La droite qui défrise
Posté le 18.12.2007 par vivelagauche
Il n’y a pas à dire Nicolas Sarkozy donne à notre vieille république des allures inattendues. Des événements indépendants les uns des autres mais quasiment simultanés finissent par dessiner un curieux règne qui ne manquera pas avant longtemps de s’inscrire comme un épisode très singulier dans l’histoire de France.
Donc ces jours ci notre bien aimé président s’affiche avec une starlette médiatique connue dont le portrait se retrouve dans tous les magazines. Il n’est plus question de vie privée, ni d’usages ni de ceci ni de cela, il est tout simplement question de faire mousser le président en le montrant en grand conquérant des cœurs de midinette.
Il y a peu on moquait Poutine montrant ses muscles, voilà Sarkozy montrant son cœur. Bon, voilà qui n’est que banal dans notre univers perverti par des médias sans morale, sauf quand même pour tous ces français si attachés aux traditions qui votent pour la droite parce qu’ils pensent que ses représentant défendent les valeurs pérennes de la société et de la famille.
Les télés se sont aussi intéressées à la manière dont le président de la république interpelle la chancelière allemande par son prénom comme s’il s’agissait d’un chauffeur de camion interpellant une poissonnière sur le port de Marseille. Ce manque de tact, cette faute de goût, ce déficit de savoir vivre, cette absence de classe passe quand même mal dans un monde des grands personnages habitués à être traités avec un maximum d’égards. Le président confond manifestement familiarité avec simplicité et cordialité. Il ne sait décidément pas y faire.
A Paris le voyage du colonel Kadhafi a montré comment sous prétexte de grande politique méditerranéenne et de contrats on pouvait avoir vis a vis de dictateurs peu fréquentables un manque de mesure et ne pas savoir organiser une visite officielle pour qu’elle reste dans les clous.
Autre image diffusée sur les télés, une image forte des avocats qui se font arroser par du gaz lacrymogène, c’est quand même les CRS qui s’en prennent à l’une des corporations qui garantit le bon fonctionnement de la justice et la protection de chaque individu contre les abus du pouvoir. Les traiter comme de vulgaires petits délinquants ne peut se faire sans transgresser des règles non écrites de respect mutuel entre les grands corps qui fondent l’organisation de l’ordre républicain.
Tous ces signes qui s’accumulent finissement par dessiner le style du quinquennat. Manifestement Nicolas Sarkozy n’est pas là pour encenser les traditions et les valeurs conservatrices d’une France respectable. Malgré les numéros de campagne sur les traditions et les références à l’histoire, la rupture est bien là. On est loin de la figure petite bourgeoise et rassurante du couple Bernadette et Jacques Chirac. On est dans une sorte de bande dessinée où se mêlent le speed, les paillettes et la brutalité des paroles ou des gestes. Le président reste donc l’homme des puissances d’argent , des intérêts financiers, des grands capitalistes auxquels il consent par toutes sortes de moyens législatifs et réglementaires des facilités pour tondre la laine des particuliers, des entreprises et de l’Etat. Cela en fait un élu de droite particulièrement efficace mais pour le reste voilà la France conservatrice des traditions et des usages, des préjugés et des règles, bien marrie.
A gauche, où l’on manque, c’est connu de tact, de savoir vivre et tout le reste, on peut pour une fois devant le spectacle de la droite qui défrise, rigoler un bon coup. Par les temps qui courent cela fait du bien !
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