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vivelagauche
Description du blog :
Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
26.05.2007
Dernière mise à jour :
04.07.2008
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sarko le fort, PS le faible?

sarko le fort, PS le faible?

Posté le 03.07.2007 par vivelagauche
Il est de bon ton dans les médias d’encenser le pouvoir et de plaindre le Parti Socialiste, l’un serait en phase de succès, d’ouverture politique géniale, de succès internationaux remarquables, l’autre en voie d’implosion sous l’action conjuguée des rivalités de personnes et de confrontations idéologiques irréconciliables. C’est ainsi que tous les jours les médias répètent à l’envi ce qui doit être cru !
On ne peut pas nier que des personnalités du PS et certains militants ne manquent pas d’apporter à ce roman leur petite contribution. Par exemple Dominique Strauskhan interviewé par El Kabbaj porte un jugement flatteur sur le mini traité européen de Nicolas Sarkozy et enterre en trois phrases la retraite à 60 ans voire à 65 ans et l’attitude de la gauche sur cette question. Ailleurs on entend dire que Jack Lang a accepté une mission confiée par Nicolas sarkozy. Bref, la manière dont le pouvoir s’efforce d’étrangler l’opposition finit par produire ses effets.
Et pourtant au delà de la surface médiatique des choses, il reste quelques réalités tenaces qui rendent le panorama politique moins assuré.
Les faiblesses du pouvoir :
Le pouvoir « sarkozyien » ne serait –il pas en train de compromettre des équilibres essentiels et de fragiliser ainsi l’édifice de la République ? On se demande quel est le rôle du premier ministre au moment où son effacement est de nature à faire craindre l’abaissement du parlement devant lequel il est responsable. Bien sûr en période d’état de grâce tout cela se fait dans l’indifférence de l’opinion si ce n’est avec son approbation. Mais la démarche «bonapartiste » du président même si elle obtient une forme d’acquiescement est bien aventureuse. Il est certain que depuis 1958 au moment où l’Assemblée remettait la République dans les mains du général de Gaulle, les institutions n’avaient pas été à ce point incarnées par une seule personne. L’histoire a montré à maintes reprises à quel point ce type de processus est risqué. Le danger de cette situation pourrait apparaître clairement si des difficultés surgissaient entre le pouvoir et l’opinion. Ceux qui à gauche ou au centre militaient pour une république plus parlementaire sont confrontés à une évolution totalement opposée du régime. Décidément Lionel Jospin aura face à l’histoire une lourde responsabilité pour avoir contribué au trouble actuel de la démocratie par l’instauration du quinquennat et la manipulation du calendrier couplant élection présidentielle et élections législatives.
Mais le problème essentiel de la France reste la situation économique toujours aussi préoccupante .La perte de compétitivité de l’économie française n’a pas disparu en un mois. Aucune des mesures annoncées par le pouvoir n’est de nature à changer la situation ! Aucune ne permet de diminuer la dette ! Aucun des cadeaux fiscaux faits à sa base politique par le président nouvellement élu (à distinguer de sa base électorale) n‘aura d’effet sur les performances de l’économie française ! C’est finalement le plus inquiétant !

La difficile équation des finances publiques a aussi de quoi déprimer sérieusement les esprits les plus optimistes, car les décisions destinées à « faire des économies » demeurent malgré tout superficielles. Supprimer dix mille postes dans l’enseignement, introduire une franchise santé sont des mesures impopulaires au coût social considérable avec, hélas, un effet financier insignifiant tant le montant de l’économie réalisée est négligeable comparé au chiffre de la dette !
Les conditions de la formation et de la croissance de cet endettement massif sont difficiles à comprendre. L’explication politique par un laxisme durable de l’Etat n’est peut être pas entièrement fausse mais on a du mal à croire que des mécanismes sous jacents n’aient pas contribué à aggraver un processus d’endettement aussi important.
Comment expliquer qu’en quatre ou cinq ans la dette ait augmenté de trois à quatre cent milliards ? Ces chiffres n’ont rien de comparable avec le montant des redistributions sociales durant la même période.
Par ailleurs le président évoque un point de croissance à trouver (pour que les choses aillent mieux). Un point c’est 17 milliards de PIB en plus donc 8 milliards de recettes supplémentaires. Si on rapproche ces chiffres des 40 milliards annuels d’intérêts et des 1200 milliards d’endettement, manifestement le compte n ‘y est pas.
Face à cette dette massive il y a deux ou trois attitudes possibles :
Déclarer que des réformes permettront de régler le problème dans les années à venir en transformant un état laxiste en un état économe. Cette option adoptée sans discuter par la droite mais aussi par la gauche pèche par un optimisme évident : Cela suppose que les dirigeant d’hier étaient nuls et que ceux de demain seront géniaux, c’est vraiment trop d’indignité pour les uns et trop d’hommage pour les autres.
D’autres expliquent que la dette n’est pas un vrai problème et que verser trois pour cent du PIB en intérêts est une chose naturelle. Ils constatent que d’autres pays sont plus endettés et que cela ne les a pas mis en cessation de paiement. Cette approche consiste à faire contre mauvaise fortune bon coeur en s’accommodant du problème. Ils soutiennent même que la dette est un thème d’intoxication politique de l’opinion et non pas un problème économique réel. Quoi qu’ils en disent le versement de trois pour cent du PIB (pratiquement plus que la croissance annuelle) à des financiers rentiers modifie sensiblement la répartition des richesses entre détenteurs du capital et salariés au détriment de ceux ci. De plus les bénéficiaires de ces transferts sont de plus en plus souvent situés hors de France.

D’autres estiment que l’aggravation de la dette est une conséquence de la perte de son pouvoir monétaire par l’Etat. Par le passé, il pouvait réduire son endettement par la dévaluation ou disposer gratuitement de liquidités par la création de monnaie. Les contraintes des traités européens en l’obligeant à emprunter la totalité de ses déficits sur le marché monétaire, ont supprimé ces facilités. Ceci fait naître l’espoir que des modifications des traités permettraient de réduire rapidement l’endettement. Cette approche semble utopique dans la mesure où les pays européens avec des endettements différents ont des intérêts divergents. Un accord ne se négociera donc pas facilement entre eux. Dans le même esprit, certains s’interrogent sur la possibilité de rendre au trésor public des facultés même réduites de création monétaires qui permettraient au moins de limiter la croissance de la dette.
(La fermeture des comptes du trésor pour les particuliers a eu pour effet inverse de tarir la création de monnaie scripturale par le trésor public)

Ce bref résumé n’a pas pour objectif de venir à bout d’un sujet aussi complexe mais au contraire d’en souligner la difficulté technique, pratique et politique.

Pour le moment aucune politique sérieuse de résorption de l’endettement de l’Etat n’existe et face à l’indigence du gouvernement le PS n’a proposé aucune alternative même s’il a vigoureusement protesté contre les avantages fiscaux consentis aux plus riches.

Force et faiblesse des socialistes :
A gauche la coexistence entre les tenants d’une gauche fidèle à ses valeurs traditionnelles et ceux qui se laissent séduire par une orientation social- démocrate semble désormais impossible au sein du parti socialiste. Faut –il en conclure que le parti est voué à une explosion inéluctable ?
Pour répondre à cette question, il faut observer que cette coexistence au sein du parti n’est pas nouvelle et que c’est finalement ce qui fait son originalité et sa force.
Les courants « très à gauche » s’ils quittaient le parti socialiste se retrouveraient dans le voisinage du parti communiste et de l’extrême gauche et on peut difficilement imaginer qu’un mouvement politique nouveau puisse prospérer dans un secteur de l’opinion où il y a trop plein de formations et déficit d’électeurs.
Il est donc difficile de croire qu’une scission pourrait provenir de la gauche du parti.
La tentation peut exister dans les courants « social démocrate ou centristes » mais ces courants séparés du PS perdront immédiatement leur caractère populaire et se retrouveront dans un univers centriste déjà encombré de divers mouvements. Difficile d’imaginer qu’un indépendance totale leur procurerait une plus grande audience.
In fine le maintien de courants divergents dans le PS est probablement ce qui lui procure sa force d’attraction électorale en lui permettant de mêler des aspirations assez différentes dans la construction d’un mouvement politique et d’un électorat.
C’est pourquoi la rénovation du PS contrairement à ce qu’affirment les uns et les autres ne passe pas par un choix entre deux options mais au contraire par l’élaboration d’une synthèse. Le vocable « synthèse » a tellement servi à fabriquer des documents « salade » faisant un mélange de propositions contradictoires et compassionnelles que son utilisation est un risque majeur. Parler de synthèse c’est s’exposer à être considéré comme un politicien au sens péjoratif du terme.

Pourtant, il n’y a pas d’autre mot pour désigner un travail d’approfondissement des propositions des deux courants afin de construire une orientation globale destinée à mettre l’ensemble du parti en mouvement.
La synthèse doit découler d’un examen méthodique de chaque question, avec analyse minutieuse des positions de chacun, démontage des postures idéologiques des uns et des autres qui servent trop souvent de grilles de lecture stéréotypées, observation de la réalité sociale et processus de redéfinition de la ligne du parti par consensus.
Dans ce travail de refondation de la pensée socialiste, il convient de commencer par définir quelles sont les catégories sociales qui doivent constituer la majorité électorale sur la quelle le parti veut s’appuyer. Avant de chercher à séduire par des propositions constructives, il est prioritaire d’écarter systématiquement les propositions qui créent la division dans l’électorat.

Le parti socialiste étant un parti d’élus locaux, les orientations idéologiques sont souvent associées à des alliances électorales externes. les uns souhaitent rassembler les électeurs communistes et d’extrême gauche, les autres au contraire s’intéressent à l’électorat centriste. Cela conduit en interne à des lignes opposées. Ce grand écart va sans doute s’exacerber dans le cadre des prochaines élections locales où chaque cacique cherchera en fonction de ses intérêts locaux à imposer une ligne au PS. La vérité étant que les deux démarches vont nécessairement cohabiter avec la bonne volonté des communistes qui s’ils veulent continuer d’exister devront accepter de concéder eux aussi des évolutions idéologiques sérieuses. Il est important que les responsables socialistes soient conscients de la nécessité de tenir balance égale entre ces orientations et de les considérer pour ce qu’elles sont, des tentatives de rassemblement de l’électorat au delà du PS. Elles demeurent légitimes si elle permettent de gagner les élections elles cessent de l’être si elles remettent en cause l’unité du parti et sa nécessaire rénovation.











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