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vivelagauche
Description du blog :
Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
26.05.2007
Dernière mise à jour :
04.07.2008
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déclaration de principes du PS

Posté le 18.05.2008 par vivelagauche
Le militant qui lit la « déclaration de principes » du PS ( adresse : http://psmontrouge.free.fr/principe.htm ) ressent un certain malaise, certes le texte est bel et bon par un contenu auquel les socialistes adhèrent sans difficulté et par une énumération de principes reconnus par l’ensemble des socialistes. Mais le texte gène surtout par ses non dits, par l’absence de certaines phrases et de certaines idées. Il y manque le souffle et la violence qui font la force des grands textes. Il se présente comme ce que certains n’hésitent pas à qualifier de « consensus mou ». Certes son adoption ne fait aucun doute, car les militants trop conscients des enjeux et des risques ne souhaitent pas faire de leurs objections une source de conflit interne. Mais son adoption sera d’autant plus facile que les militants ont envie de « penser à autre chose » et « d’aborder d’autres sujets ». Ce qui devrait être un étendard brandi à la face du monde ressemblera probablement davantage à un feuillet jauni plié dans le portefeuille.

Ce document présente plusieurs singularités qui appellent des commentaires :

Le préambule cherche à inscrire le Parti Socialiste dans le courant de pensée des Lumières et dans l’action du mouvement ouvrier comme si ce dernier n’avait été lui aussi une source de pensée très féconde et si le marxisme n’avait jamais existé. Cette présentation a manifestement pour objectif de couper le cordon ombilical avec la pensée marxiste qui a été pourtant à la source de tous les combats de gauche pendant plus d’un siècle.
Le « socialisme démocratique » veut être « une explication du monde » certes mais non clairement explicitée et qui se faisant se détache d’une explication reconnue « la lutte des classes » comme moteur de l’Histoire. Même si ces concepts ne peuvent être repris à l’identique de ce qu’ils étaient au 19e siècle lorsque les forces de travail regroupées en masse dans d’immenses usines ou mines vivaient des conditions d’exploitation féroce qui les soudaient dans la révolte.
Même si au 20e siècle encore l’importance des implantations industrielles gardaient au mouvement ouvrier une base sociologique de grande ampleur disparue aujourd’hui. Alors que dans la société actuelle la réduction de l’emploi industriel et la multiplication à l’infini des situations et des statuts rend très difficile la perception d’une communauté de destin dans des catégories populaires extrêmement différenciées.
Le préambule en ne faisant plus référence à un ordre injuste, à la « lutte des classes » entre les dominants et les dominés, en ne soulignant plus la violence du monde et du capitalisme pose d’emblée la pensée socialiste dans un décor d’opérette où « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil »
Il est ainsi fait impasse sur la mondialisation qui a permis au capitalisme de développer une organisation mondiale de l’oppression des masses populaires. Puisque le principe du bon entrepreneur est de lever des capitaux dans la zone où ils sont les moins chers, de produire dans la zone des plus bas coûts du travail et de vendre dans les zones ayant le pouvoir d’achat le plus élevé.
Ce qui caractérise ce préambule c’est donc son vide opérationnel. Une organisation qui veut prospérer doit être fondée sur plusieurs critères :
-les membres se reconnaissent un sort similaire dans un corpus de croyance partagé
-il existe un porte parole reconnu
-il existe un opposant, un adversaire ou un bouc émissaire
Ce préambule fait l’impasse sur deux des trois alinéas :
Pas de description des forces populaires rassemblées dans le combat socialiste
Pas d’adversaire clairement désigné


L’article 1 se veut rectificatif en évoquant les injustices mais l’ennemi de classe n’est nulle part désigné comme si les injustices étaient fruit du hasard ou d’un erreur d’inattention. En cela ce manifeste commet une grave erreur car comme signalé ci-dessus, un mouvement doit avoir un leader, une doctrine mais aussi un adversaire voire un bouc émissaire. C’est là une condition pour rassembler dans l’action.
Pourquoi cette répugnance à désigner le capitalisme comme adversaire ? Pourquoi ne pas dénoncer l’existence d’une classe dirigeante de possédants très riches constituant un réseau efficace de domination des peuples et du monde ?
Pourquoi ne pas dénoncer les organisations destinées à dominer l’esprit humain comme les sectes et les mouvements politiques d’inspiration religieuse qui plongent les humains dans l’obscurantisme et la soumission et souvent le fanatisme ?

S’en tenir à dénoncer les injustices sans autre forme de procès, comme s’il s’agissait d’îlots surnageant dans une mer tranquille, n’est ce pas une posture par trop lénifiante et inquiétante pour l’avenir du Parti Socialiste ?

L’article 2 pose le principe de l’égalité et de la redistribution des richesses. Tous les militants sont naturellement d’accord avec ce contenu cependant, il aurait sans doute été bon de signaler en premier le combat prioritaire pour la liberté et la dignité. Combat contre les dictatures et tous les pouvoirs plus ou moins autoritaires qui trouvent leur compte dans l’oppression. Combat pour les libertés fondamentales de penser, d’échanger, d’aller et venir. La liberté de porter secours aux humains dans la détresse qui justifie le droit d’ingérence, la liberté de s’instruire et de se libérer des obscurantismes religieux, la dignité reconnue à chacun en tous lieux avec son corollaire de droits de la personne et la lutte acharnée contre toutes les forme de discrimination, de xénophobie et de racisme.
Le combat pour que partout l’homme jouisse de droits politiques est une priorité par rapport au projet d’assurer une égale répartition des ressources pour le bien être de tous.
L’article 3 proposer de « préserver notre planète » mais se dispense de dire un mot sur qui s’y oppose, quelles sont les forces contre lesquelles il faudra lutter pour atteindre cet objectif. La dénonciation de l’ordre capitaliste et nationaliste s’impose pourtant si on veut que ces combats aient un sens. Ne faut-il pas dénoncer dans un même mouvement les états riches qui n’acceptent pas de modifier leur train de vie et les états émergeants possédés par une boulimie aveugle de croissance trop occupés à leur propre développement pour se sentir concernés par le destin de l’humanité toute entière ?


L’article 4 fait du progrès une valeur fondamentale et du principe de précaution une obligation positive. Mais c’est d’un credo à la science, au savoir, à la culture, à la recherche, à l’intelligence dont l’humanité a besoin pour combattre les courants obscurantistes de toutes sortes et de toutes obédiences qui tentent d’emprisonner l’homme dans ses peurs. Un acte de confiance au progrès scientifique, à la conquête spatiale, à l’exploration de l’univers lointain comme de l’infiniment petit voilà de quelle noble exaltation les humains doivent être imprégnés pour donner du sens à l’incroyable aventure humaine sur le sol terrestre quelques millions d’années après le règne disparu des dinosaures.

L’article 5 pose le socialisme en champion de la démocratie mais ne dit pas si celle ci peut s’accommoder de système présidentiel actuel. Ce qui est en France une question tabou et centrale. Il y a au parti socialiste nombre de militants qui souhaitent le retour à une démocratie parlementaire où l’exécutif émane de l’assemblée et ne tire pas d’une légitimité directe la possibilité d’un pouvoir d’essence monarchique.
Il ne dit pas non plus pourquoi les forces qui défendent le grand capital acceptent et réussissent à tenir le pouvoir dans un cadre démocratique et que pour cela nombre de moyens sont mis en œuvre pour tromper le peuple et l’induire en erreur quand il vote.

L’article 6 critique délicatement le capitalisme et affiche l’adhésion des socialistes à « l’économie sociale et écologique de marché ». Naturellement il s’agit d’un concept sans contenu car le marché n’est ni social ni écologique et cette expression ampoulée frise le ridicule voire l’escroquerie.
Il aurait été pertinent de faire une critique méthodique du marché, instrument efficace mais imparfait qui ajuste offre et demande solvable mais qui est parfaitement incapable de satisfaire ou d’aider à la satisfaction d’une demande insolvable. Pourtant il existe des besoins légitimes et insolvables et puisque le marché ne sait pas les satisfaire seule la puissance publique peut créer les moyens d’y pourvoir.

L’article 7 définit une politique de progrès social équilibré. Mais il ne se pose pas la question essentielle des obstacles qui s’opposent à une telle politique et des moyens de les surmonter. Dans le contexte d’endettement de la France d’aujourd’hui le contenu de cet article ressemble à une litanie de vœux pieux si on n ’explique pas quels moyens pour le coup « révolutionnaires » on met en œuvre !
La gestion social- démocrate du capitalisme qui consiste à faire payer à la main d’œuvre du tiers monde le bien être des pauvres des pays riches est un modèle caduc. Les transferts de technologie et la libre circulation des marchandises et des capitaux ont modifié définitivement la règle. Le capitalisme n’a plus de raison de pratiquer le pacte social antérieur et la pression sur les salariés devient très forte en France comme ailleurs.
Le pourcentage du PIB prélevé au profit du capital s’en est trouvé accru partout.
C’est dans cette « lutte des classes » que le Parti Socialiste doit prendre parti.



L’article 8 pose le problème de la redistribution que même la droite la plus réactionnaire incorpore dans son logiciel. La constitution de la république la proclame sociale. L’affirmation du principe de redistribution ne constitue plus à lui seul un marqueur droite – gauche. Peut-on relever que quand la droite organise, la redistribution se fait surtout au sein même des classes laborieuses et que le rôle des socialistes au gouvernement est de faire des plus riches ceux qui sont mis le plus à contribution dans l’action de redistribution.
Mais ne faut-il pas contester la transmission des fortunes et des richesses telle qu’elle est organisée actuellement de père en fils ? Ne faut-il pas revendiquer le droit pour l’état de confisquer les biens excessivement accumulés ? Ne faut-il pas déclarer frauduleuse en soi toute accumulation exagérée ?
Sachant que les règles sur la création monétaire, sur les droits d’auteur, sur les sociétés permettent nombre d’enrichissements sans causes ne faut-il pas dénoncer des législations faites pour favoriser l’accumulation de capital par un nombre réduit de personnes ?
Ne faut-il pas se proposer de revoir toutes ce niches à « fabriquer du capital » ?

L’article 9 se contente de dire qu’il faut un compromis entre les intérêts des états et une organisation internationale efficace.
Il faut cesser de considérer que l’action internationale est l’affaire des seuls états et imposer comme une priorité aux forces de progrès de s’organiser à l’échelle internationale pour peser sur les « politiques étrangères ». Les rencontres entre partis ne sont pas la réponse qui convient, il faut aller beaucoup plus loin et développer des synergies politiques qui permettent aux militants dans les différents pays de se sentir solidaires. A quand un grève organisée dans des dizaines de pays le même jour avec le même motif ?

L’article 10 affiche une volonté nationale pour la France mais est particulièrement timoré et peu explicite.

Que devient la francophonie et le rôle de la « pensée française » et son universalisme dans un article aussi succinct ?
L’exaltation du nationalisme comme fin en soi est certainement réactionnaire et de ce point de vue certaines initiatives de la campagne présidentielle étaient peu convaincantes mais la « nation » est une réalité vivante dont il faut parler à la gauche comme d’une maison commune où ont vécu nos ancêtres et qui nous abrite tous pour un destin commun. La culture française, la langue, l’histoire singulière du pays et ses paysages façonnés par les générations constitue un patrimoine qui est le bien commun de tous les français. De même les actes héroïques de ceux qui se sont battu et sont morts pour défendre leurs frères et leur liberté où l’histoire complexe des personnages illustres sont un bien commun. Il est donc essentiel que chacun se sente partie prenante de la France éternelle.
On ne peut être indifférent au rôle important tenu par la culture et la langue françaises dans le passé et on doit y voir une raison pour une ambition actuelle celle de maintenir un rayonnement culturel et intellectuel de ce pays à la hauteur de ce qu’il fut dans le passé.
La France ambitieuse dans le domaine de la civilisation, de la science et de la culture voilà qui en fera un pays ouvert et tolérant.


L’article 11 affirme le principe de la séparation des pouvoirs et la lutte contre le communautarisme.
Se contenter de poser des principes aussi généraux sans évoquer les causes et moyens est une forme d’escroquerie intellectuelle.
Il faut faire un choix essentiel par rapport au type de régime et nous savons tous que le régime monarchique présidentiel actuel est accepté par une large majorité de français. Aura-t-on le courage à gauche de dire que ce régime porte en lui les racines d’une forme de pouvoir personnel ? Qu’il est conçu pour compliquer la prise de pouvoir par la gauche? Aura-t – on le courage de rappeler que dans la plus grande partie des pays démocratiques le pouvoir exécutif est désigné par l’assemblée devant laquelle il est responsable ?
Enfin lutter contre le communautarisme suppose que l’organisation territoriale du pouvoir ne discrimine pas les populations et cela renvoie à la réforme si nécessaire des collectivités territoriales. Le parti est –il d’accord pour que celles ci soient transformées et modernisées ?


L’article 12 prône le principe de laïcité sans donner du contenu à ce concept récupéré par la droite.
Il faut aller plus loin et affirmer que la religion est une affaire de vie personnelle et qu’elle ne doit jamais empiéter sur l’espace public. Que les manifestations religieuses publiques ne sont tolérées que dans la mesure où elles ne troublent pas l’ordre public et la tranquillité des citoyens en particulier de ceux qui ne sont pas adepte de telle ou telle religion. Que les athées sont égaux en dignité de tous les croyants.
Qu’Il faut interdire toutes les pratiques religieuses qui risquent de porter atteinte à l’intégrité corporelle ou psychologique des individus et toutes les manifestations de fanatisme sous toutes les formes. Qu’il faut bien sûr interdire en tous lieux tous les signes ostentatoires et condamner tous les comportements discriminatoires qui découlent des croyances religieuses.
Ne faut-il pas faut limiter l’influence religieuse sur les jeunes enfants en posant comme une obligation générale que tous les enfants aient connaissance de l’existence de plusieurs religions et l’existence de l’athéisme comme mode de pensée entièrement satisfaisante.
Ne faut-il pas lutter contre les sectes et toutes les entreprises de domination psychologique quel que soit l’âge de la personne qui en est victime ?

L’article 13 affirme le caractère réformiste du PS et son absence d’intention de prôner le combat violent.
Il est dommageable que le Parti Socialiste juge nécessaire d’affirmer qu’il s’interdit d’être « méchant ». Cela est particulièrement décevant et condamnable. C’est une faute politique majeure. Est ce à dire que devant une situation de putsch le PS resterait inerte et molle ?
C’est exactement le contraire qu’on attend d’un parti politique qui doit affirmer que si le combat démocratique lui paraît une forme légitime de l’action, il ne s’interdit pas si les circonstances l’exigent toutes les formes de lutte pour assurer la défense du peuple et des principes proclamés dans cette déclaration.
Le parti doit faire en outre référence au droit de manifestation? de grève et ne s’interdire aucune forme d’action sociale pour faire entendre ses positions et lutter contre les forces réactionnaires en oeuvre dans le pays.
S’enfermer dans un légalisme restrictif est une décision « petite bourgeoise » totalement anti- productive qui donne aux adversaires un cadre si prévisible qu’il en rend leur riposte par trop facile.


L’article 14 les femmes et les homosexuels ne sont pas oubliés. On aimerait un énoncé plus général sur le droit de chacun de disposer comme il l’entend de son propre corps.

L’article 15 la décentralisation est posée comme positive
Cette déclaration ne dit rien sur l’avenir des collectivités territoriales dont la réforme est une des questions centrales de la réforme de l’Etat.


L’article 16 Le PS est attaché à la justice c’est vraiment court sur un sujet si essentiel ou la prévention et la sanction mais aussi sur le rôle des prisons sont au centre de tant de polémiques.
Il aurait été bon de rappeler le principe essentiel de l’indépendance des magistrats par rapport au pouvoir politique.

L’article 17 Le parti socialiste se dit européen sans préciser quel type d’Europe il souhaite. Il ne dit pas non plus comment on passe d’une Europe conservatrice des états à une Europe démocratique des peuples.
Le PS ne devrait il pas dire clairement qu’il est favorable à une Europe fédérale qui pourrait jouer pleinement son rôle dans le concert des grands états comme les USA, la Chine, le Brésil eut l’Inde ? Ou bien estime –t il que la France peut encore jouer un rôle de grande puissance ?
Et si on accepte le principe d’un état fédéral puissant, comment concilier cette nouvelle situation avec l’ambition d’une politique ambitieuse dans le domaine culturel et francophone ?


L’article 19 rappelle le devoir de la lutte contre l’antisémitisme, préconise le développement du sud et soutient le rôle de l’ONU, tout cela est très consensuel.
Mais le vœu de faire de l’internationale socialiste un véritable mouvement est essentiel cela doit être plus qu’un simple vœu pour devenir un objectif prioritaire dans l’action du parti. Il est indispensable de donner un contenu concret à cet objectif. C’est par une mobilisation internationale des forces populaires que passe la riposte au capitalisme mondialisé.
Les salaires et la situation sociale des français dépendent autant des luttes sociales dans les entreprises chinoises que des grèves dans la banlieue parisienne.
Lorsqu’on fait un sort particulier à l’antisémitisme au delà d’une condamnation générale du racisme et des discriminations, on se doit de rappeler qu’une juste solution doit être trouvée au problème des palestiniens actuellement occupés. Car la nature ethnico- religieuse de l’Etat d’Israêl a malheureusement pour effet de connoter la thématique de la lutte contre l’antisémitisme qui est une forme odieuse de racisme visant plus spécifiquement les juifs dont nul ne peut oublier qu’elle a produit en Europe le plus odieux des crimes contre l’humanité, comme une forme possible de sionisme militant et hostile aux palestiniens.


L’article 20 Rappel du rattachement au mouvement ouvrier qui aurait pu passer inaperçu ? On se demande que fait cet article en cet endroit final du texte ?

L’article 21 Le caractère démocratique de l’organisation interne du PS est réaffirmé et le principe de la désignation par les militants à toutes les candidatures réaffirmé.

L’article 22 Le PS se pose en rassembleur de la gauche, mais cet objectif légitime pour une organisation qui est actuellement de loin le plus grand parti de gauche fait l’impasse sur ce que doivent être des conditions favorables à ce rassemblement. Pourtant l’essentiel du débat au congrès portera sur ce point et c’est la ligne et le candidat qui sembleront posséder le profil le plus rassembleur qui l’emporteront.
Car le dilemme est grand entre d’une part les communistes imprégnés d’une idéologie traditionnelle et le MODEM parti résolument centriste. Et au delà des positions affichées par les différents partis, la construction d’un projet crédible pour gouverner la France autrement da manière radicalement différente rest pour le moment la grande inconnue qui pèse sur le destin du parti Socialiste.








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l’occupation des sols à l’infini dans les périphéries urbaines,

Posté le 13.05.2008 par vivelagauche
Quand on se balade à la périphérie de n’importe quelle ville française et que l’on traverse ces espaces commerciaux où s’alignent dans le désordre et sans aucun souci d’esthétique urbaine ces multiples paquebots renversés de tôle aluminium et de plastiques clinquants au milieu d’immenses parkings désordonnés, on se demande si l’urgence en France aujourd’hui est réellement de construire davantage de surfaces commerciales pour stimuler une indispensable concurrence.

Pourquoi les surfaces existantes déjà si nombreuses et variées ne suffiraient – elles pas au besoin d’une offre qui doit quand même avoir des limites ? Quelle est pour la société l’utilité réelle d’en faire toujours plus dans l’occupation des sols à l’infini dans les périphéries urbaines, dans le massacre des paysages et dans la raréfaction de l’espace disponible ?

De plus on peut s’interroger sur le bien fondé de mettre encore des milliards dans des bâtiments destinés au commerce alors que l’urgence nationale c’est l’investissement dans la production. La France a besoin de plus d’ateliers et de plus d’usines, de plus de laboratoires. Et pour le coup dans ce domaine la complainte hebdomadaire des fermetures et des délocalisations se poursuit tranquillement.

On peut donc prévoir sans la moindre chance de se tromper que la loi sur la libéralisation du commerce ne contribuera pas au redressement national. Certes un peu plus de libertés dans la formation des prix est peut être à instaurer et certainement que la taxation plus vigoureuse des profits des grandes enseignes permettrait de mieux maîtriser le déficit budgétaire. Mais croire qu’avec plus de commerce tout ira mieux c’est littéralement n’importe quoi. D’autant plus que le développement simultané du commerce en ligne modifie déjà le panorama de l’offre commerciale.

Au point qu’on en est réduit à penser que ces mesures annoncées comme des actions de bien public, sont sans doute tout simplement des gestes à l’intention de certains groupes financiers. Ne s’agirait-il pas de quelques dettes de candidat honorées aux frais des français par le président ?

les accents rassembleurs du président Sarkozy sonnent faux

Posté le 11.05.2008 par vivelagauche
Nicolas Sarkozy n’est –il pas à contre temps et à contre – emploi quand il est en train de dénoncer l’esclavage et de demander que les pages sombres de son histoire soient enseignées aux enfants du primaire ?

Première surprise ce thème est déjà inscrit dans les programmes et cela montre encore une fois l’improvisation et la recherche permanente du coup médiatique qui caractérise le fonctionnement du sarkozysme.

Mais au delà un autre problèmes est soulevé quand le président se saisit d’un sujet pareil, on a du mal à lui faire confiance car l’homme du discours sur « l’identité nationale et l’immigration » et des quotas d’immigrés expulsés est-il réellement légitime à s’improviser grand réconciliateur national ?

L’esclavage a existé de tous temps et en tous lieux mais ce qui caractérise le système esclavagiste inventé par les européens au début de l’époque coloniale est d’un genre particulier, il associe intimement esclavage et racisme et fait de la race le critère unique qui fixe le statut d’esclave de la personne. Dés le début le code esclavagiste se dénomme « code noir » et il n’y a pour personne le moindre doute, le statut d’esclave est lié à la couleur de la peau. En ce sens il s’agit d’abord de dénoncer la construction intellectuelle, philosophique et religieuse raciste qui s’est mise en place comme cadre idéologique destiné à légitimer le système esclavagiste et pas seulement le principe de l’esclavage lui même. L’abolition de l’esclavage a fait disparaître dans la société occidentale une pratique qui inspire une réprobation unanime mais le combat ne s’est pas accompagné d’une lutte équivalente contre le racisme. L’histoire des Etats unis montre bien d’ailleurs comment la disparition du statut d’esclave ne suffit pas à rendre leur dignité aux hommes qui retrouvent leur liberté tant que les principes racistes perdurent dans la société.

La dénonciation de l’esclavage doit donc pour être complète s’accompagner de la mise en cause du racisme et dans ce cas il ne s’agit pas de dénoncer un crime qui relève de l’histoire mais d’une mauvaise pratique qui relève encore du quotidien des français d’aujourd’hui et la dénonciation du racisme oblige à regarder de plus prés tant de pratiques sociales et légales et en particulier les modalités de traitement de l’immigration et en particulier de l’immigration clandestine.

Et c’est pourquoi dans cette affaire les accents rassembleurs du président Sarkozy sonnent faux. On ne peut sans conséquence tenir des discours opposés qui s’excluent rationnellement, rallier un jour l’extrême droite sur des thématiques à connotation manifestement xénophobes et quelques mois après dans sa fonction de grand pontife du culte républicain en rajouter une dose pour paraître consensuel et moderne et faire condamner avec véhémence la tare de l’esclavage qui pèse sur l’histoire non pas de la république mais de la civilisation occidentale toute entière.

Déprimante Italie

Posté le 07.05.2008 par vivelagauche
Déprimante Italie qui donne le pouvoir à un milliardaire patron de médias et la mairie de Rome à un quasi fasciste déclaré. Comment les italiens peuvent –ils espérer se sauver en confiant les manettes à de tels personnages ? Cela révèle le désarroi populaire mais aussi l’inconséquence des électeurs. On a l’impression que trop d’entre eux n’ont jamais feuilleté un livre d’histoire. Et quand on observe que dans la campagne électorale pour la ville de Rome les thèmes qui ont fait la décision sont l’insécurité, et l’immigration c’est à dire en fin de compte l’exaltation de la xénophobie la plus élémentaire on est accablé par le peu de bon sens le peu d’humanité dont font preuve des électeurs dans un pays démocratique. Le comportement des italiens est à rapprocher de celui des français au cours de la dernière campagne présidentielle, la droite rassemblait pèle mêle toutes les catégories qui se sentaient menacées par on ne sait trop quoi, les inconnus, les autres, l’avenir. Ces réactions frileuses en disent long sur l’immaturité d’un électorat fondant ses choix politiques sur des réflexes primaires, sans avoir retenu les leçons de l’histoire et sans un peu de rationalité politique et économique.

Et voilà que les anglais à leur tour indiquent clairement que l’avenir les fait trembler et qu’ils sont en demande de sécurité et de repli identitaire.
Quoi ! L’Angleterre ce modèle économique que droite et gauche « moderne » ressassent depuis des années comme l’exemple à suivre entre tous pour ses performances, son niveau de vie son spectaculaire développement dans tous les domaines, voilà l’Angleterre à son tour menacée par la même sinistrose !

Certes les conservateurs britanniques sont des gens respectables mais enfin ils ont produit Mme Thatcher. On connaît le raisonnement, remède de cheval sans mesure pour les pauvres et l’économie ira mieux. Certains n’ont pas hésité à parler de miracle. Apparemment les choses sont plus prosaïques, le miracle anglais est fini et les britanniques comme les autres se préparent à goûter à de la vache enragée.

L’Europe entière s’enfonce dans la déprime et pendant ce temps là le PS produit des documents sans intérêt qui sont un tissu de bonnes intentions auxquels de gauche à droite à peu prés tout le monde peut souscrire.

C’est d’une autre force de conviction c’est d’un discours plus musclé que la gauche est en attente. Si le parti socialiste n’arrive pas à assumer des positions de gauche, il n’est pas douteux que la fenêtre de tir improbable pour le nouveau parti de Besancenot se trouvera ouverte.
Il lui suffit de se donner un programme moins caricatural que les positions actuelles de la Ligue Communiste mais de gauche pour emporter la mise.
Car la question centrale demeure, qu’est ce qu’un programme de gauche aujourd’hui ? Et dans les priorités à identifier il est urgent de décider . La crise actuelle, mondiale et multiforme est l’expression d’un conflit d’intérêts à l’échelle de la planète. Il s’agit de savoir comment se répartissent les ressources naturelles et les produits de l’activité humaine entre les américains, les européens, les pays rentiers du pétrole et les immenses populations des pays émergeants et actifs d’Amérique du sud et d’Asie. Cette querelle mondiale pour se partager les fruits du travail et les ressources naturelles est compliquée par la crise écologique qui oblige à décider sur qui pèseront les efforts de lutte pour préserver l’environnement. On n’est pas sûr que des tensions très fortes ne conduiront pas à des guerres car malheureusement certains croient encore que l’on peut régler les problèmes par la guerre.
Face à ces enjeux mondiaux la gauche se doit de développer une double démarche :
- créer les conditions de mouvements internationaux d’opinion à l’aide d’échanges internationaux entre les citoyens et les forces sociales et aussi grâce au formidable outil que constitue le web.
- poser de manière claire le problème de la régulation des échanges pour qu’ils cessent d’être uniquement soumis à un laisser faire coupable destiné à enrichir au maximum les capitalistes. Il faut inverser la donne et réglementer la circulation des capitaux et des marchandises et affirmer comme un principe universel le droit pour les hommes d’aller et venir comme bon leur semble.
Mais par ailleurs la gauche se doit de dire clairement si elle considère qu’en France aujourd’hui le partage des ressources entre capital et travail lui paraît être dans des proportions convenables. Parce qu’il faut bien le dire si les conditions de ce partage ne sont pas modifiées, le changement d’équipe dirigeante ne peut apporter de réponse très différente par rapport à la droite actuelle en dehors du fait que le gouvernement peut avoir moins d’arrogance et plus de savoir faire.
Par contre si le rapport capital travail dans l’attribution des produits de l’activité doit être modifié dans un sens plus favorable au travail cela ne peut se faire qu’en prenant des mesures radicales. Ces mesures ne sont possibles que dans un cadre européen et supposent que le combat de la gauche soit gagné à l’échelle de l’union européenne.

Il convient don de définir une stratégie de conquête du pouvoir à l’échelle de l’Europe et à définir par quels moyens, impôt, nationalisations ou politique monétaire la gauche rétablira des conditions de partage des richesses qui soit plus équitables.

Ce faisant, on ne se contente plus d’acquiescer à l’économie de marché, mais on définit à nouveau les axes d’une lutte entre les forces économiques qui oppose les tenants du capitalisme débridé et les défenseurs du peuple.

Quand à l’économie sociale de marché, je dois avouer que cela ressemble à du chinois. Car le marché est un espace d’échange où la règle conduit à satisfaire uniquement les besoins solvables dans un état donné de l’offre et de la demande. Dans la théorie la plus classique il existe des besoins non solvables qui restent parfaitement insatisfaits. D’ailleurs si certains besoins sont non solvables par insuffisance de moyens, d’autres le sont par insuffisance de l’offre.
Dans ces conditions le rôle de la puissance publique pour satisfaire à des besoins légitimes non solvables ne peut souffrir aucune contestation de principe.
On peut donc dire que les socialistes dans leur déclaration de principe ne viennent pas d’inventer la poudre ! peut être même ont-ils trouvé un bâton pour se faire battre.

Si l’éloge du marché depuis des années est devenue la ritournelle des médias voilà que l’émission de Calvi sur la 2 au sujet de la crise alimentaire a été une magnifique séance de travaux pratiques pour montrer que le marché est incapable d’ajuster l’offre de nourriture à la demande et qu’il maintient par son fonctionnement même 2 milliards d’êtres humains dans la malnutrition voire la famine. Magnifique démonstration d’une évidence que seuls les idéologues refusent de voir, la marché est une machine de régulation imparfaite. L’intervention de l’état est nécessaire lorsqu’il s’agit de satisfaire des besoins insolvables et cependant légitimes, comme d’empêcher les hommes de mourir de faim mais aussi les éduquer, les soigner ou les équiper de lunettes en cas de besoin.
Plutôt que de s’efforcer d’expliquer qu’ils ne sont plus révolutionnaires les socialistes auraient eu intérêt à expliquer pourquoi et comment ils le sont encore. Ne pas l’avoir compris enlève au projet de manifeste le moindre sel et « si le sel perd sa saveur, avec quoi le salera-t-on ? ».










un sujet particulièrement « révolutionnaire ».

Posté le 01.05.2008 par vivelagauche

Après les 160 mesures pour faire les fonds de tiroir, les franchises médicales et tous les signes de rigueur que donne le gouvernement, après toutes les annonces de restructuration et de réforme du secteur public, se voir ainsi rappelé à l’ordre par la commission européenne, c’est pour le gouvernement français, à la veille de sa prise de présidence de l’union, la dernière humiliation.

Il est évident quand on regarde les masses en jeu que ni le programme de suppression de fonctionnaires, ni les économies de bouts de chandelles par les grignotages d’avantages sociaux ne suffiront à redresser une situation inquiétante des finances publiques.

Les mesures prévues sont chiffrées à 5 milliards quand le simple intérêt de la dette est de 40 milliards comme le déficit ce qui veut dire que la France emprunte pour payer les intérêts de sa dette.

Le gouvernement n’a pas le choix, ou bien il trouve des mesures bien plus violentes pour augmenter les recettes et pour réduire les dépenses ou bien il regarde la dette de la France s’aggraver inexorablement. Mais cette dette par le prélèvement énorme que représente la paiement de ses intérêts sans même parler de son remboursement étouffe les finances publiques et prive le gouvernement de la moindre marge de manœuvre pour investir dans la recherche ou dans d’autres secteurs.

Si la France conserve une démarche orthodoxe, elle ne sortira de cette situation que par des procédés très douloureux qui freineront la croissance.
La question se pose aussi pour la gauche qui pourra proposer d’augmenter certains impôts, de supprimer le bouclier fiscal mais qui se retrouvera comme la droite dans l’étau de la rigueur même si elle est plus équitablement répartie.
Certains commentateurs font mine de croire que les autres pays européens sont parvenus à équilibrer leurs budgets pour rentrer dans les clous. Cette affirmation est assez surprenante concernant des pays très endettés comme l’Italie et l’Allemagne qui devraient se trouver dans les mêmes difficultés que la France sauf à utiliser quelques ruses comptables pour masquer la réalité en régionalisant les dettes par exemple.
Un article du Figaro remet les pendules à l’heure en ce qui concerne l’Allemagne dont la dette est de l’ordre de 1600 milliards d’euros:
• « La crise financière pourrait menacer l'objectif du gouvernement allemand de ramener le budget fédéral, actuellement dans le rouge, à l'équilibre en 2011, rapporte aujourd'hui le quotidien Süddeutsche Zeitung »
Et pour l’Italie :

« L'Italie abaisse sa prévision de croissance 2008 à +0,6%
En conséquence, la prévision de déficit public a été revue en hausse pour l'année en cours à 2,4% du produit intérieur brut (PIB), contre 2,2% lors de la précédente prévision en septembre, a-t-il précisé.
Pour 2009, Rome prévoit une croissance de 1,2%, puis de +1,5% en 2010 et +1,7% en 2011 tandis que le déficit public devrait passer de 2,1% en 2009 à 1,4% en 2011. Le ministre souligne cependant que l'équilibre du budget reste "un objectif" pour 2011.
Concernant la dette, le ministère table sur un passage sous les 100% du PIB en 2010, contre 103% en 2008 et 104% fin 2007.»

Comme on le voit, le problème des déficits et de la dette est un problème partagé qui pourrait faire l’objet d’un traitement à l’échelle de l’Europe. Cela supposerait que l’on accepte de comprendre une fois pour toutes que les règles de fonctionnement de la zone euro contribuent pour une bonne part à organiser l’endettement des états.
On objectera les contre exemples de l’Espagne et de l’Irlande en oubliant les aides importantes dont à bénéficié l’Espagne et les pratiques de dumping fiscal de l’Irlande qu’on n’aurait pas toléré de la France par exemple.
A vrai dire, de manière très simple les règles de la zone euro, procurent aux banques l’extraordinaire privilège de la création monétaire, équivalent à une rente instituée au profit exclusif de groupes privés qui se voient ainsi attributaires d’une source de revenus que l’état dans un passé pas si éloigné se réservait.
En obligeant l’état à se financer auprès des banques privées qui elles seules disposent du pouvoir de créer de la monnaie scripturales, les accords européens ont mis en place un processus qui devait obligatoirement aboutir à une explosion des dettes de la puissance publique.

Le but initial était d’interdire aux états de financer leurs déficits par la « planche à billets ». Mais il avait sans doute été espéré que ces règles contraignantes allaient inciter les états à ne plus faire de déficit. C’est là que se trouve l’idée fausse. Les états ont continué pour des raisons bonnes ou mauvaises à dépenser plus que ce que leur procuraient les recettes fiscales et ne pouvant se financer autrement à recourir à l’emprunt, méthode particulièrement coûteuse. Cela accroît d’autant la part des revenus nationaux captés par la rente au détriment des salariés.

Le gouvernement actuel dans le droit fil de la pensée en vigueur en Europe espère faire baisser l’endettement en réduisant la dépense publique. Il prend le risque de détériorer gravement la qualité des services publics et de provoquer une déflation aux conséquences désastreuses.

Ce n’est pas de Nicolas Sarkozy et de ses soutiens du grand patronat que l’on pourra espérer une remise en cause de ce système inique mais ce qui est particulièrement inquiétant c’est caractère frileux des leaders de la gauche sur un sujet particulièrement « révolutionnaire ».

La question est difficile mais diablement structurante car elle détermine à elle seule quel type de politique économique est possible.
Faut-il :
-Etre indifférent à l’endettement et laisser filer mais en rétribuant de plus en plus les rentiers créanciers ?
- Faut-il imposer à l’Etat un régime de rigueur terrible pour réduire l’endettement ?
-Faut-il combiner des mesures d’imposition des revenus élevés, des revenus des rentes, de rationalisation des dépenses publiques et sociales pour réduire la dette par les économies dégagées. Cela reste une politique de rigueur partagée à connotation égalitaire donc de gauche ?
- Ne serait-il pas plus pertinent d’admettre qu’un état se finance en prélevant ses moyens sur les autres acteurs économiques et dans l’inventaire de ses modes d’action la création de monnaie comme l’impôt est légitime ? Et dans ce cas ne faut-il pas inviter l’ensemble des états de la zone euro à fixer des règles communes de création monétaire afin de garder une forme d’équité entre les états de l’union européenne ?

Les options proposées n’ont pas la même ambition et ne relèvent pas du même socialisme. Le choix à faire est bien plus déterminant que le nom de tel ou tel pour diriger le Parti Socialiste !

Une heure trente de plaidoyer pro domo

Posté le 25.04.2008 par vivelagauche


Une heure trente de plaidoyer pro domo pour expliquer que Nicolas Sarkozy est bon, que Nicolas Sarkozy est humain , qu’il sait reconnaître ses erreurs mais que c’est un travailleur acharné, qu’il a du cœur, qu’il est génial, courageux ,décidé, malin grand professionnel en diplomatie, subtil et hors du commun. Qui en doutait encore ? N’est –il pas déjà président de la république et en dehors de pape peut-il encore monter en grade ?

Pour le reste sa prestation très solitaire est celle d’un autocrate tout puissant qui est maître de tout mais qui ne peut rien faire dés qu’on lui suggère de mettre du beurre dans les épinards !
L’absence derrière lui de son staff et de ses ministres accroît l’impression de grande solitude qui se dégageait d’une prestation voulue comme le numéro solo du grand artiste. Une manière de rester dans un personnage qui fait problème pour tous ceux qui pensent que les affaires de la nation, ne peuvent relever d’un seul aussi génial et légitime soit-il.
Les français vont –ils plébisciter une telle prestation ? Difficile de le croire car aucune ligne générale ne se dégage pour sortir le pays d’une crise qui est bien là. Le discours se résume à dire si vous travaillez davantage vous irez mieux sinon tant pis pour vous mais pour le reste l’Etat ne peut pas tout.
On n’a pas le sentiment que la fameuse feuille de route demandée par Fillon soit rendue plus claire car demander toutes le réformes sans hiérarchiser, sans fixer des enveloppes et des paliers pour la croissance les déficits, l’investissement, la formation, sans donner une idée des contours de la fonction publique et des compétences des territoires après la cure d’amaigrissement c’est rester dans le flou actuel qui fait problème.

Sa manière de parler de réformes de l »’éducation sans en définir les contenus et sans en fixer la méthode ne peut qu’angoisser davantage en ouvrant sous les pieds des jeunes un véritable fossé d’incertitudes. Et ce n’est pas parce qu’il affirme que 15000 jeunes ne savent pas lire ou qu’un étudiant sur deux échoue en première anné que cela justifie un tel manque de clarté dans les intentions affichées.
Le seul discours clair est celui qui est le plus absurde, la réduction systématique des moyens.

Ce que la population active veut savoir c’est comment faire pour avoir plus de travail et plus de revenus. Quelles actions, l’Etat met en place pour développer l’emploi, la production industrielle, l’efficacité économique, voilà ce que demandent les français. La seule réponse est toujours la même tristement idéologique, on réduit la protection des travailleurs pour donner plus de souplesse au système.
Sarkozy aurait pu parler des pôles de compétitivité qui se sont mis en place et qui représentent au moins une initiative heureuse, mais zut c’est du Chirac organisé par Villepin.

Le RSA est servi comme un dessert social délicat qui doit faire passer les différentes couleuvres, hausses des prix, délocalisations, etc. C’est une mesure qui ne concerne qu’une frange des salariés, ceux qui étaient au chômage et qui retrouvent un travail avec un revenu très bas. Il va rendre la pauvreté supportable. Mais cela peut –il suffire à rendre les jeunes optimistes.
Le RSA est destiné à corriger un effet de seuil, il n’est pas en soi une politique sociale !
Bizarrement le président devient une révolutionnaire, il dénonce le capitalisme financier et les spéculateurs. Ce cri du cœur contre les mauvais riches rappelle le plus sombre des populismes. Il est destiné à mettre à l’abri les bon riches, ceux qui tondent la laine avec légitimité.

Enfin sa prétention à une politique active dans la crise sino- tibétaine fait quasiment sourire tant les ambitions affichées sont en contradiction avec la prudence de sa politique et l’envoi pressé d’émissaires pour se coucher devant les chinois. Quand on mesure l’ampleur des enjeux qui se profilent derrière le problème tibétain, qui peut croire une seconde que la France de Sarkozy est en mesure de peser de la moindre manière dans pareille affaire. Il est vrai que lui même avoue qu’il faut d’abord mettre les 27 européens d’accord, on est certain que ce ne sera pas sur une ligne trop téméraire.

L’échec de ses gesticulations dans l’affaire Bettencourt ne l’affecte nullement et il se réjouit d’avoir obtenu une preuve de vie en mobilisant des présidents, des avions, et toute la diplomatie française en Amérique du sud c’est pourtant un piètre résultat.

Les portes paroles de la droite ne vont pas manquer de souligner publiquement les qualités de l’intervention de Nicolas Sarkozy. Il est possible cependant qu’en privé leurs jugements soient moins assurés.

A gauche l’absence de programme alternatif oblige les leaders à une critique simpliste. On revient constamment au paquet fiscal. Et la caricature fait partie de la critique ce qui permet aux partisans de la droite de rappeler qu’une partie de ce paquet liée aux heures supplémentaires a eu des retombées sur le pouvoir d’achat des catégories populaires. Ce qui n’est pas niable mais justement qui est loin de constituer la solution pour s’éloigner de la crise.
La gauche doit d’urgence se bâtir un plan d’intervention économique alternatif. La remise en cause du bouclier fiscal n’apportera pas des recettes si élevées. Augmenter la pression fiscale est plus facile à annoncer qu’à faire compte tenu du niveau déjà élevé des prélèvements.
Le manque de crédibilité économique de l’alternative de gauche est actuellement l’unique rempart auquel s’adosse le pouvoir chancelant de Nicolas sarkozy.

Difficile de tenir un blog critique

Posté le 19.04.2008 par vivelagauche
Difficile de tenir un blog critique contre le président Sarkozy et le gouvernement, la virulence des médias contre le pouvoir est devenu telle qu’il ne reste sur ce sujet plus rien à dire. Faudra –t il prendre leur défense (difficile) pour avoir quelques idées intéressantes à formuler?

Quand on pense à l’influence du camp Sarkozy sur les médias et l’ensemble des manettes qui sont à la disposition du pouvoir de droite par ses relations privilégiées avec les patrons et l’establishment dans son ensemble, on ne peut que s’étonner de voir la constance avec laquelle il est systématiquement maltraité par les médias.


Probablement, la décision de supprimer la publicité dans le service public en déstabilisant le PAF a dressé contre Sarkozy une partie non négligeable des journalistes du service public, a contribué à délier les langues et à inciter à une plus grande liberté de parole et à une analyse plus critique.
Son arrogance au temps où il semblait intouchable, la manière cavalière avec laquelle il exigeait d’eux une totale servitude, ne pouvaient que lui créer des ennemis qui ont attendu tout simplement que le pouvoir soit devenu faible pour montrer des sentiments plus balancés.
Mais il est sûr que le désordre médiatique actuel traduit aussi des querelles internes à la droite sans lesquelles la démolition systématique du président à laquelle on assiste tous les jours à la télé serait littéralement impossible. Il y faut la contribution d’hommes politiques mais aussi de pouvoirs plus occultes qui ont sans doute décidé de prendre leurs distances.

L’absence totale de politique économique en dehors d’un plan d’économie de bouts de chandelle pompeusement baptisé ne rend pas les choses faciles pour les députés et les grands personnages de la droite. Les rivaux de Sarkozy qui ne bronchaient pas jusqu’à maintenant vont sans doute commencer à oser quelques tentatives de présence médiatique. Manière de se positionner pour un avenir tout à coup plus ouvert. Même si personne n’oublie que les pouvoirs considérables dont bénéficie le président lui confèrent une inoxydable possibilité de durer donc de finir par retourner la situation et de l’emportercontre n'importe quel adversaire.
Il est cocasse d’observer que les commentateurs ont tant de mal à dire du président qu’ils en oublient la critique habituelle du Parti Socialiste.
Il y a décidément de quoi s’inquiéter ! D’autant plus que le PS ne va pas mieux et qu’il est lui aussi traversé de mouvements divers dans lesquels s’amorcent les stratégies de prise de contrôle du parti.
Contrairement à ce qui est unanimement affiché par tous, les positionnements autour des écuries individuelles des uns et des autres constituent la majeure partie de l’activité. Le fameux travail sur le fond que l’on entend encenser ça et là reste un vœu pieux. Et ce n’est pas un séminaire de deux jours ou un colloque qui peut régler en cinq sept les problèmes ardus q’il faut traiter pour donner un contenu aux choix politiques.

cafouillage ou impuissance

Posté le 13.04.2008 par vivelagauche
Tous les médias parlent de cafouillage du gouvernement voire d’amateurisme à la suites des événements calamiteux de la semaine dernière, la ministre NKM obligée de se livrer à une simagrée d’excuses publiques et subissant une « punition » infantilisante, privée de voyage comme on priverait de dessert un enfant de onze ans et puis dans la foulée la palinodie de la carte SNCF supprimée puis remise puis encore supprimée avant d’être définitivement remise.
Il est sans doute erroné et insuffisant de considérer que ces ratés sont dus à un simple manque de métier ou à des manques de coordination gouvernementale, la réalité est sans doute plus simple et plus tragique. Le gouvernement est atteint d’impuissance à la suite de la chute dans les sondages de NS et de la perte des élections, il n’est plus en mesure de prendre la moindre décision qui rencontre une opposition résolue et chaque fois qu’il s’y risque encore il se heurte à des difficultés inattendues mais qu’annonçaient très bien l’épisode des taxis.
Si cette analyse est exacte les cafouillages précédents ne sont qu’un apéritif de tous ceux qui vont suivre dans les semaines et les mois à venir. Le gouvernement veut faire comme s’il ne s’était rien passé et la réalité se venge, il s’est passé quelque chose d’important, le château Sarkozy est démoli.

La chance du pouvoir qu’il ne savoure pas assez c’est d’avoir une opposition sans vertèbres, sans chef, sans projet, sans doctrine et ne pouvant pour le moment produire que des pets comme cette motion de censure complètement ratée qui n’a eu aucun retentissement dans l’opinion ; Quel dommage !

Mélanchon déraille

Posté le 09.04.2008 par vivelagauche
En Don Quichotte résolu, bannière au vent , chez El Kabbaj, Mélanchon se lance au secours du plus faible, de celui qui subit les brimades honteuses du monde capitaliste, c’est la Chine bien sûr,avec son milliard d’habitants, ses bombes atomiques, ses millions de soldats, sa dictature féroce, ses fonds souverains, ses exécutions en série, son agressivité économique, sa politique honteuse au Darfour, voilà donc pour lui l’entité menacée qui subit le mépris des médias et des politiciens, victime de ne pouvoir s’exprimer, voilà la cause à défendre qu’il propose à la solidarité de la gauche entière. Car en face, obscurantiste et retors, avec des moyens insoupçonnés et magiques, soutenu en sous main par des sectes et des malfaisants en tous genres, par des réseaux réactionnaires inimaginables, le Dalaï Lama brandissant des mots d’ordre dangereux et provocants de non violence veut rétablir au Tibet un régime féodal fondé sur le servage.
On est abasourdi par cette rhétorique à peine caricaturée ci-dessus, si aveugle et sourde. Mais qu’arrive –t-il donc à Mélanchon le plus souvent mieux inspiré? N’a t il jamais entendu parler de nationalisme et l’émiettement des Balkans est-il pour lui sans doute le fruit des esprits tordus de diplomates compliqués.
Quelle déception qu’un socialiste et surtout quelqu’un de sa trempe, prenne fait et cause pour une dictature ! Il a beau dire que les adversaires de la Chine sont racistes et proaméricains ou liés à des mouvements réactionnaires, qu’est ce que cela peut bien avoir à faire sur ce sujet? On s’en fiche complètement. La dictature chinoise doit être combattue non pas parce que ses adversaires ou ses amis ont des qualités ou des défauts. Non, la dictature chinoise doit être combattue parce que c’est une dictature, une vraie, une féroce, une de ces dictatures qui est prête à tout pour durer. C’est une dictature qui nie à ses ressortissants les moindres droits, qui bride la liberté d’expression et la liberté d’opinion et qui empêche les catégories populaires de se défendre politiquement et syndicalement. C’est une dictature qui facilite l’exploitation des masses par ses excroissances capitalistes. On se fiche de ce que pense Bush de la Chine mais on est profondément désolé de ce qu’en pense Mélanchon.

ce combat se gagne ou se perd partout simultanément

Posté le 08.04.2008 par vivelagauche
Qui pense encore à Franco ? Et à son infâme dictature opprimant l’Espagne pendant quarante ans ? Et pourtant ce n’est ni vieux, ni loin ! Les espagnols étaient soumis à un régime de fer qui réprimait toute expression politique, qui censurait, condamnait, exécutait et voulait à tout prix imposer aux gens une vision fasciste et catholique intégriste du monde. Cela se passait près de chez nous et des millions de français de toutes conditions, d’européens allaient chaque année en Espagne, y passaient des vacances y achetaient des villas ou des appartements si bon marché, profitaient du soleil généreux de la mer belle mais aussi de la pauvreté des espagnols, d’un droit du travail inexistant et des brimades que le pouvoir politique imposait aux forces laborieuses. Cette hypocrisie qui consistait à blâmer le régime dans les salons parisiens à le condamner avec de grands mots tout en profitant des avantages économiques qui en découlaient tout cela s’est passé prés de chez nous pour ne pas dire dans les foyers bourgeois où les bonnes espagnoles ont pendant des années fait partie du décor.

La Chine que la mondialisation met aujourd’hui à nos portes rappelle par bien des aspects cette Espagne franquiste avec qui on pouvait commercer, qui était si avantageuses pour les affaires et les vacances réussies mais qu’il fallait éviter de regarder en face pour ne pas avoir honte de notre manque de solidarité, de notre désir d’ignorer les misères effrayantes des autres. La Chine nous fait honte, non pas à cause de Sarkozy ou de Bush, mais à cause de nous tous qui au supermarché devant un rayon de n’importe quel produit regardons, comparons et choisissons un produit chinois si avantageux, si bon marché. Nous savons bien que le prix attractif est le résultat non pas du génie économique, du talent créatif, mais de l’oppression toute bête, du taux de change inégal imposé, des heures de travail excessives pour des ouvriers mal payés avec des horaires fous, pas défendus, pas syndiqués, subissant des conditions d’exploitation de leur force de travail particulièrement sévères.
Dans l’échange mondial le premier allié du capitalisme financier international c’est le régime chinois qui met à la disposition du reste du monde à des prix défiant tout concurrence la force de travail d’une population jeune, de centaines de millions de travailleurs tenus d’une main de fer devant leur poste de travail.

Les capitalistes en profitent mais le rmiste français qui s’achète un écran plat ou un four micro ondes à un prix incroyable en profite aussi et le sait bien.

On objectera à cette vision pessimiste des rapports mondiaux, les progrès chinois, l’élévation du niveau de vie général, la formation d’une classe moyenne bref le fait que cette exploitation éhontée des masses ne puisse se faire sans que des miettes soient concédées à une partie de la population. Mais cela n’a rien d’original, tout système oppresseur a au moins besoin de rallier des forces d’oppression et de consentir donc des avantages à une partie de la société. Cependant il est indispensable de le dire très fort, les bénéfices limités que tire la société chinoise de ses efforts actuels, ne justifient en rien ni la dictature ni l’exploitation éhontée des forces de travail de millions de jeunes.

Cet argument servait déjà du temps de Franco où on nous expliquait que l’Espagne profitait du développement économique apporté par la stabilité politique du régime dictatorial. On constate qu’elle en profite bien mieux aujourd’hui que devenue démocratie, les fruits de la richesse collective sont mieux partagés. La démocratie n’est pas un obstacle à la prospérité économique comme la dictature n’est pas une condition du développement.

Si demain la Chine s’affranchit enfin de cette obscure dictature qui l’opprime sans pitié, on peut prédire qu’elle n’en poursuivra pas moins un développement lié à la présence des potentialités humaines considérables comme l’ont fait avant elle l’Espagne ou la Corée.


Il y a aussi les bons esprits qui n’ont pas tort et qui vous expliquent que les chinois ne savent pas ce qu’est la démocratie occidentale. Exactement comme les occidentaux ne savaient pas ce qu’est la république quand ils étaient en monarchie ! Ce sont des arguments de conservateurs qui ne veulent pas faire l’effort d’admettre que quand un régime est mauvais il faut lutter pour en avoir un de meilleur.

Il y a aussi ceux qui ont peur de la Chine tout bêtement car cette puissance si grande avec son immense population, ses armes nucléaires et sa force économique représente une vraie menace pour les autres peuples. On le voit avec la manière agressive de son intervention en Afrique et de sa prise de position dans la guerre du Darfour. On le ressent avec la violence de son comportement quand elle ouvre des crises dans le détroit de Formose. Face à cette puissance qui rappelle par bien des égards ce qu’était il y a peu l’Union Soviétique, la peur est bonne conseillère. Cette dictature est sans pitié à l’intérieur elle ne peut être que totalement dangereuse à l’extérieur.
Seule sa fragilité intérieure la rend prudente avec les autres puissances car elle ne peut que redouter par dessus tout, les mouvements de déstabilisation interne dont elle ne peut prédire l’évolution.

C’est ce qui fait la force et la faiblesse des nationalistes tibétains. Il y a dans l’expression d’une revendication nationale du Tibet une menace de décomposition non pas de la Chine elle même mais de l’ordre chinois et du régime actuel. Les concessions qui pourraient être faites aux tibétains ne peuvent que nourrir d’autres mouvements revendicatifs de toutes natures en tous points du territoire. Car dans un tel système de rapport de forces, la violence du régime bride toutes les formes de revendication mais dès qu’elle se relâchera, en seul point, mécaniquement les revendications en tous genres s’exprimeront avec plus d’intensité et moins de crainte.

Le combat démocratique dans des dictatures pareilles est difficile et peut paraître le plus souvent sans espoir. Les événements récents au Tibet montrent que les dirigeants chinois sont prêts à accepter la mort de centaines de leurs concitoyens si la répression l’exige plutôt que de concéder la moindre évolution. Et en même temps ce régime autoritaire comme tous ceux qui l’ont précédé dans l’histoire est à la merci de circonstances imprévisibles qui peuvent provoquer son écroulement en un rien de temps.

Il a suffi que Franco meure pour que son régime se délite immédiatement. L’Union Soviétique s’est décomposée devant nous et le travail de destruction est venu des forces internes qui avaient entrepris de la réformer pour la consolider.
Le régime franquiste était économiquement solide mais socialement obsolète. L’union soviétique était un système économiquement à bout se souffle. Il n’y a donc pas de règle établie pour en finir avec une dictature. Encore faut-il qu’une partie de l’opinion désire fortement autre chose et que les défenseurs les plus acharnés du régime n’y croient plus vraiment.
Le combat pour les droits de l’homme en Chine est légitime, il aidera une partie de la population chinoise à prendre conscience progressivement qu’une autre société est possible et prometteuse.
Il faut soutenir les tibétains dans leur revendication identitaire fondée sur une histoire et une culture singulières. Mais il faut aussi penser aux autres forces démocratiques qui veulent faire évoluer la société chinoise. Ce n’est pas parce qu’elles apparaissent faibles aujourd’hui qu’elles ne gagneront pas la bataille historique qui s’annonce.

Les péripéties des jeux olympiques sont de ce point de vue importantes et non décisives. Ils sont une occasion majeure de troubler l’opinion chinoise et de permettre aux forces démocratiques du pays de se mobiliser. Même si les gesticulations occidentales créent par ailleurs un réflexe nationaliste dans une partie de la population. Car ce qui compte c’est de montrer en quelques occasions le désarroi du régime et de mettre en évidence qu’il ne contrôle pas tout.
D’un autre côté ce qui est important c’est davantage la réaction de la population chinoise elle même et très peu les actes ou les mouvements des occidentaux qu’ils soient des dirigeants voulant conforter à tout prix des alliances politiques ou commerciales ou des combattants rebelles des causes démocratiques. Il faut noter que ce qui a donné de l’importance à la phase actuelle d’agitation c’est d’abord la révolte au Tibet et la répression qui a suivi. Ce sont les réactions internes qui peuvent se produire en Chine même, malgré la répression qui menaceront le plus fortement le régime.
Les forces de progrès du monde entier doivent être solidaires de ces luttes qui ne manqueront pas d’apparaître dans les mois qui viennent. Tout en ayant la modestie de reconnaître que les changements viendront des chinois eux mêmes, il faut par toutes sortes de manifestations soutenir les droits de l’homme en Chine. Et se rappeler que ce combat se gagne ou se perd partout simultanément et que toute concession en un point de la planète est une menace pour le reste de l’humanité.


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