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Publié le 20/10/2013 à 22:07 par vivelagauche Tags : roms kosovo immigration Rocard Hollande gauche droite

Après que l’Italie ait affronté  ce que le pape, merci à lui pour la clarté de son expression, a qualifié de « vergogna », les centaines de noyés sur la côte de Lampedusa, la France connaît le scandale heureusement bien plus soft d’une écolière expulsée au Kosovo avec sa famille sans qu’on y ait mis assez de formes. L’affaire doit être ramenée à de justes proportions et les abus de  qualifications verbales excessives témoignent plus de l’indigence des partis tant de gauche que de droite que de la gravité de « l’affaire ».

Mais au-delà de ce cas particulier autour duquel s’est joué un psychodrame permettant aux acteurs du moment de faire un peu de scène, il n’en demeure pas moins que le problème général de l’immigration reste un thème très clivant de l’opinion publique française. Pourquoi l’est-il ?

Parce qu’il réactive un certain nombre de questions lancinantes comme le rapport au passé colonial, à la l’Algérie française perdue, aux rivalités communautaires de certains quartiers, à la concurrence déloyale des migrants intereuropéens, etc… Tout cela n’ayant au fond rien à voir avec les nouveaux migrants.

Il est clair que  pour ne pas incommoder les électeurs FN qui peuvent faire la différence dans tant d’élections, la gauche a peu à peu perdu, dans l’approche du thème de  l’immigration, le discours pur et dur issu des valeurs universalistes et droitdelhommiste qui sont les siennes.

L’affadissement de la position de principe posant que tout homme a le droit d’aller et venir à sa convenance vient déjà de loin. Dans la fameuse phrase de Rocard, ,il n’est question pour la France que de ne prendre que sa part de toute la misère du monde. Si le devoir d’hospitalité est rappelé, il ne l’est que dans la mesure où il y a une limite à celui-ci. Ce qu’on retient préférentiellement de cette phrase à droite et à l’extrême droite.

Opposer à la   liberté d’aller et venir du migrant, l’intérêt de l’Etat, c’est une position de droite reprise par la gauche et faite sienne par François Hollande au cours de la campagne présidentielle.

Si les immigrants clandestins sont assez bien élevés pour ne pas venir en trop grand nombre et pour ne pas exposer trop gravement leurs vies, cette position peut être celle d’un gouvernement de gauche « humain mais responsable ». Mais qu’opposer à des migrants qui affluent en masse, poussés par de situations dramatiques dans de multiples pays. Que leur opposer quand eux-mêmes se mettent à risquer leur vie et à périr par centaines, hommes femmes et enfants ?

Le discours mesuré, « humain et responsable » devient alors intenable et n’apparait plus que pour ce qu’il est réellement, l’habillage poli des égoïsmes frileux des pays riches.

Cela conduit à des commentaires déculpabilisant comme affecter aux autres, les dirigeants africains, la responsabilité du développement indispensable pour freiner la tendance actuelle aux migrations du sud vers le nord, discours bienveillants sans portée concrète. Accuser les réseaux mafieux, rhétorique de circonstance car ceux-ci existent mais font plus partie de la conséquence que de la cause.

On voit pourtant que les frontières amplement ouvertes, cela relève sans aucun doute d’un idéal mais ne peut en aucun cas se traduire concrètement par un discours politique audible des citoyens. C’est un idéal irréaliste dans un monde où les règles sont par trop différentes d’un point à l’autre.  La brutalité des conflits et des rapports sociaux pousse à l’exode des populations misérables. Et ceux qui frappent à la porte sont ceux que le devoir d’ingérence mieux appliqué aurait pu aider à rester chez eux.

La gauche ne peut pas se sortir de ce dilemme avec l’eau tiède du moyen terme hollandien, tenant balance égale entre la fermeté et l’humanité face aux migrants. Cela relève d’une volonté pieuse et vaine du juste milieu et de la conciliation des oppositions incompatibles.

Ce discours ne tient qu’un temps et finit par céder quand le réel devient un peu plus contraignant que d’habitude.

S’imaginer au « balcon » de l’Europe et voir au loin venir des immigrants dépenaillés en fuite de la famine ou de la guerre et avoir à choisir entre deux termes, les laisser entrer ou leur fermer la porte  de l’eldorado européen est un dilemme immoral et absurde. La simple humanité commande d’ouvrir largement la porte. Si le problème insoluble que poserait un afflux massif dans une Europe en  crise impose plus de prudence, ne serait-ce que pour en pas nourrir les mouvements réactionnaires qui gagnent chaque jour du terrain, il n’en demeure pas moins que se laisser enfermer dans ce dilemme témoigne avant tout de la courte vue de nos dirigeants.  

Prenons le cas des roms. D’où vient le problème? Du fait qu’ils fuient leur propre pays où ils sont soit persécutés soit au moins mal traités, victimes de discriminations diverses.  La fermeté attendue de gouvernants de gauche n’est pas celle qu’ils peuvent manifester dans l’expulsion d’une écolière et de son peu recommandable père. Non, ce que nous devons attendre comme fermeté de Valls mais surtout de François Hollande, c’est une demande vigoureuse à l’Europe et aux pays dont les roms sont originaires pour que tout soit fait dans les meilleurs délais pour les traiter autrement dans leur pays d’origine.

Hollande se serait grandi en nous parlant de cela et mettant toute son autorité dans une ingérence humanitaire au sein même de l’Europe.

En faisant la guerre au Mali, La France a démontré qu’elle pouvait faire beaucoup pour assurer la stabilité des peuples africains, et assurer les conditions de leur développement. De même on observe que c’est l’absence d’investissement concret dans le destin de la Lybie de l’ère post Khadafi  qui la prive de la possibilité de lutter efficacement contre le développement de l’émigration vers l’Europe depuis ce pays.

On constate aussi que la stabilisation du Centrafrique face à des milices armées et violentes, implique au moins dans l’immédiat un interventionnisme de la France.

Bref, plutôt que de centrer le discours politique sur le « que faire des immigrés clandestins ? », la gauche serait bien avisée de reconstruire un projet politique « d’ingérence humanitaire » et de  « présence en Afrique » de la France qui  tiendrait mieux compte des réalités de l’Afrique et du monde d’aujourd’hui.

 Il faut de toute évidence remettre du contenu dans les accords de coopération entre la France, l’Europe  et les divers pays africains.

Ne pas le faire, c’est s’exposer à une immigration massive provoquée par la pauvreté lancinante d’une immense partie de la population du  continent et en être réduit à discuter du nombre de barbelés à édifier à la frontière et à se demander qui doit payer pour barrer la route aux migrants en Espagne, en Italie ou ailleurs.

Bien sûr la même réflexion vaut pour les pays de l’est européen.

Il est navrant que François Hollande n’ait pas lors de son intervention solennelle donné plus de recul à sa vision sur les problèmes des  migrations et qu’il s’en soit tenu à des considérations relevant de la compétence du ministre. La possibilité exceptionnelle donnée à la jeune fille de finir ses études en France relevait aussi de la compétence du gouvernement et on ne comprend pas ce que le président a pu gagner à se mêler d’une polémique  concernant  un cas particulier. Il aurait dû s’en tenir à des analyses générales renvoyant les détails d’application  à ses ministres.

Pourquoi se saisit-il de ce genre de polémique ?  Sans doute parce que l’affaiblissement causé par son impopularité chronique l’oblige ainsi à s’exposer à tort et à travers. Et cela conduit à observer que ses conseillers qui lui font croire que l’on peut gouverner durablement en étant impopulaire grâce aux solides institutions de la cinquième république, commettent une très grave erreur. L’impopularité est un piège, une glu qui empêtre le président et en fait un homme impuissant face aux grandes décisions et l’expose à toutes les péripéties du quotidien de la vie nationale.

Alors que les conseillers espèrent la reprise qui doit venir d’on ne sait où pour sauver la France du FN, un article  de Marie Charrel dans le Monde  du 20-21 octobre ne doit pas passer inaperçu. Cet article souligne la faiblesse de l’inflation et le retour du spectre de la récession ou du moins de la stagnation. Et après avoir passé en revue les moyens de sortir de cette situation l’auteure  évoque les achats de dette souveraine par la Banque Centrale ou encore le défaut partiel qu’aurait pratiqué la Pologne sur certaines créances.

Bref on finira par faire en Europe ce qui, mis en place un ou deux ans avant, nous aurait épargné la déperdition de substance du capital productif et  l’aggravation du chômage.

La dette et le déficit sont à un niveau si élevé qu’il est vain d’espérer les résorber ou les stabiliser uniquement par des procédés fiscaux. C’est une erreur majeure du gouvernement de le croire.