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vivelagauche
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Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
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26.05.2007
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Le rude combat de BHL

Le rude combat de BHL

Posté le 10.10.2007 par vivelagauche
Couverture d’un magazine prestigieux, polémique avec le conseiller de Sarkozy, décidément c’est la semaine de Bernard Henri Lévy . Dans le Nouvel Observateur du 4 octobre il débat avec Alain Finkielkraut. De leurs échanges, il faut remercier BHL au moins pour une phrase « Le pire, ce n’est pas l’antiracisme, c’est le racisme, c’est toujours le racisme- et il demeure hélas une tendance lourde de la société française ». Car le débat a inéluctablement dérivé vers la question centrale de l’histoire récente, à savoir la crise des banlieues avec ses causes et ses conséquences.

Nos deux philosophes regardent –ils, cependant, ces événements avec une attention suffisante ? Leur réflexion se focalise sur ces banlieues où semble t il, il s’est passé quelque chose parce que des voitures et quelques bâtiments ont brûlé. Ils ont regardé le coté le plus éclairé de la scène mais est-ce le plus important ? Car ce qui a compté, ce qui a fait aussi événement c’est le regard de la France entière sur cette crise des banlieues.
La France du journal de 20 heures, celle des maisons de retraite, celle des personnes seules, celle des travailleurs harassés, des fonctionnaires, des employés ou des chômeurs, soir après soir, voyait des voitures brûler dans les rues des grandes villes, des policiers courir, des pompiers pleurer, des jeunes fanfaronner et un général Sarkozy Bonaparte venir leur dire qu’on pouvait compter sur lui.
La crise a été une période paroxystique faisant suite à une longue durée où les banlieues, les quartiers difficiles, les violences urbaines ont occupé de manière régulière la une des médias, apportant jour après jour des facteurs d’angoisse, d’incompréhension et le désir de vindicte à l’ensemble du pays. Pour les français et malgré les discours officiels il est plus facile depuis longtemps de stigmatiser les banlieues que de les comprendre. Depuis des années, Le Pen nourrit de propos scandaleux un imaginaire peuplé d’immigrés profiteurs et truands, donnant ainsi du grain à moudre au racisme ambiant. Le manque de courage dans ce domaine de la gauche et l’attitude ambivalente de la droite chiraquienne (Le bruit et l’odeur des immigrés stigmatisés par Chirac candidat) ont laissé se développer un climat d’inquiétude de désir de revanche de forte hostilité qui a permis au racisme le plus ordinaire de proliférer tranquillement.
Tout cela se passe 40 ans après la fin de la guerre d’Algérie, l’octroi des indépendances à l’empire colonial et la définition de l’Europe comme nouveau destin de la nation.
Dans les villes de France se mêlent les visions des pieds noirs qui revenus en masse nourriront de leur rancoeurs les préjugés racistes anti- magrébins les plus tenaces, celles des français de France qui ont appris par cœur la gloire coloniale à l’école primaire et éprouveront un certain dépit des changements survenus, celles de ces manœuvres, ces mineurs, ces harkis cantonnés aux basses œuvres et aux habitats les plus pauvres comme si l’ordre impérial continuait en métropole. Et en sus les enfants en nombre de ces populations en souffrance d’égalité et se heurtant à l’infinie déclinaison des discriminations subtiles ou obscènes. Et en plus les rejetons instruits revendiquant un statut d’égal dans l’emploi, les boites de nuit et le monde. Et en plus ces femmes voilées et ces pieux pratiquants demandeurs de mosquées. Et sur tous, la présence du terrorisme et des attentats qui légitiment les appréhensions les plus irrationnelles.
Au moment de la crise des banlieues la France se divise en deux camps, ceux qui condamnent sans réserve et ceux qui veulent comprendre et expliquer. Finkielkraut met en musique cette fracture sociale en ces termes « dans la critique sociale aujourd’hui à gauche le véritable agent de tout acte délictueux commis par le dominé c’est le système de domination » ces propos sont évidemment une caricature grossière de ce qu’on pense à gauche. Mais ils traduisent une réalité qui clive terriblement le peuple français même si ce n’est pas entre droite et gauche. C’est pourquoi Ségolène Royal devient populaire dans l’ensemble de l’opinion lorsqu’elle parle de camps militaires et d’ordre juste. Ses partisans entendent le mot « ordre » comme la délivrance d’une ancienne culpabilité.
Les discours enflammés de Le Pen mais aussi les discours progressistes désireux de faire le bien en Afrique, décrivant la misère, la corruption des élites, le désir d’apporter aide, techniques et culture ont pendant des années façonné la pensée raciste du peuple français. Une pensée raciste haineuse à droite et altruiste à gauche, paternaliste et désireuse d’aider les africains mais les voyant comme des inférieurs en culture et en humanité. Il faut savoir gré à BHL de dénoncer clairement le racisme toujours présent tant cette réalité est niée dans les médias, dans les courants d’opinion et par la France officielle dotée d’une loi et de la HALDE. Ce racisme peut perdurer sous maintes formes et même en se déguisant en générosité désintéressée car ni à droite ni à gauche personne ne supporte le soupçon de racisme. Même les humoristes qui gagnent des fortunes en moquant tant et plus les travers supposés des ethnies et des peuples de toutes origines vous diront qu’il faut voir leur spectacle au second degré. Il n’empêche que les rires sont au premier degré et qu’ils libèrent une expression publique et collective du racisme le plus primaire.
Pour une grande partie des français, Sakozy est le général Bonaparte d’une guerre de revanche gagnée. Une deuxième guerre d’Algérie en quelque sorte qui nous consolerait de la première. Ce fantasme il l’a lui même entretenu en développant les thèmes de refus de la repentance, du rétablissement de l’ordre dans les banlieues, exaltant la nation menacée, stigmatisant les assistés (aux yeux de beaucoup des jeunes et des immigrés). Champion de l’ordre menacé son programme économique se réduit à un slogan (travailler plus pour gagner plus).
Mais cette victoire symbolique est évidemment sans lendemain, la France d’aujourd’hui est métissée et elle le restera. Donc les déconvenues sont à venir. La situation rappelle à bien des égards 1958 où une minorité agissante ramène au pouvoir pour conforter l’Algérie Française, De Gaulle qui après 4 ans et le constat brutal de l’inutilité de la guerre, rend leur indépendance aux algériens.
Les heureux électeurs de Nicolas Sarkozy se rendront vite compte de l’impuissance en ces matières de leur patron et alors il faudra bien qu’ils se mettent à penser la France telle qu’elle est, c’est à dire métissée. Et dés que ce travail reprendra la tension nationale diminuera. Mais d’ici là on aura sans doute d’autres bouffées de fièvre dans les banlieues toujours incomprises. Le pouvoir d’ailleurs adopte une stratégie de contournement des problèmes en mettant au centre de son débat sous une forme obsessionnelle l’immigration familiale ou clandestine, ce qui lui permet de continuer à nourrir l’imaginaire raciste de son électorat sans agresser directement les populations d’origine immigrée.
Il est impossible qu’un gouvernement dont les finances sont exsangues dans un pays où les besoins sont considérables en de multiples domaines trouve des financements pour une action sérieuse sur les quartiers populaires. Donc après un peu de gesticulation il va s’avérer que l’action du gouvernement se réduit à pas grand chose. Fadela Amara ne doit pas trop s’illusionner là- dessus. Rachida Dati et Rama Yade ne pourront, à elles seules, incarner très longtemps la mixité ethnique de la société.



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