La réforme à tous les étages
Quand la droite fait la morale et nous traite de gauche ringarde, quand elle nous invite à nous moderniser, à nous réformer, à abandonner les logiciels périmés du XIXe siècle, j’ai un doute. Quand à gauche, l’appel à la réforme jaillit de toutes parts, je m’inquiète encore davantage. Partout je discerne des intérêts, des clans, des écuries, des courants qui tout à coup font feu de tout bois et veulent tout réformer. Sauf que les idées exprimées par chacun sont totalement prévisibles, déjà entendues, déjà répétées cent fois et que la réforme est surtout proposée aux autres.
De plus jamais une autocritique, jamais un tout petit reproche adressé à soi même, un aveu de responsabilité dans la déroute collective. Les coupables, bien sûr, ce sont les autres, les archéos, les ringards, l’autre camp quoi !
Déjà on commence à rejouer dans la cour de récréation de l’entre deux présidentielles, la bataille du chef. Le projet comme porte drapeau du courant, le catéchisme comme cadeau bonus à l’adhésion au nouveau grand homme.
Cette bataille infantile du pouvoir pour le pouvoir sans scrupules sans le moindre sens de l’intérêt de la gauche, cette bataille acharnée, fratricide, elle s’étale devant nous déjà sans honte , sans scrupules comme si le simple fait d’avoir sauvé un mandat de député procurait à quelques uns tous les droits.
Il faut leur dire, leur répéter, leur crier que nous n’avons pas voté pour eux, nous avons voté pour la gauche contre la droite.
Les électeurs de gauche ont élu avec la même fougue, les nouveaux, les inconnus comme les anciens et les vedettes. Ils ne comptent pas autant qu’ils le croient, ce n’est que parce qu’ils étaient des porte drapeaux d’une cause qui les dépasse qu’ils ont été élus.
Ces leaders sont si intelligents, et nous sommes si bêtes, ils veulent penser pour nous et nous proposer un kit du prêt à penser militant pour que nous soyons encore et toujours de petits parfaits socialistes. Allons nous accepter ?
N’en doutons pas, dans la vulgate, les slogans tels que « la parole aux militants » figurent en bonne place.
Lorsque la messe sera dite et que l’un d’entre eux, le(a) plus adroit(e), aura raflé la mise, on nous fera voter et nous approuverons à 80% des militants le « projet rénové » du parti socialiste comme nous avions approuvé il y un ou deux ans, je ne sais plus, le « projet socialiste » dont j’ai devant moi 500 exemplaires qui dorment sur une étagère car ils furent périmés avant même que la section soit en mesure de les tracter.
Le mieux serait peut être de revenir à l’ancien programme, cela permettrait de recycler tout ce papier plutôt que le gâcher.
Une chose est claire dans la politique israélienne de ces dernières années, c’est qu’une partie non négligeable de la classe politique et de la population israélienne n’ont pas renoncé a annexer une partie ou la totalité de la Cisjordanie. Le discours officiel est axé sur la sécurité d’Israël concept qui rallie les grandes puissances et entraîne l’adhésion de la majorité des états de la planète. Ce discours justifie les guerres préventives, les opérations militaires isolées, les meurtres de palestiniens terroristes sans jugement, sans respect d’aucune règle de droit. Ce discours autorise une occupation militaire très dure de territoires, bref il permet tout. Mais pendant ce temps Israël avec les colonies, le mur et toutes sortes de processus discrets et progressifs mite peu à peu la Cisjordanie de colonies, d’implantations et de bases militaires.
Cette politique ne peut pas avoir d’autre objectif que d’éloigner progressivement les palestiniens de leurs terres et d’élargir à terme les frontières d’Israël.
Face à cette violence d’état et aux conditions de vie épouvantables qu’ils subissent, les palestiniens ne sont pas en état de construire une stratégie pour se défendre et pour assurer la viabilité d’un futur état palestinien.
Les extrémistes du Hamas les font rêver d’une victoire impossible mais les entraînent vers de cruelles défaites. Comment ne pas voir que donner le pouvoir à ce mouvement c’est se rendre infréquentables par les égyptiens et les saoudiens menacés dans leurs propres pays par des mouvements islamistes.
Seuls l’Iran et la Syrie peuvent trouver intérêt à voir des palestiniens extrémistes au premier plan. Pour les iraniens c’est un moyen parmi d’autres de contenir les américains en élargissant encore la vaste crise qui d’Afghanistan, en Irak, au Liban et maintenant en Palestine tétanise la diplomatie américaine et cloue leur armée dans une occupation stérile. Cette crise élargie est une assurance de la paralysie des USA qui ne pourront pas réagir efficacement pour les empêcher de se doter de l’ arme nucléaire.
Pour les syriens la crise consolide un régime dictatorial qui ne survivrait probablement pas à une pacification de la région. Dans une situation si confuse les tensions internes passent inaperçues.
Pour les palestiniens la situation semble désespérée : Les israéliens ont littéralement mité la Cisjordanie (Le journal Le Monde a publié une carte très documentée qui ne laisse aucun doute sur l’importance du phénomène) au point que la notion d’état palestinien se trouve remise en cause. L’éclatement de la société palestinienne, l’apparition d’un vaste mouvement extrémiste vont leur aliéner la sympathie internationale qui est le seul atout qui leur reste.
Les extrémistes du Hamas tablent sur l’aide de l’Iran et de la Syrie, sur une guerre d’usure qui progressivement les ferait gagner .Ils croient encore qu’ils ont les moyens, à terme, avec l’aide de l’Iran, de gagner le combat contre Israël. L’intervention israélienne au Liban de l’été dernier avec ses maigres résultats militaires leur a sans doute laissé espérer que l’armée israélienne n’est plus aussi invincible que par le passé. Les roquettes tirées dernièrement doivent encore les conforter dans ce sentiment.
Cette politique du pire a-t-elle une chance de succès ? Elle peut aussi permettre aux israéliens de venir a bout de leur projet d’annexion de la Cisjordanie sous prétexte de se défendre. Quant à la bande de Gaza , je pense qu’Israël a définitivement renoncé à une annexion ou un contrôle et nul doute qu’à terme elle tombera sous une forme ou sous une autre sous la domination de fait de l’Egypte. Les égyptiens ne pouvant tolérer que si prés de chez eux il existe un foyer d’islamisme contagieux.
Pour échapper au piège que l’histoire leur tend les palestiniens devraient retrouver leur unité, rester sur une ligne modérée ce qui permettrait de négocier avec l’appui des européens un micro état plus ou moins réduit car c’est tout ce qui reste de la Palestine. Tant que le conflit durera Israël progressera dans les territoires à leur détriment.
L'histoire de demain n'est pas écrite, envers et contre tout ,il faut espérer que les palestiniens sauront retrouver une unité nécessaire et se donner des dirigeants qui se convertiront à une politique réaliste. Aprés tout de Gaulle lui même avait pris le pouvoir pour maintenir l'Algérie française avant de faire approuver par référendum les accords d'Eian. C'est l'apanage des grands hommes d'aider les peuples à retrouver une route praticable!