Date de création : 26.05.2007
Dernière mise à jour :
15.12.2025
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madame, monsieur, merci d'informer le marché que le groupe carrefour est concerné par cette action dès hier. b
Par Anonyme, le 19.02.2024
... plutôt le jeu de la barbichette !
Par George Orwell, le 26.08.2023
c'est ce qui nous attend dans 5 générations http://arbraca mes.centerblog .net
Par pat, le 04.03.2023
vu comme, c'est pa gagner !!!!! http://arbraca mes.centerblog .net
Par pat, le 04.03.2023
c'était il y a 4 ans qu'il fallait la faire la grève générale au lieu de percevoir les gj comme une concurrenc
Par Orwell, le 27.01.2023
Le moyen orient compliqué offre un spectacle affligeant. Les conflits et les crises y jettent des millions de réfugiés sur les routes et une partie de ceux-ci avec un courage impressionnant, bravant tous les périls tentent d’émigrer en Europe. Devant ce spectacle poignant, il devient indispensable de décrypter l’histoire que s’y joue. Les puissances stables y sont l’Iran et l’Arabie Saoudite. Des états profondément réactionnaires, dictatures violentes qui n’hésitent pas à appliquer la peine de mort en public et qui maintiennent un ordre profondément inégalitaire dans lequel la femme est soumise à l’homme, voilée et exclue de la sphère publique. Ces deux états si semblables sont les représentants de deux courants irréconciliables de l’islam, sunnisme et chiisme.
Partout ailleurs c’est le désordre et la guerre civile ou encore la fragilité politique due à des minorités antagonistes. Le retour à la stabilité quand il a lieu passe par la dictature comme en Egypte ou un pouvoir quasi islamiste comme en Turquie.
DAESH n’apparaît pas avec une ambition idéologique très éloignée de celle des dictatures en place, islam intégriste, régime réactionnaire, répressions farouche de toute forme de divertissement, rupture avec la culture occidentale, soumission des femmes, mépris des droits de l’homme. Sa seule originalité est de l’ordre du macabre avec les attentats suicides et les mises en scène d’exécutions d’une sauvagerie raffinée. Ses affidés ont inventé la décapitation collective en remplaçant le sabre par un fil d’acier entourant le cou de plusieurs victimes. Ils utilisent le sentiment de répulsion et d’horreur qu’ils inspirent comme une arme. Las atrocités qu’ils commettent pour donner du relief à leurs attentats et à leurs actes de guerre ont une double finalité. Terroriser leurs adversaires et les conduire à l’erreur mais aussi enfermer définitivement leurs partisans dont la défection est rendue impossible tant la haine et le rejet dont ils font l’objet est désormais immense.
Mais au final, si les djihadistes triomphaient on ne voit pas exactement ce qui ferait la différence au quotidien entre l’Etat Islamique et l’Arabie Saoudite. Ce sont bien les mêmes conceptions religieuses et le même fanatisme. Campant sur des positions religieuses compatibles, ils se font avant tout un procès en légitimité. Si DAESH se contentait d’un Califat en Irak et en Syrie, on ne voit pas pourquoi il représenterait un danger pour un régime dont les fondements sont si semblables.
L’affrontement entre intégristes sunnites et chiites, fait par contre de DAESH un ennemi mortel du régime iranien qui est pourtant son image conforme.
Parmi les paradoxes difficiles à expliquer, européens et américains sont devenus alliés des deux dictatures rivales, sous prétexte de lutter contre DAESH. Alors que pour ceux qui défendent une société de liberté où femme et homme sont réellement égaux, les trois entités Arabie Saoudite, Iran et DAESH sont des ennemis évidents. L’Iran des mollahs s’est construit en donnant aux iraniens un adversaire « le grand Satan américain ». Cette vulgate reste le mythe fondateur du régime. L’Arabie Saoudite présente depuis longtemps un double visage avec des alliances occidentales d’une part mais est par ailleurs le centre du prosélytisme salafistes. S’il est vrai que le conservatisme islamique de l’Arabie saoudite s’est toujours combiné avec des relations économiques et géostratégiques où elle s’est montrée en tant qu’Etat un allié exemplaire des occidentaux. Il n’est pas moins vrai que cette position a masqué longtemps l’influence néfaste des réseaux de propagande religieuse qui à partir de ce pays ont répandu avec beaucoup de pétrodollars sur la terre entière un salafisme ultra réactionnaire et réactivé partout les forces conservatrices dans les pays musulmans. Il ne fait aucun doute que des stratèges occidentaux ont considéré que ce combat des réactionnaires arabes avait au fonds un bon côté. Si Ben Laden est originaire de la péninsule arabique, ce n’est pas qu’un symbole c’est la traduction concrète d’une action souterraine particulièrement perverse. Les prédicateurs saoudiens ont semé une religion de repli identitaire dans un mode arabe désemparé. La moisson a levé des djihadistes qui prêchent désormais le Coran avec des kalachnikovs. L’Etat islamique et sa violence est le descendant illégitime de la monarchie saoudienne. Certes si les américains avaient évité de détruire l’Irak en tant qu’Etat multiconfessionnel et tenté ensuite d’en faire une « démocratie » chiite, DAESH n’aurait sans doute pas prospéré à ce point. Mais ce qui fait la force du « califat » c’est de s’être affranchi de son espace régional pour se donner une ambition mondiale. Sa stratégie en fait le drapeau de tous les djihadistes de la planète qui massacrent des innocents en son nom. La facilité avec laquelle il obtient que partout des fanatiques commettent des attentats meurtriers en fait malgré tout l’ennemi d’un très grand nombre de pays. Obtenir que le même jour, il y ait en son nom, un mort en France, trente-huit en Tunisie et vingt-sept au Koweït donne le sentiment d’une puissance colossale. En même temps, liguer contre soi de très nombreux pays qui ont les moyens de se défendre n’est pas une stratégie gagnante. La riposte s’organise progressivement et l’éradication du Califat est sans doute désormais programmée.
La stratégie actuelle des occidentaux qui pour vaincre DAESH s’allient aux saoudiens et aux iraniens semble être dans cette logique du pragmatisme de terrain de bon aloi. Mais à y réfléchir on peut se demander quel est le bénéfice d’éliminer DAESH ce qui aura comme seule conséquence de renforcer les régimes saoudien et iranien. Si l’entreprise aboutit, on aura remis en selle sur la scène mondiale deux champions, d’une idéologie extrémiste, qui considèrent les occidentaux comme des impies voués aux gémonies. Sur le terrain occupé par DAESH, ces deux pays ne soutiendront jamais des mouvements modernes et libéraux, tout au contraire ils feront tout pour les éliminer. Au mieux, après DAESH, Irak et Syrie seront divisés en deux zones sunnite et chiite où chacun des deux larrons exercera son influence.
Entre temps, les chrétiens d’orient et les autres communautés déplacées par la guerre, auront disparu du paysage. Il est donc difficile de se convaincre que la stratégie actuelle va dans le bon sens car les « résultats militaires » annoncés de temps en temps par la coalition ne sont pas encore convaincants. D’une part, malgré les bombardements l’Etat Islamique s’enracine dans un vaste territoire et on ne sait pas trop quelle armée victorieuse émergera à la fin, sur le terrain. On dit le régime syrien au bord de l’effondrement. Si cet événement avait lieu, cela créerait un choc substantiel avec un exode massif de réfugiés et DAESH en tirerait plus de moyens et plus de prestige.
Pourtant, il existe en Irak comme en Arabie Saoudite comme en Iran des individus et des mouvements qui ne s’accommodent pas de la dictature, de l’obscurantisme religieux et du principe de subordination des femmes. Ce sont eux qu’il faut aider en priorité chaque fois que leur combat devient public.
La situation actuelle compte tenu des échecs récents du régime irakien conduit certains commentateurs à prôner la recherche d’une solution politique. Il est permis de redouter un accord autant que la situation de guerre actuelle. La paix suppose que l’Iran et Arabie Saoudite se partagent une zone d’influence couvrant Syrie et Irak ou chacun aura sa clientèle politico-religieuse. L’Irak et la Syrie étant des alliés de l’Iran, DAESH ou son successeur peut devenir un état sunnite sur une partie des territoires des précédents, ami de l’Arabie Saoudite. Cela revient à obtenir un accord entre le protecteur des lieux saints et le nouveau calife. Il n’est pas impossible de trouver un habillage religieux à une telle démarche.
Il n’est donc pas exclu que si DAESH renonce à porter la guerre chez ses voisins, s’il tempère ses élans terroristes vers l’Europe et se contente des terres conquises en échange d’une reconnaissance, il y ait un accord général de paix dans le moyen orient qui se ferait au profit d’un immense bloc islamiste et réactionnaire. Israël obtiendrait alors facilement pour sa sécurité de rester le maitre incontesté des territoires occupés.
Si cette évolution globale se produisait les progressistes de tout le monde arabe seraient les victimes désignées de l’ordre nouveau. Espérons que les forces vives de ces peuples auront la force de s’opposer à ce schéma mortifère en rendant ces arrangements impossibles. Mais ils n’y parviendront qu’en secouant les régimes iranien et saoudien. Malgré sa cruauté, son inhumanité, sa violence, DAESH n’est pas, à lui seul, le problème principal pour ceux qui aspirent à libérer les citoyens du moyen orient.
La question kurde vient compliquer encore la scène géopolitique, puisque la revendication d’un Kurdistan indépendant dérange directement la Turquie, La Syrie, L’Irak et l’Iran. Cela induit de la part du pouvoir central turc, une politique à géométrie variables dans laquelle le soutien contre DAESH n’est pas toujours la priorité car les turcs ne souhaitent pas qu’une armée victorieuse puisse devenir le porte-parole reconnu de l’ensemble du monde kurde.
Dans cet ensemble ultra-conservateur gagné à un islam radical et réactionnaire que pèsent les libéraux ? Militairement, ils sont inexistants. Ils sont donc contraints comme les minorités religieuses menacées de chercher une protection dans les formes les moins radicales des pouvoirs présents. Cela peut les conduire à rechercher le soutien de Bachar el Assad, d’Israël et de la dictature égyptienne du général Al Sissi. Malgré son comportement sanguinaire, le régime d’Assad a donc encore un rôle possible si le dictateur consent à s’écarter, pour la forme, du pouvoir au profit de ses généraux. Malgré sa violence, le général Sissi apparaît comme un modéré comparé aux autres fanatiques. Israël qui a négligé la recherche de la paix ne vivra pas très tranquille entouré par trois ou quatre régimes très réactionnaires autour de lui. Il a intérêt en sous-main à soutenir les adversaires intérieurs de ces régimes. Plutôt que de mener la guerre à la place de l’Arabie Saoudite, ou de l’Iran, les occidentaux n’auraient-ils pas intérêt à laisser un équilibre s’instaurer pour maintenir sous pression tous ces régimes islamistes afin de favoriser leur évolution interne ?
Il est vrai que lorsqu’on prend acte du soudain intérêt de l’Arabie Saoudite pour les productions militaires de l’hexagone qu’elle s’offre à coup de dizaines de milliards, il est difficile de ne pas être conciliant. Les atteintes aux droits de l’homme, le statut inégalitaire de la femme, le manque de démocratie, autant de réalités qui pèsent peu face à de juteux contrats en période de vaches maigres. La boulimie saoudienne tient au réveil douloureux de cet allié indéfectible des américains. Les Etats Unis sont sur le point de conclure un accord historique avec l’Iran et cela les conduira inexorablement à lever l’embargo imposé à ce pays. Pour les saoudiens la douche est vraiment froide. Leur grand allié fait des mamours à leur principal adversaire, irréconciliable et tout puissant. Près de leur frontière une entité sunnite plus conservatrice qu’eux même se propose de diriger l’ensemble du monde. Il leur faut à toute vitesse obtenir des garanties d’aide militaire inconditionnelle d’une autre puissance et cela sans « fâcher » les Etats Unis. La France est sans doute la seule option possible. Elle en profite et on s’en réjouit mais cette politique opportuniste est profondément immorale.
Dans ce micmac, où diable est donc passée la gauche ardente à proclamer ses valeurs universelles ?