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vivelagauche
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Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
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26.05.2007
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Que faire de la lutte des classes (1)

Que faire de la lutte des classes (1)

Posté le 27.06.2007 par vivelagauche
Les modèle marxiste est il encore opportun ?
Le marxisme a construit ses postulats dans le cadre d’une société industrielle du dix neuvième siècle composée d’un vaste prolétariat exploité par un patronat sans scrupules. C’est une vision simplifiée qui ne prend pas en considération les artisans, les paysans, les classes intermédiaires considérées comme non significatives dans l’organisation des rapports de forces. Les prolétaires partagent les mêmes espaces, quartiers populaires et fabriques où ils se côtoient, se connaissent et vivent la même misère. Les solidarités sociales vont donc de soi et l’adversaire commun est aisément identifiable, c’est le patron et par extension les patrons. La conscience de classe se forme naturellement à partir d’un vécu quotidien. La mobilisation sociale avec identification d’un bouc émissaire est le mécanisme le plus commun des mouvements sociaux. Face aux masses ouvrières les patrons et les riches n’ont d’ailleurs aucune difficulté à serrer les coudes pour préserver des privilèges et des rapports sociaux leur assurant des rentes substantielles. Cependant dés l’origine, ce schéma se heurte à la complexité humaine qui déchire les individus entre des fidélités opposées, les adhésions religieuses, locales, culturelles peuvent constituer des obstacles efficaces à la formation des solidarités ouvrières. Les partis politiques se donnent pour mission de réveiller la conscience de classe c’est à dire de stigmatiser l’adversaire, de le désigner à la vindicte collective et d’abaisser les réserves à l’engagement dans les luttes. La solidarité des tous les acteurs de la chaîne productive organisée dans l’entreprise est opposée à la confrontation qu’impose le partage des richesses produites. Celle ci fonde la lutte des classes identifiée par Karl Marx et telle qu’elle existe encore aujourd’hui.
Les prolétaires surexploités, les enfants qui travaillent, les patrons sans pitié sont plus nombreux en Chine, en Inde, en Afrique, au Brésil qu’en Europe mais le schéma n’a pas pris une ride. Cependant la société moderne a énormément évolué, elle est devenue très complexe et mondialisées. Pour les fonctionnaires, difficile de stigmatiser le patron qui n’est autre que l’état, dans les grands groupes le patron dénommé « grand capital » n’est plus une personne mais une entité imaginaire, pour le petit artisan le patron c’est lui même. Dans les entreprises de grande taille les personnels occupant une variété étendue des postes, de positions plus ou moins avantageuses sont en compétition les uns avec les autres pour avoir une organisation du travail plus favorable et des salaires plus importants. La mobilité internationale des capitaux fait des patrons des grands groupes des personnalités lointaines souvent non identifiées.
Les solidarités sociales (maladie, retraite, assurances chômage..) mises en place dans les société riches constituent des acquis qui semblent indiquer que la lutte des classes n’existe pas et qu’elle à cédé la place à une société compassionnelle et solidaire. Les vrais pauvres situés dans un tiers monde lointain apparaissent comme des rivaux dangereux quand ils produisent à bas coût dans leurs pays et aussi quand ils émigrent par tous les moyens vers les pays riches. Ils font l’objet de jugements contradictoires assez féroces, d’une part on les plaint et on évoque des projets grandioses et utopiques d’aide au tiers monde, d’autre part on les stigmatise gravement quand on dénonce la concurrence déloyale et l’immigration clandestine.
La redistribution sociale peut être source de jalousies et de conflits entre « ceux qui se lèvent tôt » et les « assistés » pour reprendre les termes de la campagne électorale. On détecte dans ce discours le sentiment que l’état providence n’est plus équitable et qu’il accable les uns pour protéger les autres. Le conflit qui se met en place ainsi détourne du conflit de classes « classique » entre les « travailleurs » et le « patronat », entre dominés et dominants de l’organisation sociale.
La durée du travail que la loi, la crise économique, et les évolutions de l’entreprise ont rendu complexe est aussi une source de rivalité intense entre travailleurs. Il y a en France en 2006 huit millions de salariés qui sont aux 35 h mais simultanément 2 millions font du temps partiel à beaucoup moins ( 20 heures voire moins) et 6 millions sont à 39 heures enfin 2 millions sont au chômage. Cette dispersion des conditions horaires clive profondément le monde du travail qui se trouve de fait dans des intérêts divergents. La gauche au gouvernement a commis une erreur gravissime en ne comprenant pas que diviser ainsi le monde du travail entre catégories aux conditions horaires si différentes pouvait faire exploser son électorat.
La pression sur les salaires exercée par la crise économique et le chômage élevé a exacerbé les tensions entre ces groupes et contribué à disperser les choix politiques des travailleurs.
Le ressentiment des moins bien lotis ( 39 heures, précaires, chômeurs) contre ceux qui s’en tirent mieux( 35 heures,fonctionnaires) a été exploité sans vergogne par le patronat et ses amis qui ont stigmatisé à longueur d’année dans tous les médias « les 35 heures comme cause de la décadence française ». Sans d’ailleurs les supprimer et après que Fillon ait créé des dispositifs qui rendent l’horaire légal contournable à volonté par des heures supplémentaires. Et c’est encore sur le contournement des 35 heures que Nicolas Sarkozy a fait intensément campagne, c’est dire si cette question a miné la gauche et altéré son image et sa crédibilité.
Dans un monde aussi compliqué, il n’est pas évident de discerner un groupe dont les intérêts sociaux et économiques sont bien identifiés et encore moins de lui désigner un seul bouc émissaire.
Les bénéficiaires de régimes spéciaux de retraite sont –ils les amis ou les ennemis de classe des précaires et des chômeurs ?
Les petits propriétaires sont ils solidaires des locataires salariés comme eux ou des grands propriétaires rentiers ?
Le grand capital lui même a parfois une drôle de figure, les fonds de pensions américains qui sont des capitalistes intraitables sont pourtant aussi des petits épargnants qui ont constitué un pécule pour leur retraite.
C’est de cette complexité sociale qu’il faut parler si on veut pouvoir produire un discours cohérent qui puisse mobiliser correctement des groupes assez importants vers des adversaires clairement identifiés; car elle va rendre très difficile le rassemblement des catégories populaires sur des intérêts communs et encore plus la désignation des ennemis de classe.

On observe d’ailleurs qu’aux élections les différents groupes sociaux s’éparpillent indifféremment sur tous les représentants de l’échiquier politique comme si personne ne représentait plus de manière privilégiée tel ou tel groupe.
L’électorat populaire est dispersé dans ses choix mais il l’est aussi dans sa constitution : les ouvriers ont peut être un bon salaire, un CDI et sont propriétaires d’un pavillon qu’ils comptent léguer à leurs enfant ou bien ils sont locataires en CDD et mal payés, ils appartiennent à une entreprise qui n’aura jamais de problèmes (grande distribution) ou encore à une entreprise très exposée à la concurrence internationale (petite électronique)
Il est évident que la catégorie « ouvrier » ne signifie pas nécessairement une situation sociale définie permettant de construire des solidarités politiques. Alors comment s’étonner d’observer une dispersion importante du vote ouvrier sur toutes sortes de candidats très différents.
Les schémas idéologiques qui ont servi à construire une démarche marxiste sont donc à repenser. A qui s’adresse par exemple « Arlette Laguiller » lorsqu’elle interpelle les « travailleurs et travailleuses » ? Plus personne ne se reconnaît dans un discours aussi sommaire et le score désastreux de ce mouvement témoigne de la pauvreté idéologique du discours qui est peut être révolutionnaire mais pas adapté « aux luttes » d’aujourd’hui.
Même Olivier Besancenot, bon orateur convaincant par la tonalité de son verbe et l’enthousiasme communicatif de sa jeunesse ne touche qu’une frange marginale de la société. Il serait intéressant de faire la sociologie de son électorat qui n’est peut être pas forcément formé de travailleurs mais peut être de bobos enthousiastes.
Enfin la référence au marxisme est pratiquement impossible compte tenu de l’histoire du 20ième siècle. Autant il est possible de considérer les idées de Marx comme un outil de réflexion qui garde encore un certain niveau de pertinence, autant il est totalement impossible compte tenu du passif historique impressionnant de la saga communiste de s’inscrire sous quelque forme que ce soit dans la lignée des états ou des mouvements révolutionnaires qui ont parsemé le 20ième siècle de morts, de dictatures, de mouvements violents et terroristes voire génocidaires.
C’est un des plus terribles constats que de voir tant d’espoirs révolutionnaires et tant d’efforts de libération de l’homme opprimé avoir sombré dans un tel désastre d’excès inhumains. le pathétique étant ce qui reste aujourd’hui du communisme, les régimes chinois, cubains et nord coréen.

La lutte des classes existe – telle encore ?

Malgré cela, il faut encore réaffirmer que la lutte des classes est une réalité sociale et que l’ordre de toute société n’est pas élaboré dans une cité idéale où tous seraient égaux mais qu’au contraire l’ordre social organise des inégalités et des rapports de forces dans lesquels certains groupes sont dominés et exploités alors que d’autres sont dominants exploiteurs et privilégiés. Il faut encore dire haut et fort que les groupes dominants utilisent toute la société politique, culturelle et sociale pour imposer une domination qui préserve leurs privilèges et qui contraint les catégories dominées à fournir à moindre frais leur force de travail. Et même si les groupes sociaux sont formés d’une architecture complexe, entrelacée et mouvante qui empêche de discerner clairement qui domine qui, qui exploite qui ? Où se trouve l’ennemi de classe ? Où sont les compromis et les terrains d’affrontement ? il n’en demeure pas moins que certains groupes très puissants mènent le jeu de la vie sociale, économique,culturelle, politique alors que d’autres se voient imposer des contraintes sociales, de travail,etc..
La lutte des classes est actuellement une réalité multiforme.

Le deuxième problème des mouvements de gauche actuels est qu’ils ne sont pas au clair avec le concept même de la lutte des classes. Dans la marxisme, la lutte des classes est un réalité sociale dans laquelle tous les moyens de combattre sont acceptables, dans le courant social démocrate on a abandonné tout recours à des mouvements violents et révolutionnaires (terrorisme, soulèvement armé, grèves insurrectionnelles) pour s’en remettre au suffrage universel et cela pose gravement le problème d’une vie démocratique équitable dans laquelle les chances de la gauche soient réelles. En effet on peut observer que l’influence des puissances d’argent sur les médias, la puissance de leurs réseaux d’influence rendent le jeu démocratique inégal.

Par contre les mouvements de gauche révolutionnaires qui investissent le champ du débat électoral pour expliquer qu’il suffit d’être élu pour pouvoir décider de prendre l’argent aux riches ( slogans tels que « augmentons les salaires, les revenus les retraites tout de suite, les riches paieront ») sont ils légitimes à imposer dans le débat démocratique un discours infantile qui consiste a faire croire que c’est très simple de prendre aux riches. Comme si ceux ci qui contrôlent l’ordre social et à qui la richesse même confère d’immenses moyens allaient se laisser dépouiller sans réagir.
Les pauvres ont –ils tort d’être sceptiques devant ces discours enflammés ? Le devoir de ces partis révolutionnaires ne serait il pas de mieux cadrer les conditions dans lesquelles les luttes peuvent se dérouler avec un minimum d’espérance de succès ? La recherche de la médiatisation à outrance des leaders de ces mouvements leur fait souvent oublier qu’ils sont instrumentalisés par les médias dominants pour décrédibiliser et discréditer les mouvements de la gauche dans son ensemble.
L’histoire du Chili (la malheureuse expérience Allende) doit une fois pour toutes mettre un terme à l’illusion électoraliste des mouvements de la gauche révolutionnaire. Gagner les élections permet d’apporter un certain nombre de réponses sociales mais ne permet en aucun cas de renverser l’ordre établi. Toute tentative « gauchiste » par la voie légaliste ouvre sur un conflit social aggravé qui se réglera par la force et par tous les moyens, guerre civile, coup d’état etc. Seule la guerre civile révolutionnaire victorieuse peut déboucher sur un renversement de l’ordre social. Il n’y a rien d’étonnant à constater que le degré de spoliation auquel les riches peuvent souscrire dans un cadre démocratique a des limites. C’est pourquoi les mouvements révolutionnaires trompent leur électorat lorsqu’ils participent au jeu électoral avec un discours révolutionnaire destiné à faire croire aux électeurs qu’il suffirait de gagner les élections pour mettre en place un pouvoir révolutionnaire.
De ce point de vue les reproches « gauchistes » entendus à l’encontre de François Mitterand et de Lionel Jospin qui n’en auraient « pas fait assez » sont particulièrement injustes et absurdes. Ces leaders ont gouverné la France et tenu compte des rapports de force dans la société exprimés par les élections. Ils n’ont jamais eu l’intention d’entamer un processus de renversement de l’ordre établi par des moyens de violence révolutionnaire et ils n’ont jamais tenu un discours qui aurait pu laisser tel ou tel se tromper sur leurs intentions.
En donnant un score très faible aux partis d’extrême gauche les électeurs ont tout simplement indiqué que la contradiction entre le discours révolutionnaire qui se propose des bouleversements considérables et la faiblesse des moyens proposés pour y parvenir enlève toute crédibilité à ses auteurs. Ils bénéficient certes des votes protestataires de personnes ou de groupes marginalisés ou de personnes particulièrement motivées pour la révolte sociale, mais la faiblesse du score ne peut s’expliquer que par l’absence singulière d’impact sur quelque groupe social que ce soit.
Cela ne signifie pas qu’au cours des crises sociales qui ne manqueront pas d’émerger à l’occasion de tel ou tel mauvais coup contre des catégories sociales les plus démunies (jeunes travailleurs, chômeurs, voire petits retraités) les mouvements révolutionnaires ne connaîtront pas à nouveau quelques heures de gloire en se portant à la tête des mouvements de résistance. Mais ces luttes si elles restent localisées segmentées à des causes particulières qui s’évanouissent au bout d’un certain temps, ne donneront pas à ces mouvements des occasions réelles de dépasser le statut d’agitateurs marginaux.
Les révolutionnaires qui veulent renverser l’ordre social ne peuvent faire abstraction de l’histoire, ils doivent dire clairement quel prix sanglant ils comptent faire payer aux uns et aux autres pour parvenir à leurs fins. Etant entendu que la violence n’est pas toujours révolutionnaire, elle a pour origine le plus souvent les ripostes que les puissants mettent en œuvre pour s’opposer à tout changement. Il ne s’agit pas donc de les stigmatiser comme de dangereux sanguinaires qu’ils ne sont pas nécessairement mais de leur demander de faire un diagnostic rigoureux des affrontements que ne manquerait pas d’entraîner un processus révolutionnaire.
De plus on ne peut pas ignorer les excès sanglants de certains mouvements révolutionnaires au cours de l’histoire, trop d’histoires tristes, voire comme au Cambodge de véritable génocide ont été justifiés par la révolution pour que cela aille de soi de considérer la violence révolutionnaire comme un processus en tous temps légitime.
On comprend parfaitement que même les catégories les moins aisées d’une population hésitent à promouvoir des processus qui ont trop souvent été dans le passé de tristes aventures sans retour. Le soutien des masses à des révoltes extrêmes ne se produit que dans les société où le désespoir populaire est très grand et où les risques encourus par les gens sont vitaux pour eux mêmes ou pour leurs enfants. Et c’est bien pour cela que les pires dictatures durent des années quand elles ont réussi çà s’installer.

Les socialistes doivent donc cesser d’éprouver de la culpabilité parce qu’ils n’ont pas comme projet de renverser l’ordre social. Ils doivent être bien clairs dans le fait qu’ils portent sur celui -ci un jugement critique explicite qui les rapproche sans ambiguïté des mouvements d’extrême gauche mais que par ailleurs, ayant renoncé à des processus violents ou utopiques ils veulent se limiter à le gérer en en corrigeant les excès les plus criants et en lui conférant une meilleure efficacité sociale.
Dénoncer la marchandisation progressive de tous les échanges humains et vouloir y résister pour cantonner les rapports capitalistes à certains types de produits ce n’est pas la même chose que d’accepter que ce processus de marchandisation se poursuive indéfiniment et emporte tout. La finalité du capitalisme est la marchandisation de toute relation humaine qu’elle consiste dans l’échange d’un objet, d’un service, d’un produit culturel ou d’un sentiment. Chaque échange doit faire l’objet d’une standardisation, d’une production de masse, d’une campagne de persuasion publicitaire et enfin permettre de prélever à chaque acte de vente un peu de profit pour le capital. Dans la société capitaliste finale on achètera tout et on n’aura plus que des rapports marchands avec les autres humains.



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:: Les commentaires des internautes

Chapeau
Posté par Aymeric Vaudaine le 28.06.2007
Ton article est extrèmement long mais aussi très pertinent. Je reprend espoir pour qu'un jour la gauche renonce à ses complexes et sa nostalgie post-révolutionnaire pour entrer pleinement dans le réformisme social-démocrate du 21ème siècle et la Mondialisation des échanges
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