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vivelagauche
Description du blog :
Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
26.05.2007
Dernière mise à jour :
20.08.2008
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Que faire de la lutte des classes? (2)

Posté le 27.06.2007 par vivelagauche

Le projet social démocrate est-il pertinent ?
Ces limites de l’action politique doivent être clairement expliquées au corps électoral si on veut éviter à chaque fois que la gauche gouverne la sanction des urnes sur le thème « la gauche n’en a pas fait assez » « elle a trahi ». Comme si de ne pas satisfaire toutes les aspirations populaires ne dépendait que de la volonté du gouvernement et des élus alors même que les forces en présence économiques et sociales sont extrêmement puissantes et prêtes à tout pour s’opposer aux actions de la gauche.
La déclaration de Lionel Jospin à Wilword « on ne peut pas tout » ne méritait pas tant d’opprobre, elle se contentait de reconnaître une réalité économique qui a largement continué à fonctionner par la suite. Même si politiquement cette déclaration était suicidaire, car les électeurs votent pour celui qui promet l’action et qui se prétend capable de la mener à bien.
En politique la prime de sympathie va à celui qui adopte une posture volontariste.

L’impossibilité de remettre fondamentalement en cause « l’ordre capitaliste » et la nécessité de toucher l’électorat populaire conduisent la gauche à une attitude trop souvent paternaliste et compassionnelle qui consiste à proposer à toutes les catégories sociales touchées par les difficultés économiques des palliatifs « de consolation ».
Certaines de ces réformes sont particulièrement bienvenues quand elles protègent certains groupes de la misère la plus totale : la C.M.U. (couverture maladie universelle), le R.M.I. (revenu minimum d’insertion) par exemple sont des réponses de bon sens à des situations de détresse inhumaine.
Mais le danger qui guette les socialistes, c’est de faire de la réponse compassionnelle l’axe de leur offre politique. Ce travers existe dans les 100 propositions de Ségolène Royal où certaines propositions qui sont de cet ordre (soutien scolaire individuel, service de la petite enfance, service de la caution..) ne sont pas mauvaises en soi mais ne devraient pas être au centre du projet.
Le compassionnel qu’il soit formé de charité chrétienne ou de solidarité républicaine est le bienvenu pour atténuer des souffrances inutiles mais il ne peut être l’axe central de l’offre politique. Celle ci ne peut être un catalogue de bonnes intentions adressées à toutes les catégories sociales, il est bien évident que la colonne vertébrale d’une offre politique doit comporter un propos économique fort expliquant comment le pays produit, ce qu’il produit et pour qui il produit et enfin quelles sont les règles de répartition et d’équilibre entre groupes sociaux.
Bien entendu le projet économique doit être adossé à une vision morale, les fameuses « valeurs » des candidats.
Dans le contexte actuel de compétition mondiale où la France voit ses parts de marché se réduire et la concurrence à ses produits être de plus en plus forte à l’intérieur même de son territoire et à l’extérieur, les lignes de force d’une relance économique sérieuse sont les « clés de la maison ». C’est d’ailleurs le message qui découle de toutes les enquêtes d’opinion : les citoyens indiquent que « l’emploi » est leur souci premier.
Toute la difficulté tient dans le domaine économique à l’existence de théories contradictoires qui débouchent sur des conclusions elles mêmes contradictoires soutenues avec la même énergie par différentes sommités toute plus titrées les unes que les autres. Finalement, les économistes font trop de politique et pas assez d’économie. C’est pourquoi les candidats à l ‘élection présidentielle ont tous eu des soutiens éminents qui se sont engagés ouvertement sur des programmes différents voire opposés.
La social démocratie consiste à vouloir maintenir un accord national sur l’économie de marché avec comme contre partie une « politique sociale » généreuse susceptible de faire adhérer les couches populaires. Actuellement ce pacte est, dit-on, rompu par les patrons qui dans le cadre de la mondialisation n’hésitent plus à franchir les frontières avec leurs capitaux ou avec leurs usines. Tout mesure imposant des contributions au capital est systématiquement combattue par des contre mesures du capital pour y échapper en changeant de pays. Dans ces conditions il est de plus en plus difficile de trouver au niveau national une entente entre classes populaires et moyennes. Le chantage à l’émigration des entreprises empêche tout pacte social national de se constituer. La concurrence extérieure exerce une pression très forte sur l’emploi, la durée du travail et les salaires. Dans ces conditions le pacte social est rompu et les querelles s’exacerbent dans les couches populaires et moyennes.
La droite intervient alors pour rallier les couches moyennes sur le principe d’un projet qui oppose ceux qui travaillent à ceux qui ne font rien, les travailleurs indépendants et les cadres contre les assistés et les fonctionnaires. Il y a donc exacerbation des rivalités dans le monde du travail et les conflits entre différentes catégories populaires prennent le premier pas. C’est ce qui s’est passé pendant la campagne présidentielle où on vu Nicolas Sarkozy désigner comme adversaires à ses électeurs les assistés, les chômeurs et les fonctionnaires.
Cette campagne n’à pas été combattue avec la lucidité nécessaire par la gauche qui n’a pas su recentrer l’affrontement social entre les riches, les rentiers, le grand patronat,les financiers et les banques et les classes populaires qui vivent de leur travail.
Le manque d’aggiornamento idéologique au PS a eu comme conséquence que pendant la campagne électorale toute une fraction du parti a adopté sans réfléchir les thèses mêmes de la droite, une autre partie essayant de promouvoir une vision social démocrate c’est à dire un accord réaliste entre patrons et monde du travail qui ne pouvait aboutir qu’aux dépends des plus démunis alors qu’inversement la gauche la plus radicale était prisonnière d’un modèle idéologique inaudible du public.
On retrouve ainsi à peu prés les trois lignes de force politiques qui ont traversé le PS au moment de la candidature. Les événements ont montré que les lignes sociales démocrates et radicales n’étaient pas en mesure de se faire entendre par l’opinion. Mais de son coté la troisième ligne en adoptant sur bien des sujets une vision de la société élaborée par la droite s’est exposée à ne pas pouvoir combattre.

Comment réformer le PS ?


Il est temps qu’au PS on fasse un travail de réflexion pour expliquer :

-Que la lutte des classes dans le monde moderne est une réalité. Mais face à celle ci plusieurs attitudes sont possibles, soit la recherche d’un affrontement des catégories sociales antagonistes dans l’espoir d’une révolution à venir, soit une régulation par le pouvoir politique permettant aux catégories dominées de mieux résister à la puissance des classes dominantes.

-Que parmi les mouvements qui choisissent les luttes sociales, ceux qui prônent le terrorisme et la violence en régime démocratique sont à condamner, mais que d’autres peuvent choisir les manifestations et les grèves comme moyens de pression. Ceux là doivent ajuster leur discours à leurs actes et à la modestie de leurs résultats pour le rendre crédible.
-Que le parti socialiste a pour vocation de se placer du coté des masses populaires dans un rapport de force dont les objectifs sont :
- l’organisation d’une société solidaire
- la lutte contre la propension du capitalisme à envahir tout le champ des échanges sociaux.
- la défense des modes de production et d’échange alternatifs lorsqu’ils sont efficaces.
- l’émergence de processus de production qui respectent l’homme et l’environnement.
- La satisfaction des besoins des plus pauvres même lorsqu’ils ne sont pas solvables ;
- la satisfaction des besoins collectifs que le marché néglige ( éducation, santé , sécurité, environnement,..)

-Que le parti n’est pas prêt à contester l’ordre social par tous les moyens : il s’interdit la guerre civile et d’une manière générale tous les comportements qui mettraient en péril l’organisation complexe de la société démocratique.

- Que ce choix modéré des moyens ne doit pas être confondu avec une ambiguïté dans le choix des objectifs.

-Dans la société complexe actuelle l’option démocratique impose que l’on réunisse dans un même projet des catégories sociales qui se trouvent parfois en position de rivalité sur les salaires, les postes de travail, les charges etc .Le rôle du PS est de pacifier les querelles qui surgissent dans les classes populaires pour les unifier dans leur combat contre la domination capitaliste ;

-Avec les révolutionnaires le PS partage en partie les objectifs mais en aucune sorte les moyens. Les révolutionnaires peuvent être des soutiens quand ils votent s’ils souhaitent défendre l’intérêt des classes populaires. Ils peuvent combattre les socialistes pour faire perdre la gauche quand ils estiment dans un esprit partisan que l’exacerbation des conflits sociaux est de nature à les aider à développer leurs luttes.( Voir à ce sujet les comportements ambigus d’Arlette Laguiller)

-Avec les centristes qui représentent des cadres, des professions libérales et des bobos des grandes villes, le PS peut partager des idéaux laïques et d’organisation de la société. IL peut y avoir des convergences à certains moments dans le domaine économique mais ces convergences ne relèvent pas d’une situation figée ni dans l’alliance ni dans la rivalité.
Par rapport aux principes qui sont dans les chartes du PS tels que les services publics, le type de fiscalité,etc. il faut que le PS accepte la possibilité d’accords politiques pour des périodes de gouvernement. Il ne faut pas s’interdire à priori des réformes fiscales ou autres .

-Dans le domaine sociétal le PS doit se fixer des objectifs plus ambitieux dans la lutte contre les discriminations et le racisme qui pourrissent la vie d’une partie de nos concitoyens et servent de ciment à toute la droite française particulièrement depuis qu’elle se dit « décomplexée ».

-Le PS ne peut se dispenser de construire un « projet économique » crédible ce qui suppose qu’il adopte sur le budget de l’état, les déficits, les impôts etc. des positions relevant d’une théorie économique orthodoxe ( au sens académique et non pas libéral) et des propositions assez consensuelles pour être considérées comme « supportables » par les classes dirigeantes.
-le PS doit sur chaque proposition de son programme se demander quels effets de division sociale sont induits ? Quels clivages sociaux sont aggravés par la mesure ? Il ne doit pas oublier qu’il ne peut gagner les élections que s’il obtient un large rassemblement populaire.

-Enfin le PS doit définir ses solidarités avec le prolétariat du tiers monde, non pas seulement de manière formelle par des déclarations de principe qui ne coûtent rien et n’ont aucune signification réelle. Il faut examiner dans le détail quels sont les intérêts contradictoires des classes pauvres des pays riches (lorsqu’elles sont des consommateurs) et des classes pauvres des pays pauvres par rapport à la production à bas coût du tiers monde qui permet d’améliorer le niveau de vie des pauvres des pays riches. Pour parler cru, est –il nécessaire que les enfants des prolétaires des pays riches croulent sous les jouets fabriqués en masse par les enfants des pauvres des pays pauvres ?

Il doit s’interroger sur le partage des ressources naturelles et énergétiques. Faut il accroître la production d’énergie et l’extraction des matières premières ou mieux partager la production existante ?

-Enfin il doit dire quel rôle il attribue à la France et à l’Europe dans le contexte d’un monde dominé par l’empire américain où s’étend la puissance de la dictature chinoise et l’ombre des mouvements terroristes et réactionnaires de l’intégrisme islamiste. Ses sympathies pour Israël ne doivent plus l ‘empêcher de revendiquer des israéliens une politique plus mesurée qui cesse de priver les palestiniens de droits élémentaires, nonobstant toutes les considérations de sécurité qu’implique la résolution des problèmes du proche orient.

Ne pas répondre à ces questions c’est ne pas vouloir construire des solidarités internationales au moment ou les classes exploiteuses utilisent le monde comme champ d’action jouant les travailleurs et les pays les uns contre les autres et utilisant la dictature chinoise comme grand régulateur des rapports de force sociaux à travers la planète.



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Valérie à I télé

Posté le 26.06.2007 par vivelagauche
En écoutant Valérie Péqueresse sur I télé , on ne pouvait qu’être bluffé. Quel enthousiasme ! Quel dynamisme ! Quelle volonté ! Quelle vision clairvoyante de la situation des universités ! Quel courage ! Quelle vision dans les propositions ! Quel esprit d’ouverture et de dialogue !
Et puis au détour d’une phrase, elle évoque les forces conservatrices qui s’opposent à la réforme, les forces obscures de l’immobilisme. C’est plutôt du coté des syndicats qu’elles se trouvent si on la comprend bien mais on ne peut s’empêcher de se dire quand elle décrit la baisse de niveau, le délabrement des locaux et des équipements, mais qui donc a laissé la situation empirer à ce point ? Qui a laissé la situation des chercheurs se dégrader ainsi ? Mais qui donc gouvernait l’an dernier ?
Et oui, c’étaient bien Chirac, l’inventeur de Mme Péqueresse, Sarkhozy qui en a fait sa porte parole, les mêmes ministres, les mêmes députés, la même majorité.
Et tout à coup parce qu’on a changé le nom du roi, tout serait différent !
La magie cesse, le discours de la charmante ministresse flotte à la surface des réalités politiques. On se rappelle que pour l’université ce que la droite veut c’est la sélection, l’excellence et la collaboration avec les entreprises. Le reste c’est l’habillage qui doit faire accepter les réformes. Par exemple les droits n’augmenteront pas mais ils augmenteront un peu quand même. Quand à l’autonomie, elle est un préalable pour permettre aux décisions difficiles de s’instaurer progressivement au niveau local. Les conflits étudiants qui concerneront telle ou telle petite université n’auront pas le même impact que les décisions parisiennes qui touchent tous les étudiants de la nation. Il ne faut pas être ingénieur pour le comprendre.
Ceci dit, les universités ont besoin d’une autonomie qui leur permette de s’insérer dans des dispositifs donnant un rôle aux régions et aux entreprises. Mais avec des garde fous qui assurent l’égalité sur tout le territoire. Ce n’est pas la philosophie du gouvernement actuel. Mais surtout les contraintes budgétaires sont telles que la tentation de négliger les étudiants issus des catégories populaires sera très forte. A un moment ou à un autre, cela se verra.
Les réformes de la licence évoquées par Mme Péqueresse, coûteront cher sauf s’il s’agit de poudre aux yeux et ces dépenses orientées vers le plus grand nombre seront à arbitrer avec des dépenses importantes à consacrer aux laboratoires et aux chercheurs. Elle promet 5 milliard en cinq ans, ce chiffre n’est pas ridicule mais il ne permet de rattraper que la moitié du retard du budget d’un étudiant par rapport à un élève en classe préparatoire et cela dans cinq ans et si les effectifs n’augmentent pas et l’inflation non plus.


Ségolène contre les éléphants (remake)

Posté le 25.06.2007 par vivelagauche
Les caciques socialistes croient avoir évité le pire en empêchant SR de consulter les militants et de s’emparer par ce moyen du PS. C’est assez naïf car les choses n’en resteront pas là. Comment imaginer que Ségolène Royal qui ne siège pas à l’assemblée où elle pourrait asseoir un rôle de leadership ne va pas continuer à prendre l’opinion et les sympathisants socialistes à témoin pour continuer d’exister. Ceux qui n’ont pas voulu lui céder le parti maintenant espèrent qu’avec le temps sa popularité médiatique baissera et que cela la fera rentrer dans le rang . C’est donc dans une dynamique inverse qu’elle doit s’inscrire en portant des coups sévères sur la ringardise des éléphants et du PS pour continuer d’incarner un espoir de rénovation à gauche. La partie est loin d’être terminée.
De plus au parti socialiste les discours sur la rénovation se ressemblent tous, ils concernent toujours les autres et jamais soi même , les strauskhaniens estiment qu’il est temps que le parti devienne clairement social démocrate et les fabusiens qu’il fasse enfin un virage à gauche toute. Les militants attendent autre chose mais ce n’est pas pour demain.

Un premier deal serait de proposer à chaque courant de faire son autocritique et exclusivement cela. Et ce n’est qu’après une phase d’autocritique obligatoire que chaque courant serait autorisé à critiquer les autres. Cet exercice serait utile mais il est actuellement inimaginable tant certains apparatchiks sont convaincus d e détenir la science infuse.
Transformer la moindre défaite législative en grande victoire est le début d’un délire qui remet le parti suer les rails pour refaire les mêmes erreurs que sur la période 2002 2007 d’autant plus qu’avec 200 députés pas mal de gens sont à l’abri du besoin.

Ségolène Royal est –elle la future candidate idéale des socialistes à la prochaine présidentielle ? Elle a fait de nombreuses erreurs durant la campagne précédente, elle a largement perdu car sur les 47 % une partie de l’électorat votait à gauche, contre Sarkozy et pas nécessairement Royal.

Pourtant elle est actuellement le seul leader « moderne » du PS et tout le problème est là. Même si elle est la seule à incarner le « sens de l’histoire » il lui reste de grands progrès à faire pour être une personnalité incontestable. Elle en est consciente elle même dans la mesure où elle dit qu’elle a manqué de temps pour se préparer, qu’elle dénonce le manque d’aide du parti etc. Bref elle éprouve le besoin de reporter ses insuffisances sur les autres. On ne peut lui reprocher cette démarche purement défensive, mais en le faisant elle trahit le constat de faiblesse que font beaucoup d’observateurs.
Certains seraient prêts à lui opposer Delanoë comme si cette image d’une gauche bobo et parisienne qu’i incarne avait la moindre chance dans un débat national.

Si Ségolène Royal doit devenir la personne centrale du PS pour les prochaines années,il faut qu’elle fasse un effort important pour améliorer sa communication et sa connaissance des dossiers. Tout cela n’est pas nécessairement rédhibitoire, nombre d’hommes politiques ont d’abord commencé par des erreurs qu’ils ont ensuite progressivement corrigées.

Sur le fond le parti socialiste est-il prêt à décider quel est exactement son rapport à l’économie de marché, à la lutte des classes, au rôle de l’état et à se doter d’un positionnement politique cohérent face aux force révolutionnaires « plus ou moins des salon » qui gravitent sur sa gauche et face aux mouvements centristes modérés qui représentent sur sa droite la mauvaise conscience du capitalisme.
Est –il prêt a expliquer quels sont ses positionnements à long terme et à l’international pour rassembler les force de gauche sur la planète, combattre les puissances internationales de l’argent et aussi définir les politiques nationales égoïstes et à court terme auxquelles il peut consentir pour sauver les intérêts immédiats des français.
Est il prêt à rechercher une cohérence entre les intérêts de la France puissance européenne et les intérêts des classes populaires de ‘l’ensemble de la planète ?
L’Europe est une association d’états riches qui s’efforcent de préserver le commerce et la paix. Toute tentative de donner à l’Europe une forme fédérale, d’en faire une puissance régionale transnationale se heurte à l’opposition de nombres de pays et des américains. L’Europe a tendance a devenir un espace d’influence allemande et cela est du à un double phénomène l’Allemagne va très bien et avec sa population est l’état le plus puissant d’Europe et la France et se trouve économiquement déclassée avec une dette aggravée qui témoigne de la perte de puissance de l’état. Face à cette situation quel est le logiciel du PS ?

Le blocage de la construction européenne fait de l’Europe une zone d’influence des EU sans puissance propre. Pendant ce temps l’empire américain s’exerce avec une grande force monétaire et militaire même si la perpétuation des guerres fait de cette domination impériale quelque chose qui ne se passe pas dans la tranquillité. Y a t il déjà eu dans l’histoire des empires tranquilles ?

La montée de la Chine de l’Inde du Brésil comme puissances relèguent progressivement la France à un rang de puissance moyenne. Il restait de l’époque gaullienne quelques restes, une influence réelle en Afrique, la francophonie, et l’extension mondiale de la présence française grâce aux confettis de l’empire. Quelle est la vision du PS par rapport à l’avenir de la France comme puissance politique et militaire ?
Cette question détermine le type d’équipements militaires dont il faut se doter, le nombre d’ambassades qu’il faut garder, le type d’alliances qu’il faut nouer. Tout cela est donc très important dans une perspective de restructuration de l’état.
Ce sont des questions importantes à coté de préoccupations plus immédiates pour les masses populaires comme le chômage et le pouvoir d’achat.
Le nombre de questions sur lesquels les socialistes doivent enfin apporter des réponses qui ne soient pas des caricatures idéologiques est très élevé.

La méthode choisie qui consiste à organiser quelques rencontres thématiques permettra aux écuries de se reconstituer et on en restera au système des courants qui associent un prêt a penser et un leader, chaque militant choisissant le moins mauvais à son sens.


Si enfin on se décidait à traiter séparément une cinquantaine de questions qui seraient chacune d’elles soumise séparément au vote des militants on obtiendrait des majorités sur chaque question plus fluctuantes. Cela éviterait de figer le parti dans des courants qui bloquent ensuite tout réflexion puisqu’il est quasiment obligatoire de suivre la ligne du courant quelle que soit la question abordée. Nul doute que le contenu idéologique du PS y gagnerait en densité.
La raison pour laquelle la gauche a beaucoup plus de mal que la droite à s’organiser pour gagner les élections est structurelle et n’a rien de honteux bien au contraire :
Les partis de droite ont une clientèle de gens peu nombreux qui sont instruits et riches voire très riches et par conséquent très puissant. Organiser un consensus et dégager des moyens politiques est dans ces conditions particulièrement facile.
Les partis de gauche ont pour vocation de défendre le plus grand nombre , des gens modestes, dont beaucoup sont pauvres voire très pauvres, dont beaucoup sont peu cultivés et dans ces conditions il est très difficile de convaincre , de rassembler et de réunir les moyens nécessaires pour la lutte.
La victoire de la gauche quand elle a lieu est beaucoup plus méritante que la victoire de la droite parce qu’elle découle de bien plus d’efforts et de bien plus de dévouements désintéressés.

Qu’on se le dise !

Un jour pour les forces de progrès européennes

Posté le 23.06.2007 par vivelagauche
Soyez tranquilles l’Europe à laquelle NS se consacre avec tant d’énergie, s’organise au profit des industriels et des banquiers. C’est pour tenir tête aux grands patrons, aux fonds de pension ou aux fonds de placement américains, indiens et chinois que l’Europe doit se doter d’une organisation commune plus efficace qui lui permette de riposter.
Les petits en profiteront aussi car si les entreprises délocalisent c’est le chômage pour les plus faibles et au contraire si les grandes entreprises européennes prospèrent c’est une occasion de retombées positives pour tout le monde. En ce sens on peut évidemment dire que le président défend l’intérêt de tous en s’activant comme il le fait sur la scène européenne.

Il faut dire que la situation de la France avec sa dette, son économie atone, son déficit des comptes publics, son déficit de la balance des paiements, son chômage, ses besoins de financement à l’université, dans la justice, le logement et l’immensité des réformes à faire peut inquiéter et ne doit pas encourager le président à l’immobilisme. On voit mieux maintenant quel temps précieux a été perdu dans les cinq années de la présidence Chirac.

Mais les socialistes et la gauche auraient tort de penser qu’en Europe NS serait autre chose que le représentant des classes possédantes. Il ne faudra pas compter sur lui pour mettre l’accent sur la protection sociale, la défense de l’emploi, la défense du niveau de vie des plus modestes, les libertés publiques, la liberté de la presse et l’expansion de la culture ? Ce serait sans doute lui en demander trop.
Le chantier européen est un terrain de combat pour les socialistes mais ce combat là peut être mené de plus d’une manière. Les problèmes d’organisation et de politique européenne sont ceux du gouvernement car c’est lui qui a le pouvoir de faire et de défaire. Les socialistes en opposants constructifs doivent juger ce qu’il fait et approuver ou critiquer au cas par cas en analysant l’impact des mesures prises sur les classes populaires.

Mais il me semble que le combat prioritaire des socialistes et de la gauche ne se limite pas aux arcanes administratifs ou politiques de la superstructure européenne. Le travail qui s’y fait pour utile qu’il soit est obscur et peu mobilisateur Ils ont mieux et plus urgent à faire, il faut réveiller la gauche européenne doucement endormie dans chacun des pays de l’union. Le repli nationaliste a gagné progressivement tous les pays et s’est accompagné d’un mouvement conservateur perceptible partout. Il est temps que la gauche se définisse comme un mouvement européen et se dote de structures pour intervenir à l’échelle européenne comme un mouvement uni.
Certes la gauche est présente au parlement européen mais les différentes gauches mélangent leur voix avec la droite. On ne peut pas dire que c’est dans l’enceinte de ce parlement que la figure de la gauche européenne prend forme. De même il existe des structures socialistes européennes qui permettent aux grands personnages de se rencontrer en quelques occasions solennelles et aussi de travailler ensemble. Ce n’est pas là non plus que l’on sentira passer le souffle d’une histoire unitaire. En tout cas, à ce jour il n’y pas eu de la part des « sommets » socialistes d’action mémorable qui ait « réveillé » l’Europe.
Il faudrait quelque chose de plus fort de plus rassembleur de plus symbolique pour mettre en marche simultanément l’ensemble des forces de gauches en Europe.
Je propose donc la création d’un jour de fête de la gauche européenne, jour qui permettrait d’organiser des manifestations dans tous les pays, d’organiser des échanges de militants, des meetings communs, des rencontres d’élus et des fêtes populaires avec l’appui des collectivités, des syndicats, des associations, des partis de gauche. Un jour qui célébrerait en même temps l’union de l’Europe et la solidarité des peuples.

Un tel jour devrait être choisi pour que tout le monde puisse y participer sans que cela crée ici ou là des conflits internes. Pourquoi pas le premier dimanche d’octobre ? Toutes les forces de gauche de l’Europe seraient sollicitées pour lui donner de l’éclat, un caractère unitaire et festif.
Voilà une petite idée qui pourrait donner de la visibilité à la gauche européenne et de l’espoir aux peuples.
S’agit - t- il d’un gadget ? On pourrait le penser tant l’idée de proposer une journée de plus dans un calendrier chargé de célébrations et de symboles ne représente pas une démarche innovante. Mais justement si la réalisation de journées est si utile aux mouvements d’idées c’est parce que la cristallisation dans le temps des messages leur donne une plus grande force de pénétration dans l’opinion publique ;
Pour mettre la gauche européenne en mouvement il faut lui donner l’occasion d’exprimer sa force et son unité de manières très visibles et pacifiques et en dehors de tel ou tel conflit où il faudra la mobiliser ; une journée européenne de la gauche est donc un objectif très politique. D’ailleurs cette journée peut être l’occasion de forums, de déclarations de productions d’idées qui enrichiront un projet commun en construction
.

"service minimum" piège à gauche ou à droite ?

Posté le 22.06.2007 par vivelagauche
Le « service minimum » est un sujet sur lequel la droite racole et la gauche se tait. Tout simplement parce qu’il concerne des conflits sociaux bien particuliers.
Les grèves des transports en commun concernent des employés de services publics plus ou moins directement gérés par des collectivités territoriales investies d’une mission d’intérêt général. Dans les conflits avec la SNCF c’est l’État lui même qui se trouve en arrière plan de l’entreprise. Toutes ces entreprises bénéficient d’une situation de monopole. Les conflits ont des conséquences directes sur les citoyens qui sont aussi des usagers et qui appartiennent aux catégories les plus modestes de la population.

Dans les conflits hospitaliers les personnels de santé s’opposent à la puissance publique investie d’une mission de santé publique et mettent en péril les conditions de soins et de traitements des malades qui sont des citoyens ordinaires en position de faiblesse liée à la maladie.
Dans l’enseignement les personnels affrontent la puissance publique investie de la mission d’éducation et ils mettent en péril la formation ou parfois la sécurité des enfants des citoyens toutes classes confondues.

Il est évident que ces conflits sortent des schémas théoriques de la grève telle qu’elle est généralement perçue dans l’opinion et conçue dans le discours révolutionnaire.
La « bonne grève » oppose l’ensemble des travailleurs d’une entreprise unis face à un adversaire qui est bien identifié, c’est le patron propriétaire du capital et à ce titre prédateur des profits de l’entreprise à son bénéfice exclusif et au détriment de la part concédée au monde du travail. Les conditions de travail contestées sont imposées dans le but de maximiser les profits et de réduire les coûts sans considération pour les souffrances imposées aux travailleurs.

Inutile de dire que ce schéma ne s’applique pas directement, il prend même un aspect provocateur à son énoncé. Pourtant le premier effort des syndicats dans les services publics est de faire comprendre que le donneur d’ordre qu’il soit l’état, une collectivité territoriale ou autre et du moment qu’il est le dirigeant de l’entreprise adopte une posture de patron. Il essaiera d’obtenir des salariés un service maximum à moindre coût. D’où parfois l’utilisation du raccourci « état patron » pour désigner la puissance publique dans un rôle de chef d’entreprise se comportant comme tel à l’égard de ses employés.

Cependant ce raccourci a des limites, le pouvoir politique ne se comporte jamais avec ses employés comme le patron d’une entreprise. Les conflits et les lignes de partage sont plus subtiles, par exemple dans l’enseignement les rigueurs du service seront inégalitairement réparties. Les salaires et la stabilité progressent avec l’ancienneté et les conditions de travail très difficiles imposées aux nouveaux. Plutôt que d’affronter l’ensemble de ses personnels, l’état divise, crée des catégories , des statuts, des niveaux, bonifie l’ancienneté bref se débrouille pour créer des lignes de partage et de rivalité dans ses personnels qui lui permettent d’empêcher l’union , l’action commune de ses personnels.

Dans ces conflits la gauche se trouve en grande difficulté qu’elle soit ou non au pouvoir. Soit elle politise le conflit en s’en prenant directement au pouvoir politique qu’elle accuse de politique antisociale au sens large, soit si elle est elle même au pouvoir elle se doit d’adopter au plan politique une attitude compréhensive qu’elle ne pourra concrétiser en qualité de patron sans y laisser des plumes par des concessions excessives au détriment de la puissance publique>.

Tout simplement il est nécessaire de tenir à gauche un discours plus clair sur les conflits sociaux.
D’une part les conflits qui se déroulent dans une entreprise qui opère dans un domaine concurrentiel, avec un patron privé relève d’un schéma traditionnel dans lequel les intérêts du patron et ceux des salariés sont objectivement divergents en ce qui concerne le partage des profits et les conditions de travail ;
La grève qui pèsera sur le patron et ne généra pas les clients est un moyen légitime pour défendre les intérêts du personnel.

Par contre lorsque l’entreprise est chargée d’une mission d’intérêt général, qu’elle se trouve dans son domaine en situation de monopole protégé par la réglementation, que les effets de la grève touchent en priorité le public populaire ou les plus faibles, les conditions du conflit appellent une réflexion particulière.

La première remarque est de bien souligner que même dans les cas les plus caractérisé de service public, avec des conséquence possibles sur des populations vulnérables, le principe du droit de grève ne peut être contesté.

Le deuxième aspect est de souligner que dans les activités d’un service public toutes les activités ne sont pas « de service public ». par exemple dans un hôpital, la facturation, le balayage du jardin, la cantine du personnel, l’entretien au sens large ne sont pas des obligations de service public. Par contre les soins aux malades présents, les urgences, le maintien d’une hygiène suffisante le sont sans aucun doute.

Tout ce qui ne relève pas du service public relève du droit commun de la grève.

Une fois délimité le service public proprement dit ,il faut poser comme principe que l’intérêt public et l’intérêt du public ont des effets limitants sur les modalités d’exercice de la grève.
Lorsqu’une grève des transports est annoncée à l’avance et qu’elle est connue, personne ne peut parler de prise en otage puisqu’ ayant connaissance de la grève, chacun pouvait prendre ses dispositions pour en éviter les effets.
Le problème se pose du fait de la situation de monopole : Si quelqu’un doit faire tous les jours un déplacement donné et si les transports en commun sont le seul mode de transport adéquat, le déclenchement d’une grève aura des effets sur le public qui ne peut que subir la grève sans avoir les moyens de négocier et d’y mettre fin.
On voit comment dans ce cas là les grévistes mettent dans l’inconfort les citoyens pour faire plier la collectivité en charge de l’intérêt public.

Politiquement la gauche n’a aucune raison de se laisser piéger d ans un discours inconsidéré qui l’amènerait à prendre position pour des travailleurs certes mais contre les intérêts du reste de la population et donc des classes populaires et moyennes.
Malheureusement les syndicats de fonctionnaires sont très bien représentés dans les partis de gauche et exercent un lobbying efficace qui a pour effet d’obliger nombre d’hommes politiques à prendre leur défense en toutes circonstances. Il s’ensuit des querelles publiques dans lesquelles la droite défend les classes populaires modestes et la gauche se trouve en situation d’avoir à défendre des catégories de fonctionnaires ou de salariés perçus comme des privilégiés par la plus grande partie de la population.
Évidemment dans ces conditions la mobilisation ultérieure des classes populaires contre les détenteurs de capital fait long feu. Ces conflits sont donc un véritable piège politique pour les partis de gauche qui pour conserver une clientèle ciblée se disqualifient auprès de la masse des électeurs.
Le gouvernement en imposant un service minimum se donne le rôle de défenseur des usagers, des pauvres face à des privilégiés. C’est un rôle qu’il n’abandonnera pas facilement tant il est politiquement utile pour faire oublier combien il est au service des possédants comme il l’a montré par exemple avec le paquet fiscal récemment décidé.

Il convient donc à gauche d’adopter comme un principe que s’il est admis que l’intérêt général puisse primer sur les intérêts particuliers, il faut considérer que dans certains cas l’intérêt général prime sur l’exercice d’un droit collectif de grève concernant certaines catégories de salariés. Et que par conséquent dans le cas d’un service public monopolistique le droit de grève peut être encadré par des règles qui relèvent de l’intérêt général.
Enfin le dialogue social et la prévention des conflits doivent être au cœur des propositions de la gauche pour traiter ce genre de problèmes.

Aucun pouvoir public ne peut accepter qu’un malade soit abandonné sans soins, un enfant sans surveillance, un passager en pleine nature. Le droit de grève doit donc prévoir les modalités d’organisation ( information préalable,dispositif de sécurité ) qui permettent d’éviter ces conséquences.


Le service minimum que le gouvernement veut imposer dans les transports relève du souci d’éviter les effets économiques au sens large des grèves des transports. En fait son intention n’est pas de protéger les passagers de toute gène . Non , son souci n’est pas si humain. ce qui l’intéresse c’est que les gens puissent aller au travail et qu’ils ne puissent plus, quelles que soient les conditions réelles de transport, se justifier d’une absence en invoquant des faits de grève dans les transports en commun. Le discours est très axé sur la défense des braves gens, la réalité très différente quand même fait la part belle au souci de contraindre les travailleurs à se rendre à leur travail.


On peut d’ailleurs parier que cette loi ne résoudra rien car en créant des conditions draconiennes pour la grève elle permettra le développement de tensions internes qui mettront plus de temps à s’exprimer et se traduiront par des mouvements de révolte plus violents.
La rénovation du Parti Socialiste suppose que l’on sache faire une analyse fine des conflits sociaux et que les conflits mettant en cause un responsable de l’intérêt public, ses employés, et les usagers ne soit pas ramené au schéma du conflit patron- ouvriers avec ses stéréotypes qui se traduisent par une langue de bois répulsive pour la plus part de nos concitoyens.
Les usagers ne sont pas d’affreux capitalistes et on ne les mobilisera jamais contre eux mêmes.
Il faut donc faire des propositions nouvelles pour permettre à ces conflits de se dénouer dans un esprit constructif.

Posons quelques principes :

Quel que soit le conflit quel que soit l’employeur, le droit de grève est un principe général

Si l’entreprise est un service public en situation de monopole, les activités qui n’ont pas d’impact sur le confort du public, relèvent du droit de grève ordinaire.

Le comportement d’un service public en qualité de patron à l’égard de ses employés n’est pas à priori meilleur que le comportement de n’importe quel patron cherchant à faire des profits.

Le service rendu au public ne peut être interrompu si aucune mesure d’avertissement n’a été largement utilisée pour permettre au public de se passer du service rendu sans en subir une gêne significative.

Par exemple une grève des transports annoncée et de courte durée est légitime. Une grève des transports spontanée n’est spas légitime ? Une grève des transports de longue durée pèsera sur le public qui ne pourra se soustraire aux inconvénients induits, elle n’est pas légitime.
En même temps, l’histoire montre que les grandes grèves sont parfois utiles pour faire reculer un pouvoir qui s’aveugle. Dans l’éducation nationale,chaque ministre y va de sa réforme tonitruante avec des conséquences non évaluées dont les effets mettront cinq ans à être visibles. Les seuls qui peuvent faire une analyse technique des mesures prises ce sont les enseignants, assez déconsidérés dans l’opinion et donc inaudibles du public. Le seul moyen véritable dont ils disposent pour se faire entendre c’est la grève. Leur interdire le droit de grève sous prétexte qu’ils effectuent un service public aurait pour conséquence de donner carte blanches aux ministres successifs ce qui ne manquerait pas d’entraîner un effondrement rapide du système éducatif.
Il faut donc que les enseignants quand ils l’estiment nécessaires puissent se mettre en grève.

Mais les grèves prolongées dans l’éducation compromettent sérieusement les années scolaires de millions d’élèves et cela est souvent irrécupérable pour une génération entière.
Il convient donc de mettre en place des dispositifs de dialogue qui arrêtent la grève au bout d’un certain temps et fassent obligation de rechercher un compromis. Si celui ci n’est pas trouvé la grève pourra reprendre mais des moyens d’exposer largement le conflit à l’opinion publique doivent être prévus.

L’idée de rendre la grève moins nécessaire en prenant l’opinion publique à témoin est séduisante. Malgré tout l’opinion publique peut être manipulée par le pouvoir, non technicienne il se peut qu’elle apprécie mal les enjeux. Le droit de grève reste donc une nécessité pour que les salariés des services publics puissent revendiquer dignement et efficacement.

Des dispositifs de prévention, d’alerte, de service « minimum » sont légitimes pour réguler au mieux le système avant tout recours à la grève.
Ceux que le gouvernement prépare doivent être jugés avec pragmatisme. Rejetés quand ils sont destinés à exercer des pressions sur les employés et à affaiblir les syndicats. L’idée d’un vote personnel de la grève 48 h avant son déclenchement est une mesure cousue de grosse ficelle destinée à faire peur .

réforme des universités de gauche et de droite

Posté le 22.06.2007 par vivelagauche
La réforme des universités est un domaine dans lequel se dégage à priori un consensus politique. Tout le monde est d’accord pour dire que la situation actuelle ne peut pas se perpétuer tant elle présente d’inconvénients. L’université est ouverte à une très grande partie de chaque classe d’âge mais un grand nombre d’étudiants échouent en première ou deuxième année. La situation n’est pas toujours meilleure pour les autres puisqu’un nombre non négligeable de diplômés sortent de l’université avec une licence ou un master qui ne leur assurent aucune perspective professionnelle. Les licenciés d’histoire, de psycho, d’histoire de l’art qui en sont réduits après des années d’études au chômage, sont légion. Il y a pire des docteurs en biologie qui ont du mal à trouver un emploi cela existe aussi.
Simultanément, on constate que les carrières proposées aux meilleurs doctorants et chercheurs sont souvent insuffisantes ce qui les incite à partir ailleurs.
C’est donc d’une réforme d’envergure dont l’université a besoin.

Que souhaite la droite pour l’université française ? Ce n’est peut être pas uniquement dans les déclarations officielles qu’il faut chercher les réponses. Il y a eu pendant la campagne nombre de personnalités qui se sont exprimées et à travers les propos des uns et des autres le contenu de la réforme en gestation a pris corps.

Il est évident que l’autonomie est l’habit dans lequel tout le reste doit se cacher. L’idée est d’ailleurs séduisante tant la gestion centralisée de l’état a fait son temps dans le domaine universitaire comme dans d’autres.

Des contenus sérieux font partie du non dit actuel du moins au niveau ministériel. Il y a :
La sélection à l’entrée ou dans le cursus
L’augmentation sensible des droits d’inscription annuels
La mise à disposition des entreprises à coût réduit des moyens de recherche du secteur public au travers d’une « coopération » public(universités) –privé (entreprises)

Ces mesures ont pour but de faire des économies, de permettre un fonctionnement plus efficace des établissements universitaires et de fournir aux entreprises des moyens de progrès technique à un moindre coût.

Avec ces objectifs, on peut imaginer plusieurs réformes .L’une d’elles peut consister à mettre en place des universités à deux ou trois vitesses :

Des établissements sélectionneront sévèrement les étudiants avec des droits d’entrée élevés pour des cursus d’excellence qui seront financés par l’état et par les entreprises intéressées.
D’autres établissements seront ouverts au plus grand nombre avec moins de sélection des droits plus bas et des diplômes de plus bas niveau qui ne conduiront qu’à des métiers moins rémunérés voire au chômage.
Le contrôle national des diplômes n’assure en rien qu’il n’en sera pas ainsi car les universités ne prépareront pas nécessairement les mêmes diplômes.
Cette réforme présente un inconvénient elle crée un système qui existe déjà avec le partage des effectifs entre universités et grandes écoles. Elle n’évite pas le gaspillage ni les formations inutiles. Elle a un avantage, elle est socialement facile à faire passer ; dans la mesure où elle maintient une illusion égalitariste tout en mettant en place un processus de discrimination sociale efficace.
Elle représente le compromis politique le plus tentant pour un gouvernement qui voudra éviter un conflit majeur avec les jeunes.

Une réforme plus difficile serait de fermer l’entrée de l’université à tous ceux qui y accèdent dans les conditions actuelles mais qu’on voudrait en écarter, par des conditions de sélection et de droits d’entrée dissuasifs. Dans ce cas où iront tous ces jeunes qui ne sont pas formés pour s’insérer dans le marché du travail ?
Une telle tentative en l’état actuel de l’économie serait suicidaire car elle mettrait « à la rue » une bonne partie de chaque classe d’âge. Même NS ne s’y risquera pas.

Tout au plus l’aggravation des conditions sociales des étudiants seront elles utilisées comme moyen de pression pour dissuader les pauvres de continuer. Il faut donc s’attendre dans les médias à une rhétorique en boucle sur des thèmes du type « le mérite est aidé », ceux qui ont des difficultés « doivent faire des efforts et ne pas se complaire dans la paresse». On verra donc apparaître les « bourses au mérite » et des slogans exaltants « récompense du travail, de l’effort ».Dans le même esprit la défiscalisation des revenus des étudiants qui travaillent est une mesure à bon compte pour exalter « l’effort des études associées au travail ».Alors même que l’on sait que travailler pendant les études est un handicap sérieux.

La vraie réforme de l’université, celle que la gauche doit défendre c’est celle qui prend en charge l’ensemble des jeunes.
La mise en place de mesures sociales d’accompagnement des jeunes issus des milieux modestes est indispensable pour leur permettre de réussir. Chaque jeune doit voir s’ouvrir devant lui une perspective de formation et d’emploi. Mais cela doit se faire sans à priori et sans tabous. L’université est un lieu où la sélection par le diplôme, par l’excellence est légitime. Il ne s’agit pas de donner les mêmes diplômes à tout le monde mais de permettre à chacun de trouver une filière où il puisse s’accomplir. Le coût des formations, le prix personnel et collectif des échecs justifie que des principes d’orientation limitent les possibilité de chacun de s’inscrire et de poursuivre envers et contre tout telle ou telle formation. Il ne faut pas oublier que les formations inutiles sont équivalentes à du chômage déguisé. Il faut enfin que chaque formation conduise à une adaptation professionnelle immédiate ou relevant d’une formation définie complémentaire existante.
Cependant cette exigence comporte pour les pouvoirs publics l’obligation de mettre en place un véritable «service de l’orientation » capable d’étudier cas par cas le profil de chaque élève ou étudiant et de l’orienter avec efficacité. Ce n’est pas le cas aujourd’hui car les services de l’orientation sont très défaillants et ont parfois un comportement des plus cyniques. Dans les conseils de classe des lycées, il n’est pas rare que les élèves soient orientés vers des filières sans issue uniquement parce que, si les emplois n’existent pas, les formations, elles, existent.
La sélection ou l’orientation par les pouvoirs publics peuvent être sources de dégâts considérables. Les aléas du numerus clausus médical montrent ce qui pourrait se produire si l’orientation était d’une manière générale entièrement décidée par la puissance publique.

Les universités s’efforcent de prendre en charge les élèves de première année et imaginent toutes sortes de remises à niveau palliatives. Mais on voit bien que le problème ne sera pas résolu si on ne traite pas en amont la manière dont l’enseignement secondaire délivre le bac à quasiment toute une classe d’âge. Un même diplôme recouvre des aptitudes et des niveaux si différents qu’il n’est plus un instrument d’orientation sérieux.
Il est assez étonnant d’observer que si d’une part l’ensemble des jeunes ont le bac, le nombre de ceux qui s’estiment en mesure de poursuivre des études universitaires dans les matières scientifiques (mathématiques, physique) diminue sans cesse comme si les lycéens sentaient confusément que la préparation qu’ils ont subie ne suffisait pas pour leur assurer une réussite sans problème dans le cursus universitaire. Pour la même raison on observe que de nombreux lycéens parmi les plus brillants préfèrent s’orienter dans les enseignements courts en IUT.
Mais il faut dire aussi que les contenus d’enseignement des universités se font remarquer par la pauvreté des horaires et la maigreur des contenus (quel qu’en soit le niveau) en comparaison des formations proposées en IUT ou en école d’ingénieur. On peut dire qu’avec les mêmes aptitudes et avec le même goût pour le travail, l’étudiant qui se retrouve en université se trouve largement désavantagé par une prise en charge légère, un horaire d’enseignements ténu , un calendrier universitaire atrophié. Bref les moyens de formation qui lui sont consentis sont faibles.

Une des premières choses à faire est donc de doper les cursus universitaires en première et deuxième année avec un contenu transversal utile dans tous les métiers qui va rendre un peu moins limitée la formation. Ce packaging pourrait comprendre des langues, du droit, des techniques de communication, de commerce, d’audiovisuel, d’informatique,etc..
Des stages en entreprise doivent être prévus pour tous dès le début pour les confronter avec le monde de la production et des applications techniques.



Le bac permet d’entrer à l’université mais chaque bifurcation vers le monde du travail devrait pouvoir se trouver favorisée par un dispositif de formation professionnelle qui s’appuis sur ce qui a été fait en université.
Il est assez déplorable de constater aujourd’hui que l’enseignement secondaire ne prépare pas sérieusement à des études universitaires et de même que lorsque les études universitaires sont interrompues, la formation professionnelle n’est pas en mesure de tirer profit de ce qui a déjà été fait dans l’enseignement général.
Il est indispensable d’insérer ces trois éléments, lycée, universités, formation professionnelle dans une réflexion commune.

Le retour à un lycée sélectif n’est plus imaginable, mais la mise en place de sections différenciées plus nombreuses est une urgence. Il ne s’agit pas de définir des filières ou on travaille et des filières « de paresse ». Il s’agit de définir des filières où on fait des choses différentes. Les mathématiques théoriques ou le grec ne sont pas forcément faits pour tout les monde mais il existe des mathématiques appliquées et de l’informatique et on peut définir différents contenus et différents niveaux de difficulté. Cela sans préjuger d’un autre problème qui est de remettre l’ensemble des lycéens au travail. On ne peut y parvenir sans lutter contre le mouvement « pédagogiste » qui postule que n’importe quel élève est doué pour n’importe quel cursus et que si l’élève échoue c’est nécessairement la faute du maître et de sa méthode pédagogique. Cette croyance a eu des effets remarquables, elle a conduit à des efforts considérables de la part des enseignants et à des progrès concomitants dans les méthodes d’enseignement. Elle a malheureusement aussi donné aux parents le sentiment que l’enseignant est toujours l’unique responsable de l’échec de l’enfant. Et elle a infantilisé l’élève dans une posture d’innocent irresponsable. Ce qui se traduit par un manque de responsabilité et de travail funestes.
La formation professionnelle est un domaine géré par les régions alors que l’apprentissage relève des chambres de commerce. On constate que ces secteurs qui devraient être complémentaires entre eux mais aussi avec les enseignements secondaire et universitaire, pour que les formations qui se suivent se complètent sont en réalité indépendants et fonctionnent en toute ignorance les uns des autres. La mise en place d’une structure de concertation chargée de créer de la cohérence dans ces différents domaines semble donc indispensable.
La réforme de l’université ne peut donc être totale si on n’entreprend pas simultanément celle de la formation professionnelle qui devra prendre en charge dés leur sortie ou plus tard les étudiants sortis du cursus universitaire. Développer une plus grande porosité entre universités et formation pressionnelle s’impose.

Dans un premier temps, si elle ne tient pas compte de tous le paramètres évoqués, une réforme des universités aura une bonne chance de mettre le feu aux poudres en rendant évident ce qui n’est aujourd’hui que soupçonné le fait que pour une proportion non négligeable des jeunes étudiants l’université n’est qu’une sorte de voie de garage en attente du premier emploi.
Si l’économie est en phase de croissance le surplus d’étudiants réorientés vers l’emploi trouvera à s’insérer mais si l’économie reste atone, il se retrouvera devant des perspectives de chômage et il n’est pas exclu que cela entraîne des mouvements de révolte.

La nécessité d’une réforme est pourtant reconnue par tous et le diagnostic assez partagé mais les objectifs de la droite et de la gauche ne sont pas les mêmes. Le libéralisme s’accommode assez bien de structures inégalitaires où les plus riches pourront à leur profit reproduire l’ordre social qui les favorise. La gauche ambitionne que l’espace du savoir soit celui de l’égalité et de l’ascenseur social. Toutes deux veulent une organisation efficace qui fournisse à la France les savoirs et les hommes nécessaires à la croissance économique et au maintien du pays dans un rang honorable de la compétition mondiale.

Il est aussi important de savoir si les universités ont en elles mêmes les ressorts d’une réforme efficace ? Existe t-il en leur sein des enseignants et des administratifs capables de prendre à bras le corps l’ensemble des problèmes assez considérables auxquels l’université en réforme va devoir faire face ? Ce n’est pas la moindre question. Pour espérer réussir le gouvernement devra dans tous les cas les mobiliser en leur expliquant ce qu’il entend faire en obtenant leur adhésion et une participation active aux réformes.

Mettre en place une plus grande collaboration entre les entreprises et l’université est de bon sens pour maintenir au niveau le plus haut possible la productivité des entreprises et développer l’offre dans les secteurs de pointe. Mais il faut que l’université garde une entière liberté d’action dans le domaine de la recherche fondamentale. Il serait dangereux que tous les crédits donc tous les axes de recherche soient pilotés par les entreprises dont les objectifs sont influencés par des problèmes économiques et technologiques qui relèvent du court terme.

La mondialisation crée au niveau international une compétition scientifique et technique qui met en demeure les entreprises de se moderniser en permanence. Ce progrès technique suppose que les formations des acteurs du monde du travail, qu’ils soient cadres, ingénieurs, techniciens ou même simples exécutants relèvent d’un système dans lequel les savoirs, les idées, les techniques soient diffusées à chaque niveau et créent une connivence culturelle intense. C’est donc de la formation dans son ensemble qu’il faudrait débattre et non pas de l’université seule.
L’autonomie des universités permettra d’expérimenter des évolutions novatrices à condition qu’elle s’interdise d’enfermer les uns dans l’excellence et les autre dans la médiocrité.
Cela suppose que l’État se dote d’un outil d’intervention pour contrôler, noter, conseiller et surtout sanctionner les universités qui ne respecteront pas ce pacte républicain.

Bon courage Madame Fadela

Posté le 19.06.2007 par vivelagauche
On doit faire crédit à Mme Fadela Amara ( Et c'est bien la seule) de sa sincérité lorsqu’elle déclare qu’elle accepte d’entrer au gouvernement pour « faire enfin quelque chose ». Quand on mène pendant une vie entière un combat qui vous transcende, comment ne pas être tentée par le pouvoir, la possibilité pour la première fois de se trouver du coté du manche, et de se dire qu’on va pouvoir poser des actes, des lois, des projets qui vont changer en profondeur les rapports humains.

Doit –on aussi lui faire un procès de naïveté politique ? Sans doute car les intérêts des électeurs de NS, de ses amis politiques, du monde des affaires qui l’entourent sont à des lieues de ceux que Mme Fadila Amara veut prendre en charge. Ce qui la menace c’est un rôle de faire valoir, destiné à créer l’apparence d’une politique et la fiction d’une action.

Mais NS a tant à se faire pardonner des banlieues. Comment oublier que c’est en dressant la France droitière contre elles qu’il s’est fait élire ? Et de plus il n’est pas exclu que les rapports de police ou des renseignements généraux que nous ne lirons jamais dans la presse soient alarmants. La nécessité de donner à son régime une apparence d’humanité a du peser sur ses choix qui sont le fruit d’un calcul politique et non pas d’un caprice ou d’un soudain accès de bonté du prince.

Mais en même temps « Bravo l’artiste » Il y a tellement longtemps que je pense que rien ne peut se faire dans les banlieues sans que le pouvoir politique qui les concerne revienne à ses habitants que je ne puis qu’approuver cette nomination.(Même s'il y a déjà une polémique pour savoir si elle est vraiment issue de la banlieue)

Depuis longtemps on s’est posé à gauche et en particulier au PS le problème de la réforme de la démocratie locale comme en témoignent de nombreux travaux visibles sur le net appartenat aux courants VIe république. Dans une approche voisine j’avais personnellement pensé qu’il fallait d’urgence promouvoir une nouvelle collectivité territoriale « de quartier » munie de prérogatives suffisantes afin que des citoyens issus du quartier élus démocratiquement et investis de la légitimité du suffrage universel soient les gestionnaires de l’organisation du quartier, des fonds public et les exécutants des projets de développement les concernant. En France seuls ceux qui possèdent l’onction du suffrage universel sont légitimes pour représenter des populations.

Ces idées, ces propositions, je les ai développées comme sans doute bien d’autres militants, dans ma section et dans ma fédération, bien avant les élections et la crise des banlieues de 2005, et elles sont allées, comme tant d’autres, à la poubelle. Le pouvoir municipal en France est un tel enjeu qu’il est très difficile d’y toucher. On doit pourtant s’interroger sur un paradoxe : les villages de cent habitants ont un maire et un conseil municipal, les quartiers de dix mille habitants ont souvent tout au plus une assemblée consultative sans pouvoir.
Le PS est un parti d’élus et bien qu’il existe des courant de pensée interne qui analysent sans complaisance la situation actuelle , toute proposition de réforme est d’abord perçue comme une menace pour des situations acquises.

NS propose une formule choc : plutôt que de se donner des structures locales où les pauvres sont représenté c’est carrément quelqu’un qui représente les banlieues qui tient le ministère de la ville.
Si Mme Fadela Amara n’est pas capable de réellement réformer le droit communal pour permettre aux quartiers d’exister, l’argent qu’elle mettra dans sa politique de la Ville transitera par les pouvoirs municipaux bourgeois, par les associations bien pensantes et il ne se passera rien de nouveau.
Bon courage même si mon scepticisme vous accompagne.

la réforme à tous les étages

Posté le 19.06.2007 par vivelagauche
La réforme à tous les étages

Quand la droite fait la morale et nous traite de gauche ringarde, quand elle nous invite à nous moderniser, à nous réformer, à abandonner les logiciels périmés du XIXe siècle, j’ai un doute. Quand à gauche, l’appel à la réforme jaillit de toutes parts, je m’inquiète encore davantage. Partout je discerne des intérêts, des clans, des écuries, des courants qui tout à coup font feu de tout bois et veulent tout réformer. Sauf que les idées exprimées par chacun sont totalement prévisibles, déjà entendues, déjà répétées cent fois et que la réforme est surtout proposée aux autres.
De plus jamais une autocritique, jamais un tout petit reproche adressé à soi même, un aveu de responsabilité dans la déroute collective. Les coupables, bien sûr, ce sont les autres, les archéos, les ringards, l’autre camp quoi !
Déjà on commence à rejouer dans la cour de récréation de l’entre deux présidentielles, la bataille du chef. Le projet comme porte drapeau du courant, le catéchisme comme cadeau bonus à l’adhésion au nouveau grand homme.
Cette bataille infantile du pouvoir pour le pouvoir sans scrupules sans le moindre sens de l’intérêt de la gauche, cette bataille acharnée, fratricide, elle s’étale devant nous déjà sans honte , sans scrupules comme si le simple fait d’avoir sauvé un mandat de député procurait à quelques uns tous les droits.
Il faut leur dire, leur répéter, leur crier que nous n’avons pas voté pour eux, nous avons voté pour la gauche contre la droite.
Les électeurs de gauche ont élu avec la même fougue, les nouveaux, les inconnus comme les anciens et les vedettes. Ils ne comptent pas autant qu’ils le croient, ce n’est que parce qu’ils étaient des porte drapeaux d’une cause qui les dépasse qu’ils ont été élus.
Ces leaders sont si intelligents, et nous sommes si bêtes, ils veulent penser pour nous et nous proposer un kit du prêt à penser militant pour que nous soyons encore et toujours de petits parfaits socialistes. Allons nous accepter ?
N’en doutons pas, dans la vulgate, les slogans tels que « la parole aux militants » figurent en bonne place.

Lorsque la messe sera dite et que l’un d’entre eux, le(a) plus adroit(e), aura raflé la mise, on nous fera voter et nous approuverons à 80% des militants le « projet rénové » du parti socialiste comme nous avions approuvé il y un ou deux ans, je ne sais plus, le « projet socialiste » dont j’ai devant moi 500 exemplaires qui dorment sur une étagère car ils furent périmés avant même que la section soit en mesure de les tracter.
Le mieux serait peut être de revenir à l’ancien programme, cela permettrait de recycler tout ce papier plutôt que le gâcher.

2e tour des législatives et tva sociale

Posté le 17.06.2007 par vivelagauche
Est ce un sursaut? un correctif ? une fatigue du corps électoral? Une inquiètude diffuse à cause de la TVA sociale et de la franchise santé? Une petite vengeance du front national ? Une salade composée de tous ces ingrédients? Qui le dira réellement?
La gauche sauve les meubles. Tant mieux! Bravo !
Mais atttntion cette défaite contenue n'est pas notre victoire, c'est encore une victoire de la droite conséquence inévitable et secondaire de l'élection présidentielle.
Le quinquenat et l'ordre du calendrirer ne laissent que des miettes à celui qui perd l'élection présidentielle.Les commentaires de circonstance ne changent rien à l'affaire.
Déjà nos leader réélus font claquer les invectives, prennent leurs marques et se préparent à rejouer la mortelle partie qui nous a conduit là.
Et dans cette cacophonie, celui là d'expliquer tout le mal qu'il pense de l'infâme TVA alors que la question ne se pose plus en ces termes.La TVA cruelle c'était hier pour exploiter légitimement contre le gouvernement le malaise que tout alourdissement de l'impôt suscite légitimement.Mais l'élection législative est finie et le devoir impératif des socialistes est de ne pas à nouveau transformer en dogme orthodoxe intouchable une posture de circonstance adoptée à la veille des élections.La TVA sociale comme tout le reste doit faire l'objet chez les dirigeants, mais aussi chez les militants d'un débat documenté pour évaluer avantages et inconvénients techniques et politiques et étudier les alternatives possibles. Ne pas de nouveau s'inventer des articles de catéchisme socialiste là où ils ne sont pas nécessaires, semble de bon sens.
le gouvernement va certainement appliquer cette mesure avec des pincettes et des taux millimétriques et la gauche aura tout son temps d'évaluer l'avantage économique ou politique de la mesure.

De grâce au moment où nous sortons de cette défaite qui nous aussi épuisés qu'une victoire, laissez nous penser.

mauvais temps pour les palestiniens

Posté le 16.06.2007 par vivelagauche
Une chose est claire dans la politique israélienne de ces dernières années, c’est qu’une partie non négligeable de la classe politique et de la population israélienne n’ont pas renoncé a annexer une partie ou la totalité de la Cisjordanie. Le discours officiel est axé sur la sécurité d’Israël concept qui rallie les grandes puissances et entraîne l’adhésion de la majorité des états de la planète. Ce discours justifie les guerres préventives, les opérations militaires isolées, les meurtres de palestiniens terroristes sans jugement, sans respect d’aucune règle de droit. Ce discours autorise une occupation militaire très dure de territoires, bref il permet tout. Mais pendant ce temps Israël avec les colonies, le mur et toutes sortes de processus discrets et progressifs mite peu à peu la Cisjordanie de colonies, d’implantations et de bases militaires.

Cette politique ne peut pas avoir d’autre objectif que d’éloigner progressivement les palestiniens de leurs terres et d’élargir à terme les frontières d’Israël.
Face à cette violence d’état et aux conditions de vie épouvantables qu’ils subissent, les palestiniens ne sont pas en état de construire une stratégie pour se défendre et pour assurer la viabilité d’un futur état palestinien.
Les extrémistes du Hamas les font rêver d’une victoire impossible mais les entraînent vers de cruelles défaites. Comment ne pas voir que donner le pouvoir à ce mouvement c’est se rendre infréquentables par les égyptiens et les saoudiens menacés dans leurs propres pays par des mouvements islamistes.
Seuls l’Iran et la Syrie peuvent trouver intérêt à voir des palestiniens extrémistes au premier plan. Pour les iraniens c’est un moyen parmi d’autres de contenir les américains en élargissant encore la vaste crise qui d’Afghanistan, en Irak, au Liban et maintenant en Palestine tétanise la diplomatie américaine et cloue leur armée dans une occupation stérile. Cette crise élargie est une assurance de la paralysie des USA qui ne pourront pas réagir efficacement pour les empêcher de se doter de l’ arme nucléaire.
Pour les syriens la crise consolide un régime dictatorial qui ne survivrait probablement pas à une pacification de la région. Dans une situation si confuse les tensions internes passent inaperçues.
Pour les palestiniens la situation semble désespérée : Les israéliens ont littéralement mité la Cisjordanie (Le journal Le Monde a publié une carte très documentée qui ne laisse aucun doute sur l’importance du phénomène) au point que la notion d’état palestinien se trouve remise en cause. L’éclatement de la société palestinienne, l’apparition d’un vaste mouvement extrémiste vont leur aliéner la sympathie internationale qui est le seul atout qui leur reste.
Les extrémistes du Hamas tablent sur l’aide de l’Iran et de la Syrie, sur une guerre d’usure qui progressivement les ferait gagner .Ils croient encore qu’ils ont les moyens, à terme, avec l’aide de l’Iran, de gagner le combat contre Israël. L’intervention israélienne au Liban de l’été dernier avec ses maigres résultats militaires leur a sans doute laissé espérer que l’armée israélienne n’est plus aussi invincible que par le passé. Les roquettes tirées dernièrement doivent encore les conforter dans ce sentiment.
Cette politique du pire a-t-elle une chance de succès ? Elle peut aussi permettre aux israéliens de venir a bout de leur projet d’annexion de la Cisjordanie sous prétexte de se défendre. Quant à la bande de Gaza , je pense qu’Israël a définitivement renoncé à une annexion ou un contrôle et nul doute qu’à terme elle tombera sous une forme ou sous une autre sous la domination de fait de l’Egypte. Les égyptiens ne pouvant tolérer que si prés de chez eux il existe un foyer d’islamisme contagieux.

Pour échapper au piège que l’histoire leur tend les palestiniens devraient retrouver leur unité, rester sur une ligne modérée ce qui permettrait de négocier avec l’appui des européens un micro état plus ou moins réduit car c’est tout ce qui reste de la Palestine. Tant que le conflit durera Israël progressera dans les territoires à leur détriment.

L'histoire de demain n'est pas écrite, envers et contre tout ,il faut espérer que les palestiniens sauront retrouver une unité nécessaire et se donner des dirigeants qui se convertiront à une politique réaliste. Aprés tout de Gaulle lui même avait pris le pouvoir pour maintenir l'Algérie française avant de faire approuver par référendum les accords d'Eian. C'est l'apanage des grands hommes d'aider les peuples à retrouver une route praticable!

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