Posté le 08.12.2007 par vivelagauche
J’écoute Krivine à la télé et je crois rêver. Il se prend décidément pour ce qu’il n’est pas. Il se présente comme un révolutionnaire pur et dur activant des luttes formidables pour résister au capitalisme. Il se prend pour un habile capitaine à la tête d’une vaillante armée en train de livrer un formidable combat contre le capitalisme français et mondial et contre le MEDEF. Il est temps qu’il fasse un peu de marxisme scientifique et qu’il ouvre les yeux et achète un double décimètre pour mesurer plus attentivement les forces en présence. Krivine ne s’est donc pas aperçu que comme menace pour le capitalisme il ne compte pour rien. Nada de nada. L’extrême gauche n’est capable aujourd’hui d’aucune action menaçante. Ne parlons pas d’une révolution violente, seuls les mouvements nationalistes ou islamistes sont capables de poser une bombe ou de commettre un assassinat, et heureusement d’ailleurs, ils sont peu nombreux et isolés. A part que les nouvelles troupes de la révolution prolétarienne ne soient les desperados des banlieues en déshérence qui font le coup de feu contre les forces de l’ordre au grand profit médiatique de Nicolas Sarkozy et le Pen ? Alors peut être les grèves, les mouvements étudiants ? Est ce les classes le plus en souffrance qui se mettent en mouvement ? La grève des transports a une grande audience parce qu’elle gène énormément la population mais elle ne concerne pas les plus opprimés et c’est pourquoi elle n’est pas populaire. Les SNCF seraient les premier étonnés de savoir qu’ils sont l’avant garde révolutionnaire krivinesque. Et même dans le monde étudiant susceptible de s’enflammer plus vite on voit les leaders étudiants et lycéens qui émergent dans ces luttes avoir un aspect bon chic bon genre et se comporter en syndicalistes très raisonnables. Les krivine de 20 ans ne sont plus sur les barricades. Alors la prise du pouvoir dans la rue par de vastes manifestations populaires ? Les syndicats qui organisent les manifestations sont loin d’adopter des slogans terrifiants. Alors tout balayer par un vote, par un mouvement irrépressible dans les urnes ? Pour le moment c’est plutôt la droite qui profite de ce genre de vague. On voit comment les majorités sont à construire par un véritable travail et comment tant de choses interviennent et permettent à la droite toute puissante telle un caméléon de pratiquer le discours de la rupture le changement et finalement d’accaparer le pouvoir. Il faut donc le constater, Krivine n’a dans sa besace de révolutionnaire professionnel rien de rien, absolument rien qui puisse menacer le pouvoir, le capitalisme et la droite. Alors pourquoi se mettre en colère contre lui mais tout simplement parce que son fond de commerce, ce qui lui reste c’est une formidable arnaque, c’est de taper sans retenue sur la gauche démocratique pour la discréditer. Il est d’ailleurs aidé dans cette tache par tous ceux qu’il prétend haïr, les médias et tous les organismes au service du pouvoir trop contents de bénéficier ainsi d’un allié de premier ordre dans la seule œuvre de destruction qui les intéresse, affaiblir le plus possible la seule force de gauche qui soit menaçante le PS. Parce que bien sur même mort, même grand cadavre à la renverse, le Parti Socialiste est la seule force démocratique d’envergure capable de s’opposer au pouvoir sarkozien. On lui reproche allégrement d’être faible alors qu’il vient de subir une défaite mémorable dans les urnes comme si un boxeur KO devait sur le champ se relever dans le ring et terrasser son adversaire. L’impatience de tous ces donneurs de leçons a quelque chose de formidable, ils vous veulent tellement de bien, tellement d’amour qu’ils râlent de vous voir à terre et du coup vous veulent pour mort plutôt que de vous aider à vous relever. Oui les socialistes ont fait le choix de la démocratie et c’est dans ce choix que résident toutes les contradictions politiques qu’ils vivent. Ce choix démocratique impose de conquérir le pouvoir à l’aide d’une majorité et une majorité se construit dans une société comme elle est, avec les gens qu’on y trouve et non pas avec des héros dont on aurait rêvé la veille dans les épopées révolutionnaires pour enfants de douze ans. Les électeurs doivent être pris comme ils sont avec leurs défauts et leurs qualités, leur aptitude à comprendre et parfois leur penchant à se laisser berner, leur désir d’un monde meilleur et leur peur de tout changement brusque, leur désir de tout partager et leur peur de perdre quelque chose. C’est toute cette complexité de la société que la gauche démocratique doit gérer avec face à elle le vrai pouvoir des forces de l’argent qui lui ne se trompe pas d’adversaire et sait très bien comment agir en sous main pour préserver au mieux ses intérêts de classe et son pouvoir financier.
Alors il y en a marre d’entendre ces gauchistes de salon, et le si beau facteur gauchiste venir avec sa gueule d’ange vomir sur le combat honorable de la gauche démocratique. Le PAF qui roule pour le MEDEF fait du joli facteur sa coqueluche, on le sortira bientôt dans la Star Ac ou dans un Loft car de ce qu’il dit, de ses idées, on se fiche réellement sauf quand, comme à chaque fois qu’il est sur un plateau, il crache un peu sur les socialistes. L’extrême gauche est complice consciente du pouvoir dans la destruction de ce qui reste d’opposition capable de contenir le pouvoir des riches en France et tout çà pour, dans les prochaines élections, toucher le jackpot électoral que la république bonne fille attribue aux partis qui font des voix.
Au fond un mouvement qui passe son temps à dénigrer la gauche démocratique, trahit les classes populaires pour un plat de lentilles bien garni quand même.
Pourquoi s’énerver à ce point contre l’extrême gauche et pas contre le modem par exemple, tout simplement parce que le modem ne s’adresse pas aux électeurs de gauche. Quand au gouvernement il faut le dire et le répéter c’est sa nullité qui le perdra.
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Posté le 07.12.2007 par vivelagauche
Conseil à Julien Dray, il faut cesser de parler avec Besancenot de gauche de gouvernement qui veut mettre les mains dans le cambouis. C’est une manière d’admettre que l’on est prêt même si c’est pour la bonne cause à se salir les mains et à accepter des propositions politiques inacceptables. C’est une manière par trop culpabilisante de s’exprimer. Il convient au contraire de faire peser la culpabilité et la contradiction sur l’extrême gauche. Elle fait des propositions maximalistes et irréalistes pour faire croire aux électeurs que les partis de gauche n’en font pas assez. Il faut dire que leurs propositions ne leur coûtent rien puisqu’ils ne se mettent jamais en position de devoir les appliquer. Dans ces conditions on peut promettre la lune et faire rêver les gens avec n’importe quoi. En tant que partis révolutionnaires se donnent- ils les moyens de faire la révolution ? Comment comptent ils s’y prendre pour soulever les masses et prendre le pouvoir ? Quel type de violence comptent ils imposer au pays ? Sur combien de morts comptent –ils dans leur entreprise de déstabilisation du capitalisme ? Parce que s’il doit y avoir des morts ils doivent le dire ? Sils doivent faire rêver les gens avec des promesses ils doivent aussi dire quel prix il faudra payer ? Et s’ils veulent gagner le pouvoir par les élections alors qu’ils expliquent avec qui ils vont faire une majorité pour appliquer leur politique ? Quelles sont les forces politiques avec qui ils comptent s’allier ? Le Parti Communiste ? la ligue d’Arlette ? Sans doute pas les socialistes puisqu’ils sont en train de les dénoncer comme des traîtres. Alors où sont les forces électorales qui leur permettront de transformer en espèces sonnantes et trébuchantes les promesses qui ne leur coûtent rien ?
Compte tenu de la qualité médiatique de Besancenot il est très important de lui opposer un argumentaire capable de ramener ses discours à la réalité.
Il doit savoir que s’il est la coqueluche des médias ce n’est pas parce que ses propositions intéressent le moins du monde mais parce que ses diatribes contre la gauche sont prisées par les médias acquis au pouvoir.
Le jeu des médias actuellement est de parler des problèmes du Parti Socialiste pour ne pas avoir à traiter des déceptions de l’électorat devant la politique sarkozienne. Les télés s’ouvrent aux gens de gauche pour donner l’illusion d’un débat démocratique mais pas si bête on ne va pas mordre la main du maître, les avatars du PS font un sujet de débat pour donner le sentiment que décidément à gauche tout va mal.
Il est très difficile aux membres du Parti Socialiste de ne pas se laisser piéger dans ce jeu stupide et s’ils doivent aller systématiquement sur les plateaux, il leur faut refuser à chaque fois de répondre aux questions sur les « problèmes du PS » et en profiter dès qu’on leur tend un micro pour critiquer violemment la politique antisociale du gouvernement. Il est lamentable que Besancenot passe son temps à critiquer la gauche au lieu de s’en prendre au gouvernement et à la droite. Cela montre du moins de qui il est objectivement le soutien politique.
Posté le 07.12.2007 par vivelagauche
La mauvaise conscience
« La France paralysée devant ses mauvais résultats scolaires » titre le journal Le Monde du mercredi 5 décembre. Nul n’est prophète en son pays mais qui n’aurait été réellement surpris si le titre avait été « La France se réjouit de ses brillants résultats » ? Pourtant grâce aux concours dont nul n’ignore la difficulté, le pays dispose du meilleur corps enseignant du monde. Cela est de peu d’effet parce que les enseignants sont les exécutants fidèles d’une politique d’éducation décidée sans eux par un pouvoir politique velléitaire par trop sensible à l’air du temps. Etrange paradoxe d’un pays qui avec des personnels hyper- qualifiés, des équipements scolaires de qualité n’obtient que des résultats décevants. Le Monde à travers trois interviews propose trois pistes. Un astrophysicien veut développer le concept de la main à la pâte, un physicien s’en prend aux professeurs des écoles et souhaite rassembler en une seule matière toutes les sciences du collège. Enfin un mathématicien souhaite ou redoute on ne sait pas trop baisser le niveau des programmes et rappelle au passage que l’on a diminué les horaires d’enseignement des sciences. Au total une demi page pour ne pas trop dire grand chose sinon que l’enseignement n’est pas ce que l’on voudrait qu’il fût. Cette indécision dans le diagnostic dans un pays bardé de certitudes est en soi un événement car l’enseignement va mal depuis vingt ans voire plus.
Une crise qui vient de loin
La baisse des effectifs dans les filières scientifiques est un phénomène déjà ancien qui a été relevé par les observateurs sans que les autorités parviennent ou essayent de l’enrayer? Pourtant ces renoncements concernent les meilleurs élèves du système que sont souvent les bacheliers qui ont effectué les meilleurs cursus scientifiques dans le secondaire. Ce qui les arrête c’est évidemment le taux d’échec monumental observé en première année de DEUG, mais aussi les perspectives de carrière décevante après des études dont ils savent qu’elles vont leur demander beaucoup d’efforts. Ils n’ont pas besoin d’enquêtes internationales pour prendre très vite conscience que le lycée ne les a pas suffisamment préparés à l’enseignement supérieur. Il y a donc un problème spécifique a l’enseignement scientifique du cycle secondaire.
On peut par ailleurs cibler d’autres dysfonctionnements comme la proportion élevée d’élèves qui ne maîtrisent pas la lecture en fin de primaire ou encore la faible efficacité du collège à orienter l’ensemble des élèves vers des filières où ils puissent s’épanouir. IL n’y a donc pas une crise unique du système mais un cumul de dysfonctionnements sectoriels qui demandent chacun une analyse et un traitement singulier. Mais il peut y avoir aussi des causes générales agissant négativement sur l’ensemble du dispositif éducatif.
Les causes sont un immense catalogue à la Prévert, on peut cibler les programmes ; l’organisation des parcours,
la pédagogie (comme la querelle entre méthodes globale et syllabique), les horaires, la discipline, etc.
Toute la difficulté étant de discerner dans un faisceau de présomptions ce qui est réellement déterminant.
Tenter une synthèse qui aurait pour ambition de cibler « la crise du système éducatif » semble mission impossible en l’absence d’études scientifiques pour valider toutes sortes d’hypothèses qu’il n’est pas illégitime de formuler. Mais dans un premier temps il est possible de lister dans le désordre différentes anomalies connues du système éducatif et d’en supputer à chaque fois les effets. C’est une approche moins ambitieuse mais qui peut s’avérer utile.
C’est à cet objectif limité que se consacre la suite de ce propos.
L’enseignement des sciences
La main à la pâte est le début d’une démarche de longue haleine qui doit se poursuivre par l’apprentissage méthodique de la démarche scientifique tout au long de la formation, pour donner aux enfants le goût de la recherche et de l’expérimentation. La méthode n’a de sens que si elle valide dans les automatismes de l’individu une démarche expérimentale face à tout type de problème. Cela suppose que le comportement induit par cette éducation à la méthode expérimentale modifie le comportement dans l’univers scolaire mais aussi dans la vie quotidienne. Quel que soit le plaisir que prennent les enfants à explorer des phénomènes et à découvrir par eux mêmes quelques lois naturelles, l’objectif ne saurait être de reconstruire la totalité de la science par une démarche de redécouverte individuelle. Cela y prendrait beaucoup de temps et supposerait dans chacun un génie hors limites. L’enseignement scientifique ne se résume donc pas et de loin à cette admirable démarche de la main à la pâte. Il convient de le souligner pour éviter les déceptions ministérielles ou parentales de ceux qui croiraient avoir trouvé dans cette méthode la panacée universelle pour améliorer le niveau scientifique des jeunes.
En effet la progression rapide dans la connaissance scientifique suppose la capacité d’assimiler et de faire siennes les conclusions de maints savants et les représentations qui sont celles de la science officielle. Et pour y parvenir il faut posséder au plus haut point des outils indispensables. Toute expérience se termine par un récit qui utilise un langage convenu, celui de la discipline pour une description extrêmement précise de ce qui a été observé et mesuré. Très vite chez les enfants la différence de maîtrise de la langue, de ses structures ou de son vocabulaire peuvent induire une différence de compréhension des phénomènes. Car face à une même expérience, le contenu rapporté dépend énormément des moyens langagiers dont dispose l’individu. Les notions spatiales, temporelles et sensibles qui sont mobilisées peuvent varier significativement d’un enfant à l’autre en fonction du niveau de langue qui lui est familier. Les relations que l’observateur met en évidence sont fonction de ce qu’il a déjà expérimenté dans toutes sortes de situations déjà vécues ou imaginées. La deuxième étape consiste souvent à donner une forme abstraite et mathématisée aux relations mises en évidence et il faut alors bénéficier d’un bagage mathématique suffisant pour exploiter des résultats. Au total tout travail scientifique mobilise fortement des prérequis linguistiques et mathématiques, c’est pourquoi l’aptitude à progresser en physique et autres sciences dépend essentiellement des aptitudes linguistiques et mathématiques de l’élève. Les notes de physique de la classe de seconde ou de première sont mieux corrélées avec les notes de français et de math des classes de troisième plutôt qu’avec les notes de physique ou de biologie du collège.
L’élève se construit son modèle personnel
Il y a vingt ans environ les pédagogues avaient dans l’enseignement scientifique abouti à deux concepts complémentaires le modèle et la progression spiralaire des programmes. Le premier représentait l’articulation d’un certain nombre de lois et de propriétés appliquées à un même domaine qui fournissaient un cadre d’interprétation et de prédiction pour un nombre suffisant d’observations et de problèmes que l’élève devait affronter. Par exemple les notions de conducteur, de circuit, de courant électrique, de continu et d’alternatif, etc. permettent de comprendre un grand nombre de phénomènes électriques qui font partie de notre environnement commun. Le caractère limité du modèle laissait inexpliquées certaines choses plus complexes, le deuxième imposait qu’on reprenne le modèle ultérieurement pour le rendre plus complexe et plus performant en accroissant son utilité aux phénomènes précédemment laissés de coté. L’avantage de cette organisation des programmes était que les élèves disposaient dés le départ d’un savoir opérationnel que l’on complétait ensuite par des additifs différenciés en fonction de la filière poursuivie.
L’évolution vers le pédagogisme et en réalité vers l’individualisme a conduit à remettre totalement en cause ce schéma général au profit de l’idée que seule la démarche compte qu’il n’y a pas de modèle commun valide et que c’est à l’élève de se construire un modèle personnel de son choix adossé à son expérience propre. Cela se traduit par le fait que n’importe qu’elle question fait l’objet d’une étude à n’importe quel niveau. La lecture des programmes donne le sentiment d’un passage du coq à l’âne sans que l’on sache pour quelles raisons profondes, telle ou telle question est abordée en sixième ou en terminales. Cette absence de structuration des programmes prive les élèves du renforcement des savoirs que procure l’examen de situations en relation de voisinage par les objets ou les méthodes, il conduit à évacuer méthodiquement les questions les plus difficiles et à se contenter de survoler les parties abordées à un niveau insuffisant de difficulté.
Pourtant l’histoire des sciences est celle d’une progression et il est excessif de prétendre qu’elle est le fruit du hasard et que la difficulté des questions à résoudre n’a rien à y voir. Quoi qu’il en soit ces choix se traduisent automatiquement par une plus grande hétérogénéité des niveaux des élèves. On ne peut d’une part accorder la priorité à la progression individuelle et d’autre part en attendre l’uniformité des résultats.
L’outil mathématique
Imposer une utilisation moindre de l’outil mathématique en sciences physiques permet à nombre d’élèves d’obtenir une assez bonne note au baccalauréat. Mais elle a pour conséquence immédiate de les mettre en difficulté dès qu’ils entrent dans l’enseignement supérieur où il reprend immédiatement toute son importance. L’affaiblissement du bac scientifique a donc pour effet de mettre en difficulté des élèves qui auraient pu évoluer normalement si la préparation à un usage un peu plus « dur » des mathématiques avait été sérieusement commencé au cours des classes de première et terminales.
La seconde indifférenciée
Une autre cause de l’affaiblissement de l’enseignement secondaire scientifique est la mise en place de la seconde d’orientation. La classe de seconde est une année mal exploitée car les élèves y constituent un public totalement hétérogène par leur niveau mais aussi par leurs préoccupations personnelles. Cela contraint à reporter sur la première et la terminale une partie des difficultés qui étaient abordées avant cette réforme en seconde, la barque des années suivantes s’en trouve donc encore un peu plus chargée. Il serait bon de revenir à une orientation en fin de troisième qui permettrait de disposer de trois années pleines pour préparer sérieusement le bac quitte à prévoir des processus de réorientation pour les quelques élèves qui ne savent pas encore à ce moment là quelles filières les attirent.
Les parents d’élèves
L’affaiblissement de l’enseignement scientifique relève sans doute aussi d’un phénomène plus général lié à la démocratisation du système éducatif. L’évolution des mœurs et la loi donnent de grands pouvoirs aux parents dans un domaine où ils sont juges et partie, c’est quand ils doivent décider pour leurs enfants que les parents sont sans objectivité aucune, prisonniers de l’amour et de l’admiration sans bornes qu’ils portent à leur progéniture, malgré cette situation de faiblesse psychologique où ils se trouvent le système les met en demeure de faire les choix et de décider des orientations en lieu et place de lui même incapable qu’il est d’assumer ses responsabilités. D’ailleurs face aux parents soutenus par les forces politiques et médiatiques, les enseignants et leur administration ont progressivement démissionné préférant en cas de difficultés avec les enfants les justificatifs bidons et des concessions quasiment honteuses à des affrontements risqués. IL a fallu que les élèves et leurs parents aillent très loin dans la violence anti- enseignant pour que l’opinion publique se retourne quelquefois pour leur venir en aide. Par contre les associations de parents lorsqu’elles sont des porte paroles d’intérêts collectifs qui pourraient apporter au système éducatif une sensibilité particulière au vécu des élèves, à ce moment là on ne leur confère qu’un rôle mineur, sans parler de l’organisation des études, des sorties, des stages, des cours de soutien où il ne leur est pratiquement rien demandé. Cette contradiction devrait sans doute être levée pour une meilleure insertion des parents dans le système éducatif. Pour résumer il faudrait donner aux associations de parents beaucoup plus de pouvoirs dans l’administration générale des établissements et aux parents beaucoup moins de droits dans les décisions d’orientation qui concernent leur propre enfant.
Le bavardage et le manque de concentration
Les enseignants rencontrent à tous niveaux deux difficultés liées chez les jeunes d’aujourd’hui, le bavardage et le manque de concentration soutenue. Le manque de respect des parents et des adultes en général libère les jeunes de tous interdits qui pourraient les obliger à tenir compte des règles imposées par les enseignants cela se traduit par un bavardage généralisé qui peut se dérouler pendant que l’enseignant travaille. Il y a dans ce cas là une perte d’information dés le départ. Ce phénomène est suffisamment important pour représenter une perte de temps et d’argent considérables dans l’école d’aujourd’hui. Le deuxième handicap extrêmement important tient à la fâcheuse tendance au zapping dés qu’une tâche demande du temps et de l’application. Est ce du à la télé, aux jeux vidéos, au laxisme éducationnel, à autre chose? Peu importe la cause si cette propension à la dispersion n’est pas rapidement contenue, l’enfant souffre d’un manque de concentration qui altère ses aptitudes à progresser. Ce phénomène de bavardage et de distraction est un véritable fléau national dont le coût en temps perdu se chiffre on ne doit pas en douter en milliard d’euros. Il ne peut être vaincu que par un travail d’autorité de tous les instants de l’enseignant. Il contribue à rendre les conditions de travail pénibles et peut expliquer nombre de congés de maladie. Il est une véritable violence à bas régime qui agresse l’enseignant sans qu’il puisse réellement réagir dans certaines classes. Tous ceux qui ont enseigné à l’étranger savent qu’il s’agit d’une spécificité nationale et qu’il n’existe pas sous cette forme ailleurs.
Le pédagogisme
Alain Fikielkraut, professeur de philosophie à Polytechnique, a progressivement dérapé vers des discours d’extrême droite, mais cela n’a pas pour effet automatique de rendre sans intérêt le discours avisé qu’il tient sur l’enseignement. Lorsqu’il dénonce la priorité donnée à l’immédiat, à l’instantané, à l’actuellement utile et au vécu de l’élève sur la force de l’exemple, de l’œuvre, du maître, de la théorie, de l’héritage, lorsqu’il conteste cette sorte de nivellement des valeurs, des discours, des œuvres et des pratiques comme si chacun de nous n’était que fils de lui même, tout puissant et totalement génial pour recréer le monde à sa convenance, alors que ce qui caractérise l’enfance c’est justement sa faiblesse, son inexpérience, sa dépendance, son ignorance Alain Fikielkraut fait œuvre utile. Il combat des fantasmes, des illusions que la société médiatique, les marchands de rêve ont popularisé mais il remet en cause aussi le pédagogisme ambiant auquel personne ne reproche les efforts scientifiques et techniques pour mieux enseigner mais auquel on peut faire grief d’avoir instauré comme un principe que l’enseignement peut tout et qu’il est entièrement et uniquement le responsable de l’échec de l’enseigné. D’ailleurs cette position totalitaire a pour effet d’infantiliser encore plus l’enseigné qui ne peut que se considérer comme irresponsable de ses échecs mais alors aussi de ses succès. Et il est probable que cette oeuvre de dénonciation dans laquelle le philosophe médiatique qu’il est met parfois peut être un peu d’outrance, rend certainement compte de l’une des raisons de l’affaiblissement de la formation scolaire. Si tout est égal à tout, pourquoi travailler des classiques et non pas la dernière bande dessinée qui vient de paraître. Et ne pas se donner des valeurs de référence conduit à laisser chacun se construire un univers individuel. Il y a ainsi abolition des grilles collectives de perception du monde. Cela ne pose pas qu’un problème de niveau mais renvoie au développement de l’individualisme, à des questions d’identité, de groupe d’appartenance, de nation.
En tout cas de ce débat les parents ont entendu ce qui fait de l’enseignant l’acteur unique des échecs des élèves et il est devenu banal de demander des comptes aux professeurs sur les échecs scolaires, comme on en demande parfois aux médecins dans un mouvement de négation générale du principe de réalité et dans une illusion délirante de toute puissance.
L’organisation ultra rigide
D’autres problèmes très terre à terre sont particulièrement destructeurs. Dans l’organisation ultra- administrative des horaires et des emplois du temps, il est impossible de remplacer une heure d’anglais pendant trois ans par un stage renforcé qui durerait trois semaines. Pourtant le bain linguistique est reconnu comme un moyen efficace pour apprendre vite une langue.
De même en collège, toute une cohorte de disciplines se traînent avec des horaires d’une heure par semaine qu’on ne peut regrouper pour faire des stages, des semestres ou toute autre formule. En bref l’organisation des études est d’une effrayante rigidité ce qui est absurde.
Le collège point faible
De même le collège évolue mais va-t-il assez vite ? Ne faut –il pas que les activités d’éveil aux travaux artistiques et manuels et les stages externes permettent à toute une frange de collégiens de s’orienter vers des cursus qui équilibrent mieux activités intellectuelles et manuelles. Il ne s’agit pas sous une forme déguisée d’introduire l’apprentissage précoce ou de créer des filières de rebut mais on peut tout à fait concevoir des filières mixtes faisant une plus grande place aux enseignements manuels. La encore des formules relais entre école et artisanat sont insuffisantes et ne permettent pas de maintenir toute une série de métiers et de savoir faire qui ont pourtant une grande valeur.
Cette approche n’exclut pas le développement des cours de soutien dans les matières abstraites pour mener une classe d’âge entière à un niveau de connaissances satisfaisant. Une véritable réforme doit prendre le problème dans tous les sens et expérimenter. D’ailleurs le collège est le lieu adapté pour l’élaboration du profil des aptitudes. C’est à dire que de l’élève qui en sort on doit pouvoir dire dans quelles activités il excelle et en déduire un projet d’orientation. On est loin de la situation actuelle ou le seul critère d’orientation reste l’échec ou la réussite en français et mathématiques.
L’innovation impossible
En ce qui concerne les méthodes pédagogiques, Allègre avait introduit une bouffée d’oxygène avec les TPE (réalisation autonome d’une œuvre par un groupe d’élèves sous le contrôle distant d’un enseignant). Petite révolution qui n’était pas sans quelques défauts d’ailleurs. Les successeurs tendent progressivement à vider la réforme de son contenu moyennant quoi on en revient à un statu quo ante particulièrement conservateur. Il faudrait qu’une plus grande autonomie des établissements permette des initiatives pédagogiques absolument indispensables pour remettre le système en mouvement.
Le sens du bac
On peut se lamenter du manque de sélectivité du bac qui est actuellement donné à quasiment tous les élèves de terminales sans nuances ou discussions. Non pas qu’il faille souhaiter des cohortes de collés mais parce qu’en fin de secondaire, il n’existe plus de dispositif d’évaluation et d’orientation des élèves que celle ci soit obligatoire ou volontaire.
Etc.
Au total il n’y a pas dans ce qui précède la moitié de ce qu’il faudrait dire sur une réforme de l’enseignement. Mais c’est un début de ce qu’il faut d’urgence entreprendre.
Posté le 05.12.2007 par vivelagauche
Difficile situation du PS dont les contradictions m’apparaissent dans deux événements si distants, si différents. Je réunis dans une petite ville, une dizaine de personnes après bien des efforts pour préparer un combat difficile devant une municipalité de droite bien implantée et voilà qu’en cinq minutes l’assemblée est traversée par un débat furieux pour savoir s’il faut s’allier avec les communistes ou les tenir à distance pour faire une ouverture au centre. Tout le dilemme du parti qui ressurgit entre ces militants entraînés par leurs passions et leurs convictions, sourds à toute argumentation pour dépasser le caractère stérile de cette dispute et insensibles au fait que ce hiatus politique soit analysé et décortiqué à longueur de temps au niveau des médias et des propos d’experts. Au même moment je désire revenir dans mon blog sur le thème des « logements sociaux » concept dont je pense qu’il doit être revu tant il véhicule d’effets pervers avec son cortège de bonnes intentions. Et j’écris donc une page d’analyse avant de songer en la relisant que si mes amis socialistes en prennent connaissance je vais forcément me faire lyncher et considérer comme un traître impraticable. Et cette pensée accablante qui me vient m’énerve car c’est bien d’une remise en cause ferme et résolue de concepts usés jusqu'à la corde que le PS ne peut se dispenser s’il veut réellement remettre en selle un discours politique adapté à la société actuelle. Un discours qui soit de gauche dans ses objectifs et par ses valeurs mais qui n’utilise plus qu’avec circonspection un logiciel de concepts d’un autre âge sans les repasser dans un processus de critique et de rénovation. Il est tellement scandaleux de constater qu’avec une simple mesure de remise fiscale sur les taux d’intérêts Sarkozy a pu, durant la campagne présidentielle, être plus audible que les socialistes qui avaient voulu pourtant mettre le logement au centre de leur projet ! Mais demander à la gauche de mener une réflexion approfondie sur le logement est quasiment mission impossible. Pendant ce temps le président se saisit de n’importe quoi en l’occurrence la caution pour se faire mousser en faisant croire aux gogos q’il va par une mesure ponctuelle agir réellement sur le pouvoir d’achat. Alors même qu’il a parlé de caution et de garantie et que rien n’empêchera les propriétaires si la tension sur l’immobilier se poursuit d’imaginer d’autres dispositifs alternatifs pour vendre chèrement ce qui est rare. Et que clairement le gouvernement n’a rien à proposer pour adapter l’offre de logements à la demande. D’ailleurs dans ces conditions toutes les mesures d’encadrement sont vouées à l’échec. Pour une fois le marché se vengera (hélas sur les malheureux locataires) de ces libéraux qui prêchent qu’il est l’alpha et l’oméga de l’ajustement économique et font mine de l’oublier quand cela arrange leur propagande primaire.
Posté le 05.12.2007 par vivelagauche
Difficile d’entendre à la télé les élus de gauche plaider pour la loi SRU et les logements sociaux et ceux de droite renchérir pour ne pas être en reste dans la bonne volonté sociale. Quoiqu’il en coûte de s’inscrire en faux devant un tel unanimisme, on peut affirmer que le « logement social » est trop souvent l’alibi présentable d’une politique urbaine de relégation et de discrimination.
C’est vrai que le concept est séduisant quand on nous montre des gens modestes installés dans des appartements agréables et payant de petits loyers. Mais on ne s’étend guère sur les listes d’attente et sur l’exécrable favoritisme qui préside parfois à l’attribution de ces logements.
D’abord, il est frappant que ce thème soit particulièrement discuté en cette semaine de traitements médiatiques des « causes » des récents troubles. Sociologues et observateurs soulignent l’état de délabrement des quartiers concernés et conviennent facilement de la nécessité de rajouter du « logement social » à ce qui n’est d’ailleurs que du « logement social » existant qui a manifestement sombré dans une totale déshérence. Pour donner à voir ce qu’est la banlieue et à imaginer comment on y vit, on montre quelques barres d’immeubles délavés au pied desquels jouent des grappes d’enfants. Dans le monde entier, il existe des ghettos mais ce qui est scandaleux c’est que ceux ci ont été financés, commandés et construits par l’Etat dans le but justement de fournir du « logement social » aux catégories les plus défavorisées. Il faut bien sûr aider les gens à se loger mais il est temps de repenser un dispositif qui conduit à financer par des efforts publics considérables, la ségrégation des plus pauvres.
Qu’il soit clair qu’il ne s’agit pas de remettre en cause l’action sociale forte qui, grâce à ces programmes menés par l’Etat, a permis dans les cinquante dernières années d’offrir un toit convenable à toute une partie des classes populaires urbaines. Même s’il est intéressant de s’interroger sur l’accompagnement du déplacement des populations vers les centres urbains qu’a entraîné une offre de logement centrée sur les villes et excluant de fait les campagnes de toute aide au logement comme si les pauvres avaient nécessairement un statut de citadin et ne pouvaient pas se trouver dans les bourgs et les villages. Il n’est pas interdit d’opposer dans un passé pas si lointain, le « confort » relatif des HLM aux conditions de vie sommaires fréquentes en milieu rural. Mais il ne s’agit pas de refaire l’histoire, il convient plutôt de s’interroger sur le contenu de concepts actuels et de leur pertinence dans le discours et l’action politique d’aujourd’hui.
Qu’est-ce qu’un « logement social » ? Sinon un logement construit par un organisme public, financé par les collectivités, destiné aux catégories les plus démunies. C’est aussi trop souvent un appartement d’une surface et d’un confort minimum. Les architectes ne construisent pas sans une incitation ferme ces barres sommaires, sans terrasses ou même balcons, mal insonorisées avec des petites surfaces, des couloirs étroits, mal isolées où l’on pourra loger un maximum de gens pour un minimum d’argent composant ces quartiers sans repères d’immeubles posés les uns à coté des autres comme des cubes égarés dans un pré.
Le logement social conçu et construit pour les pauvres, est discriminant par nature. En fin de compte les barres vident la ville des plus démunis et organisent le ghetto. C’est pourquoi quelles que soient les bonnes intentions dans les politiques de logements sociaux, il est indispensable de reconsidérer un discours et surtout une pratique qui inscrivent dans le plan même des cités les inégalités sociales.
Le « logement social » pose aux socialistes un problème théorique intéressant dans la mesure où il s’agit d’une intervention de l’Etat pour réguler au profit des catégories insolvables (20 % des logements appartiennent au secteur HLM ce qui est considérable) un marché ayant par ailleurs une forme « libérale » pour les autres citoyens. Actuellement nombre de très pauvres ne sont plus dans les logements sociaux qui sont occupés parfois par des locataires qui devraient en être exclus compte tenu de leurs moyens. Si on est resté un marxiste pur et dur, pas de problème, il suffit de décréter que l’Etat construit et attribue suivant les critères qu’il fixe lui même. Et on ferme les yeux sur l’énorme ségrégation sociale qui caractérise la plupart des villes. Sinon on doit s’interroger sur la validité de mécanismes mis en place au fil du temps qui ne sont pas forcément les meilleurs outils pour fournir un habitat décent aux plus démunis. De nombreux travaux d’experts existent déjà et peuvent nourrir une réflexion plus politique. D’autant que les dispositifs d’intervention de l’Etat se superposent de manière complexe. Dans le secteur HLM l’Etat est quasiment maître d’ouvrage, il construit et donc fait un choix complet d’urbanisme à la place des gens qu’il veut aider. Il y a ensuite les différentes aides personnalisées à la location et à la construction où l’Etat fournit une aide financière mais laisse aux personnes concernées la possibilité de choix sur le marché libre. Il y a enfin les lois Robien, etc. où ce sont des particuliers qui font le choix du type d’investissement locatif. Ces différents modes d’intervention relèvent donc d’approches toutes « sociales » mais de conception et de finalité différentes.
On peut penser par exemple que la mixité est un impératif qui remet en cause les quartiers uniformes voire les grands immeubles formés d’un type unique d’habitat. Si un même immeuble doit comporter des appartements de grand, moyen et bas standing, le principe de l’immeuble voué à l’habitat social devient ipso facto caduc. Et l’Etat ne peut plus développer un programme uniforme de logements sociaux. Sans trancher ce débat, on peut conclure de ce raisonnement que la forme des quartiers façonnés par l’habitat social tient davantage des concepts simplificateurs mis en œuvre dans la gestion administrative des dossiers que d’une conception originale de l’urbanisme.
La droite a eu la tentation de remplacer, il y a vingt ans, l’offre de logement social par une politique de l’aide individuelle à l’accession à la propriété. Mais en ne mesurant que très superficiellement ou en ignorant volontairement les conséquences car à partir du moment où on renonce à construire des barres bon marché et qu’on finance avec les mêmes moyens des logements individuels plus chers il faut s’attendre à un nombre inférieur de constructions et à voir surgir en quelques années, ce qui n’a pas manqué d’arriver, la pénurie et la hausse des prix de l’immobilier et des loyers. Pour réaliser des logements de qualité à la place des barres en nombre équivalent, il aurait fallu dégager des moyens budgétaires beaucoup plus importants. Cet effort a fait défaut.
On peut interpréter les allégements fiscaux Robien et Borloo, comme des dispositifs mettant sur le marché de la location des logements subventionnés qui échappent à la notion de « logement social ». Mais ils s’en remettent aux particuliers, et ne concernent pas un nombre suffisant de logements pour avoir un effet significatif sur la pénurie.
Alors faut-il se résoudre à considérer que seul l’Etat devenant maître d’œuvre peut par des réalisations d’envergure, quartiers ou villes nouvelles ou tours, mettre sur le marché rapidement un nombre élevé de logements, ce qui permettrait de réduire la tension actuelle du marché immobilier? Attali a sans doute raison quand il observe que seul l’Etat avec sa puissance d’intervention peut en se saisissant du dossier logement mener à bien une action rapide de construction massive de nature à modifier le déséquilibre actuel entre offre et demande.
Mais ne faut-il pas d’abord en finir avec le « logement social » de mauvaise qualité, bas de gamme parce que subventionné et les quartiers uniformes ? D’ailleurs la nécessité d’adapter les logements aux nouvelles contraintes « énergétiques » qui imposent isolement thermique, recherche de sources d’énergie autonomes (thermo- solaire par exemple), lutte contre les nuisances sonores, bref tout un arsenal de nouvelles exigences, conduit à proscrire définitivement le concept de logement de coût minimum.
Parmi les alternatives possibles il existe par exemple la pratique qui consiste à réserver systématiquement dans les programmes de logements ou de lotissements une fraction des réalisations, qui seront livrées à moindre coût à des populations aidées. Le surcoût étant répercuté sur les pouvoirs publics ou sur les autres acquéreurs. Dans ce cas les réalisations sont toutes de même niveau, mais certains acquéreurs ont bénéficié d’un véritable privilège. La mixité sociale est immédiate mais le système semble devoir être coûteux et injuste, il n’est sans doute pas la panacée.
Il faut bien avoir conscience que la formation de ghettos dans les zones d’habitat dégradé est un phénomène qui peut se poursuivre quelle que soit par ailleurs la politique du logement. Mais que les investissements consentis par les pouvoirs publics servent à la formation de ghettos et ne contribuent pas au contraire à créer de la mixité sociale, facteur essentiel du vivre ensemble est absurde.
Politiquement, l’énergique plaidoyer de certaines personnalités de gauche pour les logements sociaux ne leur procure aucune popularité, tout simplement parce que si tout le monde veut bien en bénéficier par nécessité, personne n’en rêve et personne n’y va par envie. Alors il ne faut pas en attendre une quelconque reconnaissance des citoyens. Quand on parle de la loi SRU les gens entendent prolifération de barres un peu partout, il est peut être temps d’expliquer comment l’application de cette loi pourrait conduire à la diffusion sur l’ensemble du territoire d’un habitat social de qualité et à la disparition d’une partie des barres actuelles.
Posté le 03.12.2007 par vivelagauche
Une annonce très inquiétante
Lagarde annonce la vente de 2,5 % du capital d’EDF pour financer le plan universités. Voilà une annonce qui nourrit perplexité et inquiétude. Non que la mesure elle même soit bonne ou mauvaise, c’est un autre débat. Mais enfin, le pouvoir affirme urbi et orbi, depuis longtemps son intention d’ajouter chaque année au budget des universités, 1 milliard d’euros pour réaliser une mise à niveau dont l’urgence est unanimement reconnue. Le budget 2008 est voté par le Parlement avec recettes et dépenses et il y a eu la promesse maintes fois réitérée à la télé d’une augmentation de 1 milliard par an du budget des universités. Le citoyen lambda qui ne s’est pas fait communiquer les comptes de la nation pour les éplucher ligne par ligne ne peut donc penser qu’une chose, c’est que des dépenses supplémentaires sont inscrites dans les registres de l’Etat et que les financements ad hoc sont évidemment prévus. Bon les étudiants manifestent contre la réforme Pecresse et pour ramener le calme on promet quelques centaines de millions de dépenses supplémentaires dans l'immédiat ce qui alourdit évidemment la barque budgétaire mais on ne voit pas en quoi cela représente des sommes extraordinaires. Voilà que le président n'y va pas avec le dos de la cuillère et annonce une rallonge sur les cinq ans de 5 milliars de plus c'est à dire un doublement de l'effort. Et voilà qu’alors que tout semble dans les tuyaux depuis longtemps la ministre des finances vient nous dire que pour financer le programme des universités elle va vendre 2,5% d’EDF. Cela rappelle immanquablement un pauvre homme obligé d’aller fourguer dans l’urgence les derniers bijoux de famille après le passage inattendu d’un huissier insistant. L'annonce qui accompagne le geste en met plein la vue, quoi de plus normal pour brouiller les pistes? En rien de temps, on voit valser les milliards! Car enfin il s’agit d’une annonce totalement à contre temps.
Si cette mesure a été préparée et prévue au moment de la confection du budget, pourquoi n’a_ t_ elle pas été annoncée avant et en tout cas au moment du vote du budget par l’Assemblée ? Si elle vient d’être prise il y a peu cela signifierait qu’une urgence nouvelle s’est fait jour n’est ce pas que les caisses sont encore plus vides que prévu ? Ou alors les promesses faites à la nation l’étaient avec un contenu d’impréparation tel que les dépenses et les recettes étaient mal ajustées et pas de peu? On ne sait que penser de cette annonce qui s’inscrit dans une phase d’exécution du budget ( en tout cas préalable à l'éxécution)et non pas d’une phase de préparation. Et quoi qu’en dise le gouvernement et si ce n’est pas un coup tordu industriel maquillé en opération budgétaire ce qui est toujours possible, c’est alors un signe que les vaches maigres arrivent à grand pas.
Posté le 02.12.2007 par vivelagauche
Faut –il en finir avec les 35 heures ?
Jacques Marseille répond lui même, sans s’en rendre compte, que c’est un faux problème, en expliquant que pendant les trente glorieuses la durée légale du travail était de 40 heures mais que les gens travaillaient facilement 5 ou 6 ou 8 heures de plus. Tout simplement le pays connaissait une croissance soutenue, le plein emploi et donc l’offre de travail était telle que tout le monde faisait des heures supplémentaires. Depuis six ans on nous explique que l’horaire légal des 35 heures est la cause de la baisse d’activité en France et du déficit de croissance. Et depuis six ans d’assouplissement en aménagement, en rabotage et quasi suppression, on assiste à un curieux ballet, le gouvernement stigmatise les trente cinq heures sans les supprimer. Il explique pourtant qu’elles nous privent de ce fameux point de croissance introuvable. Curieux pas de deux entre discours et action qui sont pour le moins contradictoires et indéfiniment répétés.
Mais si le problème était strictement inverse ? Et si finalement le faible niveau d’activité individuelle était plutôt la conséquence d’une croissance médiocre ? Et si les trente cinq heures avaient finalement joué leur rôle en répartissant sur le plus grand nombre un volume d’activité globalement insuffisant et ainsi contribué à ralentir le développement du travail à temps partiel qui a malgré tout énormément augmenté ?
On constate que dans les hôpitaux l’insuffisance de personnels face à la demande ne conduit pas les gens à travailler moins, mais au contraire à travailler davantage en accumulant des RTT que le gouvernement est incapable de purger par des congés ou par des rémunérations. Partout où la demande est forte, les gens travaillent plus quittes à accumuler RTT ou heures supplémentaires. Dire que les trente cinq heures légales sont la cause du faible niveau de l’activité est donc une affirmation discutable au moins dans une analyse par secteurs.
Faut-il réduire le coût du travail ?
Le deuxième argument qui semble déterminant pour expliquer le marasme de l’économie française est le coût du travail que l’on estime plus élevé que dans les autres pays européens. Pour la droite c’est la seule explication qui vaille. Cette position strictement idéologique est-elle bonne? On cite la Chine qui utilise massivement une main d’œuvre à bas coût pour réduire ses prix de revient et accroître sa compétitivité sur le marché mondial. Mais dans la Chine communiste d’il y a trente ans le pourvoir ne payait pas davantage le travail des forçats qui transportaient sur leur tête des paniers pleins de terre pour construire des barrages. Cela n’avait aucun effet sur le développement économique. Entre le passé et le présent, la différence ne vient pas du coût mais de la pertinence dans l’utilisation de la force de travail et du niveau technologique mis en œuvre pour maximiser la production. S’il suffisait de s’en tenir au critère de coût du travail, seuls les pays où la main d’œuvre est bon marché pourraient émerger. La réalité est à l’évidence plus complexe. Sur la scène mondiale, on observe que certains pays restent compétitifs malgré un coût élevé du travail alors que nombre de pays pauvres ne tirent eux aucun profit d’un niveau très bas des salaires. De plus même en Chine et en Inde la contribution à la production nationale de toute une partie de la population reste négligeable et on voit dans ces pays comme dans beaucoup de pays du tiers monde, l’économie divisée en deux secteurs distincts, l’un moderne dégageant des revenus importants et l’autre traditionnel maintenant les gens dans la misère. Le coût du travail y est pratiquement le même, sinon il est plus élevé dans le secteur moderne. En réalité c’est davantage les destinataires des productions et les moyens techniques mis en œuvre qui semblent faire la différence entre le secteur prospère, celui qui produit des biens destinés aux consommateurs les plus solvables avec des moyens techniques performants et le domaine traditionnel produisant pour les consommateurs les moins solvables avec des outils archaïques.
La meilleure efficacité économique consiste donc en l’utilisation de moyens techniques plus performants et plus coûteux pour satisfaire une demande solvable pour des produits plus sophistiqués de prix plus élevés.
Il se pourrait que le détournement excessif des profits au bénéfice des classes rentières couplé à l’insuffisance de l’investissement puisse constituer une partie de l’explication de notre déficit de croissance.
Si le coût du travail est devenu excessif en France, cela peut provenir aussi d’une insuffisance des qualifications professionnelles, d’un système de formation imparfait, d’un manque de mise à niveau technique des entreprises insuffisante par déficit d’investissements et d’une inadaptation progressive à la demande mondiale la plus solvable.
Travailler plus pour gagner plus ?
Sur le coût du travail le gouvernement tient d’ailleurs un discours profondément contradictoire que ne relèvent pas les médias : Si la croissance française est freinée par un niveau trop élevé des coûts, l’objectif de bon sens devrait être de les réduire c’est à dire, hélas, de produire plus « sans gagner plus ». Car « produire plus » en « gagnant plus » maintient les coûts au même niveau et n’améliore en rien la compétitivité des entreprises. Et dans ces conditions une production supplémentaire ne peut pas trouver preneur. Autrement dit si réellement le coût du travail est le vrai problème de la société française, le « travailler plus pour gagner plus » ne peut aucunement servir de levier pour relancer la croissance. Donc quelle que soient les dispositions adoptées sur les trente cinq heures, si les gens font des heures supplémentaires et en tirent de revenus supplémentaires et que le coût marginal du travail ne diminue pas, la compétitivité des entreprises ne s’en trouvera pas améliorée et ces mesures ne produiront aucun effet sur la croissance.
Il est donc parfaitement abusif de faire croire que le « travailler plus pour gagner plus » est possible toutes choses égales par ailleurs.
A défaut d’accepter le déclin caractérisé par une baisse générale des revenus réels, il faut donc d’autres moyens pour que justement la France puisse globalement travailler plus et gagner plus, car cela suppose plus de marchés, plus de clients donc une offre plus compétitive permettant un élargissement de la demande.
C’est dans la carence d’une véritable prise en considération de cet aspect du problème que l’on peut juger sans valeur le discours économique du pouvoir. Un diagnostic incomplet ne permettant pas de définir correctement les conditions d’une réussite.
Dans le domaine des insuffisances, on peut s’interroger sur l’absence d’une politique industrielle. Si les nouveaux objets de consommation (portables, écrans plats, ordinateurs, voitures, médicaments, vêtements, etc..) sont créés et produits à l’étranger, on ne voit pas comment le pays pourrait connaître une croissance économique. Quels sont les biens qui seront produits et consommés en plus grande quantité en France ? Qu’exportera –t on davantage ? Si on vend moins de vin, de blé, d’avions, de centrales nucléaires, de parfums et si on a moins de touristes en quoi consistera la croissance française ? Les biens culturels francophones se heurtent aux obstacles linguistiques. Alors de quoi sera faite cette croissance tant cherchée ? Certes chacun connaît quelques points forts, avions, centrales nucléaires et armes mais c’est en se livrant à une revue de détail très terre à terre que les pouvoirs publics mettront en évidence les conditions d’un renouveau de la croissance. On ne leur demande pas de se transformer en industriels mais de redevenir le véritable « bureau d’études » de la prospérité nationale.
Les français auraient intérêt à ne pas prendre pour argent comptant les argumentaires économique du pouvoir qui se contente pour le moment d’une approche sommaire marquée par l’idéologie. Nombreux sont les économistes sérieux qui préconisent une politique de l’offre et évoquent la nécessaire adaptation de l’outil productif à la demande mondiale solvable. Cela demandera la déclinaison d’un programme économique plus sophistiqué.
Posté le 30.11.2007 par vivelagauche
Les récents événements tragiques des banlieues ont comme on pouvait le prévoir permis à Nicolas Sarkozy à 20 heures, à la télé, devant des millions de français, de jouer au petit général content de lui, content de son gouvernement, de ses policiers et du beau temps. Il lui était si facile de stigmatiser les fauteurs de troubles que personne ne peut défendre, de faire l’éloge des forces de l’ordre qui le méritent tant qu’on ose à peine lui faire grief de profiter de la situation pour rouler des mécaniques. Mais par ailleurs, a t-il un seul instant songé à un début de commencement de mea culpa sur sa politique générale de déploiement de la police pour le moins à repenser? Sur le ton xénophobe qui à servi de contexte à la loi Hortefeux? Sur l’objectif de 25000 expulsions annuelles de clandestins? Sur les affichages d’interventions musclées pour expulser? Sur la manière dont il a gagné l’élection présidentielle en soudant les droites gaulliste et vichyste dans un pacte de « l’identité nationale et de l’immigration». Non décidément non car ce n’est pas son genre et il ne fallait pas sur ce terrain avoir la moindre illusion, Nicolas Sarkozy ne verra pas de sitôt l’énorme responsabilité qu’il porte dans la radicalisation des préjugés qui clivent la société française. Donc le président après s’être attribué un satisfecit sur son comportement ferme et brillant dans la dernière bataille de la guerre des banlieues a commencé à parler économie. Et là, pas mal de téléspectateurs baladés sur des considérations d’indice des loyers et de discussions oiseuses sur la caution et la garantie ont sans doute commencé à somnoler. Du contenu confus d’un exposé passant du coq à l’âne, il est ressorti que le seul remède qui vaille pour gagner plus c’est de travailler plus. Encore heureux qu’il en soit ainsi et qu’en travaillant plus on ne gagne pas moins. Ce sain et stimulant remède fait quand même l’impasse sur les RMI, les chômeurs, les familles nombreuses, les retraités et tous les travailleurs qui ne se verront pas proposer de faire des heures supplémentaires . Cela fait donc pas mal de monde promis à la galère. A ces concitoyens indignes de l’attention présidentielle, souhaitons bon courage !
Quand on pense que 75 % des retraités ont voté pour Nicolas Sarkozy on peut s’étonner qu’il n’ait pas eu une phrase, un mot, une pensée même sommaire pour eux. Il y a là une rupture manifeste avec Jacques Chirac qui n’aurait jamais oublié à ce point sa base électorale. Mais il est bien connu que les promesses électorales n’engagent que les gogos qui les avalent.
Simple quidam qui n’a pas redoublé sa sixième, je me heurte à un ordinateur épouvantablement cruel, chaque fois que je joue aux échecs avec cette machine, je perds lamentablement la partie, elle m’écrase sans pitié. Il faut pouvoir utiliser un pseudo pour avouer une telle humiliation. Mais quand on entend le président s’énerver pour balayer d’un revers de la main les évocations d’une politique de l’offre que tant d’experts préconisent, on ne peut s’empêcher de penser que pour lui le combat économique se déroule sur un échiquier géant sur lequel se meuvent la reine allemande, le roi américain, le fou dollar, la tour Banque centrale européenne et que manifestement le président à la recherche de son point de croissance est dans une posture qui rappelle bigrement mon humiliante faiblesse devant un computer. Pour être président, on n’échappe pas à l’humaine condition.
Une heure de télé pour faire l’apologie de Nicolas Sarkozy par Nicolas Sarkozy, malgré la grâce des dorures, le charme délicat des stucs, en arrière plan cela est tout simplement ennuyeux. Notre vaillant président qui veut imposer aux fonctionnaires traîne savate le salaire au mérite, a-t-il réellement mérité devant des millions de français le salaire plantureux qu’il s’est récemment octroyé?
Il semble avoir manqué de conviction même en taclant les socialistes et François Hollande qui ne peut que se sentir flatté d’être enfin reconnu si publiquement et solennellement comme opposant en titre à sa Majesté. Voilà au moins un bonne nouvelle pour le PS, elles sont si rares qu’il ne faut pas oublier de la relever.
Posté le 28.11.2007 par vivelagauche
Incroyable mais vrai, on croirait le gouvernement appliqué à corroborer méticuleusement l’analyse de mon précédent billet. Alors que je prenais à partie Mme Alliot Marie, ministre de l’intérieur pour l’insuffisance manifeste des dispositifs de sécurité mis en place la veille on voit le jour suivant le président faire savoir qu’il reprend la main depuis la Chine même et le gouvernement subitement réveillé prendre des mesures spectaculaires qui se traduisent immédiatement par des résultats. Tous les observateurs soulignent à longueur de colonnes que l’hyper présidence a pour effet de réduire à peu de choses le rôle du gouvernement. Cette crise paraît en passe d’en devenir une éclatante confirmation. Il faudrait se résoudre au constat que la ministre de l’intérieur n’est pas capable d’ajuster un dispositif policier à une situation de crise et que seul le président est en mesure de le réaliser.
Quoi qu’il en soit, bien que ce blog soit clairement d’opposition au pouvoir de la droite et de ses amis, il faut se réjouir qu’enfin le gouvernement se décide à gérer avec plus de sérieux cette nouvelle crise des banlieues, malheureusement pas la dernière. Ces images de biens qui brûlent et de policiers blessés attisent en France les réactions racistes et de repli des communautés. Elles sont un véritable danger pour la démocratie et ne bénéficient qu’au Front National et peut être à Sarkozy lui même. Les mouvements urbains violents doivent être combattus avec la plus ferme détermination. Et ce combat n’a pas pour objet de nier la très grave situation des banlieues qui les rend possibles.
Par contre les associations de banlieusards qui ont des griefs légitimes doivent apprendre la culture démocratique dans la quelle les conflits se traitent suivant des formes admises grèves, manifestations, grèves de la faim, et bruit médiatique. Dans ce domaine il reste beaucoup à faire et les partis de gauche devraient probablement apporter un plus grand soutien à ces populations en souffrance pour les aider à s’exprimer dans des formes admises. Le parti Socialiste devrait créer un groupe de travail pour se consacrer à la manière dont la police travaille dans les quartiers difficiles et rédiger un livre blanc recensant les problèmes et proposant des solutions. Pourquoi ne pas proposer une commission d’enquête au sein du parlement ? Je rêve ? Attention là encore, il ne s’agit pas d’utiliser la méthode Sarkozy et de stigmatiser des personnels qui, impossible d’en douter font leur travail le mieux possible et obéissent aux ordres. Mais on peut repenser l’aspect technique du dispositif policier, la manière dont se construit le rapport de la population aux autorités et aboutir enfin à des propositions de réformes des structures.
Posté le 27.11.2007 par vivelagauche
Encore des violences urbaines ! Prévisibles certes mais tellement désespérantes tant elles sont annoncées, écrites et attendues. L’étincelle est l’événement tragique, le triste accident qui fait deux victimes. Deux de plus dans la trop longue cohorte des jeunes morts dans un accident de la route. Deux jeunes dont le destin tragique précipite des familles dans un désespoir insoutenable. Perdre son enfant est une totale cruauté du destin. Mais ce malheur, qu’a t-il à voir avec ces violences urbaines sinon le fait qu’il est un événement qui soulève une vive émotion communicative dans une poudrière sociale ? Les émeutes sont elles mêmes un deuxième malheur qui touche lui la ville entière propageant l’effet de terreur sur la population, entraînant la destruction des équipements de proximité et des voitures des habitants ruinant les quartiers du peu de bien qui restait. Ces émeutes mettent à bas l’ordre public et démontrent que le maître de la rue ce n’est plus l’Etat. Il y là une menace gravissime sur la république et sur le devenir commun de la nation.
Que ces incidents (mot faible) échappent au contrôle le premier jour, soit, l’accident qui sert de facteur déclenchant est par nature imprévisible. Mais que le deuxième jour cent ou cent cinquante jeunes masqués affrontent un nombre égal de policiers, incendiant ici et là, blessant trente policiers et qu’on annonce l’arrestation de seulement trois émeutiers, voilà qui est totalement intolérable. On savait le gouvernement médiocre et suffisant, on n’en a pas fini de sa suffisance dans le domaine économique où la situation s’aggrave chaque jour, mais le voir gérer si lamentablement une alerte en banlieue est parfaitement consternant. Quoi Mme Alliot Marie qui prend toujours des airs de pince sans rire, ministre de tant de choses, que l’on a vu à la télé tant de fois jouer à la grande duchesse de Gérolstein, sapée dans des tenues impeccables évoluer au milieu de rangées de militaires le petit doigt sur la couture du pantalon n’est donc pas au moins capable d’évaluer correctement un risque et de déployer dans les quartiers menacés un nombre suffisant de forces pour mater dans l’œuf toute tentative de provocation? Comment accepter que des écoles soient brûlées, ainsi que des magasins, des voitures et que la police arrête en tout et pour tout trois suspects ?
Quel exemple désastreux, quel encouragement donné aux bandes de la France entière en leur montrant qu’il y a un espace géant de nuisances possibles entre le moment où ils se mettent en action et le moment où la police reprend le dessus. A ce compte là, les émeutes vont devenir une maladie chronique de nos villes.
L’opposition doit interpeller vigoureusement le gouvernement pour exiger qu’il soit plus prévoyant, mieux organisé et que les résultats de la répression qu’imposent ces actes soit plus rapide, plus visible, plus efficace. Quant on pense à toutes les rodomontades de la campagne de notre président, on est bluffé par la nullité absolument effrayante du gouvernement en ce deuxième jour.
Certes la crise des banlieues ne relève pas que de la répression, mais qui peut penser que Mmes Amara et Boutin seront les maîtres d’oeuvres d’un travail de reconstruction sérieux. Ni l’une ni l’autre de ces deux personnes n’ont fait montre à ce jour d’une véritable connaissance des problèmes aigus qu’elles ont à résoudre. Où sont leurs grandes analyses, leurs bouquins, leurs thèses, leurs grands discours ? Ce sont en réalité des images politiques creuses qui seront vite dépassées par une situation qui s’aggrave touts les jours.
La crise des banlieues appelle une véritable campagne de lutte contre les discriminations. Qui peut imaginer une seconde que le gouvernement de Sarkozy peut dépasser les vœux pieux et les affichages médiatiques dans ce domaine ?
Il y faut une profonde réforme institutionnelle des collectivités territoriales pour donner à ces quartiers une véritable personnalité juridique avec des élus émanant des quartiers pour les gérer et les représenter. De cette réforme essentielle pour rendre du sens à l’autorité et de l’efficacité aux actions de proximité, personne ne veut à ce jour ni à droite ni à gauche. Mais comme cette réforme est une des conditions incontournables de la solution elle émergera un jour ou l’autre. Le plus vite sera le mieux !
Il y faut ensuite des moyens, de l’argent, beaucoup d’argent pour reconstruire des équipements et des logements décents. Comment l’Etat exsangue d’aujourd’hui pourrait-il financer autre chose que des cautères sur une jambe de bois ?
Décidément ces événements n’annoncent rien de bon !
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