une solution réaliste pour sortir l’Europe entière du marasme
Posté le 02.02.2008 par vivelagauche
La crise multiforme qui bouscule l’Europe a des causes multiples. Les difficultés de l’économie française ne sont pas dues seulement aux désordres du capitalisme financier, elles témoignent aussi d’une dangereuse tendance à considérer que la production de biens industriels et agricoles peut être considérée comme de peu d’importance. 75% de la main d’œuvre est employée dans le tertiaire, 20 % dans l’industrie, et 5 % dans l’agriculture. On peut difficilement croire qu’à force de ne rien produire chez nous, il ne viendra pas un moment où il ne sera plus possible d’exporter autant qu’on importe. C’est vrai que la modernité et la haute productivité des secteurs industriels imposent une grande réduction de la main d’œuvre mais on peut se demander aussi si on n’est pas allé un peu loin dans la désindustrialisation du territoire. Et on ne peut que regarder avec inquiétude les délocalisations qui se poursuivent jour après jour dans tous les domaines.
La définition d’une politique ambitieuse de ré- industrialisation semble donc plus qu’une nécessité. Et elle doit être non seulement formulée mais amplement détaillée dans tout programme de gauche qui se voudrait une option crédible pour redresser la France.
Mais par ailleurs la pression énorme que fait peser sur l’ensemble de l’économie le capitalisme financier qui revendique sa part à tous les niveaux à travers le crédit, à travers les investissements industriels et commerciaux, à travers la dette publique et qui prélève à son profit une part de plus en plus grande de la richesse produite est à lui seul un danger mortel pour la société française. Il s’agit d’un cancer qui n’a plus de mesure, pour se nourrir et croître il asphyxie progressivement l’organisme qu’il a envahi sans se soucier de la mort qui les guette ensemble.
Comment arrêter la folie des prélèvements financiers ? On voit bien que ce n’est pas l’objectif des banques dont le souci est au contraire de tirer par tous les moyens spéculatifs possibles des revenus des sommes folles dont elles disposent. Injecter plus d’argent dans l ’économie n’aura donc comme effet que d’augmenter la spéculation et de donner encore plus de moyens aux banques pour soutirer davantage d’argent aux travailleurs.
On peut aussi observer que la politique de lutte contre l’inflation de la banque européenne a deux effets constants :
Elle maintient à un niveau élevé le taux de change ce qui donne un plus aux capitaux européens qui veulent investir dans le reste du monde mais elle inflige une brutale pénalité de change aux producteurs européens qui veulent exporter. Ce double effet dont l’un est positif pour les riches et les financiers et négatifs pour les producteurs finit par être globalement négatif pour l’ensemble de l’économie européenne qui perd des parts de marché dans un monde très concurrentiel.
Le deuxième effet est que la lutte contre toute inflation maintient à un niveau élevé les titres du capital dans sa confrontation avec le travail. Les salaires insuffisants et le niveau modéré des prix confèrent au rentiers des conditions particulièrement favorables pour jouir de leurs biens.
De même ceux qui prêtent à l’état ne peuvent que se réjouir de se voir remboursés dans une monnaie de plus en plus forte, il y a quasiment une deuxième rente qui s’ajoute à la rente initiale du taux d’intérêt.
De ces constats on peut déduire ce que doit être une politique de gauche c’est à dire une politique qui se donnera le moyen de répartir de manière plus équitable les fruits de la croissance. Elle peut passer par un projet de désendettement de l’état qui soit pour l’essentiel supporté par les détenteurs de signes monétaires.
Il faut donc militer pour que la Banque Centrale européenne se décide à créer de la monnaie au profit des divers états membres et que cette monnaie soit utilisée par ces états pour se désendetter. Cette création devrait être négociée par l’ensemble des 27 pour que tous en bénéficient au prorata de leurs masses monétaires ou d’autres critères. Une telle politique ferait évidemment baisser l’euro ce qui rendrait de la compétitivité aux productions européennes. Le désendettement des états leur donnerait de nouvelles marges de manoeuvre pour les investissements productifs urgents.
La politique de création monétaire actuelle au profit uniquement des banques est une absurdité anti économique puisque ce sont finalement les manipulateurs financiers qui en bénéficient non pas pour investir mais pour boursicoter et délocaliser.
Evidemment une telle proposition n’a aucune chance face à des gouvernements conservateurs soutenus justement par le capitalisme financier mais du moins il s’agit d’une proposition cohérente qui peut intéresser l’ensemble des forces progressistes européennes. Elle a aussi l’avantage de constituer une solution réaliste pour sortir l’Europe entière du marasme. Elle doit pouvoir être reprise par l’ensemble des mouvements progressistes européens.
Création monétaire au profit des états voilà un mot d’ordre de gauche à faire passer avec le nouveau traité européen.
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:: Les commentaires des internautes
mwai.
Posté par
Florian le 05.02.2008
Tes pavés sont absolument indigérables.
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