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vivelagauche
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Militant de gauche désire la rénovation du Parti Socialiste PS . Avec Royal, Fabius, Hollande, DSK ?
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26.05.2007
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Un laboratoire politique

Un laboratoire politique

Posté le 13.03.2008 par vivelagauche


1) Un laboratoire politique
Les élections municipales sont en train de se transformer en laboratoire politique. Certes la position de François Bayrou qui se refuse à une position nationale d’alliance à droite ou à gauche pour ne pas disparaître définitivement dans l’un des deux grands groupes qui s’opposent semble décidément bien alambiquée mais a-t-il d’autre choix pour préserver ses chances de rester un candidat crédible du recours à la présidentielle ? Il reste donc dans une posture d’arbitre indécis faisant mine de trouver ici la droite bonne et ailleurs la gauche meilleure.
Au fond Sarkozy en débauchant des personnalités de gauche et en créant la confusion lui a facilité la tâche. La porosité gauche, droite ayant été en quelque sorte instaurée par le président dans son ouverture et ses tentatives de brouiller les pistes, il a finalement rendu service à son rival centriste en rendant crédible sa position de ni ni ou de avec avec et son pas de deux.
Mais ce qui est plus remarquable encore ce sont les alliances curieuses au centre desquelles se trouve le Parti Socialiste qui parvient à s’allier ici et là avec le Modem sans rompre avec le Parti Communiste. Cette stratégie d’ouverture et de rassemblement annonce peut être les majorités nationales de demain.
Elle n’est cependant pas sans risques pour le Parti Socialiste qui perdra rapidement sa « gauchitude » en devenant l’allié d’un parti de droite. Le Parti Communiste et la Ligue Révolutionnaire en seront confortés pour tenter de se tailler à la gauche du PS un électorat bien plus large que celui qui est le leur aujourd’hui.


Ces élections municipales ont montré justement la capacité des listes « de gauche » (sans autre précision) animées par des communistes affichant une certaine radicalité à drainer un vote protestataire qui soupçonne le Parti Socialiste de je ne sais quelle tentative droitière.

Le Parti Socialiste peut avoir l’illusion de gagner sur tous les tableaux dans la mesure ou les scrutins locaux se déroulant indépendamment les uns des autres, il se retrouve en position quand il est dominant de tirer parti de toutes les formules. Cependant il faudra bien au niveau national construire une ligne politique claire à un moment ou à un autre.

Les projets politiques ne seront pas les mêmes en cas d’alliance avec le Modem ou en cas de maintien d’une ligne de gauche excluant le courant centriste.
2) La perspective social démocrate
Si le projet du PS est purement social démocrate et se contente de gérer au mieux le capitalisme ambiant sans le combattre, comme le font les socialistes européens dans leur ensemble, le PS peut s’allier avec le Modem sans que cela soit un problème. La difficulté viendra du fait qu’une telle politique trouvera très vite ses limites dans un contexte mondial ou le capitalisme international est contraint par très peu de règles.
Cette option politique n’est cependant pas à écarter d’un revers de la main, les autres pays européens nous montrent dans ce domaine un exemple que l’on peut être tenté de suivre. Car le capitalisme tempéré par un gouvernement de gauche est toujours moins difficile à supporter que lorsque les gouvernants sont Sarkozy et Fillon. Et du moins sur des thèmes de société non économiques comme le racisme et la tolérance sociale il vaut cent fois mieux un gouvernement de gauche tiède plutôt que le plus éclairé des gouvernements de droite. De plus en France avec Sarkozy nous avons un pouvoir de droite que ses échecs économiques patents conduisent à tenter de radicaliser l’opinion sur des thèmes xénophobes et conservateurs pour donner à son électorat déçu des raisons par défaut de le soutenir. Il est donc essentiellement occupé à nourrir les peurs et les antagonismes sociaux et communautaires dans le seul but de se maintenir au pouvoir. On sait au moins que dans ce domaine un gouvernement de gauche allié ou non au Modem aurait un comportement un peu plus responsable, plus digne, plus respectueux des droits humains.


3) L’option « révolutionnaire »
Par contre si le projet du PS est réellement un projet de rupture avec l’ordre capitaliste, non pas un projet révolutionnaire destiné à bouleverser de fond en comble la société mais seulement un projet de rupture franche avec les intérêts du capitalisme financier, alors tout est évidemment différent.
Mais en quoi peut consister un projet politique de rupture avec le capitalisme actuel ?
Cela peut commencer par le refus de voir la dictature chinoise continuer à exploiter honteusement au profit de ses classes moyennes et des capitalistes de tous bords, ses classes laborieuses et qu’il en soit de même en Inde et dans les pays du tiers monde qui appliquent avec trop de zèle les dernières formules capitalistes à la mode. Refuser de tirer parti même dans notre intérêt de l’exploitation de ces masses miséreuses ne peut que grandir en dignité les hommes de tous les continents. Il faut donc défendre au sein des instances internationales des règles vertueuses pour le commerce et les appliquer immédiatement dans nos pays. Comme de taxer les importations de marchandises qui ont été fabriquées dans des conditions d’exploitation éhontée ou les refuser carrément. On pense au travail des enfants, aux horaires abusifs, à l’absence de liberté syndicale. Ce combat là se gagnera partout ou sera aussi perdu en Europe.

Deuxièmement ne pas faire de la logique capitaliste une fatalité à laquelle rien ne doive s’opposer, il faut pour cela plus de pouvoirs pour les travailleurs, plus de pouvoirs pour les autorités locales pour que la résistance aux pressions capitalistes puisse s’organiser. On pense à des règles différentes pour les entreprises qui emploient du personnel, que collectivement celui ci bénéficie de droits nouveaux pour prendre part aux décisions, pour participer aux bénéfices.
Il faut sans doute inventer de nouveaux types d’entreprises ou le pacte capital – travail soit moins inégalitaire et ou l’on n’admette plus comme allant de soi que toutes les décisions et tous les bénéfices sont au profit exclusif des fournisseurs de capitaux. Il ne s’agit pas nécessairement de créer des structures révolutionnaires ou de revenir à du collectivisme dépassé mais d’approfondir des concepts comme la participation par exemple, ou encore de renforcer substantiellement les pouvoirs des représentants des personnels dans les conseils d’administration. Mais rien n’interdit d’expérimenter des formes nouvelles de sociétés où les statuts eux mêmes créeraient une plus grande égalité entre capital et travail.


Cependant le pouvoir capitaliste exerce actuellement pour l’essentiel sa domination au travers des produits financiers qui s’adressent aux particuliers par le crédit à la consommation et à la construction, aux entreprises par les crédits aux investissements mais aussi par tous les dispositifs de participation qui permettent aux capitaux exogènes d’exercer directement le pouvoir industriel au sein des entreprises et enfin par les prêts aux états ce qui permet de piocher directement dans les recettes fiscales.
Les dettes nationales sont devenues des monstres qui se nourrissent eux mêmes puisqu’en France, l’Etat emprunte chaque année approximativement le montant qui lui sert non pas à rembourser mais à payer simplement les intérêts de sa dette. Celle ci étant au taux approximatif de 5 pour cent on peut en conclure qu’elle double automatiquement tous les quinze ans sans aucune contribution nouvelle. Mais comme l’euro s’apprécie davantage au fil du temps en dollars, la dette en fait autant. Heureux capitalistes qui s’enrichissent en dormant.
L’état asphyxié n’a plus les moyens d’investir dan la formation et la recherche et met en place une politique catastrophique de réduction des dépenses publiques qui passe par la réduction du nombre des fonctionnaires et des économies de bouts de chandelle dans tous les domaines. Cette politique d’économies n’a rien à voir avec une nécessaire restructuration qui aurait pour but d’accroître la productivité des services, non, on ne rationalise pas, on économise donc on s’interdit aussi les dépenses nouvelles d’investissement qui permettraient un meilleur fonctionnement des services. Tout cela est assez exécrable parce qu’en fin de compte on désorganise des services dont la productivité va forcément diminuer. Au total il n’y aura même pas les économies attendues.


Parmi les priorités qui s’imposent à un pouvoir de gauche c’est qu’il se donne les moyens d’investir dans l’humain. Il faut donc libérer les économies européennes du carcan des dettes nationales devenues au fil du temps insupportables par leur montant démesuré.
L’orthodoxie de la Banque Centrale européenne traduit une gestion monétaire favorable au grand capital au détriment de toutes les autres catégories sociales. Si le gouvernement de la France soutient cette gestion qu’importe sa coloration politique. Il ne pourra que faire supporter aux masses le coût des prélèvements phénoménaux que les capitalistes financiers effectuent sur l’économie réelle. Le seul service de la dette consomme trois points de PIB au profit des détenteurs de capitaux cela représente quant même 17 pour cent des recettes fiscales de l’Etat. Ajoutez y la rente pétrolière, et les différents prélèvements bancaires et autres. On peut affirmer que le système financier prélève sur l’économie des sommes pharamineuses. C’est peut être à cause de cela qu’on peut observer que la Société Générale après avoir perdu cinq milliards d’euros parvient à faire des bénéfices.

Si Karl Marx était de retour nul doute qu’il pointerait ces mécanismes qui permettent aux détenteurs de capitaux de prélever à leur profit une part colossale de la production nationale.
Le système des sociétés anonymes domiciliées n’importe où permet aux capitaux de s’emparer de toutes les forces productives et de les gérer suivant une logique financière absolument indifférente au destin des hommes mais aussi sans trop se soucier des équipements ou des entreprises elles mêmes.
La crise des subprime a montré sans ambiguïté que lorsque ces grands agents financiers sont menacés le système des banques centrales se met à leur disposition pour avancer toutes les sommes nécessaires afin d’empêcher les faillites et colmater les pertes. Toutes les règles de bonne gestion sont oubliées dés qu’il s’agit du sauvetage d’une grande banque.
Ces actions de sauvetages se font d’ailleurs sans contreparties, nationalisations ou accords de modération. On voit bien que les pouvoirs publics sont au service du grand capital.

Une politique de gauche aujourd’hui ne consiste pas à nationaliser ceci ou cela mais à inverser radicalement la logique de gestion de la monnaie commune. La banque centrale au lieu de se soucier de la bonne santé des banques privées devrait en priorité se soucier de celle des états en réduisant leur endettement insupportable.
Mais si le gouvernement de la France entre en guerre avec la Banque Européenne pour qu’elle réorientent sa politique monétaire en fournissant des liquidités aux états afin de les dispenser de nourrir inutilement les détenteurs de capitaux, il est évident qu’il aura à faire à une opposition violente des forces de droite qu’elles soient Modem ou UMP ou autre qui se ligueront pour défendre les intérêts des détenteurs de capitaux.

Il n’est pas sûr que dans un tel combat les forces révolutionnaires soutiendraient un pouvoir de gauche car elles ont des stratégies propres destinées à leur procurer une surface politique et électorale qui se soucie peu au fond des luttes réellement gagnables contre le capitalisme triomphant de ce début de siècle.

4) Les crises climatiques et énergétiques auront des conséquences impévisibles
Autre chose est encore d’imaginer ce que deviendra le monde quand la crise de l’énergie en continuant de s’aggraver rendra caducs les modes d’organisation économique actuellement en vigueur. S’il faut drastiquement diminuer par deux par exemple les déplacements individuels pour les remplacer par des déplacements collectifs et s’il faut par exemple diviser par deux le transport moyen des marchandises.
Sans parler des effets du réchauffement climatique qui sont actuellement imprévisibles mais qui seront on ne peut plus en douter rapides et de grande ampleur. Ce seront des effets de tous ordres qui affecteront le climat, les pluies mais aussi la flore et la faune et modifieront profondément le cadre de vie dans dix ou vingt ans. La rapidité de la fonte des glaces de la banquise est un signe particulièrement inquiétant des réchauffements qui s’annoncent dans la mesure où la quantité de chaleur absorbée par cette opération est absolument phénoménale.
Prévoir ces changements, en déduire les évolutions sociales et économiques et construire une stratégie politique, voilà un chantier immense que personne à ce jour (même pas les écologistes) n’a réellement amorcé. Ce qui n’existe pas encore est tellement difficile à imaginer que cela nous apparaît comme imprévisible et irréaliste et c’est un vrai défi pour l’esprit que de faire l’effort de penser qu’il s’agit pourtant du monde réel de demain.






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