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vivelagauche
Description du blog :
Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
26.05.2007
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04.07.2008
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les 35 heures (essai d'explication de gauche)

les 35 heures (essai d'explication de gauche)

Posté le 05.06.2007 par vivelagauche
Les 35 heures
Résumé : Les 35 heures ont servi à la droite de cheval de bataille contre la gauche en 2002 et en 2007. Une analyse politique de gauche de cette réforme doit permettre de faire le point. Les 35 heures ont divisé l’électorat populaire en créant en son sein un grand trouble en exacerbant rivalités et jalousies. Elles ont contribué a la défaite.
La pression sur le temps de travail provient de la mondialisation qui met en concurrence les travailleurs du monde entier. Elle provient aussi de la perte d’avance technologique de l’économie française. Dans ces conditions le compromis social sur lequel repose la société est remis en cause.

Les 35 heures sont une balle que la gauche s’est tirée dans le pied avec une inconscience et une constance rares. Certes la réduction progressive de la durée du travail est une tendance historiquement observée et cette remarque objective est sensée être l’argument définitif pour défendre une réforme finalement insensée.
D’abord il convient de rappeler que la diminution des heures travaillées est associée au progrès technique mais qu’elle n’a pas lieu sans luttes sociales sans résistances du patronat sans inégalités criantes entre travailleurs de différents pays ou continents.
Du point de vue strictement économique, l’idée de réduire brutalement le temps travaillé de 10 pour cent ce qui doit conduire à une contraction d’autant de la production est d’une audace inouïe. Certes on peut prévoir que la demande ne faiblissant pas la baisse de la production va entraîner une embauche supplémentaire. Mais encore faut-il que cette embauche n’alourdisse pas les coût ce qui entraînerait une contraction automatique de la demande. Ou bien encore que la réduction interne de l’offre devant une demande vigoureuse n’entraîne tout simplement une augmentation des importations.
On peut penser qu’au moment où cette mesure a été adoptée les simulateurs du ministère de l’économie ont tourné à plein régime pendant quelques mois pour introduire dans les modèles économiques toutes sortes de paramètres et imaginer toutes sortes de scénarios. Pour éviter une augmentation brutale des coûts, on ne peut ignorer que trois concessions de taille ont été consenties aux patrons à l’occasion des 35 heures : l’annualisation des horaires, la modération salariale, des aides étatiques consistantes, cela montre s’il en était besoin que la difficulté économique de la réforme n’échappait pas à ses auteurs.
Mais le plus grave raté de l’instauration des 35 heures n’est pas économique, il est social et politique. Cinq ans après le salariat se retrouve éclaté en groupes différents qui ont de la réforme des perceptions différentes voire opposées. IL y a les salariés ayant des revenus satisfaisants qui bénéficient des 35 heures, ce sont ceux qui dans l’ensemble moins le pourcentage de grincheux toujours présent dans ce type de réforme générale, sont contents des 35 heures et ne souhaitent pas que l’on revienne dessus. Il y a les salariés qui sont au 35 heures mais qui sont victimes de la rigueur salariale que le chômage de masse impose à un grand nombre des salariés, pour eux les 35 heures apparaissent comme un obstacle à des heures supplémentaires que de toutes manières les patrons ne pourront pas donner. C’est à ces salariés mécontents et naïfs que Nicolas Sarkozy a fait miroiter la réforme des heures supplémentaires comme une panacée miraculeuse à leurs problèmes. Entre temps cela lui a permis de faire l’impasse sur tout forme d’augmentation des salaires.
Ce sont ensuite les travailleurs que la réforme a oubliés dans des situations liés au métier ou à la taille de l’entreprise dans l’ancien horaire de 39 heures que cela soit annoncé comme un maintien à 39 heures ou comme 35 heures + 4 heures supplémentaires. Pour ceux là la réforme a le goût amer des fruits dont les autres profitent mais qui nous passent sous le nez.
Les trente cinq heures à l’hôpital réalisées sans recrutement supplémentaires ont transformé un travail difficile en travail insupportable en densifiant à l’excès la charge de travail. Le bénéfice obtenu d’un coté étant détruit dans l’esprit des personnels de santé par le désagrément ressenti pendant les heures de travail.
Pou l’immense cohorte des demandeurs d’emplois et des emplois précaires et les sous horaires les trente cinq heures dessinent les contours d’une élite salariale vivant dans un autre monde. C’est une réforme dont ils ne bénéficient pas et qui en plus semble destinée à rendre plus douce la vie de ceux qui sont déjà avantagés par un emploi certain et un salaire décent.
Pour les artisans qui ne connaissent l’état que comme un percepteur intraitable prélevant sur leur chiffre d’affaire des montants exorbitants de charges sociales, les 35 heures sont un véritable chiffon rouge. Ces gens font le sacrifice de leur temps, de leur vie personnelle pour réussir à tout prix une aventure professionnelle toujours difficile voire risquée. Les 35 heures sont à leurs yeux un privilège donné à des citoyens tranquilles prenant moins de risques et déjà plus avantagés. Pour eux les 35 heures sont une provocation totale.
Les trente cinq heures ont ainsi crée ou aggravé des disparités sociales qui traversent les ouvriers et les classes moyennes. Ces différences de perception d’une réforme au départ généreuse ont été vigoureusement exploitées par la droite et le patronat jusqu’au bout du bout avec la volonté de disqualifier la gauche de gouvernement. La gauche n’a pas semble- t- il analysé correctement ce problème et mesuré à quel point cette réforme a divisé dans son électorat potentiel. Parce que la réforme semblait généreuse il a fallu du temps pour admettre comme Ségolène Royal que certains effets n’avaient pas été bons.
Dans son Projet le PS adopte la généralisation des 35 heures et quelques mois plus tard au cours du débat présidentiel Ségolène Royal doit sur la pression de son adversaire reculer complètement et annoncer à demi mot qu’elle renonce à leur généralisation.
Ce recul n’est pas un repli tactique, ce n’est pas une brusque virage à droite de la candidate, c’est tout simplement l’abandon en rase campagne d’une proposition techniquement, socialement, économiquement impraticable. Le travail du parti socialiste aurait dû être depuis 2002 d’analyser avec précision les effets de cette réforme et de définir une stratégie politique sérieuse pour sortir de cet imbroglio y compris peut être en prônant la généralisation des 35 heures mais en expliquant dans ce cas clairement et de manière réaliste quelles mesures crédibles il fallait prendre pour une application qui n’ait pas un impact économique négatif. L’aveuglement idéologique des dirigeants et des militants qui ont inscrit dans le marbre du projet une mesure qui laissait sceptiques la plus grande partie des électeurs a finalement contribué à la défaite de Ségolène Royal.
En conclusion, une mesure généreuse allant dans le sens de l’histoire s’est révélée au cours de son application désastreuse par ses conséquences économiques et politiques. Elle a profondément divisé le monde du travail entre ceux qui en bénéficiaient et ceux qui lui imputaient un peu plus de souffrances. Elle a donné à la droite un argument fort ressassé systématiquement à chaque élection pour disqualifier la gauche. Alors même que la mesure produisait dans les grandes entreprises grâce à l’annualisation et à la modération salariale une situation plutôt favorable au patronat.
Ne pas continuer dans l’erreur, c’est ne pas condamner à priori la réforme des heures supplémentaires que vient de proposer Nicolas Sarkozy avant même leur application alors même qu’on ne peut empêcher la mise en place de cette mesure et que l’élection de Nicolas Sarkozy lui donne la légitimité du suffrage universel.
Condamner cette mesure c’est en langage subliminal s’opposer à ce que des travailleurs tirent de meilleurs revenus de ce qu’ils savent faire.
Pourquoi ne pas adopter un ton fondé sur le scepticisme mais aussi sur le pragmatisme. On verra si cette mesure suffit à relancer l’économie. On verra combien de personnes en bénéficieront. IL sera toujours temps dans six mois d’en faire la critique sur les résultats et non pas une critique à priori qui ne peut être perçue que comme du dogmatisme mal placé par les couches populaires.
Toute critique concernant l’organisation du travail doit se faire en sachant que toute mesure qui touche le monde du travail concerne l’ensemble de l’électorat populaire. Celui ci doit avoir le sentiment d’être globalement défendu par les socialistes et non pas divisé par des propositions qui tracent des lignes de fracture entre diverses catégories.
De même l’augmentation du smic affirmation claire opposées à une vague conférence salariale était une mesure techniquement satisfaisante et pourtant du point de vue politique ce discours avait un inconvénient évident il opposait les smicards à qui on promettait une augmentation certaine aux autres à qui on ne promettait que de vagues et hypothétiques décisions à prendre par une conférence à venir. Les salariés se sont détournés de la candidate socialiste en partie à cause du manque de clarté de ce discours. Avec raison car tout le monde sait lire en sous entendu que l’augmentation générale des salaires dans la situation actuelle est assez irréaliste et que par conséquent la conférence salariale est une formule pour dire qu’il n’y aura guère d’augmentations. Au total les gens concluent que seul le smic augmentera et que cela ne concernera que le bas de l’échelle des salaires et voilà donc une division introduite à nouveau dans le monde du travail.
Peut on demander une fois pour toutes aux dirigeants socialistes de mieux calibrer leurs propositions ? Il est clair que les propositions ont manqué de préparation, de travail en profondeur avec une équipe assez large pour en mesurer au plus prés les avantages et les inconvénients. Par contre proposer d’augmenter le smic c’est être à peu de frais conforme au dogme. Cela devient vite une proposition incriticable sous peine de se trouver dans le parti comme un marginal.
Moderniser le parti socialiste ce n’est pas forcément devenir social démocrate ce n’est pas non plus adorer les mesures de droite sur l’ordre et la nation, c’est se donner plus de liberté et plus de sérieux dans l’élaboration des propositions partisanes.
Une critique en règle de la dictature communiste chinoise qui met au travail des centaines de millions de personnes sans protection syndicale et dans des conditions de travail particulièrement dures, aurait permis d’expliquer au monde du travail français pourquoi la tendance séculaire à la réduction du temps de travail est en train de s’inverser provisoirement. Dans le monde ouvert de la mondialisation les travailleurs du monde entier sont mis en concurrence sur un marché du travail qui est mondial. Certes se sont les capitaux et les marchandises qui se déplacent alors même que des obstacles sont mis partout au mouvement des travailleurs. Cela ressemble assez à quelque chose de moyenâgeux quand les serfs étaient liés à la terre cela permettait au seigneur de les exploiter à sa guise.
Malgré les apparences le marché du travail est mondialisé tous les travailleurs de la planète sont mis en concurrence pour produire les mêmes produits qui seront indifféremment achetés par leurs compatriotes ou par les consommateurs des antipodes. Dans ces conditions c’est le bassin d’emploi le plus contraignant qui fixe les règles à l’ensemble du monde : la Chine avec son milliard d’habitants a un poids considérable. Le pays se développe à marches forcées par l’exploitation sans mesure d’une immense classe populaire et le capital se concentre dans les mains d’une classe dirigeante dont la prospérité est impressionnante. La réalité chinoise s’impose aux européens, il qui consomment énormément de produits chinois et qui rencontrent ces mêmes produits en concurrents dans tous les coins de la planète. Toutes les technologies sont confrontées à la concurrence chinoise qui au début ne concernait que des produits incorporant moins de technologie. Le discours sur les 35 heures était conforté par la thèse de l’avantage technologique. On disait en France on travaille moins qu’en Chine parce que dans notre pays la productivité est meilleure et l’avance technique et scientifique suffisante pour permettre d’offrir aux autres pays des produit de technologie avancée contre des produits ayant moins de valeur ajoutée. Cette suffisance nationale a été entretenue aussi bien par la gauche que la droite. La droite et la gauche ont pensé que cette situation était définitive et qu’il ne fallait rien faire pour la perpétuer. Or il y a deux ou trois choses indispensables pour maintenir une avance technologique économiquement significative : la recherche, les investissements, l’immigration.

La recherche pour disposer des connaissances high tech à chaque instant
Les investissements pour doter les entreprises des moyens de production adaptes aux nouveaux produits
L’immigration pour faire venir de partout les cerveaux nécessaires à cette fuite en avant.

Ces trois domaines ont été négligés à des degrés divers par la droite et par la gauche.
La gauche parce que obnubilée par son axe politique central : elle a mis toute son énergie à définir des stratégies et des moyens dans la politique de la compassion.
La droite parce qu’elle a mis toute son énergie à satisfaire les demandes de ses soutiens en allégements d’impôts et en subventions destinées à dégager des profits pour les classes les plus favorisées.
La droite et la gauche n’ont pas su imaginer les modalités d’ouverture du pays aux cerveaux dont on a cruellement besoin pour avoir une économie fondée sur l’avance technologique.
Finalement les pays qui se sont développés à marches forcées nous ont rattrapés dans nombre de domaines et cela explique la situation difficile de la république à l’heure actuelle.

Le recul technologique de la France n’est évidemment que partiel ce qui permet aux uns de dire que tout va mal et aux autres de dire que tout ne va pas si mal. Mais ce recul est suffisant pour exercer des pressions sur l’économie :

La pression sur le temps de travail et les salaires est une tentative pour retrouver une compétitivité perdue par une compression des coûts du travail parce que la rente technologique est moins forte.
Pour les mêmes raisons les possédants veulent diminuer les dépenses de l ‘assistance et de la protection sociales.
L’endettement progressif de l’état traduit un processus d’appauvrissement progressif qui se produit discrètement en rejetant à plus tard l’heure de vérité.
Cette réflexion sur les 35 heures est aussi l’occasion de revenir sur la vision du monde que la gauche développait auprès de son électorat dans les années 50 ou 70. On admettait alors la division des taches entre pays avancés et sous développés et on trouvait naturels les différences de niveau de vie entre continents. La misère du tiers monde était expliquée par les dictatures locales mais on ne mettait jamais en lumière l’avantage tiré par les classes populaires des pays riches de l’exploitation des pauvres du tiers monde. Pourtant les pneus des 4 chevaux comme ceux des mercèdes comportaient du caoutchouc ramassé par des misérables. Le chocolat et le café sont consommés par les riches comme par les pauvres. IL y avait dans les pays riches une solidarité de fait dans l’exploitation éhontée des pauvres du tiers monde. Cette réalité était inaudible. La mondialisation ave l’abandon du principe de spécialisation des continents et la mise en concurrence des travailleurs de tous les continents sur toutes les productions a fait éclater le pacte social dans les pays riches et mis en évidence que pour le capitalisme mondial tous les pauvres se ressemblent.




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:: Les commentaires des internautes

Commentaire d'un travailleur du bâtiment
Posté par Philippe Marblé le 17.12.2007
Ce texte m'a beaucoup intéressé . Il met en forme ce que je pensais et que je n'arrivais pas à formuler . Je suis d'accord avec l'ensemble de l'analyse , notamment sur la fin , je dois avouer ressentir un vague sentiment de culpabilité à l'égard de ces travailleurs chinois .
Quand vous aurez défini un projet pour sortir de cette situation , prévenez-moi , ça m'intéresse .


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