Une heure trente de plaidoyer pro domo
Posté le 25.04.2008 par vivelagauche
Une heure trente de plaidoyer pro domo pour expliquer que Nicolas Sarkozy est bon, que Nicolas Sarkozy est humain , qu’il sait reconnaître ses erreurs mais que c’est un travailleur acharné, qu’il a du cœur, qu’il est génial, courageux ,décidé, malin grand professionnel en diplomatie, subtil et hors du commun. Qui en doutait encore ? N’est –il pas déjà président de la république et en dehors de pape peut-il encore monter en grade ?
Pour le reste sa prestation très solitaire est celle d’un autocrate tout puissant qui est maître de tout mais qui ne peut rien faire dés qu’on lui suggère de mettre du beurre dans les épinards !
L’absence derrière lui de son staff et de ses ministres accroît l’impression de grande solitude qui se dégageait d’une prestation voulue comme le numéro solo du grand artiste. Une manière de rester dans un personnage qui fait problème pour tous ceux qui pensent que les affaires de la nation, ne peuvent relever d’un seul aussi génial et légitime soit-il.
Les français vont –ils plébisciter une telle prestation ? Difficile de le croire car aucune ligne générale ne se dégage pour sortir le pays d’une crise qui est bien là. Le discours se résume à dire si vous travaillez davantage vous irez mieux sinon tant pis pour vous mais pour le reste l’Etat ne peut pas tout.
On n’a pas le sentiment que la fameuse feuille de route demandée par Fillon soit rendue plus claire car demander toutes le réformes sans hiérarchiser, sans fixer des enveloppes et des paliers pour la croissance les déficits, l’investissement, la formation, sans donner une idée des contours de la fonction publique et des compétences des territoires après la cure d’amaigrissement c’est rester dans le flou actuel qui fait problème.
Sa manière de parler de réformes de l »’éducation sans en définir les contenus et sans en fixer la méthode ne peut qu’angoisser davantage en ouvrant sous les pieds des jeunes un véritable fossé d’incertitudes. Et ce n’est pas parce qu’il affirme que 15000 jeunes ne savent pas lire ou qu’un étudiant sur deux échoue en première anné que cela justifie un tel manque de clarté dans les intentions affichées.
Le seul discours clair est celui qui est le plus absurde, la réduction systématique des moyens.
Ce que la population active veut savoir c’est comment faire pour avoir plus de travail et plus de revenus. Quelles actions, l’Etat met en place pour développer l’emploi, la production industrielle, l’efficacité économique, voilà ce que demandent les français. La seule réponse est toujours la même tristement idéologique, on réduit la protection des travailleurs pour donner plus de souplesse au système.
Sarkozy aurait pu parler des pôles de compétitivité qui se sont mis en place et qui représentent au moins une initiative heureuse, mais zut c’est du Chirac organisé par Villepin.
Le RSA est servi comme un dessert social délicat qui doit faire passer les différentes couleuvres, hausses des prix, délocalisations, etc. C’est une mesure qui ne concerne qu’une frange des salariés, ceux qui étaient au chômage et qui retrouvent un travail avec un revenu très bas. Il va rendre la pauvreté supportable. Mais cela peut –il suffire à rendre les jeunes optimistes.
Le RSA est destiné à corriger un effet de seuil, il n’est pas en soi une politique sociale !
Bizarrement le président devient une révolutionnaire, il dénonce le capitalisme financier et les spéculateurs. Ce cri du cœur contre les mauvais riches rappelle le plus sombre des populismes. Il est destiné à mettre à l’abri les bon riches, ceux qui tondent la laine avec légitimité.
Enfin sa prétention à une politique active dans la crise sino- tibétaine fait quasiment sourire tant les ambitions affichées sont en contradiction avec la prudence de sa politique et l’envoi pressé d’émissaires pour se coucher devant les chinois. Quand on mesure l’ampleur des enjeux qui se profilent derrière le problème tibétain, qui peut croire une seconde que la France de Sarkozy est en mesure de peser de la moindre manière dans pareille affaire. Il est vrai que lui même avoue qu’il faut d’abord mettre les 27 européens d’accord, on est certain que ce ne sera pas sur une ligne trop téméraire.
L’échec de ses gesticulations dans l’affaire Bettencourt ne l’affecte nullement et il se réjouit d’avoir obtenu une preuve de vie en mobilisant des présidents, des avions, et toute la diplomatie française en Amérique du sud c’est pourtant un piètre résultat.
Les portes paroles de la droite ne vont pas manquer de souligner publiquement les qualités de l’intervention de Nicolas Sarkozy. Il est possible cependant qu’en privé leurs jugements soient moins assurés.
A gauche l’absence de programme alternatif oblige les leaders à une critique simpliste. On revient constamment au paquet fiscal. Et la caricature fait partie de la critique ce qui permet aux partisans de la droite de rappeler qu’une partie de ce paquet liée aux heures supplémentaires a eu des retombées sur le pouvoir d’achat des catégories populaires. Ce qui n’est pas niable mais justement qui est loin de constituer la solution pour s’éloigner de la crise.
La gauche doit d’urgence se bâtir un plan d’intervention économique alternatif. La remise en cause du bouclier fiscal n’apportera pas des recettes si élevées. Augmenter la pression fiscale est plus facile à annoncer qu’à faire compte tenu du niveau déjà élevé des prélèvements.
Le manque de crédibilité économique de l’alternative de gauche est actuellement l’unique rempart auquel s’adosse le pouvoir chancelant de Nicolas sarkozy.
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