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vivelagauche
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Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
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26.05.2007
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Bataille d'idées mal engagée par le PS

Bataille d'idées mal engagée par le PS

Posté le 16.10.2007 par vivelagauche
En cas de grève dans une entreprise, le préjudice est supporté par les actionnaires ou le patron. Dans le cas d’un service public, il est subi par les usagers. Si l’opinion publique ne soutient pas le mouvement, les grévistes ne tarderont pas à se trouver pris en tenaille entre d’une part le gouvernement qui va les stigmatiser et l’opinion qui va exprimer sa réprobation. Ils ne pourront que durcir leur mouvement ce qui aura pour effet d’aggraver encore l’hostilité de la population.

Pour que les grévistes aient une chance de succès, ils doivent être perçus comme les porte paroles organisés d’un mouvement social plus vaste prenant en charge les préoccupations de l’ensemble des salariés qui ont plus de difficulté à se mettre en grève. Cela suppose que les thèmes de l’affrontement ne soient pas ceux que le gouvernement a choisis et durcis par un discours récurrent. En faisant des bénéficiaires des régimes spéciaux des privilégiés défendant contre l’intérêt général des avantages illégitimes, le gouvernement à gagné une bataille d’importance, celle de la lecture de l’événement par l’opinion publique suivant un schéma disqualifiant moralement le combat des grévistes. Il annonce lui même une grève dure ce qui lui permettra de se poser en héros de l’intérêt général. La gauche se trouve encore une fois de plus dans une situation intenable. Contrainte de s’aligner sur les positions des syndicats qui sont eux mêmes obligés de soutenir sans nuances les régimes spéciaux dont les bénéficiaires forment d’importants bataillons des forces syndicales. A partir du moment où le champ de l’affrontement est celui que le gouvernement a défini, la gauche se retrouve à défendre des « privilégiés » contre la grande masse des catégories laborieuses de la population.

Pour échapper à ce piège le PS propose qu’on attende la discussion générale des retraites, pour traiter des régimes spéciaux. Cette position dilatoire peut avoir deux effets, d’une part décevoir les bénéficiaires des régimes spéciaux qui vont dénoncer un manque de fermeté, d’autre part décevoir le reste du public parce que la gauche se présente comme l’alliée de « privilégiés » de l’emploi dans les services publics. Au total, elle se retrouve en position de « regarder les trains passer » sans avoir les moyens de peser sur un affrontement social de première importance.

Que peut on suggérer ? Ce qui fonde l’argumentaire gouvernemental c’est la dénonciation de privilèges dont bénéficient des professions particulières munies des régimes spéciaux. Accepter que le problème soit posé en ces termes c’est quasiment se placer en posture de défaite. Même le thème de la « pénibilité » semble surfait pour justifier quoi que ce soit tant les gens sont conscients que tous les emplois, toutes les conditions sont dans les milieux populaires considérés comme pénibles. D’ailleurs le gouvernement n’a pars tardé à se saisir aussi du souci de faire un sort particulier aux travaux « pénibles ».
Desserrer l’étau mis en place par le gouvernement suppose que l’on déplace l’affrontement sur des idées plus générales impliquant une plus grande partie de la population.
D’abord le respect du contrat, quand quelqu’un rentre à la SNCF par exemple les conditions d’accès à la retraite font partie intégrante du contrat de travail. Modifier les conditions d’accès pour ceux qui sont actuellement en poste doit en tenir compte en leur proposant une modification progressive du statut. D’autre part les efforts demandés aux régimes spéciaux doivent correspondre aux efforts qui sont demandés à l’ensemble de la population. En particulier il ne faut pas que des statuts des personnes différents, salariés ou professions libérales permettent de stigmatiser les uns pendant que les autres sont dans des caisses autonomes largement subventionnées, à l’abri des efforts demandés à tous.
Enfin les retraites correspondant à des minima sociaux doivent être abondées par l’impôt donc par tous les revenus y compris les revenus du capital. C’est donc une réforme sur le principe de « l’effort équitable » qu’il faut insister pour demander que tous les privilèges soient mis à plat. En particulier ceux des professions libérales et de tous les placements financiers qui bénéficient d’avantages fiscaux pour constituer des compléments de retraite au profit des plus aisés.

Plus généralement puisque la cotisation retraite est une épargne pour les vieux jours et celle –ci une rente viagère, c’est à une analyse générale de tous les dispositifs d’épargne et de leurs avantages fiscaux respectifs que le PS aurait dû se livrer afin démontrer que les privilégiés ne sont pas là où la droite et Nicolas Sarkozy les voient. Ce travail de mise en perspective des formes d’épargne en France fait cruellement défaut dans le débat actuel.

On doit dénoncer une politique s’en prenant sélectivement aux travailleurs des services publics des transports au moment où le développement exponentiel du transport routier contribue gravement au réchauffement climatique. A l’heure du Grenelle de l’environnement la nécessité de déplacer une partie des transports de la route vers le rail pour diminuer les émissions carbone devrait conduire le gouvernement à tenir un discours favorable au rail. C’est donc avec une certaine incohérence qu’il s’en prend aux retraites des cheminots donc qu’il dégrade leur carrière plutôt qu’aux immenses profits des entreprises de transport routier. Si le coût carbone était facturé aux camions, le transport par rail apparaîtrait comme particulièrement concurrentiel.
De plus les conditions de travail pénibles et la protection sociale insuffisantes qui dominent le secteur des transports routiers devraient faire l’objet d’une dénonciation plus importante de la part des forces de gauche. La faible syndicalisation due à la pression très forte exercée par les patrons routiers explique largement la médiocre situation des salariés dans ce secteur.

L’attaque en règle du gouvernement contre les régimes spéciaux est le préambule annoncé d’une remise en cause de la retraite à soixante ans et l’intention de porter à 41 ans la durée des cotisations. Dans le contexte actuel ces annonces ne garantissent nullement que les gens travailleront davantage. L’âge de départ actuel est plutôt de 57 ans. Il faut donc dénoncer un politique dans laquelle aucune mesure n’est prise pour que les gens puissent réellement travailler jusqu'à soixante ans car cela se traduira non pas par une augmentation de la durée du travail mais par une réduction substantielle des pensions.
Il faut dénoncer une politique économique qui décourage les observateurs les plus conciliants tant elle manque de « vision » tant elle ressemble à un plan de rigueur sans laisser en espérer une amélioration des finances publiques. En effet le budget et les mesures prises à ce jour cumulent déficit, aggravation de la dette, réduction du nombre de fonctionnaires, stagnation pouvoir d’achat, déficit de la balance des paiements et croissance médiocre. Pour le coup les français n’ont ni le beurre ni encore moins l’argent du beurre. Il faut montrer que le gouvernement sert les intérêts des très hautes catégories sociales (grandes fortunes industrielles et financières) dont les intérêts sont mondialisés et déconnectés de l’économie française abandonnée à une forme de léthargie que les discours volontaristes ne masquent plus. Il faut dénoncer une politique économique qui privilégie les cadeaux aux grandes fortunes au détriment de la nation dans ses composantes des petites entreprises et des catégories populaires.

Faire prendre conscience à la population de cette situation va permettre de définir les contours d’un vaste rassemblement de gauche modérée capable de constituer une alternative au pouvoir actuel.



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