Créer un blog Présentation

Nom du blog :
vivelagauche
Description du blog :
Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
Catégorie :
Blog Politique
Date de création :
26.05.2007
Dernière mise à jour :
04.07.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<

Navigation

Accueil
Livre d'or vivelagauche
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· les 35 heures (essai d'explication de gauche)
· Qu’est-ce qu’un « logement social » ?
· Le PS sarkozien en formation?
· En finir avec Arlette (Rôle de l'extrême gauche)
· aucune mesure aussi délirante soit elle ne peut être écartée
· sarko le fort, PS le faible?
· un peu moins d’école
· réforme des universités de gauche et de droite
· Que faire de la lutte des classes (1)
· Défense de la démocratie parlementaire

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

bonjour
10.04.2008
L'urgence :
13.03.2008
UMP
18.02.2008
mwai.
05.02.2008
Courage pour la suite
13.01.2008
un petit coucou
12.01.2008
deux questions
12.01.2008
IL N Y A PAS QUE DES RASCISTES
06.01.2008
vous etes des rigolos
06.01.2008
Hellooo' =D
29.12.2007
d'accord
28.12.2007
héhé
28.12.2007
Commentaire d'un travailleur du bâtiment
17.12.2007
ça ne se fait pas!
12.10.2007
le livre athée
27.09.2007
Tous avec nous contre les cyberracistes
22.09.2007
decadent
11.09.2007
Titiflo77!
09.09.2007
Moyen-Age
04.09.2007
lalutteuse de rouen
23.07.2007
RSS

Blogs à découvrir :

· romump
· annoeullinump
· modem15
· recloses2008
· haakite
· davisprosarkozy
· niousessaintmartinoises
· sabihaahmine
· anarchie23
· amistaduruguay

supporter cette politique dégradante

Posté le 06.04.2008 par vivelagauche


La violence ordinaire dans la France sarkozienne est devenue invisible, on s’habitue à la politique de traque des immigrés clandestins, de centres de rétention, d’expulsions, d’autant plus facilement que tout cela fonctionne dans l’obscurité, la bureaucratie déshumanisée, à bas bruit et à l’écart des médias.
Il faut un mort pour que tout à coup les médias en parlent, léger frémissement de scrupules, et qu’on se rappelle que cette réalité cachée est la nôtre pour notre indignité collective.
Personne ne se sent responsable des drames, des souffrances, des cruautés qu’on impose à des « sans papiers ». La sémantique bonne fille nous offre de la ressource en inventant un délit voire un crime qui n’existe pas et en permettant de différencier de nous tous ces gens poussés par la faim qui ont avec de grandes difficultés et souvent un grand courage franchi des frontières pour s’en sortir et pour survivre pour eux ou pour les leurs. Sur ces hors la loi la violence de l’Etat peut s’exercer dans l’indifférence ? « Sans papiers » cela devrait être le statut de quelqu’un qui a des problèmes administratifs à résoudre, tout au plus casse pieds, mais non, c’est devenu une marque d’infamie, une indice de non humanité qui légitime des représailles officielles dans un pays qui se prétend des droits de l’homme. Cela permet la détention administrative ce qui veut dire que l’on enferme des hommes des femmes, des enfants, des bébés, chose que le droit ne permet pas et l’on s’assoit sur les principes les plus sacrés pour tolérer que ces actes d’enfermement échappent au bon sens, à la justice, à l’humanité la plus élémentaire. Il s’agit en fin de compte d’une nouvelle forme de ces lettres de cachet que la révolution française avait abolie. L’acte régalien administratif et privatif de liberté qui s’exerce dans l’indifférence et est considéré comme une norme.
Le système fonctionne avec des objectifs quantitatifs avoués qui peuvent le pousser aux excès, au manque de self contrôle car la nécessité de faire du chiffre incite à être moins regardant sur le cas de tel ou tel et il peut même conduire à la tentation de faire du zèle.
Et les gens ordinaires, monsieur tout le monde, moi , vous, celui qui se soucie du sort des SDF et aide les vielles femmes à traverser la rue, n’est pas concerné car tout ça est légal officiel donc normal et pris en charge par des gens respectables.
Le maçon qui construit le centre de rétention, le ferronnier qui installe les grilles, l’électricien qui place la clôture électrifiés, le policier qui arrête, la secrétaire qui transmet les listes, personne finalement n’est responsable du système et donc ne peut se sentir concerné par son existence, ses excès et ses bavures quand il y en a.
Et pourtant chaque accident rapporté par les médias va peser sur toutes nos consciences et provoquer une émotion publique significative.
C’est là que les grands experts en morale publique viennent au secours des âmes. La théorie de « l’appel d’air » si convaincante, si rassurante, si légitimante nous explique que si nous étions un peuple sympa les étrangers vont affluer et nous submerger sans mesure, il viendront en nombre et ce sera l’invasion. Imaginez nos villes bondées de peaux colorées, nos services sociaux envahis par la misère du monde, nos écoles submergées d’enfants baragouinants, l’angoisse totale pour tous les honnêtes gens qui bossent, qui payent leurs cotisations, qui élèvent leurs enfants et qui redoutent les déficits publics. Donc il faut bien pour se défendre se donner cette image de méchants, dissuasive. Cette image qui tient les pauvre en respect et les empêche de se transformer en « sans papiers » en « clandestins ».
Il faut faire mal pour faire peur. Il faut faire peur pour faire le bien. CQFD
Est ce utile de réfuter ce discours dont la surface lisse et bienveillante cache une profonde xénophobie voire le racisme le plus ordinaire ?
C’est réussi d’ailleurs, si bien réussi que les étrangers que l’on voudrait en France y viennent de moins en moins car les talents qu’il faudrait attirer pour dynamiser notre société vieillissante, la réglementation tatillonne et le discours xénophobe, les éloignent vers d’autres cieux. Ils vont à Londres ou en Amérique comme d’ailleurs de nombreux français jeunes que le conservatisme ambiant chasse de leur propre pays.
Et pendant ce temps nombre de nos braves gendarmes, policiers, fonctionnaires poursuivent l’immigré clandestin comme si c’était la seule urgence dans la France chaotique d’aujourd’hui ?

En fait cette politique est aussi un discours qui s’adresse de manière subliminale mais avec une grande clarté à toute une partie de la population française. C’est un message instituant le rapport de forces entre la France blanche, xénophobe et bourgeoise et la masse immense des populations jeunes et issues de l’immigration. Cette population des banlieues si inquiétante dans bien des têtes. Cette traque des immigrés est la pédagogie de l’ordre de l’ordre des blancs contre les basanés afin que chacun le matin devant sa glace comprenne de quel coté il se trouve et que la France vieillissante des lotissements, terrorisée par le changement et les crises qui arrivent, continue de craindre et de bien voter, pour l’ordre, pour l’ordre sarkozien.
Si Sarkozy ne peut rien ou si peu en économie, il pourra en revenant à la thématique de l’ordre reprendre le manche du pouvoir qui est en train de lui glisser des mains. Du moins c’est le pari que beaucoup de ses amis font pour lui!
Mais pour un si piètre résultat tant de français doivent éprouver cette honte de ne pouvoir rien faire et supporter cette politique dégradante.



--

quelques actions de niveau inégal

Posté le 04.04.2008 par vivelagauche
Manifestement il est plus facile de faire des effets d’annonce que de construire une véritable politique économique. Depuis plusieurs jours les médias nous préparent à 140 mesures annoncées par Nicolas Sarkozy pour faire face à la crise et continuer les réformes. Alors on attend le discours et ce sont quelques actions de niveau inégal disparates et prévisibles qui font le fonds de l’affaire. Au total bien peu de chose face à une crise par trop sérieuse. Economiserait-on 5 milliards que le compte n’y serait pas puisque le déficit comme les intérêts de la dette sont de l’ordre de 40 et 50 milliards. De plus ces mesures touche à tout vont –elles produire les effets annoncés comme si tout était égal par ailleurs, ce n’est pas sûr. Quand à la réforme de l’état, sérieuse, structurelle, elle est encore dans les cartons.
Il est clair cependant que la saignée des aides sociales et des services publics est amorcée car en l’absence de croissance la seule chose à faire est la réduction des dépenses.
Mais le but de ces annonces était de rendre un peu de crédibilité à Nicolas Sarkozy avant qu’il devienne pour mois président de l’Union Européenne. C’est à peu prés le seul objectif qui sera grosso modo atteint.

Restructurer l’état et le rendre plus efficace est un objectif que tout le monde partage mais il se confirme que la réduction brutale du nombre de fonctionnaires dont les conséquences sociales et humaines seront très fortes n’aura qu’un effet marginal sur le déficit de l’Etat. Encore un slogan qui n’est que le paravent d’une idée fausse.
Montant des crédits de paiement par titre et catégorie

LFI 2006 PLF 2007


Titre 1er. Dotations des pouvoirs publics
871.981.683 918.701.950
Titre 2. Dépenses de personnel
118.161.035.211 119.149.958.305
Titre 3. Dépenses de fonctionnement
31.903.645.741 33.554.893.660
Titre 4. Charges de la dette de l'Etat
39.028.600.000 39.191.000.000
Titre 5. Dépenses d'investissement
13.567.963.325 13.187.105.744
Titre 6. Dépenses d'intervention
130.852.286.344 138.040.877.749
Titre 7. Dépenses d'opérations financières
230.772.796 286.021.425

Total général
334.616.285.100 344.328.198.833


Dans les dépenses de personnel il faut distinguer trente milliards environ pour les pensions et le reste 80 ou 90 milliards pour les actifs.
Il faudra supprimer 10 pour cent des fonctionnaires pour économiser 6 à 8 milliards environ, c’est plus facile à dire qu’à réaliser quand on voit les tensions qui apparaissent dés qu’on atteint quelques dizaines de milliers de postes.
Si on refuse de toucher aux bénéfices des rentiers et aux subventions aux entreprises, il faudra donc tailler dans les budgets sociaux.
Il n’est pas dit cependant que le discours actuel ne soit que pure propagande destinée aux européens et que l’on n’ait pas prévu que dés que les temps seront moins tendus on changera le fusil d’épaule pour éviter les explosions sociales ou les déconvenues électorales qui attendent le pouvoir lorsque le mécontentement augmentera.

A ce propos les sondages qui donnent une forte majorité de français favorables aux économies font largement sourire car chacun pense que ces mesures drastiques de pureté financière concernent les autres. L’opinion changera vite quand elle constatera que tous les autres, c’est aussi tout le monde.

Gesticulations en contrepoint

Posté le 03.04.2008 par vivelagauche

Gesticulations croisées
Gesticulation du gouvernement, des ministres et des personnalités UMP pour donner l’illusion que la situation est maîtrisée que tout va normalement mais malgré les apparences on peut imaginer les inquiétudes d’un pouvoir impopulaire qui voit arriver à grande vitesse une crise colossale économique et de confiance.
Comment savoir ce qui se passera d’ici six mois ? On ne peut pas dire ce que seront dans un si bref délai les taux de change, le prix du pétrole, le niveau de l’inflation et les recettes fiscales !
Gesticulation en contrepoint, le Parti Socialiste tient avec vigueur son rôle d’opposant mais sans sortir de ses bagages une seule idée qui pourrait le singulariser et nous convaincre qu ‘il pourrait mieux gérer la crise.

Il faut dire que les économistes patentés qui se succèdent sur les écrans de télé prédisent avec beaucoup plus d’efficacité les effets de la crise de 1929 que ceux de la crise actuelle qui semble contenir une bonne dose d’inconnues. De plus ces experts comme d’habitude sont très divisés les uns prévoyant le pire, les autres vous expliquant que la France sera moins touchée que d’autres.
Malgré tout la gravité avec laquelle les plus éminents et les plus titrés évaluent la situation fait froid dans le dos.
Une chose est claire cependant la remise en cause du rang international de la France est un constat unanimement partagé pour expliquer en grande partie le sentiment de déprime des français.
La nécessité d’une réponse européenne à la crise semble aussi faire l’unanimité. La remise en cause du capitalisme financier se fait avec de plus en plus de force. La demande de plus d’Etat apparaît tout à coup comme quelque chose de normal. C’est déjà un grand changement dans un monde des médias où depuis longtemps on n’entendait parler que des bienfaits du capitalisme, de la mondialisation et du libéralisme. Entendre la demande de plus de contrôles de l’Etat sur les marchés, sur la régulation bancaire etc. c’est incroyable. Il y a si peu de temps que le candidat et ensuite président Sarkozy prévoyait de dépénaliser le droit des affaires ! Encore un effort messieurs les experts et vous finirez par penser que l’arme monétaire doit servir à désendetter les états et à relancer les investissements et la recherche en Europe.
Sarkozy a de son côté disparu de la circulation médiatique en attendant des jours meilleurs.
Evidemment ce silence doit le faire mécaniquement remonter dans les sondages. On attend tous avec impatience l’effet magique du silence présidentiel.
En faire moins pour plus de points (dans les sondages) c’est le nouveau slogan pour le nouveau Sarko.
Ah si Madame Bettencourt pouvait être sauvée (Ce que je lui souhaite de tout cœur) ce serait pour notre président un bon moyen de refaire 5 points d’un seul coup ! Comment les FARCS peuvent –ils avoir l’ingratitude de priver la France de cela ?
Car le silence permanent n’est pas possible et le président va paraît il se charger d’annoncer un plan d’économies qui ne manquera pas de faire grincer des dents. Décidément les temps sont durs pour lui !


L’agitation lycéenne, une donnée permanente
L’agitation lycéenne qui commence est évidemment très intéressante, les leader de ce mouvement montrent une maturité de bon aloi et il se pourrait que le gouvernement se retrouve devant des difficultés inattendues.
Tant qu’une véritable réforme en profondeur du système éducatif ne sera pas entreprise, il ne faut pas s’étonner de voir le système éducatif de temps en temps faire des accès de fièvre.
Le lycée est un univers froid et hiérarchique où les rapports humains sont littéralement bridés par une institution tatillonne qui réglemente tout. Dans ce monde quasiment militaire très peu de choses sont laissées à l’initiative personnelle et aux rapports humains. Les gens y vivent des relations contraintes et ne sont jamais en mesure d’exprimer des affinités, des sensibilités, de la volonté ou quoi que ce soit d’autre. Cet univers déshumanisé génère une bonne dose de stress. La vie scolaire est de surcroît fatigante et impose un rythme épuisant non pas tant par le travail en soi mais plus par les contraintes de temps qu’elle génère avec ses temps de transport, ses temps d’attente, ses repas pris trop vite et des emplois du temps qui ne tiennent aucun compte des rythmes de chacun.
Il y a toujours dans l’année scolaire un moment où la fatigue gagne et où le désir de se lâcher se fait jour. Il ne fait pas bon à ce moment là qu’une revendication apparaisse comme légitime car elle déclenche rapidement une mobilisation inattendue.
Donc il ne faut surtout pas s’étonner que chaque année connaisse son lot de grèves scolaires et de troubles divers qui font quasiment partie du fonctionnement « normal » de l’institution.
Les uns dénonceront les gauchistes et agitateurs, les autres évoqueront de justes causes, mais le besoin de « prendre l’air » qui s’exprime si facilement dans ces mouvements de potaches ne serait pas si fréquent si seulement un bon ministre pour une fois se penchait sérieusement sur le temps scolaire, et sur la manière de rendre les établissements moins anxiogènes non pas en allégeant les programmes mais en mettant en place une organisation du temps scolaire plus respectueuse des enfants et des adolescents et en leur permettant d’avoir dans les lycées une vie personnelle et sociale plus gratifiante, tout bêtement plus humaine.

Tant qu’on en restera au système centralisé actuel ou le ministre lointain personnage est responsable de tous les maux et destinataires de toutes les expressions d’angoisse, on ne pourra pas empêcher que chaque année scolaire au moment ou la lassitude et la fatigue gagnent les jeunes, un mouvement de protestation de fonds ne mette le système en arrêt prolongé.

De plus la méthode qui consiste à charger la barque en supprimant des postes de prof sans rien changer par ailleurs ne peut avoir comme effet que de semer la pagaille un peu partout et de générer de l’angoisse parfois même hors de proportions. Les suppressions annoncées s’ajoutent à celles qui ont déjà commencé depuis des années avec Ferry et par conséquent les tensions dans les lycées et collèges vont progressivement créer une situation explosive qui finira par menacer le gouvernement.
Une réforme du système éducatif et de la formation ne peut se concevoir que dans un cadre positif où la restructuration est conduite autour d’objectifs d’amélioration du système même s’il est désiré comme effet collatéral de faire des économies par diminution du nombre des enseignants. Il faudrait pour que cela soit possible développer massivement le travail individuel sur ordinateur par exemple, ce qui permettrait de remplacer un certain nombre d’heures de cours par des heures de travail personnel soit à la maison soit dans le cadre d’activités surveillées.
Même le ministre n’est certainement pas convaincu qu’il puisse continuer à diminuer les effectifs d’enseignants sans provoquer une explosion.
Pour calmer tout le monde on peut s’attendre à des résultats miraculeux au bac.


Le PS a –t-il besoin d’un chef ou d’un projet ?

Posté le 29.03.2008 par vivelagauche
Le PS a –t-il besoin d’un chef ou d’un projet ?
L’avenir du PS passe-t-il par Ségolène Royal ? Par Martine Aubry ? Par Bertrand Delanoë ?
Bien sûr il nous faut un chef ! Un vrai qui sache définir une ligne politique à laquelle tout le monde pourra se rallier !
Mais est ce réellement l’urgence ? Un chef conviendrait s’il produisait ne serait ce que vingt pages pour expliquer comment on sort la France de la crise actuelle.
Sur ce thème hélas, le mutisme est général et tout au plus entend on dire qu’il faut faire plus vite et mieux ce que le gouvernement fait déjà. Alors danger, les français ne changeront pas de majorité pour faire la même politique. Accepter la mondialisation, les règles actuelles européennes, le fonctionnement actuel des marchés et du capitalisme, tout cela ne conduira pas à une politique nouvelle si différente, car les contraintes seront les mêmes. Au moment où Sarkozy lui même sentant leur poids pesant sur son action a des paroles dures pour dénoncer le « capitalisme financier » qu’il oppose au « bon capitalisme des entrepreneurs », faire moins est vraiment inadmissible de la part des hommes de gauche.
Si les dirigeants socialistes espèrent être élus pour devenir les sages exécutants d’une « bonne » politique qui ne serait en somme que la politique de la droite revisitée par un « savoir faire » de gauche, ils se trompent d’avenir.

La crise française est grave
La crise est multiforme, elle est financière, due à un endettement considérable de l’Etat. Mais le véritable sujet d’inquiétude est évidemment l’atonie de l’économie et la baisse de compétitivité de l’outil de production. Elle s’aggrave maintenant à cause de la conjoncture internationale mais elle était déjà là.
Avoir considéré comme « normale » la disparition progressive du secteur industriel au profit du tertiaire est sans doute une erreur historique. A force de ne rien produire et de tout importer c’est une lapalissade de constater qu’on ne produit plus rien et qu’on importe tout. Bien sûr c’est excessif de s’exprimer ainsi mais enfin l’industrie ne représente plus que 20% du PIB, il est peut être temps d’inverse la tendance.
De plus dans un monde dominé par la pénurie des matières premières les pays disposant de ressources naturelles vont voir leur pouvoir relatif augmenter au détriment des autres. La France s’en trouvera particulièrement désavantagée malgré le nucléaire.
Le réchauffement climatique est un défi supplémentaire dont on distingue mal les enjeux sans douter que ses effets seront considérables.
Bref pour se projeter dans l’avenir, il ne suffit plus de se contenter d’extrapoler l’évolution du monde des dix dernières années, il faut de plus imaginer quelles innovations sociales économiques et culturelles nous seront imposées par des changements à venir à ce jour assez imprévisibles.
Le tourisme secteur essentiel et prospère est un domaine où la concurrence internationale s’exerce librement entre de très nombreux pays.
La crise économique française s’accompagne de plus d’une crise politique très forte car la France est en train de perdre le leadership qu ‘elle avait encore en Europe au profit de l’Allemagne. Avec la réunification, celle- ci possède une population plus importante et une économie en meilleure santé. Ce changement relatif dans l’ordre européen a commencé à faire sentir ses effets depuis un certain temps et change peu à peu l’horizon de la politique extérieure. Les conditions de la fameuse amitié franco-allemande ne sont plus les mêmes.
A cette perte de leardership en Europe s’ajoute une perte progressive d’influence en Afrique.

La crise financière mondiale qui s’annonce et la récession qui l’accompagne risquent de faire oublier ce qu’il y a de spécifique dans la situation du pays, mauvais élève de l’Europe. Si le moral des français est bas ce n’est pas que tout aille plus mal qu’ailleurs mais c’est que tout va plus mal qu’avant. Et même la baisse du chômage n’a rien d’exaltant car tout le monde voit bien qu’entre nettoyage des registres ANPE, petits boulots précaires et mal payés et effets de la démographie, cette baisse peut avoir lieu au moment où la croissance dégringole.

Finalement on se demande quel politicien de génie pourrait enrayer ce déclin?

Il est difficile de penser que Nicolas Sarkozy élu par les catégories les plus âgées et les plus nostalgiques de la société soit cet homme malgré le volontarisme affiché pendant la campagne présidentielle.
On peut d’ailleurs se demander si finalement sa politique ne consiste pas tout simplement à s’adapter à la nouvelle donne en positionnant la France comme meilleur allié des américains face aux puissants allemands inversant ainsi une situation historique dans laquelle l’Allemagne était l’alliée dévouée des américains et la France la puissance dominante en Europe.

Peut –on infléchir cette nouvelle donne ou bien faut-il la considérer comme une réalité intangible?

La crise française s’articule sur des causes multiples
Actuellement ni le Parti Socialiste ni le Modem ne proposent d’alternative à la politique de la droite qui est somme toute un compromis inconfortable de gestion du capitalisme. La droite avait pensé et pense encore qu’en libéralisant davantage l’économie française en réduisant le coût du travail et en permettant aux capitaux de faire davantage de profits, l’économie serait comme par magie relancée.

Ne s’agit –il pas tout simplement d’un diagnostic erroné, fondé sur des observations partiellement pertinentes ? Certes en France l’organisation des contrats de travail n’échappe pas à la lourdeur ambiante et la baisse du coût du travail peut permettre aux entreprises d’améliorer leurs performances, mais globalement l’avantage procuré par des réformes ne changera pas de manière décisive l’avantage relatif de la France dans le contexte international : une baisse des coûts salariaux de dix pour cent ne ramènera pas le coût du travail au niveau des pays émergents. De même la diminution des prélèvements obligatoires sur les grandes fortunes ne ramènera pas le taux de prélèvement français au niveau des paradis fiscaux. Au total les réformes entreprises ne changeront pas fondamentalement la position concurrentielle de la France. Cela ne veut pas dire que ces réformes ne sont pas à faire du moins jusqu’à un certain point mais il est illusoire de les considérer comme suffisantes pour relancer l’économie.
Car le vrai problème de l’économie française c’est peut être tout simplement l’insuffisance des investissements freinés par une politique fiscale qui les taxe directement au travers entre autres de la taxe professionnelle. C’est peut être le retard pris dans les politiques de formation à tous les niveaux lié à un système éducatif et de formation qui manquent cruellement de vision d’ensemble. Bref le diagnostic libéral des insuffisances françaises est peut être trop simpliste et ne pointe pas les véritables causes du manque de dynamisme actuel de l’économie. Une organisation rigide de la société, une administration tatillonne contribuant sans doute au manque de réactivité économique.

La fermeture des frontières, la politique d’immigration très contrôlée, l’accumulation des obstacles à l’entrée en France à la délivrance des visas a comme effet induit de détourner de ce pays des étudiants et des commerçants voire aussi des touristes venant du monde entier. Personne n’a chiffré la perte de PIB entraîné par une telle politique.

L’absence d’une politique universitaire volontariste pour se donner une université brillante et prospère a des conséquences de deux ordres d’une part une baisse des performances nationales globales en termes de scientifiques et de créativité mais aussi une baisse de l’attractivité sur les élites scientifiques mondiales ce qui ne peut que détourner au profit d’autres destinations des projets économiques sensibles à l’avantage scientifique.

La réforme de l’université ne servira à rien si elle n’est pas précédée d’une réforme d’ensemble de l’enseignement secondaire et des différents processus de formation professionnelle pour rationaliser et rendre de l’efficacité à un ensemble coûteux et peu performant. Il est illusoire de vouloir choisir entre la formation des élites et l’enseignement pour tous car les deux démarches sont à poursuivre conjointement.
La réforme doit abandonner la forme autoritariste pour donner l’initiative à des équipes capables d’innover en pédagogie mais aussi en moyens pédagogiques. Multiplier les ordinateurs, c’est bien mais il ne faut pas oublier de financer des programmes ambitieux de recherches sur les logiciels pédagogiques et la construction de bases de données d’outils pédagogiques à destination des enseignants ?

Bref la gestion actuelle est globalement médiocre mais un simple infléchissement vers des comportements mieux adaptés ne suffira pas à sortir le pays de l’ornière. Car les prélèvements excessifs qu’entraîne le service de la dette et les ponctions effectuées sur l’économie par les financiers en tous genres saignent le pays et le privent d’une bonne partie de son énergie. Au moment où la droite stigmatise les prélèvements sociaux qui à ses yeux compromettent le bon fonctionnement de l’économie, il faut au contraire signaler la ponction effectuée par les capitalistes financiers.
C’est aussi après les privatisations d’EDF et des autoroutes et de tant d’entreprises, des masses de profits qui s’en vont dans les poches des capitalistes et sans doute quittent le pays.
Au total, la gauche ne peut pas faire l’économie d’un discours critique sur cette situation sans y perdre son âme et sa raison d’être. Il est illusoire de penser que la crise serait évitable par une « bonne gestion » de gauche qui ne serait que la copie améliorée de ce que fait la droite.
Nicolas Sarkozy a décidé de laisser filer le déficit pour ne pas aggraver la situation économique qui se caractérise par une croissance très faible. Mais ce faisant, il ne peut qu’aggraver la situation de la balance des paiements dont on peut attendre à une grave détérioration. Cette politique du laisser filer est un moindre mal et on n’entend pas à gauche des propositions alternatives bien meilleures. Augmenter les impôts pour s’opposer au déficit serait quelque part suicidaire en réduisant encore le train de vie des français.



L’alternative Moscovici ?
Moscovisci est assez inquiétant quand il s’exprime on a le sentiment qu’il est prêt à gérer le capitalisme sans Sarkozy, on ne peut nier qu’il s’agit d’un progrès par rapport au capitalisme avec Sarkozy. Mais on pourrait espérer d’un homme politique qui revendique le leadership du parti socialiste un peu plus d’ardeur « révolutionnaire ». Non il ne s’agit pas d’allumer le grand feu de la révolution mais du moins infléchir la répartition des profits entre capital et travail et si possible rendre à l’état un rôle moteur dans l’avenir national.
Soutenir le gouvernement actuel dans ses réformes serait une aberration quand on sait que l’effet d’un allongement de la durée de cotisation de retraite n’aura pour seule conséquence que de diminuer les pensions des futurs bénéficiaires.
Ne faudrait –il pas d’abord comme le demandent justement les syndicats faire en sorte que les gens travaillent jusqu’à 60 ans. De plus il faut réviser les modes de calcul pour faire en sorte que les pauvres ne payent plus pour les riches comme cela a été institué par la réforme Balladur.



Y a –t-il une alternative de gauche ?

Il n’y a donc pas d’alternative de gauche à la politique actuelle. Sauf si la gauche prenant du recul décidait enfin de transformer les crises nationales en problème européen. Parce qu’a l ‘échelle de l’Europe la totalité des problèmes ont une solution.
L’Europe peut définir une politique fiscale et monétaire permettant aux états de réduire leurs déficits et de se lancer dans une nécessaire course aux investissements pour retrouver un dynamisme économique actuellement perdu.
L’Europe pourrait lancer des grands travaux, multiplier les programmes de recherche, définir une politique industrielle etc.

Les socialistes doivent donc rechercher auprès des socialistes européens une alliance pour le rétablissement de la croissance en Europe. Ce pacte doit être fondé sur une aide au désendettement des états et une saine égalité fiscale pour en finir avec des politiques économiques fratricides.


Un programme de gauche doit comporter la réforme de l’Etat car celle ci est nécessaire pour améliorer les performances des collectivités territoriales, de la justice ou encore des réformes de l’université et du système éducatif. Le droit du travail, les retraites, etc. seront au menu de tout gouvernement quel qu’il soit de droite comme de gauche. Mais il est impossible de construire un programme novateur si on se débarrasse d’abord de la dette en la confiant à la banque centrale européenne.

Le comportement des banques centrales au cours de la crise financière actuelle montre clairement qu’il n’y a pas d’argument opposable à ce que la banque centrale européenne prenne en charge complètement ou partiellement l’endettement des états et fasse marcher la planche à billets pour une relance des investissements productifs.

Actuellement ce discours semble irréaliste parce que les difficultés des états membres sont inégales mais si la crise s’aggrave et si le socialistes font campagne on peut espérer qu’un front européen se formera pour infléchir les autorités monétaires.
Il n’y a pas d’autre issue par le haut aux difficultés actuelles, il faudra choisir entre le plan de rigueur et la planche à billets européenne.
Lorsque la crise fera sentir ses effets en Allemagne, il est fort possible que les allemands deviennent à leur tour sensibles à cette argumentation.
[b]

Il y a aussi une alternative de droite[/b]

Attention une option pourra tenter certains esprits à droite. Ils peuvent se dire que la France pourrait devenir une grande Suisse en appliquant massivement les recettes qui ont réussi en Irlande ou ailleurs , offrir aux capitaux des avantages exorbitants qui feraient que le Luxembourg , l’Irlande ou la Grande Bretagne seraient battus sur leur propre terrain. Mais cette politique suppose un démantèlement massif des protections sociales et de toutes les politiques d’égalité des chances. Si les électeurs s’entichent aux nouvelles élections d’un président de droite, il pourrait être pire encore que Sarkozy ! Mais à ne pas vouloir tracer des perspectives claires à gauche, c’est à une politique de droite dure que la crise risque de conduire.

un roi totalement nu une fois pour toutes

Posté le 28.03.2008 par vivelagauche
Il faut s’y habituer, notre impayable président a pris l’habitude définitive semble –t-il de faire les annonces sur ses choix politiques essentiels à l’étranger. Si on veut savoir ce qu’il en sera de la politique française il faut carrément suivre sa trace aux quatre coins du monde pour prendre connaissance de ses discours en Inde, en Afrique du Sud, à Dakar ou à Londres ; C’est donc la bas qu’il a fait l’annonce de l’envoi de troupes supplémentaires en Afganistan. Cette manière de faire en dit long sur son mépris pour les français et les parlementaires. Cette manière de faire en dit long sur sa conception de l’équilibre des pouvoirs et de la démocratie, mais aussi sur son désir irrépressible d’être toujours intéressant et de surprendre.

Le voyage monarchique sans gaffe attendue par les médias people illustre bien la conception absolutiste du pouvoir sarkozien. Puisque finalement le seul fait signalé est le choix du parlement britannique pour annoncer une inflexion de la politique française en Afganistan. Les français sont entraînés dans un drôle de système comme en témoigne une stratégie de communication qui ne tient aucun compte ni des parlementaires ni des français. Et les plus ridicules ce sont les amis de Nicolas Sarkozy tenus de faire après coup l’apologie des actes et frasques du patron si imprévisible et si autoritaire qui agit bien sûr sans consulter personne.
Depuis des mois la langue de bois les argumentaires post les justificatifs de circonstance sont devenus le pain quotidien des journalistes et éditorialistes de droite. Rude travail.

Le ton utilisé dans ce voyage et les annonces faites confirme deux axes de la politique sarkozienne :

La difficulté de plus en plus grande du dialogue franco-allemand entre une Allemagne grandie et une France relativement rapetissée pour des raisons économiques mais aussi par les conséquences de la réunification qui a fait de l’Allemagne la grande puissance incontestable du centre de l’Europe.
La fuite sarkozienne dans une alliance avec les américains qui suppose un rapprochement mais sous quelle forme avec les anglais ?
Mine de rien la politique de la France est en train d’évoluer de manière considérable. Cela ne découle pas que d’un choix sarkozien mais aussi de la violence des faits. La perte de leadership français dans l’espace européen est évidemment un phénomène majeur.
L’envoi de troupes supplémentaires en Afganistan est une évidente concession et un acte de reconnaissance du leadership américain ;
La gauche aura beaucoup de mal à définir une politique de la France originale car le retour en arrière pur et simple ne paraît pas de l’ordre du possible.

Nouveauté des temps et indice que le président n’a plus la baraka, avant même que j’aie posé sur mon blog ces remarques formulées la veille, il y a une levée générale des boucliers contre le président accusé de mépriser la représentation nationale. C’est une nouveauté car le président n’a pas changé si on se réfère à ses voyages antérieurs mais manifestement les élus et les journalistes sont devenus plus sensibles. La baisse de popularité de Nicolas Sarkozy en a fait un roi totalement nu une fois pour toutes, ses actes enfin sont regardés sans aucune complaisance pour ce qu’ils sont. Et situation remarquable ses soutiens de droite se sentent tenus de formuler des réserves. Pour préserver leur propre image !
On a du mal à comprendre comment le président pourra dans trois mois reprendre la main pour défendre des réformes difficiles ou des mesures impopulaires dans un horizon économique qui ressemble de plus en plus à une purée de pois.

on ne peut pas parler de victoire de la gauche

Posté le 18.03.2008 par vivelagauche
Y a –t-il un gagnant dans ces élections municipales ? En apparence le PS a engrangé des succès à la pelle !
Et pourtant on ne peut pas parler de victoire de la gauche car chacun le sait, les socialistes sont sans chef et sans projet et ne sont à ce jour absolument pas en état de diriger la France. Et les électeurs ont voté pour un maire, pour un projet local, contre Sarkozy ou bien se sont abstenus. Mais en aucun cas ils n’ont pu exprimer leur adhésion à un projet alternatif national qui n’existe pas.
Si les municipales sont un lot de consolation bon à prendre, il ne faut pas confondre le pouvoir local et le pouvoir tout court, ce n’est pas exactement la même chose. Donc il est clair que la gauche ne se retrouve pas investie d’un rôle national.
En fait il y a surtout un grand battu c’est évidemment Nicolas Sarkozy qui a perdu toute crédibilité au point d’entraîner déjà la rébellion dans .. son propre camp. On entent Coppé expliquer que les députés vont demander à cogérer les réformes ! Bien sûr cette ambition ne durera pas longtemps dans un système de pouvoir ou impopulaire et battu, le président demeure le seul maître à bord et surtout le seul maître du calendrier comme nous avons pu le constater avec Chirac par exemple qui n’a eu aucun mal à durer. Cependant pour Sarkozy la difficulté est plus grande car à ce jour déjà, sa légitimité à se représenter est passablement écornée. Mais enfin avant qu’il cède à quelqu’un d’autre le droit de se poser en chef de la majorité et en successeur virtuel comme il l’a lui même si bien réussi avec Chirac, il y faudra encore quelques batailles perdues et quelques crises. D’autant qu’en face les socialistes sont muets et impuissants par manque de stratégie, de programme, de chef. La gauche devrait être aujourd’hui en ordre de bataille pour contester le pouvoir et constituer une alternative pressante et crédible. Il n’en est rien par la faute en particulier de François Hollande et de quelques autres qui n’ont pas encore compris que reporter à chaque fois les processus décisif est une faute contre son camp. Il y a trois mois les municipales n’étaient qu’une partie sans trop d’espoir car Sarkozy était au sommet de sa popularité et alors cette joute électorale ne constituait qu’une étape à franchir au mieux, mais avec la chute de popularité du président le désaveu qu’il reçoit dans les urnes est un anti- plébiscite qui aurait pu le mettre à terre si l’opposition était constituée en contrepouvoir crédible. Ce n’est malheureusement pas le cas et on peut réellement le déplorer. Car quoiqu’en disent les ministres et les UMP de service à la télé le pouvoir sort tellement affaibli de cette séquence qu’on le voit mal se lancer dans des réformes impopulaires comme si de rien n’était. Il est difficile de croire qu’il ne sera pas surtout préoccupé des voies et moyens pour lâcher du lest et reconquérir un électorat populaire de droite profondément déçu. Comme il ne dispose d’aucune marge de manœuvre économique il n’est pas exclu qu’il nous entraîne dans des aventures ultra- sécuritaires et xénophobes de manière à réveiller les peurs et les antagonismes qui ont servi à Sarkozy de fondamental dans son élection. Le pire est à redouter dans ce domaine.
La première année du quinquennat a été marquée par la volonté de masquer le péché originel du Sarkozysme à savoir l’alliance des droites gaullistes et vichystes et le pompage systématique de l’électorat FN. Les ministres « ethniques » et les ministres « d’ouverture » signifiaient en contrepoint de la politique d’ Hortefeux le désir de présenter un pouvoir de droite « fréquentable » et démocrate. Il est à craindre que les difficultés du moment ne conduisent à un raidissement et à un changement total de stratégie. Dans ce cas on verra un certain nombre de figures « d’ouverture » rangées au placard et des faces plus droitières apparaître. Mais par décence tout cela n’est pas pour demain, il est sûr que le pouvoir prendra son temps et agira en douce disons au début des vacances quand les français penseront surtout à la plage et aux congés.

200 milliards de dollars

Posté le 18.03.2008 par vivelagauche


« Sur la semaine l’autorité monétaire a su redonner un coup de fouet aux investisseurs en menant une opération concertée avec la BCE la BNS la Banque du Canada et la Banque d’Angleterre afin d’abreuver les marchés financiers de liquidités et en accordant un prêt de 200 milliards de dollars à certaines banques affectées.
Ainsi s’exprime Claire Gatinois dans Le Monde du 16-17 mars 2008.
Voilà qui donne au moins de la crédibilité à la proposition que je fais dans ce blog car au lieu de fournir des milliards de dollars à des banquiers imprudents pour sauver un système capitaliste menacé d’effondrement par ses propres excès, la BCE devrait en premier lieu et en première urgence fournir de l’argent gratuit aux états pour se désendetter massivement. Ce qui aurait pour effet immédiat et simultané de permettre la diminution de la pression fiscale et de fournir des marges de manœuvre pour des investissements utiles dans la recherche et l’éducation.
Actuellement tout se passe comme si on dévaluait la monnaie au profit des banques et des fonds d’investissements qui sont les premiers bénéficiaires des largesses des institutions financières. La création monétaire sous la forme de prêts fonctionne à tout va et se traduira nécessairement par de l’inflation qui portera atteinte au pouvoir d’achat de l’ensemble de la population.
Au fond les pauvres paient pour les plus riches afin de les maintenir à un niveau de fortune injustifié.
Si on avait utilisé 200 milliards de dollars pour étaler les dettes des petits propriétaires américains afin de leur éviter la faillite on aurait sans doute évité la crise actuelle. Mais qui penserait à donner de l’argent à des pauvres ?
Finalement on n’a parlé de crise que quand le problème est devenu celui des riches sensés faire fonctionner le système capitaliste.

Epargner la faillite à un certains nombre de ces grandes banques et fonds d’investissements est une erreur si on ne leur demande rien en échange. On aurait pu par exemple les sauver en les nationalisant en les rachetant au profit des états dans ce cas les choses seraient justes mais ce n’est pas comme cela que raisonnent les capitalistes et leurs amis qui tirent les ficelles des institutions publiques.

En tout cas si les banques centrales peuvent jeter par dessus bord toute orthodoxie pour régler une crise pareille pourquoi ne pas exiger qu’elles aident les états à liquider les dettes qui actuellement par leur montant exorbitant et par les intérêts qu’elles entraînent constituent un frein évident à la croissance et un vrai problème économique.
La liquidation des dettes publiques par de la création monétaire aurait le même effet qu’une dévaluation classique, elle appauvrirait les détenteurs de monnaie mais elle permettrait une relance économique immédiate.

Un laboratoire politique

Posté le 13.03.2008 par vivelagauche


1) Un laboratoire politique
Les élections municipales sont en train de se transformer en laboratoire politique. Certes la position de François Bayrou qui se refuse à une position nationale d’alliance à droite ou à gauche pour ne pas disparaître définitivement dans l’un des deux grands groupes qui s’opposent semble décidément bien alambiquée mais a-t-il d’autre choix pour préserver ses chances de rester un candidat crédible du recours à la présidentielle ? Il reste donc dans une posture d’arbitre indécis faisant mine de trouver ici la droite bonne et ailleurs la gauche meilleure.
Au fond Sarkozy en débauchant des personnalités de gauche et en créant la confusion lui a facilité la tâche. La porosité gauche, droite ayant été en quelque sorte instaurée par le président dans son ouverture et ses tentatives de brouiller les pistes, il a finalement rendu service à son rival centriste en rendant crédible sa position de ni ni ou de avec avec et son pas de deux.
Mais ce qui est plus remarquable encore ce sont les alliances curieuses au centre desquelles se trouve le Parti Socialiste qui parvient à s’allier ici et là avec le Modem sans rompre avec le Parti Communiste. Cette stratégie d’ouverture et de rassemblement annonce peut être les majorités nationales de demain.
Elle n’est cependant pas sans risques pour le Parti Socialiste qui perdra rapidement sa « gauchitude » en devenant l’allié d’un parti de droite. Le Parti Communiste et la Ligue Révolutionnaire en seront confortés pour tenter de se tailler à la gauche du PS un électorat bien plus large que celui qui est le leur aujourd’hui.


Ces élections municipales ont montré justement la capacité des listes « de gauche » (sans autre précision) animées par des communistes affichant une certaine radicalité à drainer un vote protestataire qui soupçonne le Parti Socialiste de je ne sais quelle tentative droitière.

Le Parti Socialiste peut avoir l’illusion de gagner sur tous les tableaux dans la mesure ou les scrutins locaux se déroulant indépendamment les uns des autres, il se retrouve en position quand il est dominant de tirer parti de toutes les formules. Cependant il faudra bien au niveau national construire une ligne politique claire à un moment ou à un autre.

Les projets politiques ne seront pas les mêmes en cas d’alliance avec le Modem ou en cas de maintien d’une ligne de gauche excluant le courant centriste.
2) La perspective social démocrate
Si le projet du PS est purement social démocrate et se contente de gérer au mieux le capitalisme ambiant sans le combattre, comme le font les socialistes européens dans leur ensemble, le PS peut s’allier avec le Modem sans que cela soit un problème. La difficulté viendra du fait qu’une telle politique trouvera très vite ses limites dans un contexte mondial ou le capitalisme international est contraint par très peu de règles.
Cette option politique n’est cependant pas à écarter d’un revers de la main, les autres pays européens nous montrent dans ce domaine un exemple que l’on peut être tenté de suivre. Car le capitalisme tempéré par un gouvernement de gauche est toujours moins difficile à supporter que lorsque les gouvernants sont Sarkozy et Fillon. Et du moins sur des thèmes de société non économiques comme le racisme et la tolérance sociale il vaut cent fois mieux un gouvernement de gauche tiède plutôt que le plus éclairé des gouvernements de droite. De plus en France avec Sarkozy nous avons un pouvoir de droite que ses échecs économiques patents conduisent à tenter de radicaliser l’opinion sur des thèmes xénophobes et conservateurs pour donner à son électorat déçu des raisons par défaut de le soutenir. Il est donc essentiellement occupé à nourrir les peurs et les antagonismes sociaux et communautaires dans le seul but de se maintenir au pouvoir. On sait au moins que dans ce domaine un gouvernement de gauche allié ou non au Modem aurait un comportement un peu plus responsable, plus digne, plus respectueux des droits humains.


3) L’option « révolutionnaire »
Par contre si le projet du PS est réellement un projet de rupture avec l’ordre capitaliste, non pas un projet révolutionnaire destiné à bouleverser de fond en comble la société mais seulement un projet de rupture franche avec les intérêts du capitalisme financier, alors tout est évidemment différent.
Mais en quoi peut consister un projet politique de rupture avec le capitalisme actuel ?
Cela peut commencer par le refus de voir la dictature chinoise continuer à exploiter honteusement au profit de ses classes moyennes et des capitalistes de tous bords, ses classes laborieuses et qu’il en soit de même en Inde et dans les pays du tiers monde qui appliquent avec trop de zèle les dernières formules capitalistes à la mode. Refuser de tirer parti même dans notre intérêt de l’exploitation de ces masses miséreuses ne peut que grandir en dignité les hommes de tous les continents. Il faut donc défendre au sein des instances internationales des règles vertueuses pour le commerce et les appliquer immédiatement dans nos pays. Comme de taxer les importations de marchandises qui ont été fabriquées dans des conditions d’exploitation éhontée ou les refuser carrément. On pense au travail des enfants, aux horaires abusifs, à l’absence de liberté syndicale. Ce combat là se gagnera partout ou sera aussi perdu en Europe.

Deuxièmement ne pas faire de la logique capitaliste une fatalité à laquelle rien ne doive s’opposer, il faut pour cela plus de pouvoirs pour les travailleurs, plus de pouvoirs pour les autorités locales pour que la résistance aux pressions capitalistes puisse s’organiser. On pense à des règles différentes pour les entreprises qui emploient du personnel, que collectivement celui ci bénéficie de droits nouveaux pour prendre part aux décisions, pour participer aux bénéfices.
Il faut sans doute inventer de nouveaux types d’entreprises ou le pacte capital – travail soit moins inégalitaire et ou l’on n’admette plus comme allant de soi que toutes les décisions et tous les bénéfices sont au profit exclusif des fournisseurs de capitaux. Il ne s’agit pas nécessairement de créer des structures révolutionnaires ou de revenir à du collectivisme dépassé mais d’approfondir des concepts comme la participation par exemple, ou encore de renforcer substantiellement les pouvoirs des représentants des personnels dans les conseils d’administration. Mais rien n’interdit d’expérimenter des formes nouvelles de sociétés où les statuts eux mêmes créeraient une plus grande égalité entre capital et travail.


Cependant le pouvoir capitaliste exerce actuellement pour l’essentiel sa domination au travers des produits financiers qui s’adressent aux particuliers par le crédit à la consommation et à la construction, aux entreprises par les crédits aux investissements mais aussi par tous les dispositifs de participation qui permettent aux capitaux exogènes d’exercer directement le pouvoir industriel au sein des entreprises et enfin par les prêts aux états ce qui permet de piocher directement dans les recettes fiscales.
Les dettes nationales sont devenues des monstres qui se nourrissent eux mêmes puisqu’en France, l’Etat emprunte chaque année approximativement le montant qui lui sert non pas à rembourser mais à payer simplement les intérêts de sa dette. Celle ci étant au taux approximatif de 5 pour cent on peut en conclure qu’elle double automatiquement tous les quinze ans sans aucune contribution nouvelle. Mais comme l’euro s’apprécie davantage au fil du temps en dollars, la dette en fait autant. Heureux capitalistes qui s’enrichissent en dormant.
L’état asphyxié n’a plus les moyens d’investir dan la formation et la recherche et met en place une politique catastrophique de réduction des dépenses publiques qui passe par la réduction du nombre des fonctionnaires et des économies de bouts de chandelle dans tous les domaines. Cette politique d’économies n’a rien à voir avec une nécessaire restructuration qui aurait pour but d’accroître la productivité des services, non, on ne rationalise pas, on économise donc on s’interdit aussi les dépenses nouvelles d’investissement qui permettraient un meilleur fonctionnement des services. Tout cela est assez exécrable parce qu’en fin de compte on désorganise des services dont la productivité va forcément diminuer. Au total il n’y aura même pas les économies attendues.


Parmi les priorités qui s’imposent à un pouvoir de gauche c’est qu’il se donne les moyens d’investir dans l’humain. Il faut donc libérer les économies européennes du carcan des dettes nationales devenues au fil du temps insupportables par leur montant démesuré.
L’orthodoxie de la Banque Centrale européenne traduit une gestion monétaire favorable au grand capital au détriment de toutes les autres catégories sociales. Si le gouvernement de la France soutient cette gestion qu’importe sa coloration politique. Il ne pourra que faire supporter aux masses le coût des prélèvements phénoménaux que les capitalistes financiers effectuent sur l’économie réelle. Le seul service de la dette consomme trois points de PIB au profit des détenteurs de capitaux cela représente quant même 17 pour cent des recettes fiscales de l’Etat. Ajoutez y la rente pétrolière, et les différents prélèvements bancaires et autres. On peut affirmer que le système financier prélève sur l’économie des sommes pharamineuses. C’est peut être à cause de cela qu’on peut observer que la Société Générale après avoir perdu cinq milliards d’euros parvient à faire des bénéfices.

Si Karl Marx était de retour nul doute qu’il pointerait ces mécanismes qui permettent aux détenteurs de capitaux de prélever à leur profit une part colossale de la production nationale.
Le système des sociétés anonymes domiciliées n’importe où permet aux capitaux de s’emparer de toutes les forces productives et de les gérer suivant une logique financière absolument indifférente au destin des hommes mais aussi sans trop se soucier des équipements ou des entreprises elles mêmes.
La crise des subprime a montré sans ambiguïté que lorsque ces grands agents financiers sont menacés le système des banques centrales se met à leur disposition pour avancer toutes les sommes nécessaires afin d’empêcher les faillites et colmater les pertes. Toutes les règles de bonne gestion sont oubliées dés qu’il s’agit du sauvetage d’une grande banque.
Ces actions de sauvetages se font d’ailleurs sans contreparties, nationalisations ou accords de modération. On voit bien que les pouvoirs publics sont au service du grand capital.

Une politique de gauche aujourd’hui ne consiste pas à nationaliser ceci ou cela mais à inverser radicalement la logique de gestion de la monnaie commune. La banque centrale au lieu de se soucier de la bonne santé des banques privées devrait en priorité se soucier de celle des états en réduisant leur endettement insupportable.
Mais si le gouvernement de la France entre en guerre avec la Banque Européenne pour qu’elle réorientent sa politique monétaire en fournissant des liquidités aux états afin de les dispenser de nourrir inutilement les détenteurs de capitaux, il est évident qu’il aura à faire à une opposition violente des forces de droite qu’elles soient Modem ou UMP ou autre qui se ligueront pour défendre les intérêts des détenteurs de capitaux.

Il n’est pas sûr que dans un tel combat les forces révolutionnaires soutiendraient un pouvoir de gauche car elles ont des stratégies propres destinées à leur procurer une surface politique et électorale qui se soucie peu au fond des luttes réellement gagnables contre le capitalisme triomphant de ce début de siècle.

4) Les crises climatiques et énergétiques auront des conséquences impévisibles
Autre chose est encore d’imaginer ce que deviendra le monde quand la crise de l’énergie en continuant de s’aggraver rendra caducs les modes d’organisation économique actuellement en vigueur. S’il faut drastiquement diminuer par deux par exemple les déplacements individuels pour les remplacer par des déplacements collectifs et s’il faut par exemple diviser par deux le transport moyen des marchandises.
Sans parler des effets du réchauffement climatique qui sont actuellement imprévisibles mais qui seront on ne peut plus en douter rapides et de grande ampleur. Ce seront des effets de tous ordres qui affecteront le climat, les pluies mais aussi la flore et la faune et modifieront profondément le cadre de vie dans dix ou vingt ans. La rapidité de la fonte des glaces de la banquise est un signe particulièrement inquiétant des réchauffements qui s’annoncent dans la mesure où la quantité de chaleur absorbée par cette opération est absolument phénoménale.
Prévoir ces changements, en déduire les évolutions sociales et économiques et construire une stratégie politique, voilà un chantier immense que personne à ce jour (même pas les écologistes) n’a réellement amorcé. Ce qui n’existe pas encore est tellement difficile à imaginer que cela nous apparaît comme imprévisible et irréaliste et c’est un vrai défi pour l’esprit que de faire l’effort de penser qu’il s’agit pourtant du monde réel de demain.



urgent, urgent, urgent

Posté le 27.02.2008 par vivelagauche
Les insultes de charretier à un quidam mal élevé, une tentative de porter atteinte aux droits du conseil constitutionnel pour caresser dans le sens du poil l'électorat sur un thème sécuritaire,la présidence Sarkozy tient ses promesses et devient une inquiétante aventure.
La déception de la droite française est grande mais la gauche n'a pas fait le nécessaire pour en tirer parti.
On ne peut que regretter l'absence au parti socialiste d'une voix forte formulant quelques propositions concrètes pour sortir le pays de l'ornière économique et du marasme social dans lequel il s'enlise inexorablement.
La déception de Sarkozy est là, mais l'espérance à gauche fait encore défaut !
L'éffondrement du sarkozysme s'il se confirme ne profitera pas nécessairement à la gauche si elle n'y prend garde car l'opinion déboussolée peut trés bien considérer que Villepin ou Bayrou sont des alternatives.

Il est urgent, urgent, urgent que le parti socialiste sorte un programme économique pour " faire face à la crise". promettre aux gens que demain on rasera gratis ne suffira pas à les convaincre, encore moins avec la cruelle expérience qu'ils font des promesses sarkoziennes.

aucune mesure aussi délirante soit elle ne peut être écartée

Posté le 16.02.2008 par vivelagauche
Trop occupé par une intense campagne municipale pour venir sur le blog commenter au jour le jour l’actualité, j’ai l’impression de n’avoir rien à dire tant j’ai tenu sur Nicolas Sarkozy des propos qui s’avèrent prémonitoires. En soulignant en particulier que rien ne devait l’arrêter et qu’ayant franchi tous les interdits, tous les tabous aucune mesure aussi délirante soit elle ne peut être écartée du lot de ses propositions futures.

Sa dernière trouvaille, confier à des jeunes de dix ans le poids lourd et inhumain de supporter la culpabilité de la mort d’enfants juifs dépasse les bornes de ce qu’on peut se permettre au sommet de l’Etat.

C’est tellement énorme que les réactions sont unanimes y inclus dans son camps.


IL semblerait que certains commentaires socialistes soient favorables à cette proposition inouïe. J’ai du mal à le croire tant cette initiative est grotesque sur tous les plans :

- la Shoa n’est pas un drame spécifiquement français, c’est une histoire européenne dans laquelle le premier rôle est tenu hélas par les allemands.

De plus quitte à encenser des martyrs les discriminer par la religion est d’une rare maladresse et heurte tous les esprits qui veulent par dessus tout qu’on respecte la laïcité fondatrice de notre paix sociale et de manière égale toutes les victimes des cruautés humaines.

Mais de plus pourquoi ne pas laisser les enfants tranquilles avec leurs maîtres et pourquoi vouloir faire de l’enseignement une fenêtre pour un culte mémoriel insensé comme si de se réfugier dans un archaïque religion d’état était tout à coup le seul remède pour sauver la nation ?
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus