Posté le 07.02.2008 par vivelagauche
Le conflit des taxis semble une affaire de peu d’importance dans les grandes disputes nationales, et pourtant la manière dont il vient de se terminer par une reculade totale du pouvoir est un événement capital. C’est un exemple de ce qu’on peut appeler le réalisme sarkozien. Autant le pouvoir avait pu se montrer intransigeant dans le conflit des régimes spéciaux, autant il cède cette fois en rase campagne devant une catégorie professionnelle minoritaire. Tant que le pouvoir était populaire et qu’il avait le sentiment d’être fortement soutenu par l’opinion publique son comportement matamore semblait crédible et lui permettait d’imposer à peu prés n’importe quoi à n’importe qui. Là, les choses ont brutalement changé, c’en est fini de l’arrogance du pouvoir, de sa prétention à mieux savoir que tout le monde ce qui est bon pour le pays et pour les gens. Son manque de courage devant cette crise des taxis fait mal augurer de l’avenir. On peut même penser que le règne absolutiste de Nicolas a pris fin et que même si le président continue ses quatre ans de mandat, il ne sera plus en mesure d’imposer aucune réforme d’envergure.
Le pouvoir n’est plus qu’un baobab rongé par les termites, extérieurement rien n’est changé, il tient en apparence encore debout, mais intérieurement il n’y a plus de consistance, toutes les réformes sont atteintes du syndrome des taxis. Dés qu’un groupe exprimera sa colère, le président se précipitera pour distribuer consolations et petits cadeaux. Rien ne s’opposera à une montée des tensions s’il refuse de le faire. Car tous les participants auront en tête la reculade devant les taximen.
Personne n’oubliera qu’il a plié en deux jours et par conséquent dès maintenant son destin c’est de plier et de plier encore.
Le discours volontariste et les propositions de reformes, tout cela est désormais sans effet et le président s’en rendra compte assez vite.
Le piège (involontaire?) tendu par Jacques Attali a mis le feu aux poudres. Ce dernier manie avec une telle désinvolture les concepts les plus sérieux qu’on le prend aisément pour un grand esprit. Pourtant de ce qui vient de se passer il faut au moins conclure qu’il a singulièrement manqué de flair. Il ne fallait pas avoir fait l’ENA pour penser que les bénéficiaires des ces privilèges allaient manifester et ne pas accepter de tout perdre. Allaient –ils se laisser ruiner sans broncher ?
Il y a trois mois, les chauffeurs de taxi mécontents se seraient heurtés à un pouvoir arrogant qui les aurait réduits au silence en un rien de temps mais actuellement le roi est nu puisque les sondages sont bas et qu’il est osons le mot, impopulaire. Le pouvoir est donc en attendant les municipales exposé à tous les vents mauvais, dommage que le parti socialiste ne soit pas davantage en mesure d’en profiter pour planter quelques banderilles.
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Posté le 02.02.2008 par vivelagauche
La crise multiforme qui bouscule l’Europe a des causes multiples. Les difficultés de l’économie française ne sont pas dues seulement aux désordres du capitalisme financier, elles témoignent aussi d’une dangereuse tendance à considérer que la production de biens industriels et agricoles peut être considérée comme de peu d’importance. 75% de la main d’œuvre est employée dans le tertiaire, 20 % dans l’industrie, et 5 % dans l’agriculture. On peut difficilement croire qu’à force de ne rien produire chez nous, il ne viendra pas un moment où il ne sera plus possible d’exporter autant qu’on importe. C’est vrai que la modernité et la haute productivité des secteurs industriels imposent une grande réduction de la main d’œuvre mais on peut se demander aussi si on n’est pas allé un peu loin dans la désindustrialisation du territoire. Et on ne peut que regarder avec inquiétude les délocalisations qui se poursuivent jour après jour dans tous les domaines.
La définition d’une politique ambitieuse de ré- industrialisation semble donc plus qu’une nécessité. Et elle doit être non seulement formulée mais amplement détaillée dans tout programme de gauche qui se voudrait une option crédible pour redresser la France.
Mais par ailleurs la pression énorme que fait peser sur l’ensemble de l’économie le capitalisme financier qui revendique sa part à tous les niveaux à travers le crédit, à travers les investissements industriels et commerciaux, à travers la dette publique et qui prélève à son profit une part de plus en plus grande de la richesse produite est à lui seul un danger mortel pour la société française. Il s’agit d’un cancer qui n’a plus de mesure, pour se nourrir et croître il asphyxie progressivement l’organisme qu’il a envahi sans se soucier de la mort qui les guette ensemble.
Comment arrêter la folie des prélèvements financiers ? On voit bien que ce n’est pas l’objectif des banques dont le souci est au contraire de tirer par tous les moyens spéculatifs possibles des revenus des sommes folles dont elles disposent. Injecter plus d’argent dans l ’économie n’aura donc comme effet que d’augmenter la spéculation et de donner encore plus de moyens aux banques pour soutirer davantage d’argent aux travailleurs.
On peut aussi observer que la politique de lutte contre l’inflation de la banque européenne a deux effets constants :
Elle maintient à un niveau élevé le taux de change ce qui donne un plus aux capitaux européens qui veulent investir dans le reste du monde mais elle inflige une brutale pénalité de change aux producteurs européens qui veulent exporter. Ce double effet dont l’un est positif pour les riches et les financiers et négatifs pour les producteurs finit par être globalement négatif pour l’ensemble de l’économie européenne qui perd des parts de marché dans un monde très concurrentiel.
Le deuxième effet est que la lutte contre toute inflation maintient à un niveau élevé les titres du capital dans sa confrontation avec le travail. Les salaires insuffisants et le niveau modéré des prix confèrent au rentiers des conditions particulièrement favorables pour jouir de leurs biens.
De même ceux qui prêtent à l’état ne peuvent que se réjouir de se voir remboursés dans une monnaie de plus en plus forte, il y a quasiment une deuxième rente qui s’ajoute à la rente initiale du taux d’intérêt.
De ces constats on peut déduire ce que doit être une politique de gauche c’est à dire une politique qui se donnera le moyen de répartir de manière plus équitable les fruits de la croissance. Elle peut passer par un projet de désendettement de l’état qui soit pour l’essentiel supporté par les détenteurs de signes monétaires.
Il faut donc militer pour que la Banque Centrale européenne se décide à créer de la monnaie au profit des divers états membres et que cette monnaie soit utilisée par ces états pour se désendetter. Cette création devrait être négociée par l’ensemble des 27 pour que tous en bénéficient au prorata de leurs masses monétaires ou d’autres critères. Une telle politique ferait évidemment baisser l’euro ce qui rendrait de la compétitivité aux productions européennes. Le désendettement des états leur donnerait de nouvelles marges de manoeuvre pour les investissements productifs urgents.
La politique de création monétaire actuelle au profit uniquement des banques est une absurdité anti économique puisque ce sont finalement les manipulateurs financiers qui en bénéficient non pas pour investir mais pour boursicoter et délocaliser.
Evidemment une telle proposition n’a aucune chance face à des gouvernements conservateurs soutenus justement par le capitalisme financier mais du moins il s’agit d’une proposition cohérente qui peut intéresser l’ensemble des forces progressistes européennes. Elle a aussi l’avantage de constituer une solution réaliste pour sortir l’Europe entière du marasme. Elle doit pouvoir être reprise par l’ensemble des mouvements progressistes européens.
Création monétaire au profit des états voilà un mot d’ordre de gauche à faire passer avec le nouveau traité européen.
Posté le 31.01.2008 par vivelagauche
L'ex-premier ministre socialiste dénonce une «exploitation politique mensongère et manipulatrice» du travail de cette commission.
«J'ai présenté ma démission pour que les choses soient claires ». Quelques jours avant la remise du rapport de la commission sur la revalorisation du métier d'enseignant, Michel Rocard a décidé de la quitter.
L'ancien premier ministre PS, dont la participation à ce groupe de travail avait fait polémique en août -certains socialistes l'avaient accusé de conforter ainsi la politique «d'ouverture» de Nicolas Sarkozy-, souligne le «bon climat» qui a régné au sein du groupe présidé par Marchel Pochard, mais dénonce une «exploitation politique mensongère et manipulatrice» de ses travaux, initiée selon lui par Le Figaro.
«Je veux être clair, nous n'évoquons pas directement dans notre rapport une rémunération au mérite. Mais c'est certain : il faut améliorer la prise en compte de la performance dans le déroulement des carrières des enseignants», avait-il déclaré jeudi dans Le Figaro. Le journal ayant titré en une «Rocard propose de payer les profs au mérite», celui-ci avait ensuite précisé à l'AFP que le rapport de la commission «n'évoquait en aucun cas une rémunération au mérite».
Michel Rocard a expliqué que ses propos voulaient dire «clairement que dans l'esprit de la commission comme dans le (sien), la reconnaissance du mérite doit affecter essentiellement le déroulement des carrières, et non pas la paie directe».
Je me dois de présenter des excuses à Michel Rocard car ce que j'avais entendu m'avait littéralement mis hors de moi et conduit à écrire le billet d'humeur qui est ci-dessous.
Voilà Rocard à son tour qui veut donner un coup de pouce à Nico en s’en prenant aux enseignants qu’il veut faire travailler davantage pour gagner plus. Décidément la sarkomania c’est comme la gastro, personne n’y échappe. Et pourtant notre ex génial ex premier ministre devrait savoir que les professeurs sont des gens de gauche qui se remettent difficilement des foucades subies et qu’ils recommencent peu à peu à tourner leur regard vers le parti socialiste. Ne serait –il pas judicieux même pour un grand homme d’état sur le talus de les laisser tranquilles. La sur- notation par un inspecteur solitaire et tout puissant et par le chef d’établissement soumis à l’intense pression des parents d’élèves c’est tout ce que ce penseur a trouvé pour stimuler le corps enseignant ! On en pleurerait tant la chose est risible, stupide, nulle, sotte, débile.
Car le corps enseignant est pour l’essentiel formé de gens compétents et sérieux, sélectionnés par des concours particulièrement difficiles. Les professeurs sont motivés et pour mieux travailler il suffit de leur donner plus d’initiatives, plus de possibilités, de leur permettre de travailler davantage en équipe et de les rendre plus responsables. Tout le contraire de ce qu’on leur promet dans des annonces où des petits chefs feront encore plus qu’aujourd’hui la pluie et le beau temps en distribuant les super- salaires au gré des modes et des copinages.
Posté le 30.01.2008 par vivelagauche
Les chauffeurs de taxi qui manifestent contre la déréglementation de leur profession constituent un véritable cas d’école. Leur profession est un service qui demande une compétence professionnelle qui peut être obtenue par une très large partie de la population active. Leur revenu est donc strictement indexé sur la réglementation qui limite l’accès à leur métier. Si on déréglemente, le nombre de taxis augmentera de manière importante, le service obtenu par la population diminuera de prix et concernera beaucoup plus de clients potentiels mais évidemment le revenu de chaque taximan tendra rapidement vers le salaire minimum. Etre taxi ne sera pas une situation bien meilleure que la plus part des métiers de services ouverts au plus grand nombre parce demandant peu de qualification. Même si l’obtention d’un super permis de conduire conduit à spécialiser un petit peu la profession et à réduire un peu le nombre des postulants.
La situation actuelle est meilleure pour eux parce que leur revenu est composé d’un mélange de travail et de rente. Celle ci correspond au capital investi dans l’achat de l’autorisation d’exercer. La réforme Attali aurait pour effet de porter atteinte au droit de propriété en détruisant d’un trait de plume le capital constitué par l’autorisation d’exercer. Si on reste dans un système où le droit de propriété est respecté cela ne peut se concevoir qu’en prévoyant une indemnisation des exploitants actuels. Attali serait il encore de gauche ?
Les tribulations des chauffeurs de taxi sont cependant instructives sur le rôle du numerus clausus dans l’exercice d’une profession et sur l’effet sur les revenus de ceux qui exercent des métiers protégés. Il serait certainement plus utile à la société française de se soucier des effets des numerus clausus sur les professions de santé qui bénéficient de situations autrement rentables. Le remplacement des concours d’entrée dans les études médicales de toutes natures par des examens augmenterait sans conteste le nombre de professionnels sans diminuer leur compétence et l’effet sur le déficit de la sécurité sociale serait bien plus efficace que les fameuses franchises santé imposées aux malades.
Pas de chance, ces catégories professionnelles bénéficient du soutien sans condition du pouvoir conservateur. Et si on essayait d’y toucher les mouvements de protestation seraient autrement spectaculaires.
Posté le 26.01.2008 par vivelagauche
Le vrai scandale ce n’est pas qu’un traider ait égaré 5 milliards d’euros et que la société générale soit obligée de l’avouer. Le vrai scandale c’est que la même personne aurait pu les gagner et qu’on aurait eu alors affaire à des gens affichant des bilans rutilants et des mines satisfaites. Combien de milliards passent ainsi par des boursicotages et des opérations financières sans aucune utilité sociale dans les poches des financiers et de leurs actionnaires ?
Le capitalisme financier n’épargne personne pas plus les petits propriétaires américains que les travailleurs français ou les masses misérables d’ouvriers chinois. Il se gave à travers la terre entière sur le dos de toutes les forces vives que ce soient des ouvriers des petits patrons ou des cadres, tout le monde y va de sa contribution forcée.
La mondialisation sans règles à permis ce délire des gains sans efforts offerts à des gens qui ont déjà beaucoup d’argent et quand les bourses baissent les détenteurs de capitaux deviennent encore plus riches puisqu’ avec moins d’argent ils peuvent encore acheter plus de biens.
Il est plus que temps qu’à gauche on oppose à ce système fou quelques idées claires et quelques projets de mesures. Le silence assourdissant de nos élites est effrayant !
Bien sûr le silence des socialistes est parfaitement exaspérant pour les militants et les gens de gauche mais ne pensez pas que les élucubration de Besancenot ou les radotages du PC apportent le moindre bonus dans un combat si difficile. Pour le moment en dehors des bourdes de Sarkozy qui en fait beaucoup pour aider ses adversaires il ne se passe rien sur le front des idées et c'est tragique!
Posté le 20.01.2008 par vivelagauche
En écoutant J Attali refaire le monde dans sa chronique radiophonique matinale je suis bluffé de l’entendre en quatre coups de cuillère à pot rebattre tranquillement les cartes de l’ordre géopolitique. Excité par un récent accord international il préconise l’union de l’Inde et de la Chine et règle par un simple silence le sort du Japon. Comme çà, effectivement, l’histoire va très vite. Nous savons tous que les déclarations d’intention les plus visionnaires sont le plus souvent des produits de circonstance destinées à une consommation immédiate. Mais pour lui, c’est du sérieux, du solide qui restructure l’ordre du monde. Lancé dans son prévisionnisme échevelé il n’hésite pas à intégrer d’un trait de plume la Russie à l’Europe. Pourquoi pas, mais quelle Europe ? Il parle de taux de croissance fantastique qui par les temps de déprime qui courent font rêver. Je n’ai d’ailleurs pas eu le temps de saisir si ce superbe cadeau était pour les chinois ou pour les européens. Mais enfin la fameuse croissance pour laquelle sa fameuse commission est mobilisée et qui paraît-il reviendra, oui, oui, à condition que les magasins ouvrent le dimanche et qu’on double le nombre de chauffeurs de taxi, cette catin rétive ne veut rien savoir. Ni les dents du président ni le ton patelin d’Attali ne semblent devoir l’amadouer et elle ne consent en rien à dépasser 2 pour cent. Ce chiffre qui est considéré comme glorieux par le gouvernement actuel aurait été vu comme un désastre national par tous les présidents précédents toutes tendances confondues. Et de plus si on pondère ce taux de croissance du taux de croissance démographique on tombe alors à 1,5 pour cent pratiquement inavouable. Et pourtant si le gâteau augment un peu la population qui doit le partager augmente aussi. C’est d’ailleurs considéré comme une bonne nouvelle. De plus on peut s’interroger sur les contenus réels de cette croissance tristounette sachant qu’elle doit compter pour une bonne part des éléments (Extension des grandes surfaces, produits financiers, spéculations immobilières,..) qui n’apportent rien ni à la qualité de la vie ni à la solidité de l’économie. Malgré toutes leurs incohérences, il n’est pas douteux que les socialistes auraient été bien meilleurs gestionnaires des intérêts de la nation.
Attali ferait bien de proposer à sa commission comme moyen efficace de doper la croissance : « le retour de la gauche au pouvoir ».
Posté le 19.01.2008 par vivelagauche
Mon aventure électorale se poursuit dans la douleur, me voilà tête de liste. Ce sera le seul village de France où il n’y aura pas de liste unitaire de gauche face à un maire tout puissant. Impossible de trouver un accord avec le PC qui ne m’accordait qu’une place de figurant muet, dans une liste organisée autour de son secrétaire local. La faiblesse militante du PS est si visible qu’elle masque des rapports de force électoraux pourtant pas si défavorables, mais les amis communistes ont décidé de se montrer intransigeants en espérant me couler et pouvoir ensuite se présenter comme des rassembleurs de la gauche en déroute. Ils se disent qu’un communiste bonhomme qui leur sert de chef de file aura quand même une plus grande audience que son parti. Difficile pour moi qui dois décider s’il faut abandonner l’avenir de la gauche locale dans les mains du PC ou tenir compte des réalités du temps et coûte que coûte faire entendre une voix plus démocrate. Il est vrai que les sentiments qui s’expriment à l’égard du PS sont totalement ambivalents tant à force d’être au premier rang de tous les combats perdus il devrait seul en supporter l’opprobre. Il y a là une abusive interprétation des sympathisants de gauche qui devraient aussi se rappeler que pendant les campagnes présidentielles et législatives, c’étaient les militants qui tractaient, tractaient comme des malheureux pendant qu’eux mêmes regardaient tranquillement les débats à la télé.
En tout cas les diverses lassitudes à gauche témoignent de la réelle césure qui la traverse et qu’il faudra une fois pour toutes trancher. Il y a ceux qui sont dans une posture commode de rejet du libéralisme, de l’Europe et de la mondialisation. Ils n’ont pas compris que les dogmes traditionnels qui servent de grille de lecture à la gauche ne sont d’aucune utilité dans un monde en mouvement malgré eux et qu’ils ne contribuent en rien à dépasser la phase historique actuelle. Ce n’est pas par des incantations qu’on arrête la pluie, ce n’est pas par des lamentations même vigoureuses qu’on arrêtera le cours de l’histoire actuelle.
Il est par exemple urgentissime d’avoir un gouvernement européen capable de coordonner des politiques économiques mais aussi sur le réchauffement du climat, le terrorisme ou la formation et donc il faut se résoudre à autoriser la droite qui a le pouvoir à créer ce poste. Tout en sachant que la droite le bridera par toutes sortes d’interdits pour s’opposer à toutes les tentatives d’unification sociale ou fiscale. Mais l’urgence est telle qu’il faut faire le pari que ce chef une fois nommé saura se saisir des pouvoirs qui lui feront défaut et avancer car la crise climatique, la crise du pétrole et le capitalisme financier ont mis le monde en mouvement vers le chaos.
Puis il y a aussi au PS ceux qui prônent la reconnaissance des vertus du marché et de la société libérale. Eux aussi ont sans doute un certain retard dans une histoire qui va trop vite. La mondialisation et le capitalisme financier qui s’est développée hors de tout contrôle dans ce système rendent caduques leurs approches si sages et consensuelles. Tout ça c’est le passé et des schémas de pensée dépassés qui ne permettent pas de lire les lignes de l’avenir dans la main du présent. Dans ce blog je pose des doutes et des questions à longueur de pages car de toutes manières ni la droite ni la gauche ne sortiront indemnes des crises à venir. L’assez piteux règne de Sarkozy montre à tous ceux qui rient de la gauche que la droite elle non plus n’a pas en réserve des politiques efficaces. La croissance réduite à une peau de chagrin, quel affront pour celui qui avait la prétention sotte « d’aller la chercher avec les dents ».
Dans ce village si tranquille on se sent parfois bien seul à vouloir à tout prix comprendre où va le monde !
Posté le 16.01.2008 par vivelagauche
Alors que j’écrivais dans ce même blog il y a quelques jours, un billet analysant les facteurs dominants de la société française pour montrer que le seul adversaire collectif contre lequel il faillait rassembler la gauche est le « capitalisme financier » qui saigne le pays sous diverses formes et s’en prend aussi bien à l’Etat qu’aux particuliers ou aux entreprises, voilà que je découvre dans le monde du mercredi 16 janvier un article qui défrise ainsi intitulé :
« Quand le Medef s’interroge sur les dérives de la mondialisation et du capitalisme financier »
L’article fait référence à un film « Silence dans la vallée » présenté par Mme Parisot et réalisé par Marcel Trillat, figure de la CGT qui raconte l’histoire d’une entreprise détruite par des requins d’outre atlantique et de 3000 ouvriers sur le carreau.
Appelons encore une fois, une fois de plus le Parti Socialiste à se mettre au travail pour enfin sortir de ses cartons quelques idées nouvelles en oubliant de répéter « le pouvoir d’achat » « le pouvoir d’achat » car même si on embauche 100000 perroquets à longueur de journée pour se lamenter sur la baisse du pouvoir d’achat cela ne suffira pas à le faire remonter. Et cela bien que je sois convaincu que le ressentiment de la population à l’encontre de Sarkozy pour sa légèreté dans ce domaine n’a pas fini de se faire sentir. D’autant plus que les signes inquiétants s’accumulent avec des plongeons boursiers et un redémarrage de l’inflation.
Posté le 13.01.2008 par vivelagauche
Le sarkozisme c’est une politique et une communication.
La politique nous commençons à en entrevoir la nature au demeurant tout à fait prévisible. Derrière le « travailler plus pour gagner plus » se cache en fait un slogan légèrement différent « travailler plus, beaucoup plus pour gagner moins voire beaucoup moins». Peu à peu se met en place un arsenal de lois et accords pour libérer les heures supplémentaires ou modifier les contrats de travail. La société va évoluer dans un sens qui est le seul imaginable par la classe dirigeante pour remettre la France dans le bon sens de la croissance. Les classes populaires qu’elles soient actives ou retraitées qui ont espéré autre chose de ce pouvoir en sont pour leurs frais et doivent peu à peu déchanter.
D’autres catégories doivent de toutes manières ne pas se trouver mieux loties ce sont les artisans, petits commerçants et toutes les PME qui pouvaient croire que parce qu’ils sont travailleurs indépendants, petits patrons, ils avaient l’oreille du gouvernement et allaient bénéficier d’avantages essentiellement fiscaux. Les cadeaux du gouvernement ne concernent que les catégories qui payent au minimum l’impôt sur la fortune. Ses vrais amis ces sont surtout les grandes fortunes et les grands investisseurs financiers. Alors les autres !
Il y a des catégories qui font partie du monde des privilégiés, les médecins du privé qui eux travaillent plus pour gagner beaucoup plus et surtout travaillent moins les week ends grâce à l’organisation du dispositif des SAMU qui fait peser les urgences de la fin de la semaine quasi exclusivement sur la fonction publique hospitalière ce qui explique sa grogner actuelle en bonne partie.
Il doit bien y avoir dans ces groupes à l’abri les notaires et quelques autres dont l’inventaire demanderait de décortiquer plus soigneusement les privilèges et contraintes qui pèsent sur les uns et les autres. Au total peu nombreux sont les français qui sont réellement protégés par le gouvernement dans un monde libéral et prédateur auquel il a ouvert les portes. Le renard est dans le poulailler.
Cependant le PS ne peut se contenter de critiquer les mauvaises manières du président c’est peut être le plus visible mais c’est le moins important, le PS doit critiquer sa politique mais surtout il doit présenter une alternative politique crédible. Quel projet pour relancer la France sans que cette relance soit uniquement financée par les plus modestes ? C’est une question simple qui demande des réponses claires et tant que la gauche n’aura pas ébauché une réponse à cette question elle ne sera pas qualifiée « pour devenir calife à la place du calife ». Comment diminuer la pression financière sur l’économie ? comment desserrer cet étau en fer et réduire des prélèvements trop élevés, la seule dette de l’état prélève 3 points de PIB vers les rentiers en plus des taux de prélèvements élevés directement effectués sur les entreprises.
Si on n’apporte pas une réponse à cette question il n’y a pas de politique de gauche alternative à proposer autant laisser la droite continuer à piller le pays.
Simultanément la communication fonctionne à plein régime. La dernière trouvaille est la venue de Tony Blair, ce socialiste anglais récemment converti au catholicisme et qui est venu exprimer son admiration à Sarkozy et son mépris des socialistes français à l’UMP réunie. Est contre un gros cachet ? Est ce pour une vengeance ? En tout cas c’est un bon coup pour Sarko qui une fois de plus brouille les cartes, prend les français pour des gogos et déstabilise encore les socialistes.
Les ministres atypiques chargés de semer le trouble dans l’opinion font partie de ce dispositif pervers. Rama Yade tire de son état de femme noire une sorte d’invulnérabilité médiatique stupéfiante. Elle renvoie sur tous les commentateurs ou opposants un tel contenu de culpabilité comme si à elle seule elle incarnait le malheur des esclaves, des colonisés, des victimes de l’apartheid et des immigrés, alors qu’elle n’est manifestement qu’une personne ambitieuse qui veut faire carrière et ne se soucie guère des misères humaines.
Elle est à l’aise pour expliquer que les atteintes aux droits en France ce n’est pas dans son rayon c’est à coté car elle son job ce sont les droits de l’homme à l’étranger. Bien vu ce concept. Puis elle n’hésite pas à développer des discours fumeux et agressifs pour convaincre les téléspectateurs que des associations manipulées et inhumaines sont responsables des violences policières qu’un gouvernement en sucre n’envoie mais vraiment qu'à contre cœur.
Cette gentille manière de se moquer du monde ne serait pas supportée de Michèle Alliot Marie qui avec les mêmes propos n’aurait pas manqué de provoquer ironie et rires mais là non avec cette figure angélique de poupée africaine tout passe car son visage inattendu chez une ministre de la république d’un gouvernement si orienté à droite renvoie aux énormes culpabilités qui sont le lot des racistes bienveillants que sont souvent les français. Rappelons que les racistes hostiles déclarent qu’ils n’aiment pas et ne veulent pas des étrangers mais que la majorité des gens qui se déclarent non racistes de droite comme de gauche sont porteur d’un racisme bienveillant consistant à se sentir supérieur aux noirs et aux arabes, à être persuadés de cette supériorité de manière plus ou moins consciente et à vouloir du bien « à ces gens qui ne sont pas comme nous mais qui ne nous ont rien fait ». L’ennui c’est que ministre, elle brouille ce schéma confortable en étant comme nous et de par sa fonction supérieure à nous.
Ceci crée un intense sentiment de culpabilité qui fait trembler tout le monde. Il en avait été ainsi chez Ruquier où les polémistes chargés d’allumer les invités s’étaient bien entendus pour la charrier le plus gentiment possible.
Alors évidemment elle en profite pour afficher à l'égard de la gauche un mépris sans retenue suivant le discours classique " la gauche n'a rien fait" propos gratuit et faux qui fait de plus l'impasse sur les valeurs et prend un malin plaisir à s'afficher en femme de droite sans se rendre compte à quel point elle contribue à déculpabiliser tout ce que la France compte de racistes convaincus. Car bizarrement ce n'est pas d'une noire ministre que les racistes ne veulent pas mais de leur voisin, de la caissière de super marché ou de l'employé des postes. Les ministres de toutes manières cela se passe dans un autre monde ou les choses sont différentes.Ce monde des médias ou l'extravagant est la norme et la folie raison.
A gauche, il faut cesser d’être raciste y inclus raciste bienveillant et ne plus traiter avec une gentillesse qu’elle ne mérite pas cette ministresse solidaire d’une politique antisociale et d’un gouvernement où se construisent des politiques de droite et d’extrême droite.
Posté le 11.01.2008 par vivelagauche
Je suis toujours agacé par les discours de nos caciques socialistes à l’occasion des cérémonies de vœux. Ils sont répétitifs, convenus et trop longs. Comme toujours tant de victoires sont devant nous qu’on en oublierait totalement la cohorte sinistre des défaites que nous avons derrière. On se demande par quelle étrange magie ces victoires si brillantes et si vaillamment annoncées se transforment en cruelles défaites en franchissant la ligne ténue du présent. Et comme toujours le catalogue des propositions se résume à une critique virulente de Sarkozy. Le président est un vrai danger pour ses opposants, il en fait tellement que plus personne ne se donne la peine de se remettre en cause ou de travailler à un projet. Tout le monde attend tout simplement qu'il « se casse la figure ». Je reste persuadé que cette attente sera déçue si on en reste là, non pas que ses supporters ne soient pas désarçonnés par une présidence qui défrise mais à la veille des élections Nicolas Sarkozy saura se faire enjôleur et rassembleur si le besoin s’en fait sentir. Si le rythme lui porte préjudice il n’appartient qu’à lui de le modifier au moment qui lui conviendra. Par conséquent la gauche est toujours en grand danger (et pas seulement le parti socialistes). Il faut rappeler que la seule thématique qu’elle a pu se mettre sous la dent c’est le pouvoir d’achat. Certes c’est un sujet sérieux sur lequel malgré nombre de contre feux allumés par le gouvernement, l'irritation de l’opinion est à fleur de peau. Mais si ce sujet déstabilise puissamment le gouvernement, il ne crée aucune appétence de parti socialiste. IL faut pour changer la donne et susciter vraiment le désir des citoyens que le contenu théorique des discours socialistes soit autrement fourni. On peut noter que le président élargit autant qu’il le peut l’espace dans lequel se développe le débat. Il égrène les propositions avec un manque de retenue évident. Ce comportement débouchera – t il sur des résultats concrets ? Personne ne peut le dire actuellement. Par contre cette manière de traiter tous les sujets donne de lui une image d’homme d’état actif au service de son pays. Cela complique énormément le travail de l'opposition qui doit se borner à critiquer des annonces et des intentions le plus souvent ambitieuses et généreuse. De quoi faire passer les opposants pour des esprits chagrins ou de mauvais coucheurs.
Il faut donc prendre garde à ne pas se laisser bercer par des illusions euphorisantes qui préparent de cruels désapointements après de cuisantes défaites.
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