevé que ce que l’on avait consommée depuis toujours. On a ainsi un habitat dispersé étalé sur d’immenses zones aménagées avec routes et toutes sortes d’équipements dont la rentabilité dans ces conditions ne peut qu’être médiocre. Voilà un domaine où l’absence de compétitivité des équipements relève de la législation en vigueur et non pas de la concurrence asiatique. Castro (l’architecte) est un visionnaire pas assez entendu par la gauche.

20 remarques logement (1)

Posté le 03.09.2007 par vivelagauche
1-Souvent on nous juge sur notre quartier, notre lieu de vie avant même de nous connaître. C’est injuste mais cela témoigne de l’importance de l’habitat sur la personnalité et sur l’image que chaque individu produit de lui. Vivre dans un collectif, un grand ensemble, un pavillon de banlieue, un lotissement ou une ferme isolée cela entraîne contraintes et avantages bien différents. Habiter un pavillon doté d’une piscine privée évoque un confort bourgeois. On peut opposer à ce repli familial dans le loisir, la fréquentation collective par les habitants d’un quartier populaire de la piscine municipale, lieu de promiscuité, de dévoilement des corps et de conflits liés au choc des imaginaires voyeurs. Le lieu de vie conditionne aussi l’usage de la voiture ou des transports en commun et la pollution associée à nos déplacements. De même le chauffage individuel ou collectif relèvent de technologies et coûts différents. Le type d’habitation influence la perception que chacun a de lui même. Rien d’étonnant à ce que les banlieues, lieux de vie difficiles par manque d’équipements collectifs, de la présence d’une délinquance incontrôlée, de bandes de jeunes désoeuvrés, du chômage de masse, des influences religieuses extrémistes, de rapports entre sexes inspirés de normes archaïques, soient devenues un véritable creuset culturel où se sont développés des formes de langage, de musique, d’écriture et d’expression innovantes mais aussi une révolte désordonnée et violente. La politique de l’habitat est par conséquent un précurseur déterminant de nos repères culturels et identitaires et de notre mode d’utilisation, de conservation ou de dilapidation des ressources environnementales.

2-Le logement influence notre comportement économique. Son achat impose au nouveau propriétaire une épargne forcée et une restriction de sa consommation. Un locataire consacre une fraction moins importante de son revenu au logement et peut consommer davantage ou épargner sous d’autres formes. Propriétaire occupant et locataire consacreront toujours au logement des sommes différentes, l’un se contentant de l’entretien courant et du paiement des charges locatives tandis que l’autre éprouvera sans cesse la tentation d’ajouter des éléments supplémentaires (vérandas, piscines etc.) pour toujours plus de confort et plus de valeur. Le statut de propriétaire ou de locataire influence donc réellement la manière de consommer.
L’augmentation continue des cours de l’immobilier aura pour effet de réduire la valeur relative de l’épargne des locataires. Ils seront donc hostiles à la hausse des prix immobiliers qu’ils ressentiront comme une atteinte à leurs avoirs et une destruction de leur épargne. Au contraire les propriétaires bénéficiant à travers leur bien de la hausse des prix éprouveront le sentiment de s’enrichir. Ces ressentis opposés développeront des aspirations contradictoires et une appréciation différente l’évolution de l’économie nationale.

3-Les villages resserrés du monde méditerranéens avec leurs maisons collées les unes aux autres, construits souvent sur des hauteurs pour des raisons de sécurité, étaient habités par des paysans dont les champs formaient de multiples parcelles éparpillées dans la campagne alentour. D’autres régions offrent un paysage de constructions dispersées où chaque ferme se trouve au centre d’une exploitation d’un seul tenant. Ces deux modes d’occupation de l’espace induisent des modes de vie et de travail complètement différents. Le village offre naturellement une possibilité d’échange social beaucoup plus riche, il permet l’installation des petits commerces fixes et d’artisans. Les fermes dispersées créent par leur éloignement l’isolement des familles et sont une meilleure opportunité pour le commerce ambulant. Le mode d’habitat conditionne les usages sociaux. Le feuilleton américain « desperates housewifes » nous montre des femmes vivant en voisines et amies. Leur lotissement imaginaire vaguement idéal, est naturellement sans clôtures. C’est évidemment le contraire de ce qu’on trouve en réalité dans les lotissements ou chacun se trouve isolé dans sa maison, entouré d’un maximum de confort domestique, en contact par la télé et internet avec le monde entier mais protégé de l’extérieur grâce à une robuste clôture et souvent des dispositifs d’alarme et de sécurité. Les voisins sont le plus souvent de parfaits inconnus les uns pour les autres. Dans les villes ou le grand nombre n’empêche pas la solitude de chacun, l’ignorance des voisins de palier peut se compenser par des liens tissés à l’échelle du quartier. Cas extrême, dans les tout petits villages, la familiarité est telle que les gens finissent par être de vrais amis. Ainsi chaque type d’habitat induit une perception des autres et du monde. Certains modes de vies favorisent le repli égoïste ou schizophrène, d’autres conduisent au regroupement communautaire d’autres enfin au sentiment d’être citoyen du monde.
Il n’est donc pas illégitime de porter un jugement de valeur sur la question centrale du mode d’urbanisation encouragé par les pouvoirs publics.

4-Le logement est donc aussi tout naturellement un thème politique favori de l’affrontement droite contre gauche. Il a occupé une place de choix dans les discours de campagne des élections présidentielles. La droite se vante d’avoir cumulé, à cette occasion, des mesures destinées aux propriétaires petits et grands. Le bouclier fiscal est censé mettre les nouveaux riches à l’abri de la hausse des prix immobiliers. La diminution drastique des droits de succession va permettre aux patrimoines immobiliers de se transmettre sans droits entre générations. Le remboursement de 40 % des intérêts d’emprunt la première année et de 20% les quatre années suivantes, réduit le coût d’acquisition d’une résidence principale. Toutes ces mesures qui font rêver les classes populaires sont cependant pour elles de simples miroirs aux alouettes car elles ne profiteront pour l’essentiel qu’aux plus aisés.
La gauche, quant à elle, avait proposé des mesures s’adressant aux locataires, obligation pour les maires de respecter la loi imposant 20 % de logements sociaux et bouclier logement pour plafonner le coût du loyer par rapport au revenu. L’idée d’un service public de la caution avait surgi aussi au cours de la campagne et reprenait à plus grande échelle l’un des mesures du dispositif dénommé « loca-pass » destiné aux étudiants et apprentis. Cette usine à gaz de mesures sociales ne devait inspirer qu’un faible intérêt aux électeurs tant la superposition de correctifs finit par donner à nos institutions le caractère d’un inextricable dédale de papier. Les citoyens n’accordent plus leur faveur à ce genre de dispositions qui s’adressent en priorité à des catégories défavorisées étroitement ciblées et sont en fin de compte financées par les classes moyennes. La promesse de pouvoir habiter en logement social ne fait d’ailleurs rêver personne tant ce type de logement est dévalorisé dans l’imaginaire des français.

5-La réticence permanente des bailleurs a conduit à la mise en place du système des assurances locatives pour garantir le versement des loyers. L’idée d’une assurance individuelle ou familiale pour s’assurer un toit en toute circonstance (maladie, chômage) malgré les aléas de l’existence est légitime. Mais cela ne peut être une garantie permettant aux mauvais payeurs ou aux petits profiteurs de se maintenir en place sans efforts, car le système a pour effet alors de financer les loyers des mauvais payeurs par des contributions extorquées aux gens honnêtes. La moralité n’y trouve vraiment pas son compte. Le bon sens économique non plus. La sécurité des bailleurs plaide pour une assurance « sans conditions » et il semble que rien ne puisse les rassurer tant ils demandent de garanties délirantes pour louer un simple studio. Cela témoigne d’un dysfonctionnement de la loi régissant les contrats de bail.

6-Face à ces problèmes le clivage droite, gauche est depuis longtemps assez net, la gauche défend les intérêts des locataires et la droite ceux des propriétaires. S’agit-il d’une répartition cohérente des rôles ? La droite aidant les « nantis » et la gauche prenant parti pour « les plus démunis ».Il serait hâtif de le conclure comme si le statut de l’occupant du logement était le critère unique pour diviser la France en deux classes antagonistes. La « classe » des propriétaires fonciers recouvre toutes les conditions sociales et concerne à vrai dire la majorité de la population ( 55,5 %). Certes les propriétaires bailleurs forment un groupe plus réduit mais provenant malgré tout d’un éventail social très varié (8 % des ménages ont un bien en location et 60% de ces 8 % un seul). La « classe » des locataires est composée de différentes catégories, il existe des locataires pour des villas cossues et des appartements de centre ville haut de gamme et ensuite la longue cohorte des habitants des HLM et des logements plus ou moins insalubres qui peuplent encore en grand nombre le cœur des villes.(5,4 millions de ménages louent dans le domaine privé et 3,8 millions en HLM) Le statut de propriétaire ou locataire est statistiquement fortement corrélé avec l’âge. Souvent les locataires sont des jeunes étudiants ou travailleurs de fraîche date. En fin de compte, dans une même famille ce sont les plus âgés qui sont propriétaires voire bailleurs et les plus jeunes qui sont locataires. Donc la répartition propriétaires pour la droite et locataires pour la gauche repose sur des clichés dépassés. Il est malheureux que le parti socialiste n’en ait pas fait le constat pour élaborer une politique du logement s’adressant de manière plus équilibrée à une majorité de français. Cela aurait permis l’élaboration d’un projet global destiné à corriger tous les dysfonctionnements. Le logement, élément essentiel du mode de vie, contribue à la vision du monde que se forge chaque individu. Il joue donc un rôle extrême en politique et dans la manière dont les français perçoivent les projets de tel ou tel parti. Il est donc primordial de se garder de tout à priori idéologique trompeur lorsqu’on veut élaborer un projet d’offre politique.

Allègre allégrement

Posté le 31.08.2007 par vivelagauche
Allègre sort un bouquin venimeux pour dire tout le mal qu'il pense de Ségolène et de Hollande. Il en vendra bien au bas mot 20000 exemplaires à cinq euros de ristourne par bouquin cela lui fera un petit pécule de rentrée de 100.000 euros. Pas de doute ! le GENIE, c'est bien lui !
Avec mon blog à 3 visiteurs par jour je me console en me disant que le vrai socialiste, c'est quand même moi!
Tous ces types, anciens ministres , anciens conseillers qui ont eu salaires, places, honneurs, décorations et qui sur le tard vaguement décérébrés vont à la soupe aux postes sans le moindre scrupule, la moindre retenue, la moindre dignité faut il qu'ils les aient trouvés beaux les ors de la république, faut -il qu'ils se soient vus beaux eux mêmes dans les reflets des glaces des palais officiels ! mais quelle tristesse quand même pour le smicar ou le retraité qui se tait, qui attend pour voter à nouveau à gauche dans un an. Tant pis pour eux si des démageaisons senescentes et un gratouillis sarkozien ternissent à jamais l'image qu'ils avaient gagnée par leur talent dans les pages récentes de l'histoire de France. Faut -il qu'ils soient prétentieux et imbus d'eux mêmes pour que leur intelligence soit à ce point altérée et qu'ils ne se rendent pas compte que les hommes indispensables n'existent pas et qu'ils sont le jouet d'un grand manipulateur.Il faut vomir ces personnages ridicules qui nous rappellent les pirouettes d'un Talleyrand.Comme lui ils ne sont qu'un...

Ecoeurement

Posté le 25.08.2007 par vivelagauche
Ecoeurement, quand on entend les dernières déclarations de NS à la radio, faire feu de tout bois, à tout bout de champ, de chaque événement bon ou mauvais qui apparaît dans l’actualité, pour prendre position et attirer sur lui les projecteurs des médias. Ceux ci d’ailleurs rapportent ses propos et leur donnent servilement un écho démesuré sans jamais introduire la moindre once d’esprit critique. Quelle dérive affligeante !
Mais ironiser sur le « non lieu » en faisant semblant de croire que ce terme de droit nierait la réalité des événements survenus ! Bref face à un drame horrible qui appelle retenue et compassion discrète pour les victimes et leurs familles puisqu’on sait depuis longtemps que ces actes atroces ont été perpétrés par un malade schizophrène, que penser de cette volonté présidentielle d’en rajouter, dans la publicité, dans l’exploitation de l’émotion en utilisant des mots brûlants et des propositions démagogiques. A quoi bon exciter le ressentiment populaire en discutant publiquement une décision judiciaire ce qui est de nature à discréditer nos institutions, comme si la justice en reconnaissant la simple vérité de la folie du meurtrier ne faisait pas son travail et proposer d ‘organiser un jugement en cour d’assises en faisant croire que la grandiloquence de l‘appareil de l’état, la solennité des cours de justice est un remède assuré aux peines des victimes. C’est une volonté d’en faire toujours plus pour ne pas reconnaître que justement devant certaines situations tragiques la condition humaine est l’impuissance et que la dignité c’est de l’assumer sobrement. Que la famille, que les associations de victimes en appellent à plus d’actes publics de reconnaissance de leur malheur, pourquoi pas ? Mais que le plus haut magistrat de la nation nourrisse par ses propos les aspirations publiques à des ripostes judiciaires irrationnelles c’est une nouveauté dans la république qui n’est pas de bon augure. Fonder un remaniement des institutions sur des réactions émotives et passionnelles à des événements tragiques, c’est une inquiétante forme de régression des pratiques politiques qui est annoncée.
La justice moderne se flatte, pas toujours légitimement, d’avoir introduit la raison dans son exercice quotidien. La retenue, les droits de l’homme y compris pour les pires d’entre nous sont des règles qui marquent le progrès de la civilisation. Les temps où on jugeait les fous, les enfants les animaux ont existé, c’était le moyen âge. Il existe encore des sociétés où toute mort est suspecte et implique un coupable matériel ou magique. Il a fallu des siècles de progrès et de combats de la raison pour s’affranchir de multiples pratiques archaïques. La régression n’est pas à inventer elle existe déjà sous des modes variés dans un passé révolu. S’y laisser glisser à nouveau; à l’occasion de tel ou tel fait divers plongeant des gens dans le malheur et le public dans l’angoisse, est trop facile hélas, le destin de la France est-il de s'aventurer dans des chemins aussi risqués?
Un état moderne et efficace se doit de manifester un minimum de sang froid, si le pouvoir réforme, il le fait dans le calme, la durée et la concertation mais se contenter de rebondir ainsi à chaque événement par des propos comminatoires est plus le signe d’une fébrile démagogie que d’une réactivité vigoureuse.

La rentrée est là et les couteaux sont déjà sortis

Posté le 22.08.2007 par vivelagauche
La rentrée est là et les couteaux sont déjà sortis. On voit des lames briller dans les couloirs du PS. Tous sourires, tous bronzés, les hiérarques nous fredonnent la chanson douce de la rénovation, de la réflexion, du travail en commun. La réalité froide est autre, la guerre des chefs est repartie de plus belle, plus féroce que jamais, juste masquée délicatement derrière des propos de circonstance sur la volonté réformatrice qui devient le credo obligé du parti. Parmi les courants qui s’activent à s’emparer du pouvoir interne il y a au premier plan Ségolène Royal et Laurent Fabius. Les manœuvres de Ségolène sont visibles et assez maladroites (décidément cela devient une caractéristique de la marque). L’entreprise de Fabius, plus discrète, est plus souterraine car elle part d’une position minoritaire sur laquelle il faut ramener progressivement l’ensemble des militants en quelque sorte sans y toucher. Parmi les stratégies de rentrée cousues de fil blanc s’annoncent les procès en .. gauchité ou gauchitude. Est-tu camarade réellement de gauche ? Comment peux tu tolérer une alliance avec Bayrou, ce catho réac ? Ne doit –on pas combattre les brebis galeuses qui durant la présidentielle ont failli faire perdre son âme au parti et se sont fourvoyées à envisager un accord avec lui ?
Euh ! Oui ! le rapport de forces …indiqué par le premier tour.. La recherche d’une alternative politique à Sarkozy pour épargner à la France pendant cinq ans une droite obscurantiste ?
Mais s’allier à Bayrou c’est se couper des alliés naturels de gauche du PS, les communistes, les altermondialistes, les..
Euh ! Oui ! Cette gauche est dans un sale état idéologique et électoral, elle n’a pas plus que nous le choix de ses alliances !
Mais tu ne te rends pas compte de la gravité de cette démarche, si nous avons perdu la présidentielle c’est parce que notre programme n’était pas de gauche !
Euh ! Oui ! Mais les français ont quand même voté pour un programme très à droite !
Tu exagères, est tu réellement de gauche ? Parce qu’évidemment si tu n’es pas de gauche !
Ah, le coup de poignard vicieux ! Après cinquante ans de convictions réfléchies, affichées, de participation à des luttes, à des défaites, à des victoires on vous balance ça dans la figure. C’est mortel !

Décidément les ayatollahs ne sont pas tous à Téhéran. Les extrémistes obscurs et radicaux de la pensée nichent aussi au PS et s’y reproduisent très bien.

Pour dépasser l’agacement, l’émotion de ces échanges stériles où on est sommé de s’aligner sur les positions de l’interlocuteur, il faut revenir à quelques idées simples.
Le PS est un parti d’élus, conseillers municipaux, maires, conseillers généraux, régionaux, députés, sénateurs, parlementaires européens. Si le parti n’exerce pas le pouvoir national, il partage abondamment les postes politiques dans toutes les institutions de la république.
Ces élus sont la colonne vertébrale du parti, ils le soutiennent et le tiennent. Rien ne se fait qui n’aille dans leur intérêt politique. Rien ne peut se décider contre eux. Les courants minent le parti au niveau national et en fin de compte ont beaucoup contribué à son impuissance à prendre le pouvoir. Mais ils sont l’organisation qui permet aux élus, à chaque élu d’ajuster ses positions au plus prés de son électorat, à son équation personnelle pour maintenir efficacement son influence dans le parti et au dehors. Ici un modéré triomphe dans une circonscription plutôt droitière, là c’est radicaliste plutôt « à gauche toute » qui s’impose en présence d’un électorat communiste plus important. Tous ces discours de conviction qui paraissent si antagonistes sont en fait des discours de … circonstances électorales.
Un seul point est commun à l’ensemble du parti, l’abandon de toute action de mobilisation des masses en dehors des processus électoraux. Le parti ne sait plus se penser autrement que comme une machine à gagner (ou à perdre) des élections. Mais ces intérêts politiques dispersés de ces milliers d’élus ne font pas une volonté nationale, les luttes intestines aboutissent à des synthèses boiteuses et magmatiques qui en fin de compte n’engagent personne comme l’ont si bien montré les projets touffus des campagnes présidentielles de 2002 et 2007. Rappelons les difficultés de Ségolène Royal avec le projet socialiste sorte de bréviaire du bien penser socialiste dont les idées centrales furent larguées au fur et à mesure durant la campagne par Ségolène Royal pour pouvoir rester crédible face au discours corrosif de la droite.

Les échecs qui s’annoncent pour Sarkozy et les demi victoires dés à présent programmées pour le PS peuvent inciter nombre d’élus à temporiser dans un système qui les arrange bien au plan individuel. Cela peut conduire au blocage de tout processus de rénovation véritable qui ne serait pas dans l’intérêt des élus et des caciques du parti.
Il faudrait peut être envisager un réseau de non élus pour créer la dynamique d’un mouvement rénovateur. Non pas que les élus ne soient de grand mérite, bien au contraire beaucoup ont un grand talent, mais en bon marxiste on ne peut que constater que le changement est pour eux une menace objective qui ne peut que les inciter à une positions conservatrice des modes de fonctionnement actuels du PS.

Le président en vacances

Posté le 22.08.2007 par vivelagauche
Le président prend des vacances, quoi de plus normal si la majorité des français fait de même ? Ses amis milliardaires payent la facture du logis. Pourquoi pas ? Bien sûr il y a moins de français qui sont dans le même cas ! Mais au fait, les amis, c’est la facture du logement de Monsieur Nicolas Sarkozy qu’ils ont payé ou celle du président de la république française ? Ce n’est pas tout à fait pareil. Monsieur Sarkozy, individu privé fait ce qu’il veut en dehors de ses heures de travail et peut se faire offrir ce qu’il veut par ses amis. Problème privé, respect de la vie privée !
Le président de la république, chef de l’Etat, chef des armées est un personnage public 24 heures sur 24, le premier août comme le quatorze juillet. Il n’est pas prévu de discontinuité de la fonction. Mieux la constitution prévoit expressément les conditions dans lesquelles il peut suspendre son activité. Rien n’empêchait Monsieur Sarkozy de prendre des mesures pour se mettre officiellement en vacance du pouvoir.
Etant pleinement en exercice, le président engage par ses actes, tous ses actes, la république et quand il se fait héberger par des amis milliardaires, c’est la république qui se retrouve en pension cossue.
Louis XIV n’avait pas accepté que son sujet Fouquet le reçoive somptueusement et paraisse plus riche que lui. De Gaulle n’aurait pas supporté qu’on le soupçonne de mettre la France en pension. Chirac se faisait inviter par le roi du Maroc. Nicolas Sarkozy se fait héberger en vacances par des familles richissimes! Il y a dans le monde des chefs d’état qui n’accepteraient jamais de se mettre en posture d’obligé chez des hôtes fortunés.
C’est assez curieux que dans la dérive droitière de la France sarkozienne le président puisse se permettre de donner ainsi de la fonction présidentielle une image si éloignée de la rigueur solennelle qui sied à l’état républicain.
Les discours nationalistes destinés à exalter l’électorat sont une chose, la réalité profonde en est une autre. Ceux qui ont choisi Sarkozy, majoritaires certes, ont choisi le champion de la frilosité nationale, le grand protecteur bourgeois de nos petites vies. Il nous défend des pervers pédophiles, des immigrés clandestins, de la mondialisation, des patrons voyous, des travailleurs polonais etc. Il est le héros du repli bourgeois d’une France rentière désireuse de jouir de ses vacances de son barbecue, de son argent, de son confort sans se poser des questions éthiques sur l’état, la nation, l’avenir de la France. La forme et le fond vont de pair.
Non, malgré les grands discours de la campagne, il n’est pas le porteur d’une ambition nationale de renouveau, de grandeur, il est défenseur du confort et pas prophète d’un destin national grandiose. Il n’est pas là pour rénover la culture, relancer la francophonie, remettre en selle le génie français, promouvoir les sciences et les techniques, exalter le jeunesse. Non il est là pour s’assurer que les gens qui travaillent ne se feront pas plumer par les assistés, le fisc et les fonctionnaires. Le retour à une université brillante au triomphe du savoir à un rang pour la France dans le monde de la connaissance, ne sont pas les priorités d’un pouvoir si terne. On se prend à regretter la grandiloquence de Gaulle, le ton docte de Mitterrand, et même les manières pontifiantes de Chirac. Non que le pouvoir ne communique pas, télés, radios et journaux débordent des logorrhées présidentielle et ministérielles, mais sur quels sujets ? Sur quels thèmes ? Comment tordre le cou à une décision du Conseil Constitutionnel ? Des discours extrémistes pour masquer l’incapacité de la droite au pouvoir depuis cinq ans à produire une politique pénitentiaire cohérente. Comment dissimuler les inquiétudes économiques du moment ? Etc. Au total un ramassis de discours de circonstance pour échapper au mauvais temps qui s’annonce .
Se faire héberger en vacances par des milliardaires pour un chef d’état cela manque tout simplement de panache (n’est pas Henri IV qui veut) et quand il s’agit du chef de l’état français qui aurait pu penser pour ses vacances aux DOMS ou aux TOMS, encore plus. Cela n’explique pas sans doute pourquoi le bouclier fiscal se trouvait dans le paquet fiscal que le président a mis tant d’empressement à faire voter. Probable cependant qu’il a reçu sur ce sujet, entre poire et fromage des compliments plus que sincères de ses amis.



Une crise exemplaire

Posté le 20.08.2007 par vivelagauche

La crise des subprimes est à bien des égards exemplaire pour démontrer à quel point les intérêts du capitalisme financier qui domine le monde ne se confondent en aucune manière avec le bien public.
Au départ, le marché immobilier américain connaît une hausse régulière des prix qui encourage les banques à prêter de l’argent à tous ceux qui veulent construire. De plus le prêt rechargeable (certains en préconisaient l’adoption en France) permet aux emprunteurs de se rendetter au fur et à mesure ce qui a pour effet de ramener indéfiniment le prêt hypothécaire à un niveau élevé.
Les créanciers prélèvent des taux léonins et replacent sous forme de bons de souscriptions cette dette juteuse mais risquée auprès des banques. Le marché s’est retourné et de nombreux propriétaires endettés se sont trouvés dans l’incapacité de rembourser leurs emprunts. Le nombre élevé de débiteurs défaillants et la spirale baissière des prix de l’immobilier ont fait trébucher les organismes financiers de prêt et à travers eux diverses banques au niveau international. Dés lors, en quelques jours, les banques centrales déversent des milliards sous forme de prêts aux banques .La crise est planétaire car la perte de confiance a un effet boule de neige dans un système financier mondial qui n’est pas exempt de procédés de cavalerie: je te prête, tu me prêtes, nous nous prêtons et ainsi nous nous enrichissons de plus en plus. A partir du moment où l’un des débiteurs est défaillant l’effet de réaction en chaîne est immédiat.
Dés qu’il a été clair que de grands organismes financiers allaient avoir des problèmes, la mobilisation a été générale. Le gouvernement allemand sauvait une banque, puis ce furent les interventions répétées des banques centrales dont la BCE qui allaient prêter de l’argent à tous les organismes financiers qui en voulaient. La presse évoque l’équivalent de deux cent milliards de dollars environ qui auraient été prêtés en diverses devises.
Une semaine avant ces événements le président de la Banque Centrale Européenne, Trichet tenait à la radio un discours prévisible sur la défense de la monnaie, la lutte contre l’inflation etc. pour justifier une hausse des taux d’intérêt programmée. Il faut rappeler que concrètement l’augmentation des taux d’intérêt accroît les rentes servies par les entreprises, les particuliers ou les états, au profit unique des créanciers. Globalement, la part qu’ils prélèvent sur la richesse nationale augmente ainsi sans contrepartie au détriment des autres catégories de la population. Une politique de l’intérêt élevé est typiquement une politique en faveur du capitalisme financier. Pour la France avec une dette de 1200 milliards d’euros, un point supplémentaire de taux représente 12 milliards d’euros de plus chaque année.
Cette orthodoxie qui favorise les riches semblait aller de soi une semaine avant mais il a suffi de cette crise financière qui menaçait quelques grandes banques pour que la B.C.E. immédiatement change son fusil d’épaule et déverse des capitaux à la pelle créant ainsi à profusion de la monnaie supplémentaire bien sûr propre à nourrir l’inflation. Ces grands pontifes de l’orthodoxie financière piétinent donc allégrement tout ce qu’ils prêchaient une semaine plus tôt, dans l’unique but de secourir de grands groupes financiers. La Banque Centrale n’hésite pas à créer des milliards de monnaie nouvelle. Ce que l’état français ne peut plus faire, la Banque Centrale le fait pour sauver des financiers spéculateurs. Car les traités européens interdisent désormais à la France d’utiliser la dévaluation pour alléger son endettement. Bien au contraire, l’élévation progressive des taux, détourne des sommes énormes du budget national au profit des créanciers de l’état. Cette politique extrêmement contraignante est imposée au nom de l’orthodoxie économique dont, toute l’année, de brillants experts dévoués corps et âme au capitalisme nous expliquent à la télé et à la radio tous les bienfaits. Le peuple a vu la BCE plier devant les financiers, il faut qu’il s’en souvienne quand il entendra les discours rigoristes indifférents à la croissance, à l’emploi et aux services publics.
Cette crise illustre de manière magistrale les insuffisances de la mondialisation qui fourvoie d’immenses moyens dans la production de biens ne correspondant à aucune utilité sociale. Quand à ce fameux «marché» clé de voûte sacro saint de l’économie de marché, nous savons déjà qu’il est incapable de s’intéresser aux besoins non solvables mais légitimes tels que la santé des pauvres, l’enseignement de tous, la recherche fondamentale, les services publics, nous savons qu’il est capable de détourner des ressources considérables pour les caprices solvables de quelques milliardaires ce qui constitue le plus souvent un gaspillage éhonté, mais voilà qu’il est aussi capable à cause de la cupidité et de la sottise des financiers, de mobiliser des sommes immenses vers des besoins insolvables non prioritaires pourvu que les spéculateurs aient quelque espoir d’y gagner plus que de raison. Décidément la religion du marché est dangereuse et il est temps que des économistes de gauche définissent les conditions de contrôle indispensables à son bon fonctionnement.
Le comportement des banques centrales appelle une remarque essentielle : Si on peut injecter des milliards pour empêcher des banques de sombrer, ou les actions de baisser, pourquoi ne pas injecter des milliards pour investir ? Pour l’éducation ? Pour la recherche ? Pour le développement ?

Défense de la démocratie parlementaire

Posté le 15.08.2007 par vivelagauche

Le président Sarkozy n’abuse pas du pouvoir. Il en use seulement autant que la constitution et les circonstances le lui permettent et cela suffit pour démontrer que la France n’est plus une démocratie parlementaire. La campagne électorale a fait une large place à la question des institutions sans dessiner des clivages forts entre les différents courants d’opinion. Mais tous les partis y inclus le pouvoir songent à modifier la constitution pour faire évoluer un système qui présente des imperfections connues et criantes. Non représentation des courants minoritaires, pouvoir excessif de l’exécutif, contrôle insuffisant du législatif, pouvoir d’initiative législative du parlement insuffisant, etc. Tous ces maux largement recensés nourrissent des projets de réforme divergents dont les objectifs ne sont pas toujours clairement discernables.
L’élection au suffrage universel du président de la république greffée sur la constitution de 1958 a créé un régime singulier à bien des égards. En conférant une légitimité électorale au responsable de l’exécutif, elle fait du président un roi plébiscité dans la tradition de la monarchie bonapartiste. Une fois élu, ce souverain républicain est pratiquement affranchi du contrôle parlementaire. D’ailleurs toutes les élections qu’elles soient présidentielles ou législatives ont valeur de plébiscite destiné à conforter le pouvoir du président ou à le disqualifier. De Gaulle ne s’y trompa pas en démissionnant à la suite du référendum perdu en 1969. Mitterrand et Chirac ont perdu un temps leur pouvoir en subissant une pénible cohabitation. Chirac en ne voulant pas tirer les conséquences de la défaite du non au référendum sur la constitution européenne restait président mais perdait toute autorité et voyait sa propre majorité se détourner progressivement de lui au profit de Sarkozy. Chaque élection se réduit donc à un vote de confiance ou de défiance adressée au seul président. Avec la réforme du quinquennat et du calendrier la majorité parlementaire perd toute indépendance politique par rapport au président. Cela plonge dans une impuissance définitive l’institution parlementaire.
Pour les français l’acte de choisir le « roi » est séduisant et provoque de l’émotion et un sentiment irrationnel de puissance. La campagne présidentielle a montré que l’adhésion à un ou une candidat(e) relève de l’émotif, de l’irrationnel et du religieux. La personne du candidat, sa vision, son programme sont fantasmés dans un véritable délire médiatico- magique où interviennent la mise en scène, les slogans et les gestes symboliques. L’analyse théorique du contenu des programmes est réservée à une minorité d’experts dont les jugements contradictoires dépendent avant tout de leurs propres engagements politiques. L’élection du président de la république au suffrage universel transforme la république en monarchie élective. Une majorité de français sont enchantés par l’idée de pouvoir faire et défaire les rois, convaincus que si le chef de l’exécutif est l’élu du suffrage universel, il exécute les volontés du peuple. Ce qu’ils ne discernent pas c’est qu’entre deux élections, muni d’une légitimité très forte qui vaut onction divine, il échappe à tout contrôle. Il peut pratiquement tout se permettre, et est le seul à pouvoir imposer des limites à sa liberté d’action. Cette situation est dangereuse et se prête à des dérives imprévisibles.
Pour de nombreux français l’abandon du pouvoir à un seul n’est pas un acte irréfléchi bien au contraire, face à un vague sentiment de décadence nationale ils nourrissent l’illusion que le pouvoir absolu a la capacité de mobiliser davantage. Il s’agirait de compenser une perte de puissance par davantage de pouvoir comme si avec plus de pouvoirs l’exécutif avait plus de moyens. Ils confondent pouvoir et puissance. Si le pays est faible économiquement, la concentration du pouvoir n’y changera rien bien au contraire. C’est dans les efforts collectifs que se trouvent les ressources nécessaires au rebond et l’illusion du pouvoir absolu c’est de faire croire en sa toute puissance.
.Il faut donc dénoncer cette illusion avec laquelle l’histoire est sans pitié et rappeler par exemple les désastres militaires qui ont clos les épisodes autoritaires de Napoléon 1er ou Napoléon 3. Mais bien d’autres pages d’histoire sont édifiantes sur ce sujet.
Dans le système réellement démocratique que constitue la démocratie parlementaire, il n’y a pas de « roi légitime » mais uniquement un premier ministre qui tire sa capacité d’action de la confiance renouvelée que lui témoigne l’assemblée. Les députés participent à la désignation du chef de l’exécutif et le soumettent ensuite à un contrôle permanent. Ils le démettent éventuellement. L’exécutif se trouve donc démuni de toute légitimité directe et indépendante du législatif.
Ce système existait sous la quatrième république mais le mode de scrutin et l’émiettement partisan créaient un régime d’une grande instabilité gouvernementale. La constitution de la cinquième république apparue après le putsch fomenté par les comploteurs de 1958 avait pour but de rééquilibrer les pouvoirs afin de rendre le gouvernement plus stable. Dans la constitution initiale, les pouvoirs dévolus au président en faisaient un arbitre (mot employé à l’époque) car élu par un collège de grands électeurs, il ne tirait de son élection aucune légitimité politique forte alors que le premier ministre responsable devant l’assemblée était investi par une majorité parlementaire. C’était donc encore un régime parlementaire qui ne convenait pas au Général de Gaulle dont on a dit qu’il avait un penchant pour le principe monarchique, mais qui était peut être influencé par les idées de Montesquieu sur la séparation des trois pouvoirs. Quoi qu’il en soit l’adoption de l’élection du président au suffrage universel a eu pour effet de renverser définitivement l’ordre des légitimités entre président et premier ministre. Le deuxième n’étant plus qu’un second rôle menacé aujourd’hui de disparition. Par cette réforme le régime de la France cessait d’être parlementaire.
Bien que formellement le gouvernement soit responsable devant le parlement, il est en réalité aux ordres du président qui ne doit, au fond, des comptes qu’au peuple qui l’a élu. Au point que les élections législatives sont devenues une simple confirmation de l’élection présidentielle. Ce qui se traduit d’ailleurs par une participation moindre à celles ci et par la conviction générale que le résultat est connu d’avance.
L’instauration de l’élection présidentielle au suffrage universel semble faire partie de ces réformes institutionnelles sur lesquelles il est impossible de revenir en l’absence de grave crise nationale. Comment imaginer qu’un président élu après tout ce que l’élection demande d’énergie, d’efforts et de charisme remette en cause une institution qui le projette au centre de la vie politique dans un rôle si éminent. Comment imaginer qu’un parlement dont la majorité doit son élection au soutien que lui apporte le président (et non l’inverse) puisse se rebeller pour exiger davantage de pouvoirs et contester à l’élu de la nation les prérogatives qu’il tire du suffrage universel. On se retrouve devant une institution faite pour durer car elle verrouille l’avenir. Cette perspective est de nature à décourager tous ceux qui se contenteraient d’une parcelle de pouvoir. A quoi bon contester un système au demeurant populaire avec si peu de chances de faire aboutir une réforme à court ou moyen terme. C’est en examinant avec réalisme cette situation que nombre de politiciens se sont ralliés à une organisation politique dont au demeurant ils connaissent les inconvénients.
La gauche avait combattu avec virulence cette évolution des institutions pour finir par s’accommoder d’une situation qui semble aujourd’hui irréversible. Ce sera pourtant son honneur retrouvé que de rompre avec cette concession à l’opinion majoritaire pour adopter une attitude résolue d’opposition et d’en appeler au retour à une démocratie parlementaire qui est la seule forme d’organisation politique réellement républicaine et démocratique. En la matière, il ne s’agit pas de tenir un discours sur l’efficacité, slogan fallacieux de la droite car les régimes parlementaires efficaces sont légion, mais de se placer d’un point de vue éthique. Il est inconcevable d’abandonner le destin de la nation dans les mains d’un seul fut-il le meilleur. Les principes moraux de la gauche s’opposent à la croyance en un homme providentiel et ses ’objectifs ne peuvent être que d’abolir la royauté qu’elle soit élective, républicaine, bonapartiste, héréditaire ou putschiste.
Ce qui rendait le NPS sympathique c’est que des socialistes n’hésitaient pas enfin à poser avec sérieux le problème institutionnel en soulignant que la gauche ne peut correctement gouverner que dans le cadre d’une démocratie parlementaire.
Même si de grands esprits (hélas) opposent à cette vision l’exemple des USA où le président élu ne dépend que de lui même et se trouve donc en situation de souverain. Bien sûr face à lui le Congrès est un organe indépendant qui dispose d’énormes pouvoirs de contrôle et de contre poids. Les différents cas de procédure d’impeachment ont montré qu’un Congrès hostile est capable dans des circonstances extrêmes d’un bras de fer vigoureux contre le président. Il n’empêche que ce dernier dispose de pouvoirs énormes qui lui permettent par exemple de maintenir une guerre impopulaire contre l’avis d’une majorité de ses concitoyens. Cette organisation des pouvoirs publics est peut –être bonne pour une Amérique fédérale, mais elle est à l’opposé de la démocratie parlementaire dans laquelle l’assemblée élue désigne et contrôle l’exécutif qui rend des comptes aux représentants du peuple.
Dans tout combat politique, il faut un peu de patience, les inconvénients du système actuel apparaîtront dés qu’une crise politique laissera le roi nu en le rendant impopulaire. Pour le moment deux mois après l’élection le pouvoir vit « à crédit », les réformes annoncées ne sont pas encore faites et l’attente des résultats encore bienveillante. La lassitude viendra si la situation économique se dégrade, si une crise écologique ou politique est mal gérée. La crise surgira d’ailleurs à l’improviste soit pour le président actuel soit pour son successeur, sans que personne ne puisse aujourd’hui dire quand.
Cependant l’attentisme ne peut être une attitude politique valide, il faut mettre à profit le temps présent pour faire œuvre pédagogique en inscrivant clairement les principes d’une démocratie représentative dans les projets de la gauche.
La réflexion sur le pouvoir central ne doit pas dissimuler la nécessité de réformer aussi les pouvoirs locaux. La démocratie communale n’est pas exempte de critiques déjà formulées par maints observateurs.
En effet le scrutin de liste des élections municipales fait la part belle au chef de file qui se trouve être le futur maire. L’assemblée municipale qui en découle est en général, pour sa majorité, l’obligée du maire, patron de l’exécutif communal et président de l’instance délibérative qu’est le conseil municipal. Cette confusion des genres lui procure un grand pouvoir. A ce niveau encore le pouvoir est détenu par une personne seule et non pas par une assemblée. La démocratie locale n’est donc pas si achevée qu’il y paraît. Les villes françaises sont le champ ouvert de petits bonapartismes locaux qui constituent le réseau de base de tout le dispositif politique de la nation.
Au total l’élection directe du chef du pouvoir exécutif pose un problème sérieux. C’est un dispositif qui confère à une personne seule un pouvoir par nature sans contrôle du fait de sa forte légitimité. Dans cette configuration il n’existe donc pas de contrepouvoir en mesure de contrôler efficacement l’élu investi de la confiance du peuple. Il possède toujours face à ses contradicteurs une légitimité supérieure. Cet argument a déjà été utilisé par Mitterrand lui même pour être opposé à l’assemblée nationale dont les députés sont alors considérés comme les élus des territoires. La situation est bien différente en régime de démocratie parlementaire où les élus délibèrent, légifèrent, désignent et contrôlent l’exécutif bien qu’ils soient eux mêmes dépourvus de tout pouvoir direct.
Pour le citoyen toute élection est aussi une dépossession car le pouvoir remis entre les mains de l’élu est définitivement perdu pour la durée du mandat. La recherche d’une organisation démocratique doit mettre en place des contrepouvoirs qui doivent intervenir durant cette période. Aujourd’hui le pouvoir exécutif a carte blanche pour la durée de son mandat de cinq ans alors que dans une démocratie parlementaire, seuls les élus sont désignés pour la durée d’un mandat, celui qui exerce le pouvoir exécutif demeure par contre dans une position précaire, il est contrôlé et peut à chaque instant être renvoyé. Le rapport au pouvoir n’est réellement pas le même.
Il semble qu’en la matière les anglais sont bien plus avisés que les français. Leur système prive le détenteur du pouvoir exécutif de tout l’appareil symbolique qui reste attaché à la personne de la reine, d’autre part désigné et déchu par la chambre des communes, le premier ministre ne dispose d’aucun moyen de perpétuer son pouvoir sans rendre compte régulièrement de son action aux élus. Les députés quant à eux ne sont rien en dehors de leur fonction de contrôle car le pouvoir exécutif leur échappe entièrement. Le départ de Tony Blair récemment et son remplacement par Gordon Brown est vu de France comme un événement extraordinaire et incompréhensible. Il suffit que le premier ministre perde la confiance de son propre parti pour qu’il soit écarté du pouvoir. En France au contraire, la confusion des pouvoirs a gagné partout, le président est roi de France et le maire est comte dans sa ville mais il est souvent pour les grandes villes, député ou sénateur, se retrouvant ainsi législateur national, chef d’un exécutif local et président d’une assemblée délibérative locale, le conseil municipal. Derrière le cumul des mandats se cache plus gravement la confusion des pouvoirs.
En fait la seule véritable tutelle qui s’exerce sur le maire ne doit rien au conseil municipal, c’est celle de l’état qui intervient par le contrôle préfectoral sur les actes des municipalités.
En conclusion la démocratie en France est une réalité imparfaite malgré un grand nombre d’élus et de communes. Cela tient à la volonté du peuple d’élire directement le pouvoir exécutif que cela soit au niveau national ou local. Seule la démocratie parlementaire en se donnant des gouvernants désignés par les assemblées, contrôlés et révocables crée les conditions d’une authentique démocratie. La gauche doit faire du combat pour une démocratie parlementaire une priorité de son programme. Renoncer à l’entreprendre sous prétexte qu’il est difficile est une erreur de stratégie. L’opportunisme par trop visible de cet abandon transforme une ambition politique éthique en simple projet de partage du gâteau électoral.

L'enfant tombé

Posté le 11.08.2007 par vivelagauche
Un enfant qui se blesse gravement en tombant du quatrième étage après une équipée risquée sur les toits avec son propre père traqué par la police et voilà le dilemme des sans papiers qui ressurgit dans la moiteur du mois d’août.
Ces français électeurs « décomplexés » comme ils le disent eux mêmes de la droite la plus réactionnaires ont le cœur tendre avec les enfants. Eh oui, c’est une des contradictions de la société française d’aujourd’hui ! Pour une large partie de nos concitoyens, des adultes, qu’ils soient pauvres, qu’ils crèvent de faim, n’inspirent aucune pitié surtout s’ils sont basanés. Ils sont trop à l’image des « voyous » de nos quartiers qui « nous en font trop voir ». Mais un enfant dans une société où l’enfance est sacrée représente un souffle d’espérance précieux, les coeurs flanchent vite pour lui et même Sophiedementon se doit de formuler quelques trémolos de compassion sur Radio Monte Carlo, cette radio où les riches parlent aux pauvres avec « de grandes gueules » donneuses de leçons à longueur d’année. Le langage y est peuple, bourru, claironnant, enflammé pour être bien compris des petites gens mais le contenu par trop obséquieux est hélas sans nuances au service du fric et des gens d’influence.
La gauche doit dénoncer cette traque de pauvres, dire et redire que cette politique de diabolisation des immigrés sans papiers n’est qu’une manière d’amuser la galerie et de détourner l’attention des gens modestes et des pauvres vers des plus misérables encore.
Le fameux appel d’air de la régularisation est une blague sinistre inventée pour justifier une politique rigoureuse fondée sur le mépris des autres hommes et la stigmatisation des malheureux. Que l’on donne des papiers, qu’on n’en donne pas, que l’on soit humain ou cruel rien n’empêche au final que les gens qui crèvent de faim et de souffrance dans leur pays essayent d’émigrer. C’est ce qu’on fait pendant des siècles les irlandais, les italiens, les espagnols, les bretons, etc. Nombre de ces immigrés du passé ont connu les affres de l’accueil inamical. Légaux ou illégaux, ne sont –ils pas devenus citoyens de leur nouveau pays?
Il faut arrêter cette manière de penser les autres au travers de petits arrangements juridiques destinés à en faire des délinquants, cette manière de construire un destin collectif sur la somme des égoïsmes individuels les plus étriqués. L’histoire se rit des peuples qui pensent que le repli frileux est une forme de salut. La mondialisation nous menace de toutes parts avec les capitaux qui vont et viennent par milliards, les marchandises qui naviguent d’un continent à l’autre, les hommes qui se déplacent malgré tout par millions tous les jours d’un point à l’autre de la planète. Imaginer que dans ce mouvement général, il suffirait de s’en prendre à quelques milliers de malheureux pour arrêter les flux d’immigration, de délocalisations, de changements culturels économiques financiers c’est tout simplement naïf et stupide et de plus c’est inhumain et souvent l’occasion d’une atteinte à la dignité humaine.
Les obstacles « légaux » aux mouvements des hommes ont existé de tous temps, cela s’appliquait aux esclaves, aux serfs, aux sujets du tsar, etc. Toutes les lois, règlements ou coutumes qui ont privé d’humbles humains de leur droit d’aller et venir ont toujours eu pour but le soutien de l’oppression, la volonté de renforcer le pouvoir féroce des exploiteurs en place. Le cinéma regorge de films inspirés par ce thème où le héros est un illégal révolté luttant pour la liberté.
Les français qui soutiennent ces politiques indignes sont aveuglés par le racisme des discours bien pensants et par les théories fantaisistes des classes dirigeantes. Entre temps leurs véritables « ennemis de classe », les privilégiés en tous genres, la finance, les patrons dits voyous, eux voyagent sans problème d’un pays à l’autre avec leur argent et parfois leurs usines sous le bras.
Il est temps que la gauche se reprenne et mette les droits de l’homme au centre de sa morale. Après la triste histoire du 20ème siècle, le prix payé par les peuples interdit de prôner la révolution ou de se singulariser avec des utopies aussi dangereuses qu’inefficaces mais montrer de la lucidité devant les formes que prend l’oppression dans le monde actuel est un devoir pour tous les militants de gauche.
Quant aux syndicats de policiers qui expliquent dans un cas tragique comme celui ci qu’ils faisaient leur devoir,( Qui pourrait en douter ?) Ne se rendent-ils pas compte que leur propos sont au delà de ce que s’autorise le pouvoir politique qui préfère se réfugier dans la demande d’une intervention de l’inspection générale. Une manière de ne rien dire pour ne avoir à défendre des choix politiques. Personne ne doute que des policiers qui vont arrêter quelqu’un, n’obéissent à des ordres et quand le syndicat de policiers en fait le centre de son argumentaire au dire des médias, que veut-il signifier ? Ne peut-on s’inquiéter de constater d’une part la bonne conscience du devoir accompli et d’autre part ses conséquences, un enfant innocent dans le coma et les dangereux criminels de parents qu’il fallait sur l’heure expulser tout à coup devenus moins dangereux à cause du malheur qui les atteint ?
Le gouvernement qui s’y entend si bien à imaginer des usines à gaz juridiques destinées à transformer les salariés en précaires (CNE et défunt CPE) ne pourrait-il pas se contenter d’inventer un CKK pour qu’au moins ceux des immigrés qui n’aspirent qu’à se faire oublier puissent vivre tranquilles même avec un statut de résident précaire?
Pendant ce temps en deux jours les banques centrales prêtent « les yeux fermés » de leur propre aveu, deux cent milliards de dollars (une peccadille) à des banques et des institutions financières pour faire face à ce que les libéraux devraient pourtant considérer comme des erreurs de gestion appelant la sanction du marché sacro saint. Bizarrement quand les plus puissants trinquent les règles changent. Avec tout cet argent nul doute qu’on en aurait dissuadé des milliers d’immigrants clandestins de risquer leur vie pour un peu de pain.
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