Manifestement il est plus facile de faire des effets d’annonce que de construire une véritable politique économique. Depuis plusieurs jours les médias nous préparent à 140 mesures annoncées par Nicolas Sarkozy pour faire face à la crise et continuer les réformes. Alors on attend le discours et ce sont quelques actions de niveau inégal disparates et prévisibles qui font le fonds de l’affaire. Au total bien peu de chose face à une crise par trop sérieuse. Economiserait-on 5 milliards que le compte n’y serait pas puisque le déficit comme les intérêts de la dette sont de l’ordre de 40 et 50 milliards. De plus ces mesures touche à tout vont –elles produire les effets annoncés comme si tout était égal par ailleurs, ce n’est pas sûr. Quand à la réforme de l’état, sérieuse, structurelle, elle est encore dans les cartons.
Il est clair cependant que la saignée des aides sociales et des services publics est amorcée car en l’absence de croissance la seule chose à faire est la réduction des dépenses.
Mais le but de ces annonces était de rendre un peu de crédibilité à Nicolas Sarkozy avant qu’il devienne pour mois président de l’Union Européenne. C’est à peu prés le seul objectif qui sera grosso modo atteint.
Restructurer l’état et le rendre plus efficace est un objectif que tout le monde partage mais il se confirme que la réduction brutale du nombre de fonctionnaires dont les conséquences sociales et humaines seront très fortes n’aura qu’un effet marginal sur le déficit de l’Etat. Encore un slogan qui n’est que le paravent d’une idée fausse.
Montant des crédits de paiement par titre et catégorie
LFI 2006 PLF 2007
Titre 1er. Dotations des pouvoirs publics
871.981.683 918.701.950
Titre 2. Dépenses de personnel
118.161.035.211 119.149.958.305
Titre 3. Dépenses de fonctionnement
31.903.645.741 33.554.893.660
Titre 4. Charges de la dette de l'Etat
39.028.600.000 39.191.000.000
Titre 5. Dépenses d'investissement
13.567.963.325 13.187.105.744
Titre 6. Dépenses d'intervention
130.852.286.344 138.040.877.749
Titre 7. Dépenses d'opérations financières
230.772.796 286.021.425
Total général
334.616.285.100 344.328.198.833
Dans les dépenses de personnel il faut distinguer trente milliards environ pour les pensions et le reste 80 ou 90 milliards pour les actifs.
Il faudra supprimer 10 pour cent des fonctionnaires pour économiser 6 à 8 milliards environ, c’est plus facile à dire qu’à réaliser quand on voit les tensions qui apparaissent dés qu’on atteint quelques dizaines de milliers de postes.
Si on refuse de toucher aux bénéfices des rentiers et aux subventions aux entreprises, il faudra donc tailler dans les budgets sociaux.
Il n’est pas dit cependant que le discours actuel ne soit que pure propagande destinée aux européens et que l’on n’ait pas prévu que dés que les temps seront moins tendus on changera le fusil d’épaule pour éviter les explosions sociales ou les déconvenues électorales qui attendent le pouvoir lorsque le mécontentement augmentera.
A ce propos les sondages qui donnent une forte majorité de français favorables aux économies font largement sourire car chacun pense que ces mesures drastiques de pureté financière concernent les autres. L’opinion changera vite quand elle constatera que tous les autres, c’est aussi tout le monde.
Les insultes de charretier à un quidam mal élevé, une tentative de porter atteinte aux droits du conseil constitutionnel pour caresser dans le sens du poil l'électorat sur un thème sécuritaire,la présidence Sarkozy tient ses promesses et devient une inquiétante aventure.
La déception de la droite française est grande mais la gauche n'a pas fait le nécessaire pour en tirer parti.
On ne peut que regretter l'absence au parti socialiste d'une voix forte formulant quelques propositions concrètes pour sortir le pays de l'ornière économique et du marasme social dans lequel il s'enlise inexorablement.
La déception de Sarkozy est là, mais l'espérance à gauche fait encore défaut !
L'éffondrement du sarkozysme s'il se confirme ne profitera pas nécessairement à la gauche si elle n'y prend garde car l'opinion déboussolée peut trés bien considérer que Villepin ou Bayrou sont des alternatives.
Il est urgent, urgent, urgent que le parti socialiste sorte un programme économique pour " faire face à la crise". promettre aux gens que demain on rasera gratis ne suffira pas à les convaincre, encore moins avec la cruelle expérience qu'ils font des promesses sarkoziennes.